RECIT DE MA CONVERSION (02/01/2014 – 05/01/2014)

CONVERSION2Récit d’une conversion 02/01/2014 – 05/01/2014

Saint Jean (2,29 – 3,6) : « Voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes »

Saint Luc : (15, 13-14) : « Vite, apportez le plus beau des vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il étzit perdu et ils retrouvé »

Il y a plus de 20 ans maintenant j’avais décidé de quitter l’Eglise sur un coup de tête par ce que je me sentais enfermée dans des contraintes que je ne supportais plus. Je suis partie comme ça sans regret ni remords mais au contraire comme libérée.
Quand j’ai quitté mon travail au Carmel de Lisieux fin 1993 je me suis mis à la recherche d’un autre boulot. En avril 1994 j’ai répondu à une annonce du journal La Croix car le diocèse d’Aix-en-Proence
recherchait une bibliothécaire pour remettre en route sa bibliothèque diocésaine. Bien sûr j’accepté sans savoir où je mettais les pieds mais de toute façon j’avais un travail et cela me suffisait : que ce soit pour l’Eglise ou autre chose peu m’importait.

Une nouvelle vie commençait.

Pendant de nombreuses années j’ai fait ce travail sans me poser de questions pour savoir si quelqu’un qui ne croyait pas et ne fréquentait pas l’Eglise pouvait le faire. En effet il fallait répondre aux questions des lecteurs : les séminaristes, les professeurs, les étudiants… tous les autres sans compter sur ceux qui demandaient des conseils. Je le faisais avec plaisir pourtant même si parfois il fallait bien mentir pour satisfaire ce public : ça ne me posait aucun problème de conscience.
Des rencontres se sont faites durant ces années.

Ainsi un jour j’ai été amenée à rencontrer des personnes qui se retrouvaient dans un groupe appelé Partage et Rencontre pour partager l’Evangile et leur vie de foi. Après de longues hésitations j’y suis allée plus pour rencontrer des gens que pour parler d’une foi ce qui ne m’intéressait guère mais autant jouer le jeu ! Une autre fois une bénévole de l’accueil de la Maison Diocésaine a insisté pour que j’accepte d’aller à Lourdes en tant qu’Hospitalière pour aider au service des malades ; après de nombreux refus j’ai fini par accepter pour lui faire plaisir. C’est peut-être là que pour la première fois je me suis posé des questions : j’avais plus reçu des malades que je n’avais donné ; mais ça ne durait pas longtemps tout au plus une dizaine de jours. Dans la même optique en 2002 (honnêtement plus par conviction politique quand même qu’autre chose) je me suis engagée au Parti Socialiste après le premier tour des élections présidentielles qui avaient vu l’éviction de Lionel Jospin au profit de Jean-Marie Le Pen.

Cependant rien n’avais changé car je continuais à ne pas être d’accord sur ce qu’enseignait l’Eglise. De toute façon j’étais contre ! Pour moi la foi n’était qu’un fantasme ou au mieux une consolation comme disait Marx : « la religion l’opium du peuple ». Je préférais le questionnement de Camus et de Sartre sur l’absurdité de la vie : « Comment être un saint sans Dieu » (La Peste de Camus) ou le mot de Sartre : « Tout existant naît sans raison, se prolonge par faiblesse et meurt par rencontre » (La Nausée). Dans le même temps mes lectures se concentraient sur le problème de la Shoah pour comprendre le problème du mal. Si j’abordais des ouvrage religieux je cherchais ceux qui pouvaient me conforter dans mes opinions : critique de l’Eglise (histoire de l’église et de ses travers ou ses actes contestables : Inquisition, Croisade… attitude pendant la Seconde Guerre mondiale), critique des croyances et des critiques des écrits bibliques (la Bible : une histoire de mythes où se construisaient le Peuple d’Israël et le christianisme).

En 2008 la bibliothèque a reçu l’aide d’une stagiaire pour nous aider à élaborer des statistiques concernant le nombre de lecteurs et des prêts ; en même temps elle nous fait des dépliants pour mieux faire connaître la bibliothèque diocésaine. C’est en discutant avec elle que j’ai découvert que nous avions une connaissance commune : celle d’un prêtre d’Angers. Puis elle m’a parlé de sa paroisse de Saint Jean de Malte. Pour lui faire plaisir j’ai accepté d’aller à la Messe de Minuit. C’était sympa…. ! Puis l’année suivante (2009) ave elle j’ai été quelques fois aux vêpres à Saint Jean le vendredi soir : à cette occasion je me rappelle avoir dit au Frère Jean-Philippe qui était content de me voir : « Vous n’êtes pas débarrassée de moi ! » Pourquoi : mystère !
A Pâques 2009 je suis allée à la veillée pascale. Là quelque chose s’est passée : je me suis sentie bien. Et j’ai continuée à aller à la messe à Saint Jean mais sans y croire : je me sentais bien dans cette communauté paroissiale.

Quelque temps plus tard on m’a demandé de faire partie du comité de rédaction de la revue diocésaine. Pourquoi pas ? J’ai ainsi fait les recensions des nouveautés que la Bibliothèque achetait chaque mois. Il fallait bien choisir des ouvrages allant dans le sens de la revue et autant faire de même pour les présenter. Comme en général ça plaisait cela m’allait très bien et en plus ça me plaisait pourquoi se poser des questions et bouder son plaisir ?
En 2012 ça commençait déjà à tanguer sec : comment concilier ses engager et ce que disait l’Eglise à ce propos ? Il y a eu les élections présidentielles et ses conséquences avec les remarques pas toujours charitables pour ceux qui avaient voté à gauche : c’est le moins que l’on puisse dire d’autant plus que je ne savais plus trop où j’en étais. Tout commençait à devenir confus et à m’énerver : peut-on être de gauche et chrétien en même temps ? Le problème n’est pas résolu même si j’assume mes convictions !

En même temps je m’étais engagée dans le groupe de prière de Père Zamit « A l’école de la prière » (où évidemment je ne me sentait guère à ma place mais déjà je cherchais à comprendre quelque chose sans trop avoir quoi exactement) et également aux Samedis de l’Annonciation organisée par le Centre du Cardinal Billé : là ce sont les groupes où l’on pouvait discuter et c’est là que pour la première fois j’ai pu exprimer un peu (un tout petit peu !) ce que je voulais (c’est-à-dire comprendre même si j’aurais été incapable de le formuler clairement). Je cherchais quelque chose mais je ne savais pas quoi au juste : je voulais simplement comprendre et avoir des réponses à mes questions. Je cherchais également dans les livres mais cela ne me satisfaisait pas puisque ça ne répondait pas à ce que je recherchais. Il fallait bien comprendre pourquoi tous ces gens croyaient en quelqu’un ou quelque chose qui me dépassait.

Vers le mois de mai de cette année je me suis décidée à aller trouver un prêtre toujours pour la même raison : le premier qui me tombe sous la main je le prends et peu importe qui ! je ne savais pas si je croyais en quelque chose (ou en rien) mais je voulais comprendre (autant voir les spécialistes : c’est leur job !) : mais est-ce que je savais au moins ce que je voulais comprendre ? Ce n’est pas sûr du tout ! La première rencontre s’étant bien passée j’étais rassurée : ni jugement ni rien d’autre ! C’était cool : on peut continuer !

Après ce fut nettement moins cool !
A la rentrée de septembre j’ai continué à aller le voir et je suis même allée à trois ou quatre reprises à la Cellule d’Evangélisation au Saint Esprit parce qu’on m’y avait invitée et que je pensais y trouver des réponses. Le seul problème : comprendre un texte c’était parfait mais prier là franchement j’y comprenais rien : ça planait un peu trop haut pour moi et comme tout le monde était convaincu j’ai pensé que je n’étais pas à ma place ; La seule parole qui me faisait du bien au milieu de tout ce chambardement était que m’avait dite Gilles-Marie : « Vous en êtes là : Jésus vous regarde » (allusion à l’Evangile de Saint Jean : la rencontre de Jésus et de Nathanaël : « Jésus le regarda ». Je n’avais pas très bien compris ce que ça voulait dire mais bon ! On prend ce que l’on peut ! Tout allait à peu près bien jusqu’au moment (début novembre) où il m’a sorti cette phrase : « Dieu vous a voulue ! » Là ç’a n’allait plus du tout : je ne pouvais pas supporter une telle phrase qui me jetait littéralement à la figure un passé trop douloureux et que je voulais gommer. Là c’était vraiment trop ! Et en plus me parler de la « tendresse de Dieu », de sa délicatesse ! Non mais franchement si il croyait me faire avaler une chose pareille ! Tout mais pas ça ! Quand j’ai pu lui en reparler il m’a dit qu’il fallait « jeter » tout cela vers le Christ. Comme je n’avais rien à perdre de toute façon je l’ai fait : « Je te donne tout ça mais moi je veux la paix ! » car j’avais trop mal pour refuser une aide quelle qu’elle soit même si en fait je ne savais si je me parlais à moi-même ou à quelqu’un d’autre. J’ai dû reconnaître que ça été efficace. Radicalement efficace … je n’y ai rien compris mais le résultat c’était que tout cela ne me faisait plus aucun mal ! Cela ne réglait rien pour autant : comment croire quand on ne connait pas la personne que l’on recherche ? Comment croire en quelqu’un mort il y a deux mille ans alors que l’on ne connait pas et dont ne sait presque rien ? Au moins en histoire c’est clair : des sources peuvent donner des preuves. Mais là rien : pas de preuves !
Et puis toutes les questions sans réponses sont revenues ! Les réponses entrainant des questions, les questions des réponses et toujours pareil ! Un peu usant tout de même ! En plus de cela il fallait se « taper » les homélies du dimanche où j’avais plutôt de recevoir des coups de poing par la figure comme je prenais tout au sérieux… et passer un ou deux jours à s’en remettre. Par-dessus le marché il y avait les prières du jeudi midi à la Maison Diocésaine : ah ! Ces petits cafés du jeudi matin comme j’aurais voulu leur dire qu’elles arrêtent ! Je ne voulais pas y aller : je ne supportais pas ce mot (pourquoi : mystère ?) et j’avais l’impression que tout le monde voulait me forcer à faire quelque chose que je ne voulais pas. Quelle torture que ces jeudis ! Personne ne semblait vouloir comprendre que je ne pouvais pas participer à quelque chose auquel je ne comprenais rien : c’était trop sérieux pour faire semblant. Il en était de même du groupe de la cellule…. Alors je suis partie : qu’ils fassent leurs prières sans moi ! J’appelais tout cela des « allumeurs de réverbères » par dérision. Franchement je commençais en avoir marre et je ne voulais qu’une chose : qu’on me laisse tranquille et que l’on me fiche la paix ! Comme également je supportais difficilement le fait d’écrire des recensions dans la revue d’Aix et Arles pour donner des conseils de lecture sur des ouvrages parlant de la vie spirituelle ou de l’amour de Dieu : c’était de la pure hypocrisie …. Même si j’avais tout mis pour écrire sur celui de Michel Carrrouges (Le silence de Dieu : Dieu absent, Dieu caché) et même si à cette occasion écrit le poème : Ô Dieu de mes nuits sans repos ! Je crois que j’étais sincère en l’écrivant ! Je ne supportais pas beaucoup de choses mais quand on veut comprendre on s’accroche quitte à se casser la figure par la même occasion : on prend tout ce qui se trouve. Tout ça devenait insupportable car je ne savais pas ce qui se passait. Je voulais que l’on me fiche la paix et en même temps j’aurais tout fait pour avoir un bout de réponse. Comprenne qui pourra !

Le plus dur restait à venir.

Le jour de la fête du Christ Roi je suis allée à la messe en trainant les pieds et en répétant durant toute la cérémonie : « Mais qu’est-ce que je fous là ? De toute façon tout ça c’est du baratin ! Tout ça je n’y crois pas et ça ne me m’intéresse pas ! Qu’ils fassent leurs dévotions, moi j’en ai rien à faire ! » A la sortie de la messe Gilles-Marie a eu la bonne idée de me dire : « Maintenant il faut une réponse ! » Je suis partie en pleurant et en me disant : « Je le sais bien…. Mais je ne peux pas ! Quel taré ce mec ! Il ne peut pas arrêter un peu de faire mal avec ses formules toutes faites…. ! Les curés ça comprends jamais rien de toute façon… à part faire de belles phrases ! Quand je le reverrais il saura ce que je pense ! » Le seul problème c’est qu’il ne l’a jamais su et c’est peut-être mieux comme cela… car cela aurait fait des étincelles ! Quand j’ai voulu lui en reparlé j’ai obtenu : « Arrange-toi avec Lui ! ». Je me suis dit : « D’accord je vais me débrouiller avec Lui mais toi la prochaine fois je ne rate pas ! Tu sauras de quel bois je me chauffe ! ». Alors je me suis arrangé mais pas par de belles paroles : « Tu me dis qui Tu es ou laisse-moi tranquille ! » : ce qui est devenu peu à peu un refrain quand j’en avais assez !
Tout cela ne faisait qu’augmenter l’angoisse et un mal que je ne contrôlais plus au point de plus pouvoir dormir la nuit. Si bien qu’un jour j’ai décidé que je ne voulais plus ni avoir peur ni souffrir…. Après tout qu’est-ce que je risquais…. Sinon de me casser la figure ou que ça aille mieux ? Alors autant dire « oui » et j’ai dit « oui » à quoi ou à qui ? Mais finalement est-ce que je savais ce que je disais : rien n’est sûr : j’en avais marre et c’est tout ce que je savais. Evidemment peu après j’ai eu le sentiment que je m’étais fait avoir (ce que je déteste au plus haut point !). Je n’allais quand même pas leur céder comme ça pour leur faire plaisir !

Le premier dimanche de l’Avent : homélie pour inviter les chrétiens à aller se confesser dans une belle envolée lyrique : franchement est-ce que j’avais une tête à faire ça ! Donc en fin de compte tout ce que je ne voulais pas ! En effet après 20 ans et plus sans croire je pensais qu’il avait prescription : quel était donc ce Dieu si rancunier incapable de tourner la page une bonne fois pour toute ? Et puis de toute façon j’avais oublié toutes les « conneries » que j’avais faites : le passé était le passé et ce qui m’intéressait c’était le présent et non le passé ! Faire le catalogue de tout ça je trouvais que ça n’avait aucun sens : pourquoi regretter ce qui était le passé ? Et puis la notion de péché je ne savais même pas ce que cela signifiait et à la limite ça me laissait indifférente ! Regretter quoi au juste ? Bien sûr j’avais lu l’article qui en parlait dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique mais la mention « la grâce de la honte »(et tout ce que catalogue à débiter … autant prendre le catalogue de la Redoute et y faire son marché !) me semblait vraiment du chinois ou plutôt une séance de torture inutile même si le Pape François disait le contraire. Car en même temps par tous les moyens j’essayais de comprendre quelque chose tout en me disant que c’était la dernière fois et que je ne me laisserais pas avoir par la suite. Mais plus je voulais comprendre et plus il me semblait que je m’enfonçais ! C’était des comment et des pourquoi sans fin : entre le comment du pourquoi et le pourquoi du comment c’était plutôt agité ! Quand j’en avais un peu trop marre je me disais : « Cette fois tu arrêtes et ça ira beaucoup mieux après ! Et Toi n’y reviens pas ! D’abord je ne Te connais même pas ! Après tout je ne vais me casser la tête pour quelqu’un que je ne connais pas et dont je ne sais même pas s’il existe ! » La résolution ne tenait qu’un jour tout au plus !

Finalement à l’arrivée de Noël je me suis décidée à demander d’aller me confesser…. Pensant –naïvement qu’après j’y comprendrais quelque chose … et que ça irait mieux après ! Et de plus je me disais qu’il fallait bien un jour arrêter de rester spectateur (de quoi ?, ça c’est autre chose !). J’avais la vague intuition que quelqu’un m’offrait la vie sur un plateau et que la refusais. Ce fut le silence radio… ce qui m’arrangeait bien d’une certaine manière… : j’avais fait simplement la conviction d’avoir une « belle connerie » une fois de plus – et comme ce n’était pas la première ! Ce fut peut-être aussi bien car je me demande ce que j’aurais pu faire car je sais si savais bien ce que je demandais… d’autant qu’en même temps qu’en même temps je Lui disais : « Puisque tu ne fais rien, eh bien moi non plus ! ».
Mais je paniquais à l’idée que la fin de l’année approchait et que j’en étais au même point ! Je ne savais qu’une chose : ne plus revivre une année comme celle-là car je ne l’aurais pas supporté. Je me disais qu’après le 25 décembre s’il ne se passait rien j’arrêtais les frais et que je ne voulais plus entendre parler de rien. Et au milieu de tout ce capharnaüm j’avais décidé de faire une belle crèche pour la bibliothèque : je ne savais pas pourquoi mais il fallait que ça se fasse cette année ! Pourquoi cette année : je n’en savais rien mais ça devait se faire ! Et Philippe a été heureux de me la faire.
Et Christian qui s’y était mis aussi la veille des vacances : « Quand on désire quelque chose on l’obtient, il n’y a qu’à se baisser pour ramasser tout ça » : si tu le dis pourquoi pas ? Un jour en parlant de Proust que je ne connaissais pas (à part la « Madeleine de Proust ») : il me dit : « Avec Proust on comprend la notion du temps. Et même on trouve Dieu ! » J’ai emprunté le livre à la bibliothèque pour lui faire plaisir. De ça pouvait toujours servir : quand on peut éviter de mourir idiot !

La journée du 24 décembre fut horrible à tel point que je pensais qu’il fallait en finir une fois pour toute : de toute façon je me disais que étant seule je ne manquerai à personne, que la famille je ne les intéressais nullement et qu’au moins j’aurais fini d’avoir mal une bonne fois pour toute et qu’enfin j’aurais la paix ! Que les autres fassent leur fête si ça leur chante, je ne me sentais absolument pas concerné, ce n’était pas mon problème ! Que Noël n’avait aucun sens : ce n’était jamais qu’un anniversaire de plus et que je ne voyais pas la raison d’en faire toute une histoire et fêter cela comme si ça aller changer la face du monde ! C’était se donner beaucoup de mal pour pas grand-chose ! Un conte de fées pour endormir les enfants et « entuber » le bon peuple et faire marcher le commerce ! Un truc de riches quoi !

J’en étais là quand je me suis décidée à aller tout de même à la messe de minuit à Saint Jean de Malte bien plus pour faire plaisir à une amie que par conviction. Avant de partir je Lui ai dit : « Le 25 au soir si Tu ne fais rien moi je laisse tout tomber ! Tant pis Tu l’auras voulu ! C’est ton problème pas le mien !» Mais avant la messe je suis tombée sur l’Evangile de Saint Luc et cette phrase : « Elle mit au monde son Fils premier-né ». Au moment où j’allais la contester (évidemment !) je me suis demandé ce que signifiait vraiment l’expression « premier-né »… : si il y un premier-né il y en a forcément d’autres ensuite mais qui ? Et là je me suis rappelé soudain l’épisode rapportée par Saint Jean : sur la Croix avant de mourir Jésus dit à sa mère : « Femme voici ton fils !» en désignant Jean et à Jean « Voici ta mère ! » Alors j’ai compris que si Jésus était le premier-né de Marie, par ses paroles sur la Croix nous devenions nous aussi les enfants de Marie, les enfants de Dieu et que donc nous faisions tous partie de SA FAMILLE, ET MOI AVEC ! Et intérieurement je me suis écriée : « Enfin je sais ! » L’homélie de Daniel m’a paru bien fade à côté de ce que je venais de découvrir. Et ce fut le plus beau Noël de ma vie depuis bien des années ! D’autant que trois de mes sœurs m’ont contacté pour me souhaiter un non Noël : après bien des années de silence c’était un beau cadeau !

Mais ça ne devait pas durer ! C’était un peu trop beau mais restait au fond ce que j’avais découvert dans cette nuit de Noël : il ne me restait que cette certitude : celle de la découverte de la nuit de Noël ! Il restait encore à comprendre la question fondamentale pour moi : l’amour de Dieu. Cela pouvait se comprendre du point de vue intellectuel…. Et encore ! En effet «amour de Dieu », « tendresse de Dieu » (si tendresse il y avait c’était plutôt rude !) Autant de mots vides de sens même si on désire les entendre à en perdre la raison. De toute façon ça ne pouvait pas m’arriver : une chose que je ne connaîtrais jamais parce que je ne pouvais y avoir droit : c’était tout simplement impossible ! ça ne pouvait pas m’arriver ! Les autres oui, moi non ! Et de toute façon Il ne voudrait jamais de moi ! Comme on était déjà le 29 décembre panique, panique ! Là je me suis dit que si le 31 au soir il ne se passait rien cette fois les dés étaient jetés : c’était terminé et tant pis pour ceux qui ne comprendraient pas ! Je lui aie fait comprendre : « Tu ferais mieux de m’aider au lieu de rester planter là ! Si avant le 31 au soir Tu ne fais rien, moi je fais le grand ménage dans ma bibliothèque et cette fois ce sera bien terminé ! Comme j’y peux rien, à Toi de voir ! Tu fais ce que tu veux ! Débrouille-toi ! Après tout c’est pas mon problème, c’est le Tien !» Ce qui n’arrangeait pas forcément mes affaires vu ce que j’avais à faire en rentrant : la bibliothèque, la revue… l’expo-Bible…. Les rencontres mensuelles sur le Nouveau Testament… Etc… Etc…. Les autres allaient être déçus car ils espéraient tellement que je partage leurs convictions et leur joie de croire. Mais qu’est-ce que je pouvais faire de plus puisque Dieu ne voulait pas de moi ? J’avais galéré pendant tout ce temps en pure perte ! Il restait malgré tout un petit espoir au fond de moi ! Mais tellement fragile !

Après tout ça je suis allée me promener en ville….. En passant par la rue Espariat j’ai fait une halte au Saint-Esprit en me disant que là au moins je serais au calme et tout de seule et enfin tranquille : personne pour venir me déranger ! Manque de chance : j’avais oublié qu’à 18h il y a exposition du Saint-Sacrement et donc quand j’ai entendu la prière j’ai pensé que celui qui parlait d’amour et de tout le reste (je ne savais pas qui, mais au fond peu m’importait !) encore un qui avait trop fêté un peu trop Noël ou « fumer la moquette ». Le reste : je n’y ai rien compris, mais rien de ce qui s’appelle rien de rien ! Quand Gilles-Marie (« Encore lui, moi qui voulait être tranquille pour une fois ! Il ne pouvait pas rester en vacances comme tout le monde celui-là ! » (que je me suis dit) est venu vers moi et qu’il m’a serré la main je suis dit : «Enfin J’ai ma réponse : Dieu t’aime ».

Il aura fallu un geste aussi banal, une simple poignée de main pour que tout devienne limpide ! Je n’avais rien compris à ce qu’il se passait mais j’avais enfin mes réponses ! Cela était le plus important : tout le reste était littérature ! Pourquoi se poser des questions ensuite ? J’avais enfin ce que je désirais tant savoir ! Là je suis rappelé tout ce que j’avais reçu pendant ces années et surtout tout ce qui c’était passé après cette nuit de Noël : j’avais eu un tas de signes pendant ces trois mois où j’avais passé mon temps à ne pas voir ce qui était si simple ! A tout remettre en question chaque fois qu’une réponse m’était donnée ! : J’avais réussi à renouer des liens avec ma famille (ce que je désirais depuis longtemps) et toutes ces bonnes nouvelles en rafales. Finalement j’avais tout à portée de main pour comprendre et je n’avais qu’à me baisser pour ramasser tout cela ; j’avais tout sous les yeux et je ne voyais rien ! Je n’avais qu’à relier tous les fils de ma vie pour m’ouvrir les yeux et comprendre combien j’avais été aimée.
Inutile de dire que la soirée s’est passée dans des larmes de joie pour une fois !

VOIR DIEU DANS UN NOUVEAU-NE !
VOIR DIEU DANS UNE POIGNEE DE MAIN !

Saint Jean 3, 4-8 et 16-17
« Amen je vous le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui né de la chair est chair ; ce qui né de l’Esprit est esprit. Ne sois pas étonné si je t’ai dit : il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né de l’Esprit (…) »
« Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais que par lui, le monde soit sauvé (…) »

Saint Luc 24, 13-33 :
« Le même jour deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.
Or tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient , Jésus lui-même s’approcha, et il marcha avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors s’arrêtèrent tout tristes (…): « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les évènements de ces jours-ci ». Il leur dit : « Quels évènements ? »Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth (…) ; comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé (…) » Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas qu’il que le Christ souffrit cela pour entrer dans sa gloire ? Et partant de Moïse et de tous les prophètes, il leur interpréta dans toute l’Ecriture ce qui le concernait.
Quand ils s’approchèrent du village où ils se rendaient Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous car le soir approche et déjà le jour baisse ». Il entra donc pour rester avec eux.
Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction, et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent (…) Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Ecritures ? »
A l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem ».

Claude-Marie T.

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