EGLISE MELKITE

EGLISE MELKITE CATHOLIQUE
« Embrasse la Croix ! Accepte-la ! Vénère l’icône de la Résurrection, et accepte le mystère de la Résurrection dans ta vie quotidienne ! Ainsi, tu uniras dans ta vie les mystères de la Croix et de la Résurrection… » Lettre des pâques 2014
ÉGLISE GRECQUE-MELKITE CATHOLIQUE
Les melkites – Origine du mot « melkite »

Les Grecs-melkites catholiques se trouvent, à l’origine, dans les trois grands Patriarcats orientaux d’Antioche, d’Alexandrie et de Jérusalem. Le mot « melkite » vient du syriaque « malko » et signifie « royal » ou « impérial » ; c’est un surnom donné pour la première fois en 460, en Égypte, par les monophysites, aux orthodoxes qui avaient pris parti pour le patriarche légitime, Timothée II, appuyé par l’empereur romain (byzantin) Léon 1er. C’était donc, à l’époque, un synonyme de loyalisme politico-religieux. De l’Égypte, ce surnom est rapidement passé en Syrie. Actuellement, l’usage commun réserve ce nom aux catholiques de rite byzantin (grec) de langue arabe dans les trois patriarcats ci-dessus mentionnés et dans l’émigration. Quant aux non catholiques de ces mêmes trois patriarcats, ils sont appelés, en arabe, «Roum», c’est-à-dire grecs d’Orient, tandis que les catholiques melkites sont aussi appelés «Roum katholik». Le catholicisme est tellement caractéristique des grecs-melkites catholiques que, pour un homme du peuple, surtout en Syrie, le terme «katholik», sans autre précision, désigne toujours les grecs-melkites catholiques. Aujourd’hui, tous les melkites sont de langue arabe. Autrefois, notamment du Ve au XIIe siècles, il y avait des melkites d’origine byzantine qui parlaient encore le grec, d’autres de race autochtone qui parlaient le syriaque, et enfin d’autres d’ethnie arabe, convertis au christianisme dès le Vesiècle, donc bien avant l’islam, qui parlaient arabe. Cette pluralité ethnique et linguistique existait aussi chez les monophysites de l’époque, mais avec une prédominance de la langue syriaque. Les melkites d’aujourd’hui, aussi bien catholiques qu’orthodoxes, représentent donc le tronc des deux grands arbres formés par les deux grandes circonscriptions ecclésiastiques déjà reconnues au concile de Nicée (325) et qui avaient leurs centres respectivement à Alexandrie (pour les territoires correspondant au « diocèse » civil romain d’Égypte) et à Antioche (pour le « diocèse » de l’Orient).

Les melkites du Ve au XVIIe siècles
Le Patriarcat d’Alexandrie, reconnu comme tel, en confirmation de ce qui avait été décidé à Nicée, par le deuxième concile Œcuménique (Constantinople, 381), fut divisé par le schisme consécutif à la diffusion du monophysisme en deux branches : l’une orthodoxe ou melkite, l’autre copte (les coptes, pour des raisons en partie politiques, avaient adhéré au monophysisme). Ce n’est qu’à l’époque moderne, au XVIIIe siècle, que chacune de ces deux branches s’est, à son tour, divisée en deux. Nous avons ainsi, actuellement, pour Alexandrie, un Patriarcat orthodoxe de rite byzantin, avec des fidèles qui, en Égypte, sont en grande majorité des Grecs plus ou moins récemment immigrés, et une minorité arabophone (il y a aussi, depuis une époque assez récente, des fidèles de ce Patriarcat dans divers pays francophones et anglophones d’Afrique), un Patriarcat grec-melkite catholique (du même rite, mais entièrement arabophone, avec des fidèles originaires de Syrie, du Liban, de Palestine et de Jordanie, et lié au Patriarcat grec-melkite catholique d’Antioche), un Patriarcat copte orthodoxe (monophysite) et un Patriarcat copte catholique. Les autres Églises orientales catholiques ont toutes des communautés en Égypte, dont l’organisation ecclésiastique dépend de leurs patriarches respectifs, qui résident au Liban (arménien, maronite et syrien) ou en Irak (chaldéen).

Les divisions successives du Patriarcat d’Antioche
Le Patriarcat d’Antioche, tel qu’il était en 416, a donné origine, depuis cette époque, à plusieurs autres Églises, qui sont ses filles « émancipées ». 1. – En 416, l’île de Chypre, déjà indépendante sur le plan politique, reçut du pape Innocent 1er (401-417) une autonomie conditionnée de son Église ; cette autonomie devint autocéphalie au concile d’Ephèse (431), pratiquement instaurée en 488 sous le règne de l’empereur Zénon. Entraînée dans le schisme de Michel Cérulaire (1054), l’Église orthodoxe de Chypre, actuellement, est toujours autocéphale ; il y a dans l’île quelque 10.000 catholiques, principalement maronites, avec une minorité latine. 2. – L’Église de Perse tire ses origines de la métropole d’Édesse, qui dépendait d’Antioche, bien qu’elle n’eût jamais avec la capitale de l’Orient romain un lien hiérarchique très solide ; elle proclama son indépendance en 424 (c’est d’elle que provient l’actuelle Église chaldéenne, catholique depuis le XVle siècle). 3. – En 451, au concile œcuménique de Chalcédoine, Juvénal, évêque de Jérusalem, obtint l’amplification des prérogatives honorifiques accordées à son siège par le concile de Nicée, c’est-à-dire le titre patriarcal, avec juridiction sur les trois provinces de Palestine. Le Patriarcat orthodoxe de Jérusalem fut gouverné, à partir de 1543, par une hiérarchie exclusivement grecque (sauf de rares exceptions), avec des patriarches et des métropolites appartenant à la Confrérie du Saint Sépulcre et originaires de Grèce ou de Chypre, tandis que les fidèles sont en grande majorité arabes. Le Patriarcat latin de Jérusalem, créé à l’époque des croisades, en 1099, devint purement titulaire à partir de 1191, puis redevint résidentiel en 1847, avec juridiction sur les fidèles latins de Palestine, d’Israël, de Jordanie et de Chypre, en partie immigrés récents, en partie autochtones, catholiques d’ancienne date ou convertis au XIXe siècle (à une époque où le clergé grec-melkite catholique, trop peu nombreux dans ces territoires, n’était pas en mesure de les accueillir dans l’Église qui aurait dû être la leur). 4. – Du Patriarcat de Jérusalem se détacha, en 1575, le petit archevêché du Sinaï, dont la juridiction est limitée au célèbre monastère grec de Sainte-Catherine (dont l’archevêque est higoumène) et à quelques villages arabes des environs. Il est autonome, mais son archevêque reçoit toujours la chirotonie épiscopale du patriarche grec orthodoxe de Jérusalem. 5. – Vers 470, la Géorgie, convertie au christianisme, surtout par des missionnaires provenant des Patriarcats d’Antioche et de Constantinople, forma un Catholicossat qui, vers la moitié du VIIIe siècle, obtint une autonomie presque complète, avec lequel le Patriarcat d’Antioche communiquait par l’intermédiaire du siège métropolitain melkite de Theodosiopolis (Erzeroum), en Arménie ; ces relations continuèrent, bien que sporadiquement jusqu’au XVIIIe siècle. En 1736 fut nommé un archevêque grec-melkite catholique de Tiflis, qui dut s’exiler ensuite et n’eut pas de successeur. 6. – Le schisme le plus important en 543-544, a été celui dû au monophysisme ; et créa, en opposition à la hiérarchie orthodoxe, un autre Patriarcat d’Antioche (dont le patriarche ne résida presque jamais à Antioche). Sur les quatre millions d’habitants que comptait alors la Syrie, quelques deux millions adhérèrent au monophysisme, sous la juridiction de ce nouveau Patriarcat. 7. – Le Patriarcat (orthodoxe) d’Antioche ayant été vacant de 701 à 742, à cause d’une vague de persécutions, les moines du grand monastère de Saint-Maron, en Syrie, près des sources de l’Oronte, qui partageaient avec les melkites la défense de la foi chalcédonienne contre les monophysites, profitèrent de la longue vacance du siège patriarcal pour se donner un propre patriarche, dans des circonstances qui ne sont pas très claires. En 742, le calife Hicham permit l’élection du patriarche melkite Étienne III, mais le successeur de celui-ci, Théophylacte Bar Qambara, protégé par le calife Marouan II, eut recours à la violence pour faire cesser cette double juridiction, à la suite de quoi les moines de Saint-Maron et leur patriarche, appuyés par un certain nombre de fidèles et de prêtres liés à leur communauté, résistèrent sur place, puis se réfugièrent au Liban, presque indépendant à l’époque, où ils formèrent une nouvelle Église, d’abord réunissant un petit nombre de fidèles, qui progressèrent ensuite du fait d’une démographie fertile et forment aujourd’hui l’Église maronite. Affaibli par toutes ces pertes, le Patriarcat orthodoxe d’Antioche pouvait compter, à l’époque des croisades, environ un demi-million de fidèles. Les Byzantins avaient repris Antioche en 969 et conservèrent la ville jusqu’à l’arrivée des croisés en 1098 : le prince Bohémond, malgré les promesses faites à l’empereur byzantin Alexis Comnène, la garda pour lui-même et obligea le patriarche melkite Jean V à abandonner la ville. C’est à ce moment que les patriarches melkites d’Antioche (tous Grecs pendant cette période) allèrent résider à Constantinople, et cela jusqu’à la reconquête d’Antioche en 1268 par le sultan mamelouk d’Égypte Baibars.

Evolution

La domination des Byzantins eut une première conséquence, d’ordre liturgique : jusqu’alors, le Patriarcat d’Antioche, même dans sa branche orthodoxe (chalcédonienne), avait observé le rite antiochien, très influencé par celui de Jérusalem, et qui est encore maintenant suivi par l’Église syrienne orthodoxe et (avec diverses modifications) par l’Église syrienne catholique et l’Église maronite. Progressivement, il y eut interaction entre la liturgie antiochienne et celle de Constantinople, jusqu’à la fin du XIIIe siècle ; il en fut de même à Jérusalem et à Alexandrie. Comme une bonne partie de la population parlait syriaque, les livres liturgiques byzantins furent traduits dans cette langue (les bibliothèques d’Europe ont plus de deux cents manuscrits melkites en syriaque, de cette époque, les plus récents datant de la moitié du XVIIe siècle). Mais la progression de l’arabe en tant que langue parlée par la majorité de la population eut pour conséquence l’introduction de l’arabe dans la liturgie. Au début du XVIIe siècle, le métropolite d’Alep Meletios Karmé révisa les traductions arabes des textes liturgiques et leur donna la forme qui a été conservée jusqu’à nos jours, avec quelques améliorations. La seconde conséquence du séjour des patriarches melkites d’Antioche à Constantinople, de 1098 à 1268, fut l’introduction du schisme de Michel Cérulaire, malgré la résistance, bien connue, du patriarche d’Antioche Pierre III. L’installation d’un patriarche latin à Antioche après le départ de Jean V, l’antagonisme de Bohémond et de l’empereur byzantin, la subordination forcée de la hiérarchie orientale à la hiérarchie latine, furent autant d’éléments qui poussèrent les melkites à l’opposition. Quant au moment précis de la séparation, qui eut un caractère plus politique que religieux, il n’est pas possible de le dater exactement. Á partir de 1268, les patriarches furent de nouveau presque tous autochtones ; mais les relations avec l’Occident étaient sévèrement interdites par les sultans d’Égypte, auxquels la Syrie était alors soumise ; de plus, le πatriarche melkite était beaucoup plus surveillé que le πatriarche maronite, plus indépendant dans ses montagnes du Liban. On constate néanmoins l’union avec Rome en 1098, en 1242 et pendant les années qui suivirent et de 1274 à 1283 ; l’union fut rétablie au concile de Florence (1439) et dura jusque vers 1443 ; fut de nouveau restaurée en 1457 par le Patriarcat d’Antioche et en 1460 par les Patriarcats d’Alexandrie et de Jérusalem au moyen d’une délégation de Moïse Giblet qui se rendit auprès du pape Pie II à Sienne. Cette union semble avoir duré jusqu’à la conquête de la Syrie par les Ottomans en 1517. Á partir de 1517, les rapports avec Rome devinrent de nouveau pratiquement impossibles ; l’influence des Grecs de Constantinople augmenta et l’Union tomba dans l’oubli. Dans les deux autres Patriarcats, le schisme de Cérulaire ne fut pas accepté immédiatement. Dans le Patriarcat de Jérusalem, sans titulaire résident depuis que la ville fut prise par les croisés (1098), la hiérarchie gréco-melkite fut subordonnée au Patriarcat latin selon un modus vivendi qui s’établit progressivement. Après la conquête de la Ville Sainte par Saladin en 1187, le patriarche grec regagna son siège, et les relations avec les latins cessèrent, ne fût-ce que par nécessité politique. Dans le Patriarcat d’Alexandrie, il était très difficile de connaître le nom du pape de Rome régnant. L’historien Yahya ibn Saïd (XIe siècle), qui était melkite d’Antioche, rapporte, au début de son œuvre, comment, de 685 à l’an mil, en Égypte, on faisait toujours mémoire du pape Benoît II (684-685) parce qu’on ignorait les noms de ses successeurs, et cela jusqu’à Jean XVIII (l003-1009), et l’auteur s’excuse de ne pas donner les noms des papes qui manquaient pour ce motif. Cependant, encore dans la première moitié du XIVe siècle, le diplôme officiel donné par les califes fatimides du Caire au patriarche melkite d’Alexandrie faisaient mention explicite de sa soumission au pape de Rome, tout en lui interdisant les rapports quels qu’ils fussent avec l’Occident. Après sa destruction par Baibars en 1268, Antioche perdit de son importance, et le patriarche Pacôme Ier transféra sa résidence à Damas entre 1375 et 1386. De ce fait, peu à peu, Damas cessa d’avoir son métropolite propre et devint une éparchie patriarcale.

Les melkites depuis le XVIIIe siècle

Envoyé en Orient par le pape Grégoire XIII, l’évêque titulaire (latin) de Sidon, Leonardo Abel, maltais, entre 1583 et 1587 gagna à la foi catholique le vieux patriarche émérite d’Antioche, Michel VII, démissionnaire en 1582 et retiré à Alep. Il est très probable qu’à cette mission de l’évêque maltais remonte la constitution à Alep d’un petit noyau catholique, qui grandit peu à peu en nombre lorsque les jésuites et les capucins (1625), puis les carmes (1626) ouvrirent des résidences à Alep. En 1634, le patriarche Euthyme II (Karmé) envoya sa profession de foi catholique à Rome, mais mourut avant de recevoir la confirmation papale. En 1653, on comptait quelque 7.000 catholiques à Damas. En 1664, Macaire III (Zaim), patriarche d’Antioche de 1637 à 1672, imita l’exemple d’Euthyme II, mais sans se déclarer publiquement, et sans interrompre ses rapports avec les autres patriarches orthodoxes. En 1687, Athanase III (Dabbas), compétiteur de Cyrille V (Zaim), fit de même, puis se retira en 1694 à Alep, ville devenue la citadelle du catholicisme en Syrie. En 1701, le métropolite de Beyrouth et l’évêque de Baalbek adhérèrent formellement à la foi catholique. Ceux qui étaient en communion avec Rome étaient devenus assez nombreux pour que la Congrégation pour la Propagation de la Foi (de Propaganda Fide) nomme ouvertement, en 1684, le métropolite de Tyr et de Saïda, Euthyme Saïfi (disciple des jésuites et catholique de cœur depuis longtemps), comme administrateur apostolique des catholiques melkites éparpillés dans tout le Patriarcat d’Antioche ; ce métropolite, fondateur de l’ordre Basilien du Saint-Sauveur, fut un grand propagateur du catholicisme en Syrie en dehors de Damas et d’Alep. En 1716, le patriarche Cyrille V, jusqu’alors opposé à Rome, ayant été gagné par son ami Poullard, consul de France à Saïda, envoya sa profession de foi catholique à Rome, en même temps que l’évêque de Seidnaya, Gerasimos, puis mourut en 1720, laissant le Patriarcat à Athanase III. Celui-ci, bien qu’il se fût montré favorable aux catholiques lors de sa retraite à Alep, eut ensuite un comportement différent. Quand il mourut en 1724, le parti catholique, devenu assez puissant, choisit rapidement comme patriarche, à défaut du métropolite Euthyme Saïfi (mort en 1723), son neveu Seraphim Tanas, qui prit le nom de Cyrille VI. Les Grecs de Constantinople lui opposèrent immédiatement le chypriote Sylvestre, et une lutte acharnée s’enflamma pour la possession du Patriarcat. Expulsé de Damas, Cyrille VI trouva asile au Liban, alors semi-indépendant. L’union avec Rome put se propager facilement au Liban et resta toujours solide à Alep et à Damas, malgré les persécutions parfois violentes ; dans le reste de la Syrie, l’opposition de la hiérarchie orthodoxe paralysa les efforts, tandis que les successeurs de Cyrille VI furent tous des melkites autochtones, ceux du Grec Sylvestre furent tous Grecs jusqu’en 1899, année au cours de laquelle le parti autochtone, appuyé par la Russie, parvint à exclure les Grecs. Dans les Patriarcats d’Alexandrie et de Jérusalem, les catholiques melkites, dispersés et en petit nombre, étaient confiés aux franciscains de la Custodie de Terre Sainte. En date du 19 mai 1772, à la demande du clergé et des fidèles, Rome les confia, à titre d’administrateur apostolique, au patriarche grec-melkite catholique d’Antioche, alors résidant au Liban. En 1832, les Égyptiens s’emparèrent de Damas et de toute la Syrie, qu’ils conservèrent jusqu’en 1841. Profitant de cela, le patriarche Maximos III (Mazloum), élu en 1833, revint à Damas dès 1834 ; jusqu’à sa mort en 1855, il passa une bonne partie de son patriarcat à préparer puis à faire appliquer, non sans vives luttes, l’émancipation civile qu’il obtint de la Sublime Porte pour son Église en 1848. En 1838, il avait obtenu du pape Grégoire XVI le privilège personnel de porter, outre celui de patriarche d’Antioche, les titres de patriarche d’Alexandrie et de Jérusalem. En 1894, le pape Léon XIII étendit la juridiction du patriarche grec-melkite catholique, au-delà des limites des trois Patriarcats, à ses fidèles habitant dans tout le reste de l’Empire ottoman. L’introduction trop précipitée du calendrier grégorien par le patriarche Clément Ier (Bahouth), en 1857, fut le prétexte d’un petit schisme occasionné en réalité par d’autres motifs, et vite résorbé par l’administration (1864-1897) sage, prudente et énergique du patriarche Gregorios II (Youssef-Sayyour), sous lequel la communauté grecque-melkite catholique fit de grands progrès, notamment dans les régions de Tripoli du Liban et de Jdeidet Marjeyoun ; sous ses successeurs, de Pierre IV (Géraigiry) à Cyrille IX (Moghabghab), ces progrès s’étendirent notamment à la Galilée, en Transjordanie et dans la région de Homs, en compensation des graves pertes occasionnées par la famine durant la première guerre mondiale et les émigrations conséquentes. En même temps, ces patriarches eurent à affronter les conséquences dans tout le Proche-Orient de la décomposition de l’Empire ottoman et des deux guerres mondiales de 1914-1918 et de 1939-1945. Maximos IV (Saïgh), patriarche de 1947 à 1967, est surtout rappelé pour le rôle éminent qu’il eut, avec le soutien de tout l’épiscopat grec-melkite catholique, au concile Vatican II, rôle reconnu et apprécié par tous, notamment par les papes Jean XXIII et Paul VI ; il fut le précurseur de plusieurs initiatives et développements contenus dans les documents du concile, notamment sur la collégialité, sur la place des Églises orientales dans l’Église catholique, sur l’œcuménisme, sur la liturgie, etc. Son successeur Maximos V (Hakim), de 1967 à 2000, grand bâtisseur, s’attela à répondre aux nouveaux défis posés à l’Église grecque-melkite catholique, notamment sur les plans de l’assistance pastorale aux fidèles dans la diaspora, désormais plus nombreux que ceux du Proche-Orient, et du dialogue avec le Patriarcat grec-orthodoxe d’Antioche. Enfin, le patriarche Gregorios III (Laham), élu le 29 novembre 2000, se veut continuateur de ses prédécesseurs. avec une insistance spéciale sur la place des chrétiens dans la société arabe et la nécessité d’endiguer l’émigration, le dialogue avec l’islam, l’œcuménisme, un travail assidu en matière de liturgie (président de la commission liturgique patriarcale dès l’époque où il était vicaire patriarcal à Jérusalem : renouveau et publication des livres liturgiques, textes et annotation psaltique), ainsi que la clarification des rapports de l’Église grecque-melkite catholique avec le Saint-Siège apostolique de Rome. Actuellement, cinq patriarches portent le titre d’Antioche ; ce sont, outre le patriarche de l’Église grecque-melkite catholique : celui du Patriarcat grec-orthodoxe d’Antioche (Sa Béatitude Ignace IV Hazim), celui de l’Église syrienne-orthodoxe (Sa Sainteté Ignace Zakka Ier Iwas), celui de l’Église maronite (Sa Béatitude Eminentissime le cardinal Boutros Nasrallah Sfeir) et celui de l’Église syrienne-catholique (Sa Béatitude Ignace Joseph III Younan).
église de sakhnin

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