SVELTLANA ALEKSIEVITCH (1948-…)

PRIX NOBEL DE LITTERARURE 2015 : SVETLANA ALEKSIEVITCH (1948-…)
Svetlana Aleksievitch
Svetlana Alexandrovna Aleksievitch (en russe : Светлана Александровна Алексиевич, en biélorusse : Святлана Аляксандраўна Алексіевіч, Sviatlana Aliaksandrauna Aleksievitch) née le 31 mai 1948 à Stanislav, est une écrivaine et journaliste russophone soviétique puis biélorusse, dissidente soutenue par le PEN club et la fondation Soros.
Le 8 octobre 2015, elle est couronnée par le prix Nobel de littérature pour « son œuvre polyphonique, mémorial de la souffrance et du courage à notre époque », ce qui fait d’elle la première femme de langue russe à décrocher la distinction.
Biographie
Svetlana Aleksievitch naît le 31 mai 1948 dans une famille d’enseignants de l’ouest de l’Ukraine, où s’est déroulée une partie de la guerre germano-soviétique. Son père a notamment été professeur d’histoire et d’allemand. Inscrite auxkomsomols (« jeunesses communistes »), elle entreprend ensuite des études de journalisme à Minsk
Svetlana Aleksievitch a reçu de nombreux prix prestigieux pour son ouvrage La Supplication – Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse (1997) (dont le prix de la paix Erich-Maria-Remarque en 2001). Ce livre, traduit dans une vingtaine de langues6, reste cependant toujours interdit en Biélorussie. À propos de la censure dont elle fait l’objet, elle déclarait en 2013 :
« Je suis protégée par le fait que je sois connue. Malgré tout, je dis ce que je crois nécessaire de dire. Malgré tout, j’écris ces livres. Que ça plaise au pouvoir ou non. Et je sais qu’il y aura toujours des gens qui vont les lire, pour qui ce sera un soutien. (…) Aujourd’hui (car Loukachenko flirte de nouveau avec l’Europe), mes livres publiés en Russie ont été introduits en Biélorussie, (…) ma fille qui est professeure dans une école perçoit un salaire de 300 euros (…) mon livre coûte 30 euros, c’est aussi un moyen [de censure, ndlr]. Des personnes cependant en achètent plusieurs exemplaires, et se le passent ensuite. Mon lectorat principal, les enseignants, les médecins, les représentants de l’intelligentsia sont aujourd’hui la partie la plus pauvre de la société »
Elle est aussi l’auteure de La guerre n’a pas un visage de femme (1985), ouvrage retraçant par des entretiens le récit de femmes soldats de l’Armée rouge durant la Seconde Guerre mondiale, de Cercueils de zinc (1990, 1991 pour la version française), qui recueille des témoignages de Soviétiques ayant participé à la guerre soviéto-afghane, de Ensorcelés par la mort, récits (1995), sur les suicides de citoyens russes après la chute du communisme et de Derniers témoins (2005), témoignages de femmes et d’hommes qui étaient enfants pendant la Seconde Guerre mondiale. En 2013, son livre La Fin de l’homme rouge ou le Temps du désenchantement, qui recueille des centaines de témoignages dans différentes régions de l’espace postsoviétique, remporte le prix Médicis essai et est sacré « meilleur livre de l’année » par le magazine Lire.
Très critique à l’égard du « régime » d’Alexandre Loukachenko, elle vit aujourd’hui à Minsk, après avoir longtemps séjourné en Italie, en France puis en Allemagne (Berlin).
Œuvre
Écrivaine de la guerre et de ses sédiments, Svetlana Aleksievitch a consacré l’essentiel de son œuvre à transcrire l’ère soviétique et post-soviétique dans l’intimité des anonymes qui l’ont traversé.
« Très tôt, je me suis intéressée à ceux qui ne sont pas pris en compte par l’Histoire. Ces gens qui se déplacent dans l’obscurité sans laisser de traces et à qui on ne demande rien. Mon père, ma grand-mère m’ont raconté des histoires encore plus bouleversantes que celles que j’ai consignées dans mon livre (ndlr, « La Fin de l’homme rouge ou le temps du désenchantement »). Ce fut le choc de mon enfance et mon imagination en a été frappée à jamais »
Elle enregistre sur magnétophone les récits des individus rencontrés, et ainsi de collecter la matière dont elle tire ses livres :
« Je pose des questions non sur le socialisme, mais sur l’amour, la jalousie, l’enfance, la vieillesse. Sur la musique, les danses, les coupes de cheveux. Sur les milliers de détails d’une vie qui a disparu. C’est la seule façon d’insérer la catastrophe dans un cadre familier et d’essayer de raconter quelque chose. De deviner quelque chose… L’Histoire ne s’intéresse qu’aux faits, les émotions, elles, restent toujours en marge. Ce n’est pas l’usage de les laisser entrer dans l’histoire. Moi, je regarde le monde avec les yeux d’une littéraire et non d’une historienne »
Œuvres traduites en français
Les Cercueils de zinc, [« Cinkovye mal′čiki »], Paris, Christian Bourgois, 1990, trad. de Wladimir Berelowitch, 285 p.
Ensorcelés par la mort, [« Začarovannye smert’û »], Paris, Plon, 1995, coll. « Feux croisés », trad. de Sophie Benech, 214 p.
La Supplication : Tchernobyl, chroniques du monde après l’apocalypse, [« Tchernobylskaïa molitva »], Paris, Lattès, 1999, trad. de Galia Ackerman et Pierre Lorrain, 267 p.
La guerre n’a pas un visage de femme, Paris, Presses de la Renaissance, 2004, trad. de Galia Ackerman et Paul Lequesne, 298 p.
Derniers témoins, Paris, Presses de la Renaissance, 2005, trad. d’Anne Coldefy-Faucard, 378 p.
La Fin de l’homme rouge ou le Temps du désenchantement (trad. du russe par Sophie Benech), Arles, Actes Sud,‎ 2013, 542 p
Distinctions
Prix du Komsomol (1986)
Prix Kurt Tucholsky (1996)
Prix Herder (1999)
Prix de la paix Erich-Maria-Remarque (2001)
Prix Ryszard Kapuściński (2011)
Prix de la paix des libraires allemands (2013)
Prix Médicis essai pour La Fin de l’homme rouge 2013
Ordre des Arts et des Lettres (2014)
Prix littéraire Grand livre (2014)
Prix Nobel de littérature (2015)
Ecrit le 11 octobre 2015

prix nobel 2015

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