HISTOIRE D’ISRAËL

HISTOIRE D’ISRAËL
Géographie et histoire des débuts
La terre appelée Israël ou Palestine est un petit (10.000 milles carrés actuellement) territoire à l’extrémité orientale de la mer Méditerranée. Au cours de sa longue histoire, son étendue, sa population et ses occupants ont beaucoup changé. L’Etat actuel Israël occupe formellement tout le pays, du fleuve Jourdain à la Méditerranée, borné par l’Egypte dans le Sud, le Liban au Nord, et la Jordanie à l’Est. Les frontières reconnues Israël couvrent environ 78% de cette superficie. Le reste est divisé entre la zone occupée par Israël depuis la guerre des six jours en 1967 et des régions autonomes gérées par l’autorité palestinienne. La Bande de Gaza occupe de plus 365 km² au Sud d’Israël. Elle est sous le contrôle de l’Autorité palestinienne.
La Palestine a été habitée sans interruption depuis des dizaines de milliers d’années. On y a découvert des fossiles de l’homo Erectus, de l’homme de Neandertal et différents types entre ce dernier et l’homme moderne. A Jéricho, les archéologues ont trouvé du blé hybride EMER datant d’avant 8.000 B.C. Ce qui fait de Jéricho un des lieux d’activité agricole les plus anciens du monde. Les Amorrites, les Cananéens, et d’autres peuples sémites proches des Phéniciens de Tyr sont arrivés vers 2000 B.C. dans la région qui s’appelle alors le Pays de Canaan.

Les Royaumes Juifs
Les découvertes archéologiques indiquent que le peuple juif est issu des peuples indigènes de Canaan et des tribus qui ont envahi la contrée. Quelque part entre 1800 et 1500 av. J.-C., on pense qu’un peuple sémite appelé Hébreu (hapiru) a quitté la Mésopotamie pour s’installer en Canaan. Canaan était alors habité par différentes tribus y compris des peuples sémites, des Hittites et plus tard des Philistins, les peuples de la mer supposés être arrivés de Mycènes ou d’avoir appartenu aux peuples de la Grèce antique qui se sont également installés à Mycènes
Selon la bible, Moïse a emmené les Israélites, ou une partie d’entre eux, hors d’Egypte. Sous Josué, ils ont conquis les tribus et les villes-états de Canaan. Sur base des récits bibliques, on estime que vers 1000 av. J.-C., le Roi David a conquis Jérusalem et fondé un royaume israélite sur une grande partie de Canaan y compris des parties de la Transjordanie. Le royaume se divisa à la mort de Salomon, fils de David: la Judée au Sud et Israël au Nord. Jérusalem est resté le centre de la souveraineté et du culte juif chaque fois que les Juifs ont dominé le pays par la suite, jusqu’à la révolte juive de -133
Les Assyriens conquirent Israël vers -722 ou -721 . Les Babyloniens prirent Juda autour de -586 le temple de Salomon à Jérusalem fut détruit et un grand nombre de Juifs exilés. 50 ans plus tard, Cyrus, Roi de Perse, conquit Babylone. Cyrus a autorisé un groupe de Juifs de Babylone à reconstruire Jérusalem et à s’y installer. Cependant, un grand nombre de Juifs restèrent à Babylone où ils devinrent la première Diaspora juive. Après le rétablissement d’un état ou protectorat juif, les exilés babyloniens ont maintenu le contact avec les autorités de Jérusalem. Les Perses ont régné sur le pays d’environ- 530 à -331. Alexandre le grand conquit ensuite l’Empire perse. Après la mort d’Alexandre en -323, ses généraux ont divisé l’empire. L’un d’eux, Séleucos, fonda une dynastie qui a conquis une grande partie de la Palestine vers 200 B.C. Au début, les rois séleucides permirent la pratique du judaïsme. Plus tard, Antiochos IV a essayé de l’interdire. En -167 , les Juifs se sont révolté sous la conduite des Maccabées et soit chassèrent les Séleucides hors de Palestine soit gagnèrent au minimum une large autonomie pour leur nouveau royaume dont Jérusalem était la capitale. Le royaume a reçu la « protection » romaine et Juda Macchabée fût fait un « ami du sénat et du peuple romain » en -164 selon les historiens romains.
Palaestina – De l’Empire romain à l’Empire ottoman
Vers -61, les légions romaines de Pompée ont envahi Juda et mis Jérusalem à sac. Le pays passa sous contrôle romain. Les Romains l’appelèrent Judée. , Conformément à la foi chrétienne, Jésus Christ est né à Bethlehem dans les premières années de la période romaine. Les Romains ont maté les révoltes juives de 70 et 132. En 135, les Romains ont expulsé les Juifs hors de Jérusalem et appelèrent alors le pays Palaestina. Le nom de Palaestina, devenu Palestine en français, vient d’Hérodote, qui a employé le nom de Palaistine Syrie, « la Syrie philistine », pour parler de toute la région méridionale de la Syrie, La plupart des Juifs qui continuaient à pratiquer leur religion fuirent ou furent déportés de Palestine, formant une deuxième Diaspora juive. Cependant, des communautés juives continuèrent à exister en Galilée, au Nord de la Palestine. La Palestine a été gouvernée par l’empire romain jusqu’au quatrième siècle A.D. (300’s) quand elle devient une partie de l’empire byzantin. Le christianisme s’est répandu dans la majeure partie de la Palestine. La population se composa de Juifs convertis au christianisme et au paganisme, de peuples amenés par les Romains, et d’autres qui avaient probablement toujours habité la Palestine.
Au septième siècle (600), les armées arabes musulmanes partant du Nord de l’Arabie conquièrent la majeure partie du Moyen-Orient, y compris la Palestine. Jérusalem est conquise en 638 par le Calife Omar qui place les habitants sous sa protection. Les puissances musulmanes ont régné sur la région jusqu’au début des années 1900. Les chrétiens et les juifs étaient autorisés à garder leurs religions mais graduellement la majeure partie de la population locale a accepté l’Islam et la culture Arabe-Islamique de leurs dirigeants. Jérusalem est devenue sainte aux yeux des musulmans comme l’endroit d’où, selon la tradition, Mahomet est monté au ciel après une chevauchée nocturne miraculeuse sur son cheval Al-Buraq. La mosquée d’Al-Aqsa a été construite à l’emplacement de ce miracle, sur un lieu généralement admis comme celui où s’élevaient les temples juifs.
Les Turcs Seldjoukides ont pris la ville de Jérusalem en 1071. Ils ont régné moins de 30 ans sur la Palestine. En 1098, les Fatimides, basés en Egypte, ont tiré profit des luttes entre les Seldjoukides et les croisés chrétiens venus d’Europe pour s’allier avec ces derniers et capturer Jérusalem, Jaffa et d’autres régions de la Palestine. Cependant, les croisés rompirent l’alliance et envahirent la Palestine un an plus tard, prenant Jaffa et Jérusalem en 1099. Un grand massacre des défenseurs juifs et musulmans suivit et aucun Juif ne fut plus autorisé à habiter Jérusalem. Les croisés gardèrent la ville jusqu’en 1187, quand Saladin attaqua la Palestine et conquit Jérusalem. En vertu du traité avec Saladin, les croisés conservèrent un domaine le long de la côte de la Palestine. Cependant, les croisés rompirent le traité avec Saladin ainsi que les traités ultérieurs lors de plusieurs croisades successives qui essayèrent en vain de reprendre Jérusalem. En 1291, les croisés ont été expulsés avec la prise d’Acre par les musulmans. Suivit alors une période où les croisés lançaient fréquemment des raids de pillage contre la côte de Palestine. Pour réduire au minimum les bénéfices de ces incursions, les gouvernants musulmans ont retiré la population des côtes et pratiqué une politique de la terre brûlée dont le résultat fut le dépeuplement et l’appauvrissement considérable de la côte de la Palestine pour des centaines d’années.
Au milieu du 13ème siècle, les Mameluks, à l’origine des soldats-esclaves des Arabes, basés en Egypte, ont établi un empire qui, à terme, a inclus la Palestine. Les musulmans arabophones composaient la majeure partie de la population de la Palestine. Dans les dernières années 1300, des Juifs d’Espagne et d’autres régions méditerranéennes s’installèrent à Jérusalem et ailleurs dans la région. Les Ottomans battirent les Mameluks en 1517 et la Palestine devint une partie de l’Empire. Le Sultan invita les Juifs fuyant l’Inquisition espagnole à s’installer dans l’empire, y compris dans plusieurs villes de Palestine.
En 1798, Napoléon envahit la région. Cette guerre et la mauvaise administration des gouvernants égyptiens et ottomans qui suivirent, firent diminuer la population de la Palestine. Les Arabes et les Juifs sont partis pour des terres plus sûres et plus prospères. Les révoltes des Palestiniens arabes contre leurs dirigeants égyptiens et ottomans peuvent avoir contribué à la naissance du sentiment national palestinien. La réorganisation de l’Empire turc et son ouverture aux étrangers ont ramené un certain calme. Elles ont également permis le début de la colonisation juive par différents mouvements sionistes et proto-Sionistes. Les populations arabe et juive augmentèrent. Vers 1880, environ 24.000 Juifs habitaient la Palestine dont la population globale s’élevait à environ 400.000 personnes. Le gouvernement ottoman imposa alors de sévères restrictions à l’immigration et à l’achat de terres par les Juifs. Celles-ci furent éludées de diverses manières par les Juifs cherchant à coloniser la Palestine.
La naissance du sionisme – au dix-neuvième siècle, de nouveaux courants sociaux animèrent la société juive. L’émancipation des Juifs d’Europe apportée par la Révolution française sortit les Juifs du Ghetto et les exposa aux idées du monde moderne. Les concepts libéraux venus avec l’émancipation et les idées nationalistes modernes se mélangèrent avec les idées traditionnelles des Juifs au sujet d’Israël et de Sion. Le mariage de l’ »amour de Sion » avec le nationalisme moderne commença d’abord parmi la communauté juive Sépharade (d’Espagne et de l’est de l’Europe), où la tradition de la vie dans la terre des Juifs et du retour à Sion étaient restée un but pratique plutôt qu’une aspiration messianique et où l’hébreu était une langue vivante. Le rabbin Yehuda Alcalay vivait dans ce qui devint ensuite la Yougoslavie. Il a publié les premiers écrits sionistes dans les années 1840. Bien que pratiquement oubliées, ses idées prirent racine parmi quelques Juifs européens. L’émancipation des Juifs provoqua en Europe un nouveau type de mouvement social et politique fortement antijuif. Dès la fin du 19ème siècle l’oppression des Juifs en Europe de l’Est a servi de catalyseur à l’émigration des Juifs en Palestine.
Le mouvement sioniste fut formellement créé en 1897, lors du >le premier congrès sioniste à Bâle, organisé par Théodore Herzl. Le grand-père de Herzl connaissait les écrits d’Alcalay et il est très probable qu’ils l’ont influencé. Les Sionistes souhaitaient établir en Palestine « une patrie juive » sous souveraineté turque ou allemande. A l’origine, la plupart des Sionistes n’était pas concerné par la population arabe. Ils l’ignorait ou pensait qu’elle accepterait volontairement d’émigrer vers d’autres Etats arabes. De toute façon, ils envisageaient le peuplement de la Palestine par des millions de Juifs européens qui formeraient bientôt une majorité décisive dans le pays. Les Sionistes établirent des communautés agricoles à Petah Tikva, Zichron Jacob, Rishon Letzion et ailleurs. Plus tard ils ont établi la nouvelle ville de Tel Aviv au Nord de Jaffa. A la même époque, la population arabe de Palestine se développait rapidement. En 1914, la population totale de la Palestine était d’environ 700.000 dont à peu près 615.000 Arabes et 85.000 à 100.000 Juifs.
Première Guerre Mondiale – pendant la Première Guerre Mondiale (1914-1918), l’empire ottoman s’est rangé du coté de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie contre les Alliés. Un gouvernement militaire ottoman a gouverné la Palestine. La guerre fut dure pour les populations juives et arabes à cause des épidémies de choléra et de typhus. Cependant, elle fut plus difficile encore pour les Juifs. Le gouverneur militaire turc ordonna l’internement et la déportation temporaires de tous les ressortissants étrangers. Un grand nombre de Juifs étaient des ressortissants russes. Ils avaient pu entrer en Palestine malgré les restrictions à l’immigration en raison des concessions que la Turquie avait accordé aux citoyens russes. Ils avaient également conservé la citoyenneté russe pour éviter d’être mobilisés dans l’armée turque. Par conséquent, un grand nombre de Juifs ont été forcés de fuir la Palestine pendant la guerre. Un petit groupe a fondé le mouvement clandestin NILI qui a fourni des informations aux Anglais, afin de libérer le pays des Turcs. Les Turcs ont capturé des membres de NILI, mais il est admis que les informations qu’ils avaient fournies aidèrent la conquête britannique.
La Grande-Bretagne et la France projetaient de se répartir, après la guerre, les possessions ottomanes du Moyen-Orient. L’accord Sykes-Picot de 1916 prévoyait qu’une partie de la Palestine passe sous gouvernement britannique et qu’une autre partie soit placée sous un gouvernement allié commun. La Syrie et le Liban allaient à la France. Cependant, la Grande-Bretagne avait également offert, en échange du soutien arabe, de soutenir leurs demandes d’indépendance. Elle semble avoir promis les mêmes territoires aux Arabes. En 1916, les Arabes menés par T.E. Lawrence et soutenus par Shérif Husayn se révoltèrent contre les Ottomans. Ils étaient convaincus que la Grande-Bretagne les aiderait à établir l’indépendance arabe dans le Moyen-Orient. Les Arabes ont revendiqué plus tard que la Palestine soit incluse dans le secteur qui leur avait été promis mais les Anglais ont refusé.

Le Mandat britannique
La déclaration Balfour – en novembre 1917, avant que la Grande-Bretagne ait conquis Jérusalem et la région qui allait de nouveau être appelée la Palestine, elle a publié la déclaration Balfour. Il s’agissait d’une lettre adressée à Lord Rothschild, en réponse à une demande de l’organisation sioniste en Grande-Bretagne. La déclaration stipulait le soutien de la Grande-Bretagne à la création d’un foyer national juif en Palestine, sans violer les libertés civiles et religieuses des communautés non-Juives existantes. La déclaration était le résultat du lobbying fait par le petit mouvement sioniste britannique, particulièrement par le Dr Haim Weizmann, qui avait émigré de Russie en Grande-Bretagne, mais elle était motivée par des considérations stratégiques britanniques. Paradoxalement, peut-être, une motivation importante pour la déclaration a pu avoir été la croyance, inspirée par l’antisémitisme, que la juiverie internationale viendrait à l’aide des Anglais s’ils se déclaraient en faveur d’une patrie juive et la crainte que les Allemands étaient sur le point de publier un engagement similaire.
Lors de la conférence pour la paix de Paris en 1919, les représentants des sionistes et des Arabes ont plaidé leur cause et se sont rencontrés. Les sionistes présentèrent une carte de la région revendiquée pour le foyer national juif. Le Dr Weizmann et l’Emir Faysal signèrent un accord pour le soutien arabe à un foyer national juif. Faysal assura également le juge Frankfurter, représentant sioniste américain, de son appui à la cause sioniste. Cependant, Faysal conditionnait son soutien à la satisfaction des aspirations arabes en Syrie. Lorsque la Syrie fur donnée à la France en mandant de la Ligue des nations, Faysal retira son appui et nia même d’avoir signé une convention à ce sujet.
Après la guerre, la Ligue des Nations a transformé en territoires sous mandat une grande partie de l’Empire ottoman. Les Britanniques et les Français voyaient dans les mandats des instruments pour leurs ambitions impériales. Le Président Wilson des USA a insisté pour que les mandats soient conçus pour favoriser l’indépendance à terme. Les Anglais étaient déterminés à garder la France hors de Palestine. Ils décidèrent de demander un mandat qui devrait instaurer le foyer national juif de la déclaration Balfour, un projet qui serait soutenu par les Américains. Les Arabes s’opposaient à l’idée d’un foyer national juif, considérant que le pays maintenant appelé Palestine était leur terre. Les Arabes sentirent qu’ils couraient le danger d’être dépossédés par les sionistes. Ils n’avaient pas envie de vivre sous domination juive. Leur lobby poussa la commission américaine King-Crane , en faveur de l’annexion à la Syrie de la Palestine sous mandat. Plus tard, ils formèrent un mouvement national pour combattre les conditions du mandat. À l’instigation du Président américain Wilson, la commission King-Crane était chargée d’entendre les vues des habitants. Lors des auditions de la commission, Aref Pasha Dajani a exprimé au sujet des Juifs cette opinion, « leur histoire et leur passé montrent qu’il est impossible de vivre avec eux. Dans tous les pays où ils vivent actuellement, ils ne sont pas désirés… parce qu’ils parviennent toujours à sucer le sang de tout le monde… »
Dés lors, les sionistes avaient reconnu l’inévitabilité du conflit avec les Arabes palestiniens. David Ben Gourion, le futur dirigeant du Yishuv (la communauté des juifs en Palestine) et également le futur premier Premier-Ministre d’Israël, a indiqué lors d’une réunion de la direction du »Yishuv » juif en 1919 » tout le monde ne voit pas qu’il n’y a aucune solution à cette question… nous en tant que nation voulons que ce pays soit à nous, les Arabes comme nation, veulent que ce pays soit à eux. »
Les Sionistes et les autres ont présenté leur point de vue à la conférence de paix de Paris. Finalement, le plan britannique a été adopté. La répartition des droits entre la France et l’Angleterre a été beaucoup plus discutée que les préférences des habitants.
En 1920, la Grande-Bretagne a reçu un mandat temporaire » sur » une Palestine, qui s’étendait à l’Ouest et à l’Est du Jourdain. Le secteur du mandat (voir la carte à droite) donné à la Grande-Bretagne lors de la conférence de San Remo était beaucoup plus vaste que la Palestine historique telle qu’envisagée par les Sionistes, qui envisagaient une frontière orientale à l’Ouest d’Amman. Le mandat, basé sur la déclaration Balfour, a été formalisé en 1922. Les Anglais devaient aider les Juifs à établir un foyer national et favoriser la création d’autorités autonomes. Le mandat prévoyait une agence, plus tard appelée « l’agence juive pour la Palestine » qui représenterait les intérêts juifs devant les Anglais et favoriserait l’immigration juive. Cette agence juive n’a été créée qu’en 1929, suite au désir de créer un organisme qui représenterait tant les Juifs sionistes que les non-sionistes. L’agence juive en Palestine devint à bien des égards le gouvernement De-facto du Yishuv juif (la communauté des juifs en Palestine).
Le secteur accordé au mandat était beaucoup plus grand que celui demandé par les Sionistes. Il est possible que, comme l’a suggéré Churchill en 1922, les Anglais n’ont jamais pensé faire un foyer national juif de toute cette région. D’un autre côté, certains croient que la Grande-Bretagne n’avait au début aucun projet particulier pour une Transjordanie. Dans ses mémoires, Sir Alec Kirkbride, le représentant britannique à Amman, a écrit que’ »il n’y avait aucune intention à ce stade [ 1920 ] de transformer le territoire à l’Est du fleuve Jourdain en un état arabe indépendant. »
Cependant, Abdulhah, le fils du Roi Hussein du Hijaz, a marché sur la Transjordanie avec 2.000 soldats. Il a annoncé son intention de continuer sur Damas, de mettre les Français dehors et de rétablir la monarchie Hachémite. Sir Alec Kirkbride disposait de 50 policiers. Il a demandé conseil au Haut Commissaire britannique, Herbert Samuel qui lui a finalement répondu qu’il était peu probable qu’Abdulhah pénétrerait dans les zones de contrôle britanniques. Deux jours plus tard, Abdulhah marchait vers le Nord et, en mars 1921, il occupait le pays entier. Abdullah n’a fait aucune tentative de marcher sur Damas. Il n’a peut-être jamais prévu de le faire.
En 1922, les Anglais ont déclaré que la Palestine serait limitée à la région à l’Ouest du fleuve. Le pays à l’Est du fleuve, appelé la Transjordanie (maintenant la Jordanie), devint un mandat britannique séparé à qui par la suite l’indépendance fur donnée (voir la carte à droite). Certains sionistes se sentirent trahis suite a la perte d’une grande partie de ce qu’ils nommaient « la Palestine historique » en faveur de la Transjordanie. Ils formèrent le mouvement « Révisionniste », dirigé par Benjamin Ze’ev Jabotinsky.
Les Anglais voulaient établir en Palestine les gouvernements autonomes demandés par le mandat. Les Juifs étaient alarmés à la perspective de ces gouvernements dont la majorité serait arabe. Cependant, les Arabes n’acceptaient pas les propositions de créer des gouvernements qui incluraient des Juifs et finalement aucun n’a été créé. Les Arabes voulaient avoir à faire le moins possible avec les Juifs et le mandat. Ils ne participaient pas aux conseils municipaux, ni même à l’agence arabe que les Britanniques ont voulu créer en Palestine. Ormsby-Gore, sous-secrétaire d’état aux colonies, en concluait, ‘ »la Palestine est en grande partie habitée par les personnes peu raisonnables. »
Émeutes arabes et immigration juive – au printemps de 1920, comme à celui de 1921 et lors de l’été 1929, les nationalistes arabes opposés à la déclaration Balfour, au mandat et au foyer national juif, incitèrent les émeutes et les pogroms contre les Juifs de Jérusalem, Hébron, Jaffa et Haïfa. La violence a mené à la formation de l’organisation juive d’autodéfense Hagana en 1920. Les émeutes de 1920 et de 1921 ont reflété l’opposition à la déclaration Balfour et la crainte que les Arabes de Palestine soient dépossédés. Elles étaient probablement des tentatives de montrer aux Anglais qu’une Palestine devenue le foyer national juif, serait ingouvernable. Les instigateurs principaux étaient Haj Amin El-Husseini, qui allait devenir le Grand Mufti de Jérusalem, et Arif – EL Arif, un journaliste palestinien très connu. Les émeutes de 1929 eurent lieu dans le contexte d’un antagonisme nationaliste Juif-Arabe. Elles étaient attisées par les fausses rumeurs que les Juifs avaient l’intention de construire une synagogue au Mur des Lamentations ou d’attaquer d’une manière ou l’autre la gestion musulmane du complexe du Mont du Temple, y compris la mosquée Al-Aqsa. Ces pogroms ont mené à l’évacuation de la communauté juive de Hébron. Environ la moitié des 5.000 résidents du quartier juif de la vieille ville de Jérusalem ont également été forcés de se sauver. Les Anglais ont réagi avec le livre blanc de Passfield, qui essayait d’arrêter l’immigration en Palestine en application des recommandations du rapport Hope-Simpson, selon lequel dans le meilleur cas, moyennant un développement économique intensif, le pays ne pourrait plus accueillir que 20.000 familles immigrées en tout, sinon l’immigration juive déborderait sur la position de la population arabe existante. Des parlementaires britanniques et le mouvement sioniste critiquèrent vivement la nouvelle politique et le Premier Ministre Ramsay McDonald publia une « clarification » déclarant que l’immigration juive ne serait pas arrêtée.
L’immigration juive a gonflé dans les années 30, suite aux persécutions en Europe de l’Est, bien avant le nazisme. Un grand nombre de Juifs ont quitté la Pologne suite aux lois discriminatoires et aux dures conditions économiques. L’arrivée de Hitler au pouvoir en Allemagne a ajouté à ce flot de l’immigration. L’Agence juive conclut un accord, le Hesder, qui permettait aux Juifs de quitter l’Allemagne pour la Palestine en échange des devises dont le Reich avait besoin. Le Hesder a sauvé des dizaines de milliers des vies.
La Révolte arabe et le livre blanc – En 1936 de grandes émeutes, plus tard appelées la Révolte arabe, ont éclaté. La révolte a été menée par la famille de Husseini et par Fawzi El Kaukji, un ancien officier turc. Elle était, semble-t-il financée par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste. Des centaines d’Arabes et Juifs ont été tués dans cette révolte, qui s’est répandue rapidement suite au manque initial de préparation des autorités britanniques. La famille Husseini a tué des Juifs et des membres des familles arabes palestiniennes opposées à leur hégémonie. Le Yishuv a répondu par des mesures défensives et aussi par la terreur aveugle et les bombardements de cibles civiles arabes, commis par l’Irgun (Irgun Tsvai Leumi ou « Etsel, »). Etsel était le bras militaire clandestin du groupe révisionniste » dissident de droite, séparé du mouvement sioniste, dirigé d’abord par Vladimir Jabotière, et plus tard par Menachem Begin. Les commissions Peel et Woodhead de 1937 et de 1938 ont recommandé la division de la Palestine en un petit Etat juif et un grand Etat arabe. Les recommandations des commissions prévoyaient également de séparer les populations par le transfert volontaire d’Arabes et de Juifs. La direction juive a envisagé le plan mais les Arabes, en particulier le roi Séoud d’Arabie Saoudite, ont rejeté la partition et exigé que les Anglais diminuent l’immigration juive. Séoud a prévenu que si les Anglais ne suivaient pas les souhaits arabes en Palestine, les Arabes se retourneraient contre eux et s’allieraient avec leurs ennemis. Il disait que les Arabes ne comprenaient pas « l’attitude étrange de votre gouvernement britannique, et moins encore l’étrange influence hypnotique dont les Juifs, une race maudite par Dieu selon le Livre saint, et vouée à la destruction finale et la malédiction éternelle ensuite, semblaient disposer sur les ministres britanniques et les Anglais en général. »
En réponse aux émeutes, les Anglais ont commencé par limiter l’immigration. Le livre blanc de 1939 a fixé pour 5 ans l’immigration en Palestine à 15.000 Juifs par an. Ensuite, l’immigration serait sujette à l’approbation arabe. En même temps, les Anglais ont pris des mesures énergiques et souvent cruelles pour mater les émeutes. Husseini s’est enfui en Irak et de là en Allemagne nazie, d’où il a, plus tard, fait des discours à la radio en faveur des puissances de l’Axe. Il s’est également occupé de stopper l’immigration juive des pays neutres et a organisé des escadrons de la mort pour la SS en Yougoslavie.
L’Holocauste – Au cours de la Seconde guerre mondiale (1939-1945), beaucoup d’Arabes et de Juifs de Palestine ont rejoint les forces alliées quoique quelques dirigeants arabes et palestiniens étaient favorables à la cause nazie. Les Juifs avaient une motivation particulière pour combattre les Allemands suite à leur persécution des Juifs et les suspicions grandissantes que les nazis étaient en train d’exterminer systématiquement les Juifs d’Europe. Ces suspicions furent plus tard confirmées et l’extermination des Juifs d’Europe est maintenant connue comme l’Holocauste. La menace d’extermination a également fortement augmenté la pression en faveur de l’émigration vers la Palestine mais les portes de la Palestine étaient fermées par le Livre Blanc britannique. En 1941, dans une amnistie générale, les Britanniques libérèrent les chefs de la Haganah clandestine. Ceux-ci s’allièrent aux britanniques pour combattre les Allemands..
Immigration illégale – les Juifs ont réagi au livre blanc en organisant l’immigration illégale en Palestine depuis l’Europe occupée. Ils créèrent une organisation d’immigration illégale » (Hamossad L’aliya parié). L’immigration illégale eut lieu entre 1939 et 1942 jusqu’à ce qu’un blocus britannique serré la rendit impossible et puis entre 1945 et 1948. Des bateaux déglingués remplis de réfugiés essayaient d’atteindre la Palestine. Plusieurs de ces bateaux ont coulés ou ont été capturés par les Anglais ou les nazis et renvoyés ou expédiés aux îles Maurice ou vers d’autres destinations pour y être internés. Le Patrie (également appelé « Patra ») a été remorqué au port de Haïfa avant d’être envoyé aux îles Maurice. Pour empêcher le transbordement, la Hagannah a placé sur le bateau, le 25 novembre 1941, une petite charge explosive, pensant qu’elle créerait une bréche dans la coque. Au lieu de cela, le bateau a coulé et 252 vies ont été perdues. Quelques semaines plus tard, le SS Bulgarie a accosté à Haïfa avec 350 réfugiés juifs avant de repartir avec eux vers la Bulgarie. Le Bulgarie a chaviré dans les détroits turcs, tuant 280 personnes. Le Struma, avait quitté Constanta en Roumanie avec 769 réfugiés. Il a accosté à Istanbul le 16 décembre 1941 pour des réparations au moteur et à la coque. Les Turcs ont refusé l’asile aux réfugiés. Les Anglais n’ont pas accepté le transbordement vers les îles Maurice ni l’entrée en Palestine. Le 24 février 1942, les Turcs ont ordonné au Struma de quitter le port. Il a coulé entraînant la perte de 428 hommes, 269 femmes et 70 enfants. Apparemment, il a été torpillé par un sous-marin soviétique, soit parce qu’il a été confondu avec un bateau nazi ou plus probablement parce que les Soviétiques avaient accepté de collaborer avec les Anglais pour bloquer l’immigration juive.
La Déclaration Biltmore – Des rapports sur les atrocités nazies devinrent progressivement fréquents et plus précis. Malgré le besoin vital de trouver un asile pour des réfugiés, les portes de la Palestine demeurèrent fermées à l’immigration juive. La direction sioniste se réunit en 1942 à l’hôtel Biltmore de New York . Ils déclarèrent qu’ils supportaient la transformation de la Palestine en un membre juif du Commonwealth. Il ne s’agissait pas seulement de revenir à la déclaration Balfour répudiée par le Livre blanc des Anglais mais de la réaffirmer des buts sionistes au-delà de ce document et de conclure que les Anglais étaient en principe plus un ennemi qu’un allié.
L’assassinat de Lord Moyne – Le 6 novembre 1944, des membres du mouvement clandestin juif Lehi, Eliyahu Hakim et Eliyahu Beit-Zuri ont assassiné Lord Moyne au Caire. Moyne, un anti-Sioniste connu, était Ministre d’Etat pour le Moyen-Orient et le responsable de faire appliquer le Livre Blanc de 1939 – c’est à dire d’empêcher par la force l’immigration juive vers la Palestine. L’assassinat n’a pas changé la politique britannique mais il a poussé Winston Churchill contre les Sionistes. Hakim et Beit-Zuri ont été capturés et pendus par les Anglais en 1945.
La Saison (la « Sézon ») – L’Agence Juive et la direction Sioniste ont cru que la réaction des Anglais et du monde à l’assassinat de Lord Moyne pouvait compromettre après la guerre la coopération que les Anglais avaient laissé sous-entendre et pouvait mettre en danger le yishuv juif s’il en venait à être perçu comme l’ennemi de la Grande-Bretagne et des Alliés. En conséquence, ils se lancèrent dans une campagne, connue en hébreu comme la « Sézon » (« Saison »), contre le Lehi et l’Irgun. Des membres de ces groupes furent ostracisés. Des chefs ont été capturés par la Haganah, interrogés et parfois torturés, et environ mille personnes ont été livrées aux Anglais.
Personnes déplacées- Après la guerre, on a découvert que les Allemands avaient massacré six millions de Juifs dans l’Holocauste. Ces personnes avaient été piégées en Europe parce que pratiquement aucun pays ne leur donnait asile. Les Sionistes ont estimé que la limitation britannique à l’immigration vers la Palestine a coûté des centaines de milliers de vies. Les Juifs essayèrent alors par tous les moyens d’amener en Palestine les Juifs survivants en Europe, environ 250.000 personnes vivant dans les camps de personnes déplacées.
Résistance unie – A l’été 1945, le parti travailliste est élu au pouvoir en Grande-Bretagne. Ils avaient promis qu’ils annuleraient le Livre Blanc britannique et soutiendraient un Etat juif en Palestine. Cependant, ils sont en fait revenus sur leur promesse. Ils ont poursuivi et redoublé leurs efforts afin d’arrêter l’immigration juive. La Haganah s’efforça d’introduire illégalement les immigrés en Palestine. Les groupes sionistes clandestins rivaux se sont alors uni, et tous, en particulier, les groupes dissidents terroristes, l’Irgun et le Lehi (le gang « Stern ») ont commencé une campagne violente pour pousser les Anglais à quitter la Palestine. Leurs bombes ont attaqué des trains, des gares de chemin de fer, un club des officiers, et le quartier général britannique à l’Hôtel King David. Ils ont également enlevé et assassiné du personnel britannique. En Grande-Bretagne, les journaux et les politiciens ont commencé à exiger que le gouvernement en finisse avec le conflit et cesse de mettre en danger les vies des soldats britanniques.
Les USA et d’autres pays ont fait pression sur les Anglais pour qu’ils permettent l’immigration. Une commission d’enquête Anglo-Américaine a recommandé de permettre à 100.000 juifs d’immigrer immédiatement en Palestine. Les Arabes ont fait également pression sur les Anglais mais pour bloquer cette immigration. Les Anglais ont jugé la Palestine ingouvernable et rendu leur mandat aux Nations Unies, successeur de la Ligue des Nations. Le rapport du Comité Anglo-Américain a établi un aperçu détaillé de la période du Mandat britannique de la situation de sécurité en Palestine, ainsi qu’un rapport sur l’Holocauste et la situation des Juifs européens.
Partition – la Commission spéciale des Nations Unies sur la Palestine (UNSCOP) a recommandé que la Palestine soit scindée en un Etat arabe et un Etat juif. La commission prévoyait de placer Jérusalem sous une administration internationale. Le 29 novembre 1947 l’Assemblée Générale de l’ONU a adopté ce plan, la résolution de l’ONU (GA 181), avec l’appui des USA et de l’Union soviétique, en particulier, l’appui personnel du Président américain Harry S. Truman . Sans doute, beaucoup de facteurs ont contribué à la décision de Truman de soutenir la partition, y compris des considérations de politique intérieure et un lobbying sioniste intense. Pourtant Truman a écrit dans son journal intime : »Je pense que la chose à faire et ce que j’ai fait est de faire ce que je crois juste et d’envoyer tout le monde au diable. »
Les Juifs ont accepté la décision de l’ONU mais les Arabes l’ont rejetée. La résolution divisait le pays en deux parties approximativement égales dans un arrangement compliqué avec des frontières en zigzag. L’intention était d’établir une union économique entre les deux Etats et des frontières ouvertes. Au moment de la partition, un peu moins de la moitié de toute la Palestine était la propriété d’Arabes, un peu moins de la moitié était domaine public, les « terres de la couronne », et environ 8% était possédés par des Juifs ou par l’Agence juive. Il y avait environ 600.000 Juifs en Palestine, presque tous vivant dans les secteurs alloués à l’Etat juif ou dans la zone internationale de Jérusalem, et à peu près 1,2 millions d’Arabes. La répartition de la terre par la Résolution 181 créait deux secteurs avec respectivement des majorités juive et arabe. Jérusalem et ses environs étaient internationalisés. La population juive proportionnellement importante de Jérusalem et de ses environs, soit 100.000 personnes, était géographiquement coupée du reste de l’Etat juif par une zone relativement grande, le ‘Corridor » attribué à l’Etat palestinien. Le Corridor comprenait les villes arabes très peuplées de Lod et de Ramla et les villes plus petites de Qoloniyeh, d’Emmaüs, de Qastel et d’autres qui gardaient la route de Jérusalem.
Il est bientôt devenu évident que l’arrangement ne pourrait pas fonctionner. L’antagonisme mutuel rendrait impossible que l’une ou l’autre communauté tolère l’autre. L’ONU ne voulait pas et ne pouvait pas imposer l’internationalisation de Jérusalem. La Ligue Arabe, à l’instigation de Haj Amin Al-Husseini, a déclaré la guerre dans le but de débarrasser la Palestine des Juifs. En fait cependant, chaque pays arabe avait son propre agenda. Abdulhah, le roi de Jordanie, avait conclu un accord informel et secret avec Israel, négocié avec Golda Meir, lui permettant d’annexer les territoires palestiniens de la Rive occidentale du Jourdain, empêchant de ce fait la formation d’un Etat palestinien. La Syrie voulait annexer la partie Nord de la Palestine, y compris des secteurs juifs et arabes.
L’histoire moderne D’Israel et Palestine

La guerre de l’indépendance – la guerre 1948 – la guerre de l’indépendance, appelée également la guerre de 1948, est divisée en deux périodes : la période avant et la période après l’indépendance. Les affrontements entre les groupes israéliens clandestins et arabes irréguliers ont commencé pratiquement dès que l’ONU a approuvé la résolution de partition. Pendant ce temps, les pays arabes n’ont pas envahi bien que la Légion de Jordanie ait aidé l’attaque contre Gush Etzion, un petit bloc de colonies installées dans le territoire assigné à l’Etat palestinien au Sud de Jérusalem.
Avant l’Indépendance – pendant la période avant la proclamation de l’Indépendance israélienne, deux armées de volontaires irréguliers arabes, dirigées par Haj Amin El Hussein dans la région de Jérusalem, et par Fawzi El Kaukji en Galilée, ont placé leurs combattants dans les villes arabes et conduit, sous les yeux des Anglais, diverses agressions contre les villes et villages juifs. Kaukji et ses irréguliers furent autorisés par les Anglais, à passer de Syrie en Palestine moyennant l’engagement de ne pas engager d’actions militaires mais il a bientôt rompu l’accord et attaqué à travers la Galilée. Les irréguliers arabes ont été combattus par l’armée clandestine sioniste, la Haganah, et par les groupes clandestins des factions dissidentes de l’Irgoun et du Lehi
À Jérusalem, les émeutes arabes ont éclaté les 30 novembre et 1er décembre 1947. Les irréguliers palestiniens ont coupé l’approvisionnement en nourriture, eau et carburant de Jérusalem durant un long siège qui a commencé à la fin de 1947. Les combats et la violence éclatèrent immédiatement dans tout le pays, y compris les embuscades des transport, le blocus de Jérusalem, des émeutes telles que les troubles à la raffinerie de Haïfa les massacres à Gush Etzion ( commis par les Palestiniens) et à Deir Yassin (par les Juifs). Les Palestiniens arabes ont commencé à abandonner leurs villes et villages pour échapper aux combats. Ainsi, la majeure partie de la population arabe de Haïfa est partie en mars et avril 1948, en dépit des appels des fonctionnaires juifs et britanniques pour qu’ils restent.
Les Anglais ont peu fait pour arrêter le combat mais les hostilités restaient limitées, des deux côtés, par le manque d’armes et de soldats formés. Au commencement, les Palestiniens ont eu un avantage clair et un rapport de mars, 1948 de la Haganah sur les opérations a jugé la situation critique, particulièrement dans la région de Jérusalem. On convient généralement qu’avril 1948 a marqué un tournant dans le combat, avant l’invasion des armées arabes, en faveur des forces juives dépassées initialement en armes et en effectif. Pour briser le siège de Jérusalem, la Haganah a activé prématurément le « plan Dalet » – un plan préparé pour la défense générale et censé n’être mis en application qu’au départ des Anglais. Il a exigé l’utilisation des forces armées et de tactiques de troupes régulières combattant ouvertement plutôt que clandestinement. Il prévoyait également l’évacuation « provisoire » des civils arabes des villes dans certains secteurs stratégiques, tels que le corridor de Jérusalem. Cette disposition a été citée comme preuve que les Sionistes ont projeté à l’avance l’exode et l’expulsion des civils arabes.
La Haganah a monté sa première opération de grande envergure, l’opération Nahshon, avec 1.500 soldats. Elle a attaqué les villages arabes de Qoloniyah et de Qastel, occupés par des forces irrégulières arabes après la fuite des villageois sur la route de Jérusalem. Elle a brisé temporairement le siège, permettant aux convois d’approvisionnements d’atteindre la ville. Qastel est tombé le 8 avril et le principal commandant militaire palestinien, Abdel Khader Al-Husseini y a été tué. Qoloniyeh est tombé le 11 avril. Dans le Nord, l’armée du Salut de Fawzi El-Kaukji a été repoussée lors de la bataille de Mishmar Haemeq, le 12 avril 1948. Ces succès aidèrent à convaincre le Président Truman que les Juifs ne seraient pas écrasés par les forces arabes et lui ont fait abandonner la proposition de tutelle que les Etats-Unis avaient déposée plus tôt à l’ONU . A la suite d’attaques par des Arabes irréguliers, Irgoun a attaqué la ville arabe de Jaffa, juste au Sud de Tel Aviv. Les Palestiniens se sont sauvés en masse en dépit des appels des Anglais pour qu’ils restent.
L’invasion arabe – En dépit de leurs déclarations belliqueuses, les gouvernements des pays arabes voisins étaient plus réticents à entrer en guerre contre Israël qu’on ne le pense généralement. Cependant la peur de la pression populaire combinée avec la crainte que les autres Etats arabes gagneraient un avantage sur eux en combattant en Palestine aidèrent à persuader la Syrie, la Jordanie et l’Egypte d’entrer en guerre. Quoique officiellement, ils se battaient en conformité avec un plan unique, il n’y avait en fait qu’une faible coordination entre eux.
Le 14 mai 1948, les Juifs ont proclamé l’Etat indépendant de Israël, et les Anglais se sont retirés de Palestine. Au cours des jours et semaines qui ont suivi, les pays arabes voisines ont envahi la Palestine et Israël Les combats ont duré de brèves périodes séparées d’accords de cessez-le-feu (des trêves ont été déclarées du 11 juin au 8 juillet 1948 et du 19 juillet au 15 octobre 1948).
Au départ, les armées égyptiennes et syriennes ont remporté des succès notables. En particulier, les Egyptiens, soutenus par des tanks, de ‘artillerie, des avions dont Israël ne disposait pas, parvenaient à isoler tout le Néguev et à occuper des régions qui avaient été assignées à l’Etat juif. Dans son livre, « Dans les champs de Philistine: (bisdoth palesheth), l’activiste pacifiste israélien Uri Avnery raconte comment l’armée égyptienne a essayé une attaque blindée massive contre Tel Aviv. Les tentatives palestiniennes d’installer leur Etat ont été bloquées par l’Egypte et la Jordanie. La Jordanie a respecté son accord de ne pas envahir des régions assignées à l’Etat juif, contrairement à la Syrie et à l’Egypte. L’attaque a été repoussée par quelques avions Messerschmitt récemment arrivés de Tchécoslovaquie. Les Syriens avancèrent dans le territoire qui avait été alloué à l’Etat palestinien.
Si la Jordanie n’envahissait pas le territoire juif, la Légion arabe empêchait l’arrivée à la partie juive assiégée de Jérusalem des convois partis de ses positions fortifiées du Latrun. Jérusalem aurait dû être internationalisée selon les résolutions 181 et 303 de l’Assemblée Générale des nations Unies. la résolution 303 de la résolution 181 de l’Assemblée générale de l’ONU et de l’Assemblée générale de l’ONU. Les positions jordanienne dans le Latroun (ou Latrun) ne purent pas être conquises malgré plusieurs attaques sanglantes. Pour les contourner, les Israéliens ont finalement construit une « route de Birmanie « . Terminée en juin 1948, elle a permis de briser le siège de Jérusalem.
Le premier cessez-le-feu et l’Altalena – Le cessez-le-feu de juin a donné à toutes les parties un répit pour se regrouper et se réorganiser. Les Arabes ont commis une erreur majeure en acceptant la trêve. Les Israéliens en ont tiré profit pour se réorganiser et recruter et former des soldats. Ils pouvaient maintenant apporter de grandes cargaisons d’armes, en dépit des restrictions du traité, et former et organiser une vraie force de combat de 60.000 hommes qui leur a donné pour la première fois, l’avantage en effectif et en armement. La trêve a probablement sauvé Jérusalem, au bord de la famine. Pendant la longue trêve, les forces clandestines de la Haganah, du Palmach, de l’Irgoun et de Lehi ont été amalgamées en une armée nationale unique, la force de défense d’Israël (Tsahal). Les révisionnistes du mouvement Irgoun ont essayé d’introduire en Israël la cargaison d’armes d’un bateau appelé l’Altalena. Leur but était de maintenir une force de combat séparée. Le Premier Ministre israélien Ben Gourion a commandé à Tsahal de couler l’Altalena quand Menachem Begin, le chef de l’Irgoun, a refusé de renoncer à sa cargaison d’armes. Les Palestiniens et les Arabes n’ont pas bien utilisé le répit. Une grande cargaison d’armes destinées aux Palestiniens a été bloquée par Tsahal/Haganah et n’a jamais atteint la Syrie. Les Etats arabes étaient réticents à engager plus d’hommes dans la lutte comme de dépenser plus d’argent.
La reprise de la guerre – La guerre avec les Egyptiens avait été statique car ils étaient isolés dans la poche de « Faluja » dans le centre d’Israël. Après l’expiration du cessez-le-feu, Israël a porté la guerre contre les Egyptiens dans leur territoire en pénétrant dans la péninsule du Sinaï. Tsahal a été forcée de se retirer après des rencontres avec des avions britanniques.
Dans le Centre, Tsahal a conquis un arc de cercle de terre et ouvert le « Corridor » entre Jérusalem et le reste d’Israël. Au cours des dix jours de combat entre les deux trêves, les Israéliens ont envahi les villes arabes de Lod et de Ramla qui bloquaient la route de Jérusalem. Ils ont expulsé la plupart des Palestiniens qui vivaient là, après en avoir tué un grand nombre. Ils ont détruit de nombreux petits villages palestiniens autours de Tel-Aviv, de sorte que pratiquement aucun Palestinien ne restait dans le centre d‘israël. .Le conflit a créé à peu près autant de réfugiés juifs des pays arabes. Beaucoup d’entre eux furent privés de leur propriété, de leurs droits et de leur nationalité. Israël n’a pas initié des demandes d’indemnisation de ces réfugiés.
La défaite arabe et la naissance du problème des réfugiés – En dépit des reculs initiaux, leur meilleure organisation, les succès des services de renseignement ainsi que l’arrivée opportune de cargaisons clandestines d’armes, ont permis aux juifs de gagner une victoire décisive. Les Arabes et les Palestiniens ont perdu leur avantage initial parce qu’ils ne se sont pas organisés ni unis. Quand le combat s’est terminé en 1949, Israël occupait des territoires au-delà des frontières fixées par le plan de l’ONU – un total de 78% de la région à l’Ouest du fleuve Jourdain. L’ONU n’a fait aucune tentative sérieuse pour imposer l’internationalisation de Jérusalem, alors divisée entre la Jordanie et Israël par des barrières de barbelés et des zones de no man’s land. Le reste du secteur assigné à l’Etat arabe a été occupé par l’Egypte et la Jordanie. L’Egypte avait la bande de Gaza et la Jordanie tenait la Rive occidentale. Environ 726.000 Arabes s’étaient enfuis ou avaient été poussés hors d’Israël. Ils devenaient des réfugiés dans les pays arabes voisins. Les pays arabes ont refusé de signer un traité permanent de paix avec Israël En conséquence, les frontières d’Israël établies par la commission d’armistice n’ont jamais reçu de reconnaissance internationale de jure (légale).
L’ONU a arrangé, en 1948 et en 1949, une série de cessez-le-feu entre les Arabes et les Juifs. La résolution 194 de l’ONU GA a réclamé la cessation des hostilités et le retour des réfugiés qui souhaitaient vivre dans la paix. La résolution 62 du Conseil de sécurité a réclamé l’exécution d’accords d’armistice qui mèneraient à une paix permanente. Les frontières de Israël ont été établies suivant « la ligne verte » des accords d’armistice de 1949.). Ces frontières n’ont pas été reconnues par les Etats arabes, qui continuaient à refuser de reconnaître Israël. Bien que les hostilités aient cessé, le problème des réfugiés n’a pas été résolu. Les négociations ont bloqué lorsqu’Israël a refusé de réadmettre plus qu’un petit nombre de réfugiés. L’URSS, au début favorable à l’Etat sioniste, s’aligna avec les pays arabes. En dépit du soutien continu des USA pour l’existence de Israël, l’aide américaine vers Israël était minimale et n’a pas inclus d’aide militaire pendant les administrations de Truman et d’Eisenhower. Les forces de défense d’Israël (Tsahal) étaient équipées d’armes de surplus achetées en troisième main et d’avions et de blindés légers français. Les pays arabes, particulièrement la Syrie et Egypte, ont commencé à recevoir de grandes quantités d’aide militaire soviétique. La Ligue arabe a institué un boycott économique contre Israël. Il a été respecté en partie par la plupart des nations industrielles et est resté en vigueur jusque dans les années 90.
La campagne du Sinaï – A la suite du renversement du Roi Farouk d’Egypte par les officiers libres dirigés par Naguib et Nasser, l’Egypte fait quelques mouvements en direction de la paix avec Israël. Cependant, en 1954, un réseau d’espionnage israélien était capturé alors qu’il tentait de faire sauter l’agence d’information américaine et d’autres institutions étrangères installées en Egypte. Le but était de créer une crise entre les USA et l’Egypte et d’empêcher un rapprochement. En Israël, le ministre de la défense Pinhas Lavon et le Premier ministre David Ben Gourion ont chacun démenti leur responsabilité dans l’action, et se sont accusés réciproquement. Cet incident est connu indifféremment comme « l’affaire de Lavon » et « l’affaire honteuse.. L’Egypte est devenue soupçonneuse des intentions israéliennes, et a commencé à négocier l’achat de grandes quantités d’armes. Quand celles-ci lui ont été refusées par l’Ouest, les Egyptiens se sont tournés vers les pays du Bloc de l’Est. Ils ont fait affaire avec la Tchécoslovaquie. Le Président égyptien Gamal Nasser a également fermé aux transports israéliens le détroit de Tiran et le canal de Suez. Les stratèges israéliens ont cru que l’Egypte ferait la guerre ou lancerait une épreuve de force diplomatique dès que les armes seraient opérationnelles. Israël a également recherché un approvisionnement en armes. Il les a achetées à la France. Des incursions répétées de palestiniens et d’Egyptiens de Gaza à travers la frontière ont provoqué des représailles israéliennes de plus en plus graves, amenant à leur tour de plus grandes incursions. L’évaluation des « activistes » israéliens tels que Moshe Dayan était que Israël devait faire une guerre préventive avant que l’Egypte n’ait entièrement intégré ses nouvelles armes.
Au cours de l’été 1956, Israël, la France et la Grande-Bretagne se sont entendus sur une action visant à annuler la nationalisation du canal de Suez. Israël envahirait le Sinaï et ses parachutistes prendraient la passe de Mitla. La Grande-Bretagne et la France émettraient un ultimatum avant de débarquer des troupes, ostensiblement dans le but de séparer les parties. L’exécution du plan commença le 29 octobre 1956. Israël a vite conquis le Sinaï. Les Etats-Unis étaient irrités contre Israël, la Grande-Bretagne et la France. La résolution 997 de l’Assemblée générale de l’ONU a réclamé leur retrait immédiat. Les troupes israéliennes sont restées un bon nombre de mois dans le Sinaï avant de se retirer sous la pression de l’ONU et en particulier des Etats-Unis. Israël a obtenu la garantie que les voies d’eau internationales resteraient ouvertes à la navigation entre Israël et les USA et l’installation d’une force de l’ONU dans le Sinaï.
La naissance du Fatah – Yasser Arafat, un Palestinien né en Egypte, a grandi dans la bande de Gaza. Il a été un membre de l’Ikhwan (les Frères musulmans) et du Futtuwah (faction armée palestinienne de Haj Amin El Husseini). Recruté en 1955 par les services de sécurité égyptiens alors qu’il étudiait au Caire, il a fondé l’Union Générale des Etudiants Palestiniens (GUPS). En 1957 il s’est déplacé au Koweït où avec Khalil Al Wazir (Abu Jihad) Farouq Qadumi, Khalid al Hassan et d’autres, il a fondé le Comité de libération de la Palestine, plus tard renommé le Fatah (l’acronyme renversé de Harakat Tahrir Filistin – le mouvement de libération de la Palestine), modelé sur le FLN algérien.
1967 – La guerre des 6-jours – la tension a commencé à monter entre Israël et les pays arabes au cours des années 60. Israël a commencé la réalisation de son plan national de l’eau, pompant l’eau de la mer de Galilée pour irriguer le Sud et le Centre d’Israël. Le projet se conformait au plan proposé, en 1955, par le délégué américain Eric Johnston, en accord avec des ingénieurs arabes mais auquel les gouvernements arabes avaient refusé de participer pour ne pas reconnaître implicitement Israël. Lors de réunions secrètes, Israël et la Jordanie ont accepté de respecter les quotas fixés par ce plan.
Le mouvement palestinien Fatah, nouvellement créé, considéra, pour catalyser leur révolution, le captage de l’eau par les Israéliens comme un » acte impérialiste. Yasser Arafat commença à appeler à la guerre pour éliminer Israël. Yasser Arafat commença à appeler à la guerre pour éliminer Israël. Dans le journal du Fatah, Filistinunah, ( « Notre Palestine ») Arafat ridiculisait l’impuissance du Président égyptien Nasser et d’autres dirigeants arabes et réclamait une action efficace contre Israël. Nasser a décidé de fonder l’organisation de libération de la Palestine (OLP) comme une alternative » apprivoisée » au Fatah et a placé à sa tête Ahmed Shukhairy, un diplomate inefficace et pompeux.
Les Syriens, qui avaient rompu avec le pan-Arabisme de Nasser, le contrèrent en soutenant le Fatah qu’ils essayèrent de dominer. Les renseignements militaires syriens ont recruté des terroristes pour des actions contre Israël, donnant le crédit au Fatah. La première de ces actions a été annoncée le 31 décembre 1964. Il s’agissait d’une attaque contre un aqueduc israélien à Beit Netopha, mais en fait aucune attaque n’avait eu lieu. Une deuxième tentative a été faite le 2 janvier 1965 mais la charge d’explosifs a été désarmée. Cependant, les 14 janvier et 28 février, des attaques réussies ont suivi. Ces attaques terroristes mineures ont reçu une grande publicité dans le monde arabe. Elles étaient comparées au manque d’action et aux propos grandiloquents de Gamal Nasser, défiant son leadership. Ce ferment est considéré comme le catalyseur des événements qui ont mené à la guerre des six jours. S’il doit être attribué à la rivalité syrienne avec Nasser ou au mouvement Fatah, comme Yasser Arafat et les Palestiniens le revendiquent, n’a pas grande importance. Confronté aux actions « héroïques » des Palestiniens sous parrainage syrien, Nasser a été poussé à une position de plus en plus belliqueuse
Lors de plusieurs conférences au sommet, à partir de 1964, les chefs arabes ont ratifié la création de l’OLP, affirmé leur résolution de détruire Israël, et décidé de détourner les sources du fleuve Jourdain qui alimente la mer de Galilée, de manière à empêcher Israël de réaliser le plan israélien d’irrigation. Les Syriens et les Libanais ont commencé à construire des déviations. Israël a répondu en tirant sur les tracteurs et l’équipement utilisé en Syrie, à l’aide de canons, progressivement plus précis et à plus longue portée au fur et à mesure que les Syriens écartaient leurs engins de la frontière. Ensuite, il y eut des tentatives des Israéliens de cultiver les zones démilitarisées (DMZ) comme convenu dans les accords d’armistice. Israël était dans son droit selon ces accords mais Moshe Dayan, des années après, a reconnu que 80% des incidents avaient été délibérément provoqués. Les Syriens ont répondu en canonnant les DMZs Quand les Israéliens ont répondu en force, la Syrie a canonné les villes israéliennes du Nord. Le conflit s’est envenimé jusqu’à des attaques aériennes. L’URSS était attentive à protéger le nouveau gouvernement ba’athiste pro-Soviétique de Syrie. Elle avertissait les Syriens et les Egyptiens qu’Israël se préparait à attaquer la Syrie. Comme la tension montait, la Syrie a fait appel à l’Egypte, acceptant l’information soviétique qui disait qu’Israël amassait des troupes à la frontière syrienne. La nouvelle était fausse et a été démentie par l’ONU.
Dans ces circonstances, à la mi-mai 1967, le Président égyptien Gamal Nasser a fait des déclarations belliqueuses. Le 16 mai 1967, une émission à la radio du Caire a annoncé: « l’existence d’Israël a duré trop longtemps. Nous sommes heureux de l’agression israélienne. Nous aspirons à la bataille que nous avons longtemps attendue. L’heure H est là. La bataille est venue et nous détruirons Israël. » Le même jour, l’Egypte a demandé le retrait de la force d’interposition de l’ONU (UNEF) du Sinaï et de la bande de Gaza. Le 18 mai, le Secrétaire général de l’ONU U Thant a accepté de retirer les troupes. Formellement, les troupes ne pouvaient être stationnées en Egypte qu’avec l’accord égyptien. Cependant, pendant longtemps, on a cru que Nasser avait vraiment espéré qu’U Thant ne retirerait pas les troupes de l’ONU et qu’il pourrait utiliser leur présence comme excuse pour ne rien faire.
Le 23 mai, Nasser a fermé les détroits de Tiran aux Israéliens. Les Etats-Unis n’ont pas honoré leur garantie d’assurer la liberté des voies d’eau vers Israël. Un torrent de rhétorique venait des capitales arabes qui les répétaient dans les réunions de l’ONU. À l’ONU, le Président de l’OLP Ahmed Shukhairy a déclaré « que ce sera notre privilège de frapper le premier coup », que l’OLP expulserait de Palestine tous les Sionistes arrivés après 1917 et éliminerait l’état d’Israël Il a également critiqué les Jordaniens comme étant les outils des impérialistes, augmentant sa pression constante sur le Roi Hussein de Jordanie.
En dépit de cette rhétorique belliqueuse, les analystes tels qu’Avi Shlaim (le mur de fer) et d’autres croient que chaque pays a été entraîné dans le conflit par la rivalité inter-arabe et n’envisageait pas la guerre. Nasser n’a jamais eu l’intention d’attaquer Israël selon Shlaim. Il a été entraîné dans un conflit par les manœuvres des Soviétiques, les peurs syriennes et son besoin de prétendre au leadership du monde arabe. Quoiqu’il en soit, d’après Michael Oren, des documents récemment déclassés indiquent que les Egyptiens projetaient en fait d’attaquer Israël le 28 mai 1948. Le plan, connu sous le nom de code d’opération Aube, fut découvert par Israël. Les Israéliens ont prévenu les Américains. Le Président Johnson l’a dit au Premier Ministre soviétique Kossyguine, et ce dernier l’a écrit à Nasser. Nasser a compris qu’il avait perdu l’effet de surprise et annulé l’attaque. Pourtant, le 29 mai 1967, Nasser parlait toujours d’affronter Israël et déclarait à des parlementaires égyptiens, « Dieu nous aidera sûrement et nous demandera de rétablir la situation comme elle existait en 1948. »
Les officiers de Tsahal ont poussé le gouvernement à déclarer la guerre parce qu’il était admis qu’une attaque arabe était imminente et parce que la capacité d’Israël à maintenir entièrement mobilisée son armée était limitée. Le Premier ministre Eshkol était pourtant peu enclin à agir et le ministre des affaires étrangères Abba Eban s’opposait à une action unilatérale, qu’il croyait contraire aux souhaits des Etats-Unis. Ariel Sharon admet aujourd’hui que lui et d’autres, y compris Yitzhak Rabin, avaient discuté de la possibilité d’une sorte de putsch, dans laquelle les officiels du gouvernement seraient enfermés dans une chambre pendant que l’armée commencerait la guerre. L’idée ne passa cependant jamais l’étape de la réflexion à haute voix.
Le 30 mai, la Jordanie a signé un pacte de défense avec l’Egypte. Elle se préparait à la guerre et Nasser déclarait : « les armées d’Egypte, de Jordanie, de Syrie et du Liban sont prêtes aux frontières d’Israël… pour relever le défi, pendant que derrière nous se tiennent les armées d’Iraq, d’Algérie, du Koweït, du Soudan et de toute la Nation arabe. Cet acte étonnera le monde. Aujourd’hui ils sauront que les Arabes sont en ordre de bataille et que l’heure critique est arrivée. Nous en sommes au stade de l’action, plus à celui des déclarations. »
Le 4 juin, l’Irak se joignait également à l’alliance militaire avec l’Egypte et s’engageait à la guerre. Le 31 Mai, le Président irakien Rahman Aref annonçait, « c’est notre occasion d’éliminer l’ignominie qui a été avec nous depuis 1948. Notre but est clair – effacer Israël de la carte. »
Les évaluations israéliennes et américaines étaient qu’Israël gagnerait aisément n’importe quelle guerre, en dépit de la supériorité énorme en blindés, avions et soldats en faveur des forces combinées des pays arabes. Avant 1967, Israël n’a pratiquement reçu aucune aide militaire des Etats-Unis. L’Egypte et la Syrie étaient équipées de grandes quantités des derniers modèles d’armes soviétiques. Le fournisseur principal d’armes d’Israël était la France. Sur papier, Israël avait presque autant d’avions que les Egyptiens, mais les avions israéliens étaient pour la plupart âgés et même les Super-mirage n’étaient pas à comparer aux chasseurs Mig-21 acquis de l’URSS par l’Egypte. Sur papier, Tsahal avait un grand nombre de « tanks » aussi capables ou presque que ceux des pays arabes. Cependant, alors que les Syriens et les Egyptiens étaient équipés de tanks lourds soviétiques du dernier modèle, nombre des « blindés israéliens étaient en fait des petits véhicules antichars, des AMX français. Les tanks lourds étaient des chars Sherman de la Seconde guerre mondiale, remis en état et équipés de moteurs diesel. Israël avait également pu acheter aux Américains, en 1965, environ 250 Patton M-48. Le public israélien et Juif et certains membres du gouvernement ont cru à une menace mortelle pour Israël. Des milliers de tombes ont été creusés dans les parcs publics de Tel Aviv en prévision de lourdes pertes.
Il est probable que le gouvernement israélien n’a pas voulu la guerre et certains ministres, au moins, la craignaient. Ben Gourion a réprimandé le chef de l’état major, Itzhak Rabin, pour ses rapports agressifs qui avaient, selon lui, augmenté la tension et créé des difficultés pour Israël. Le Premier Ministre israélien, Levi Eshkol, a paru hésitant. Il a bégayé lors d’un discours dramatique, radiodiffusé à la nation. Suite à la pression exercée publiquement par les partis de l’opposition, un gouvernement d’unité fut formé. Abba Eban, le ministre des affaires étrangères, a essayé en vain d’obtenir des USA la garantie qu’ils feraient rouvrir le détroit de Tiran. Au début, le Président Johnson avait promis une flottille internationale et averti Israël de ne pas attaquer seul. Cependant, les USA ne sont pas parvenu à lancer une action internationale et ont fait marche arrière, faisant largement comprendre à Israël qu’il devrait résoudre le problème lui-même.
Israël ne pouvait pas maintenir indéfiniment une mobilisation totale. Le 5 juin 1967, quand il est devenu évident que l’Egypte ne reculerait pas, Israël a attaqué. Dans les premières heures de la guerre, Israël a détruit plus de 400 avions ennemis et obtenu une supériorité aérienne totale. Les troupes israéliennes ont rapidement conquis la péninsule du Sinaï et Gaza. Le premier jour de la guerre, l’artillerie jordanienne a commencé à tirer sur Jérusalem malgré l’avertissement du Premier Ministre israélien Levi Eshkol de rester en dehors de la guerre. Ensuite, la Légion de Jordanie a avancé. elle a pris le quartier général de l’ONU (la maison du Gouverneur – Armon Hanatziv ) à Jérusalem. Après avoir averti à plusieurs reprises le Roi Hussein de cesser le feu et de se retirer, Israël a conquis la Rive occidentale et Jérusalem. Pendant les premiers jours de la guerre, l’artillerie syrienne basée sur les Hauteurs du Golan a martelé des cibles civiles dans le Nord d’Israël. Après avoir battu l’Egypte, Israël a décidé de conquérir les Hauteurs du Golan malgré l’opposition et les doutes d’une partie du gouvernement, y compris de Moshe Dayan, qui avait été nommé ministre de la défense et en dépit du fait que l’ONU réclamait déjà un cessez-le-feu. Le 11 juin 11 1967, Israël acceptait le cessez-le-feu après avoir conquis les Hauteurs du Golan. La résolution 242 de l’ONU a appelé à la négociation d’une paix permanente entre les parties et au retrait israélien des terres occupées en 1967.
Les retombées de la guerre – La guerre de 1967 a changé la perception de l’équilibre des forces dans le Moyen-Orient et a créé une nouvelle réalité. Israël avait acquis des territoires étendus, plusieurs fois plus grands que les frontières de 1947 – le désert du Sinaï, les hauteurs du Golan et la Rive occidentale. En 1956, Nasser avait pu attribuer la défaite égyptienne à l’appui aux Israéliens des Anglais et des Français. Bien qu’il ait essayé de blâmer la défaite de1967 sur un appui supposé de la Sixième flotte des USA, c’était manifestement faux.
Selon des analystes tels que Fouad Ajami, la défaite désastreuse Arabes a signifié la fin de l’approche Pan arabe préconisée par Gamal Abdel Nasser. Elle a contribué à la montée du fondamentalisme islamique. Il devrait être rappelé cependant que Nasser et les Panarabistes se sont toujours vus comme les leaders du monde musulman aussi bien que du monde arabe.
Israël avait acquis des territoires et obtenu une victoire militaire ce qui marquait aussi un nouveau jour pour les aspirations palestiniennes. La défaite plaçait sous le contrôle d’Israël environ un million d’Arabes palestiniens. Après la guerre des Six Jours, le sort des Palestiniens en est venu à jouer un grand rôle dans le conflit Arabo-Israélien. Le Fatah (le mouvement pour la libération de la Palestine) était fondé vers 1957 (bien qu’il n’ait été formalisé que beaucoup plus tard) et l’OLP (organisation de libération de la Palestine) en 1964. Tous les deux avaient le but avoué de détruire Israël. Après la guerre des Six Jours, Ahmad Shukairy était remplacé comme Président de l’OLP par Yasser Arafat, qui dirigeait le Fatah. Le Fatah et l’OLP avaient maintenant la liberté d’agir sans les limites imposées par des régimes arabes discrédités. Puisque toute la Palestine était maintenant sous contrôle israélien, les actions du Fatah n’étaient plus une menace directe pour les gouvernements arabes. Avec le temps, l’organisation de libération de la Palestine a été reconnue par tous les Etats arabes et par la suite par l’ONU comme représentant les Palestiniens. Yasser Arafat, Président de l’OLP, a fait un exposé lors de l’Assemblée générale des Nations Unies de 1974. Israël s’est fortement opposé à l’OLP à cause de ses actions terroristes contre des Juifs et en raison des objectifs de sa charte de détruire l’Etat d’Israël et d’expulser les juifs arrivés après 1917.
A la requête du Roi Hussein de Jordanie, Ya’akov Herzog a rencontré lui, le 2 juillet 1967, au cabinet de son médecin de Londres. Selon les notes de Herzog, Hussein a discuté longuement les raisons qui l’avaient forcé à entrer en guerre. Le Roi disait que seule une paix dans l’honneur était possible mais il n’a pas demandé la paix. Lorsque Herzog lui demanda s’il offrait la paix, Hussein dit qu’il répondrait plus tard. Israël n’avait pas une offre de paix concrète à offrir à la Jordanie. Herzog offrit son opinion personnelle que la paix devait mener à une confédération économique. (Cette réunion est documentée par Tom Segev, Israël en 1967.
Des groupes religieux et nationalistes commencèrentà revendiquer l’annexion et la colonisation de régions de la Cisjordanie et des hauteurs du Golan. Quelques ministres, parmi eux, Pinchas Sapir, Zalman Aran du parti travailliste et Yaakov Shimshon Shapira du parti national religieux avertirent du danger démographique qui résulterait de la conquête de tous ces Arabes. Shapira a montré également que l’annexion de la Rive Occidentale donnerait du crédit à l’accusation qu’Israël était une entreprise coloniale. Menachem Begin et Yigal Alon prirent position en faveur de l’annexion. Moshe Dayan proposa que les Arabes de la Rive occidentale se voient accorder une autonomie mais se heurta à l’opposition de Menachem Begin qui plus tard défendrait cette idée. Il croyait alors qu’il était possible d’amener un grand nombre de Juifs en Israël pour s’installer dans les territoires et que les Arabes devraient choisir entre devenir des citoyens ou s’en aller.
Le Mossad avait proposé, dans un rapport du 14 juin 1967, un Etat palestinien sous la protection d’Israël mais cette idée ne fut pas acceptée. Selon certaines sources, Moshe Dayan reçut, durant l’été 67, une délégation de notables qui demandaient pour la Cisjordanie le droit de se gouverner mais il rejeta la proposition.
En juillet 1967, Yigal Alon a présenté le « plan Alon » qui prévoyait qu’Israël conserve, dans n’importe quel règlement de paix, pour des raisons stratégiques, de grands pans de la Rive occidentale. Un nombre croissant de colonies ont été établies lorsqu’il devint évident que les Etats arabes ne négocieraient pas avec Israël.
Un tournant décisif fut le sommet arabe de Khartoum, en août et septembre 1967, qui a paru fermer la porte à la possibilité de négociations avec Israël ou à la reconnaissance d’Israël sous n’importe quelle forme. Une deuxième barrière a été la résolution » Sionisme = Racisme » votée par l’Onu en 1975, qui a crédibilisé en Israël la thèse des extrémistes israéliens que l’opposition aux colonies était une opposition à Israël et qu’Israël étant essentiellement seul dans un monde hostile, ne pouvait s’attendre à aucune justice. Bien que la résolution ait été abrogée en 1991, des sentiments similaires sont apparus en 2001 à la conférence de l’ONU de Durban. De même, en novembre 1975, un assistant du Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Harold H Saunders, a dit à une Commission de l’intérieur du Congrès que les Etats-Unis reconnaissaient maintenant l’importance du problème national palestinien dans le conflit et sous-entendait fortement que les Etats-Unis accepteraient d’aider une solution qui tiendrait compte des droits palestiniens si l’OLP reconnaissait les résolutions de l’ONU sur ce sujet y compris le droits d’Israël à exister et qu’un compromis raisonnable pouvait être acceptable. Cette politique déboucha ultérieurement sur le Processus de paix d’Oslo après que le Président de l’OLP, Yasser Arafat, ait annoncé en 1988 l’acceptation de la résolution 242.
Pendant ce temps cependant, l’expansion de la colonisation, expansion des colonies est devenue la politique officielle israélienne avec l’arrivée au pouvoir du parti révisionniste Likoud en 1977. Elle a continué pendant les accords d’Oslo. En 2003, environ 220.000 Israéliens étaient installés dans les territoires de la Rive Ouest et de Gaza. 200.000 de plus habitaient les régions de Jérusalem et environs conquis en 1967. Environ 15.000 juifs sont installés sur les Hauteurs du Golan pris à la Syrie .
La guerre d’Usure – après la guerre des Six jours, le Président égyptien Nasser, rompant le cessez-le-feu, a lancé une guerre d’usure sur le canal de Suez. En Israël, le Premier ministre Levi Eshkol était mort et remplacé par Golda Meir, un faucon. Les troupes ont combattu depuis leurs positions dans des échanges de plus en plus sanglants qui comprenaient, du côté égyptien, la participation de pilotes soviétiques. La pression des USA amena la signature d’un second cessez-le-feu en août 1970, les deux parties déclarant officiellement accepter la résolution 242 des Nations Unies. Nasser est mort peu après. Il a été remplacé par Anwar Sadate. Sadate a essayé à plusieurs reprises d’amener Israël à des accords partiels en échange de retraits israéliens partiels. Les Etats Unis et l’ONU essayèrent de négocier la paix à travers les bons offices de Gunnar Jarring. Rien n’a résulté de ces efforts de paix, en partie suite à l’obstination du Premier Ministre israélien Golda Meir qui insistait pour que les troupes israéliennes ne bougent pas avant la réalisation d’un traité de paix. Sadate continuait à alterner les plans de paix avec les menaces de guerre mais Israël ne le prenait pas au sérieux. Les renseignements militaires israéliens et le gouvernement étaient convaincus de la supériorité militaire absolue d’Israël et que l’Egypte n’oserait pas attaquer avant d’avoir reconstruit son armée. Par conséquent, la meilleure politique semblait être d’attendre que les pays arabes acceptent les conditions d’Israël.
La guerre d’octobre (guerre du Kippour) – En octobre 1973, l’Egypte et la Syrie ont déclenché une autre guerre contre Israël, après que le gouvernement israélien de Golda Meir ai repoussé les offres de négocier du Président égyptien Anwar Sadate. Les Egyptiens ont traversé le canal de Suez l’après-midi du 6 octobre, lors de la fête du Yom Kippour, le jour le plus saint du calendrier religieux juif. Le gouvernement israélien avait ignoré les avertissements répétés des services de renseignements. Il était convaincu que la force militaire d’Israël était suffisante pour décourager n’importe quel agresseur. Sadate avait annoncé deux fois son intention de faire la guerre et rien ne s’était produit. Quand, le matin de l’attaque, les rapports des services de renseignements ont finalement été cru, le Premier ministre Meir et le ministre de la défense Dayan ont décidé de ne pas mobiliser les réserves
Les Israéliens ont été pris par surprise de plus d’une manière. Les Egyptiens ont, sans opposition, fait traverser le canal à des forces importantes. Ils ont réussi à établir une tête de pont. L’armée d’Israël avait négligé les entretiens de base et l’exercice. Pendant que les troupes se rassemblaient, il est apparu que de l’équipement manquait et que les blindés n’étaient pas opérationnels. La ligne des avant-postes, conçus pour être des sentinelles le long du canal de Suez – la ligne Bar Lev, était utilisée comme une ligne fortifiée dont le but aurait été d’arrêter les Egyptiens le plus longtemps possible. Une poignée de soldats a fait face à l’assaut égyptien et a été balayée après une résistance obstinée. Les Soviétiques avaient vendu aux Egyptiens de nouvelles armes – Les missiles sol-air SAM et les Sager, des antichars portables. Israël avait compté sur sa puissance aérienne pour prendre le dessus sur le champ de bataille, et avait négligé l’artillerie. Mais son aviation a été neutralisée au début par l’efficacité des missiles SAM et ce jusqu’à ce qu’Israël puisse détruire les stations radar qui les dirigeaient. Plusieurs jours durant, les contre-attaques furent rendues futiles par des embouteillages dans le Sinaï qui empêchaient la concentration des forces et par une résistance égyptienne efficace.
Pendant ce temps, moins de 200 blindés israéliens restaient disponibles pour garder les Hauteurs du Golan contre des forces très supérieures. Les Syriens ont fait de sérieuses incursions dans le Golan et sans opposition pendant que les Egyptiens traversaient le canal de Suez et reprenaient une partie de la péninsule du Sinaï. Après de lourdes pertes, Israël a pu reconquérir le Golan.
Dans le Sinaï, les soldats israéliens ont traversé le canal. Le Général Ariel Sharon , désobéissant aux ordres de supérieurs prudents, a foncé en avant des transports et des unités d’appui et créé une tête de pont sur la rive égyptienne du canal de Suez, isolant la troisième armée égyptienne toute entière. Au bout d’un mois, des cessez-le-feu ont terminé la plupart des combats. Environ 2.700 soldats israéliens et 8.500 soldats arabes étaient morts. Suite à cette guerre, Golda Meir a été forcée de démissionner de son poste de Premier ministre d’Israël, laissant la place à Izhak Rabin, qui avait été ambassadeur aux Etats Unis et précédemment chef d’état major.
L’embargo pétrolier arabe – Parmi les conséquences de la Guerre des Six Jours, il y eut la décision des pays arabes, emmenés par l’Arabie Saoudite, de déclarer un embargo pétrolier des Etats Unis et des Pays-Bas en particulier pour leur support à Israël. La production pétrolière diminua de 340 millions de barils entre octobre et décembre 1973. Les prix grimpèrent de 3 à 11$ le baril tant à cause de la panique qui mena à l’augmentation des stocks que des manques réels. Le pétrole vendu aux pays européens aboutit finalement aux USA et aux Pays-Bas mais il provoqua néanmoins des longues files devant les stations services et des augmentations brutales des prix. L’embargo dura jusqu’en mars 1971.
Il accrut la prise de conscience que les pays arabes pouvait exercer une influence politique par le contrôle des livraisons de pétrole. Il a peut-être aidé à motiver les gestes conciliants de la diplomatie européenne vis-à-vis des Arabes et joué un rôle dans l’invitation faite à Arafat de faire un discours à l’Assemblée générale des Nations Unies et l’obtention d’un siège d’observateur à l’ONU par l’OLP ainsi que dans le passage de la résolution » Sionisme = Racisme » en 1975.
Paix avec l’Egypte – la navette diplomatique entreprise par le Secrétaire d’Etat Henry Kissinger a résulté dans des retraits israéliens partiels de la péninsule du Sinaï sous des conditions beaucoup moins favorables que celles qui auraient pu être obtenues avant la guerre. Le chef de l’opposition de droite Menahem Begin était résolu dans son opposition à tout retrait. Cependant, en 1978, l’Egypte de Anwar Sadate et Israël, avec Menahem Begin comme Premier ministre, ont signé les accords-cadres de Camp david menant à un traité de paix en 1979. En 1982, Israël s’est retiré de la péninsule du Sinaï.
OLP au Liban et la guerre civile libanaise – Le Liban est devenu de plus en plus instable au fur et à mesure que les chrétiens maronites ont vu leur position dominante menacée par les changements démographiques qui donnaient aux musulmans une majorité grandissante. Les tensions entre les différents groupes religieux étaient aggravées par les rivalités des clans. Le Liban comptait de plus une population relativement importante de réfugiés palestiniens qui avait à subir l’animosité des Libanais d’origine, particulièrement des chrétiens. En 1970, la révolte de l’OLP contre le gouvernement jordanien s’est terminée par son expulsion de la Jordanie. Les combattants de l’OLP sont partis au Liban. Ils y ont attisé la tension entre les musulmans et les chrétiens et transformé le pays en une base d’attentats contre Israël. En 1975, l’attaque d’un autobus transportant des Palestiniens par les Phalanges chrétiennes a commencé la guerre civile. Les Phalanges chrétiennes et les milices musulmanes ont massacré au moins l600 musulmans et chrétiens à des points de contrôle routier et lancé ainsi la guerre civile de 1975-1976. Les Palestiniens se sont alliés aux forces musulmanes. Ensemble, ils ont contrôlé Beyrouth Ouest qui est devenue de plus en plus anarchique. La vie politique et sociale libanaise est tombée dans un chaos, caractérisé par une sinistre routine d’attentats à la bombe, d’assassinats, de harcèlements et de massacres de civils aux barrages routiers installés par les milices qui se faisaient la guerre.
Le 20 janvier 1976, des combattants de l’OLP, probablement renforcé par un contingent OLP venant de Syrie entré au Liban en 1975, ont détruit les villes chrétiennes de Jiyeh et Damour, massacrant environ 500 personnes. En mars, le Major Saad a formé l’Armée du Liban Sud (SLA), une milice qui s’est alliée à Israël et dont la mission était de protéger les chrétiens résidants dans le Sud Liban. En juin, 1976, les Maronites étant au bord de la défaite, le Président Elias Sarkis a, réclamé l’intervention de la Syrie. Avec l’accord des Américains et des Israéliens, les Syriens sont entrés dans le Liban sous couvert de protéger les chrétiens et la fragile constitution multi-religieuse multiethnique libanaise mais également pour réaliser la vieille ambition baasistes de faire du Liban un élément de la Grande Syrie. Le 13 août 1976, avec la protection et probablement la participation active de l’armée syrienne, la milice phalangiste chrétienne a attaqué le camp de réfugié d’Al-Za’atar et y a tué au moins 3.000 civils.
Après l’attaque d’un autobus sur la route Haifa-Tel-Aviv au cours de laquelle une trentaine de personnes ont été tuées, Israël a envahi le Liban en mars 1978 (opération Litani) et occupé la majeure partie de la région au sud du fleuve Litani. En réaction, la résolution 425 du Conseil de sécurité de l’ONU a demandé le retrait immédiat des forces israéliennes et la création d’une force intérimaire de l’ONU au Liban (UNIFIL), chargée du maintien de la paix.
Les forces israéliennes transférèrent au SLA leurs positions à l’intérieur du Liban, le long de la frontière. Le SLA et Israël établirent une zone de sécurité, large de 18 km. Son but était de , protéger le territoire israélien des attaques à travers la frontière et aussi les Libanais du Sud de l’OLP qui occupait et utilisait leurs villages comme bases pour canonner Israël. Le secteur sud est devenu une » frontière ouverte » séparée par la « bonne barrière, » qui permettait aux habitants du Liban de trouver du travail en Israël Les attaques et contre-attaques le long de la frontière Nord d’Israël ont about,i en juillet 1981, à un cessez-le-feu entre Israël et l’OLP, sponsorisé par les USA, Il a été généralement respecté par les deux côtés. Néanmoins, l’OLP a continué à se renforcer et à s’enraciner dans le Sud Liban.
La guerre du Liban de 1982 (Paix pour la Galilée) – Le 3 juin 1982, des terroristes du groupe Abu Nidal, indépendant de l’OLP, ont tiré sur l’Ambassadeur israélien Shlomo Argov à Londres. Il a été atteint à la tête. En réponse, Israël a envahi le Liban en force. La plupart des analystes croient que l’attentat contre Argov a simplement servi d’excuse à une opération prévue par le ministre de la défense Ariel Sharon avec l’approbation tacite de l’administration Etats Unis. Le régime islamiste iranien envoya au Liban des Pasdaran, les gardes révolutionnaires, qui avaient antérieurement organisé la prise de l’ambassade des USA à Téhéran. Ils ont commencé à organiser un mouvement de résistance, le Hizb Allah (le parti d’Allah) ou Hizbolla.
L’invasion par Israël a eu comme résultat, en août, l’expulsion de l’OLP du Liban vers Tunis. La guerre a commencé à être très contestée en Israël dès que l’armée a dépassé ses objectifs officiels. Le 14 septembre 1982, le président élu du Liban, Bashir Gemayel, un allié d’Israël, fut tué par une bombe apparemment installée par le service secret Syrien. Ostensiblement pour maintenir l’ordre, le gouvernement israélien décida d’entrer dans Beyrouth Ouest. Ils ont autorisé leurs alliés, les phalanges chrétiennes libanaises à pénétrer les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et de Shatilla ou ils les y ont envoyé. Les phalangistes ont perpétré un massacre, tuant environ 700 personnes dans Sabra et Shatilla et excitant la colère de la communauté internationale aussi bien que du public israélien. Une commission d’enquête israélienne dirigée par le juge Kahan a impliqué indirectement le ministre israélien de la défense Ariel Sharon et plusieurs autres dans les massacres, notant qu’ils auraient pu prévoir la possibilité de la violence et agir pour l’empêcher. Le rapport de Kahan a provoqué la démission de Sharon comme ministre de la défense. Israël s’est dégagé ensuite lentement du Liban. Pendant Israël se retirait, le Liban est devenu de plus en plus anarchique. La vie de Beyrouth en vint à être caractérisée par les tirs, les kidnappings et les bombardements. Les tentatives américaines de rétablir l’ordre ont échoué suite à des attentats suicide à grande échelle contre la base des marines et l’ambassade des USA. Les USA se sont retirés et le Liban, particulièrement Beyrouth, a plongé dans le chaos. L’ordre n’a été rétabli qu’après que le Liban soit devenu essentiellement un satellite de la Syrie. Israël a continué à maintenir une présence au Sud Liban jusqu’en 2000, quand les dernières troupes israéliennes ont été retirées par le Premier ministre Ehud Barak.
L’affaire Pollard – en novembre 1985, Jonathan Pollard, un Juif américain employé par le Centre de la marine américaine d’alerte antiterroriste a été arrêté pour espionnage au service Israël Il a plaidé coupable dans le cadre d’un accord entre parties que le gouvernement des USA n’a apparemment pas respecté et Pollard a été condamné à l’emprisonnement à vie en 1987, une condamnation exceptionnelle en comparaison à d’autres affaires. L’affaire a été un handicap grave aux relations américano-Israéliennes qui soulevait le spectre de l’accusation de double loyauté contre les Juifs américains. En même temps, Pollard est devenu une cause célèbre de la droite sioniste, qui a souligné qu’il avait été employé et abandonné par le gouvernement israélien, qui a peu fait pour obtenir sa liberté.
La première Intifada – Alors que l’OLP était affaiblie, les Palestiniens des territoires occupés ont pris leur destin dans leurs propres mains. Début 1987, une révolte appelée l’Intifada a éclaté dans la Bande de Gaza et la Rive ouest. Cette révolte, initiée par les habitants, n’a impliqué la plupart du temps qu’une faible violence comme le lancement de pierres, Elle a accru la sympathie pour la lutte des Palestiniens contre les occupants israéliens. Cette l’Intifada était terminée pour 1991.
Le processus d’Oslo
Après la guerre du Golfe, la pression des USA, l’éclatement de l’URSS et une opinion internationale favorable ont permis d’organiser des négociations pour régler le problème palestinien. En 1993 et 1995, Israël et l’OLP ont signéla Déclaration de principe d’Oslo et l’Accord intérimaire d’oslo. Cet accord a créé l’Autorité nationale palestinienne (ANP), une entité supposée provisoire avec la capacité de négocier avec Israël et de gouverner les secteurs de la Rive Ouest et de Gaza évacués par Israël. Israël et la Jordanie ont signé un traité de paix en 1994. Le processus de paix avec les Palestiniens a conduit au retrait des troupes israéliennes de la bande de Gaza et de la plupart des villes de la Rive occidentale pour le début de1996. En janvier 1996, les Palestiniens de Gaza et des parties sous contrôle de l’ANP de la Rive Ouest élisent une Assemblée législative contrôlée par le Fatah et avec Yasser Arafat comme Président (avec le titre de » Raïs » – » président » – pour les Palestiniens) pour administrer les régions dont les Palestiniens prenaient le contrôle après le retrait des Israéliens. Environ 97% des Palestiniens des territoires dépendaient directement de l’ANP mais seulement à peu près 8% du territoire. Israël s’est embarqué dans un programme accéléré de colonisation, bâtissant des milliers de logements sur la Rive Ouest et doublant le nombre de colons entre cette époque et 2004.
Bien que l’OLP ait accepté de renoncer à la violence par la Déclaration de principe d’Oslo, des attaques sur les colons ont continué. Sinistre avertissement, avant même la déclaration des principes d’Oslo, le 16 avril 1993, un attentat du Hamas, à Mehola, sur la Rive occidentale, a provoqué l’explosion d’une bombe suicide dans une voiture, entraînant la mort d’un Israélien en plus de celle du terroriste. Le 25 février 1994, Baruch Goldstein, un colon de droite irrité, a ouvert le feu sur des fidèles arabes dans le Caveau des Patriarches à Hébron, tuant 30 personnes avant d’être tué à son tour. En guise de vengeance, le Hamas a effectué plusieurs attaques suicide en Israël à partir d’avril 1994. En Israël, le processus de paix est devenu de plus en plus impopulaire. Le 5 novembre 1995, le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin était assassiné par Yigal Amir, un jeune fanatique de droite durant un rassemblement pour la paix. Il a été remplacé par Shimon Peres , le père de l’Accord intérimaire d’Oslo. Une vague de bombardements suicide du Hamas au printemps de 1996 et sa stratégie inepte durant la campagne électorale ont fait perdre à Peres l’élection de mai 1996 qui a tourné à l’avantage de Benjamin Netanyahu, le chef du Likoud et adversaire du processus d’Oslo. Netanyahu a décidé d’achever une attraction touristique souterraine controversée à Jérusalem en ouvrant une porte entre deux tunnels. Les milieux arabes ont répandu la fausse rumeur que la porte mettait en danger les fondations de la mosquée Al-Aqsa. Il en est résulté plusieurs jours d’émeutes et de nombreuses victimes.
En dépit de l’opposition de Netanyahu au processus d’Oslo, Israël et l’ANP ont signé en janvier 1997 un accord intérimaire sur Hébron. Tsahal s’est retirée des la plus grande partie de Hébron, laissant une enclave d’environ 500 colons, protégée par Tsahal, au milieu d’une ville arabe. Les négociations de Wye River , en octobre d’1998 ont résulté en un accord comprenant un nouveau retrait des troupes israéliennes et le renouvellement de l’engagement des Palestiniens à empêcher la terreur et l’incitation. Cependant, la plupart des dispositions de l’accord n’ont pas été réalisées par les Palestiniens et les Israéliens ne se sont pas retirés comme stipulé dans les accords tant que Netanyahu est resté au pouvoir. En mai 1999, Benjamin Netanyahu a été battu et le travailliste Ehud Barak est devenu Premier ministre. Barak a continué les programmes d’expansion des colonies mais il s’est engagé à poursuivre activement les négociations de paix. Barak a d’abord essayé de reprendre des négociations avec la Syrie mais le Président syrien Hafez Assad a rejeté une offre relayée par le Président Clinton qui, est-il dit, aurait donné à la Syrie la plus grande partie des Hauteurs du Golan excepté un accès à la mer de Galilée.
Barak a tourné son attention vers la Syrie et les négociateurs ont commencé à travailler sur un règlement final. Barak a offert de rendre Abu Dis, une banlieue de Jérusalem, comme capitale palestinienne. Cependant, cette offre a été retirée suite à la violence qui éclata à la mi-mai 2000.
Les événements récents
La deuxième Intifada
En juillet, 2000, les négociations de Camp David aux Etats-Unis pour un règlement final ont fini dans une impasse. Les Palestiniens insistaient sur le droit des réfugiés à retourner en Israël ce qui aurait créé une majorité arabe en Israël. Israël insistait pour annexer des points clés des secteurs palestiniens et laisser intacte la plupart des colonies. Il n’offrait seulement qu’une forme limitée de souveraineté palestinienne. Les Palestiniens prétendent que les seules offres faites à Camp David prévoyaient un Etat palestinien constitué de cantons ou Bantoustans. Il semble que cela caractérise l’offre initiale d’Israël. Cependant dans son livre » The Missing Peace, 2004 « , Denis Ross montre une carte qui est supposée refléter le compromis proposé par les Américains à Camp David. Elle inclut à peu près 91% du territoire de la Cisjordanie. Les deux parties étaient d’accord sur le retrait de Gaza.
L’ction violente des Palestiniens a commencé le 28 septembre 2000, en réaction à la visite d’Ariel Sharon au Mont du Temple à Jérusalem. Cet endroit, le Haram as Sharif en arabe est le site de la mosquée Al-Aqsa, sainte pour les musulmans. Des fausses rumeurs que Sharon était entré dans la mosquée attisèrent la violence.
Les USA appelèrent une conférence à Charm el-Cheikh pour mettre un terme aux violences. Les deux parties s’engagèrent à mettre fin aux effusions de sang et à retourner à la table de négociation. Lors de cette Conférence, il fut également décidé qu’une commission d’enquête sous direction américaine étudierait les causes du conflit et ferait des recommandations à l’ONU. Cette décision aboutit au Rapport Mitchell. Peu de temps après cependant, Les dirigeants arabes et Yasser Arafat se réunirent au Caire, en un Sommet extraordinaire de la Ligue arabe. Ils publièrent un communiqué belliqueux en faveur de l’Intifada et appelant une enquête internationale plutôt que celle acceptée à Charm el-Cheikh. Deux semaines plus tard, un attentat suicide à Jérusalem mit un terme à la trêve.
Le temps manquait pour les négociations, car le Premier ministre israélien Ehud Barak avait à faire face à des élections et le Président Clinton terminait son mandat. Les négociations à Washington en décembre 2000 échouèrent. Le Président Clinton avait émis une proposition de compromis et demandé que els parties els acceptent pour le 27 décembre.,

Selon le résumé de Ross, les propositions de Clinton donnaient aux Palestiniens à peu près 97% de la Cisjordanie et la souveraineté de leur espace aérien. Les Réfugiés ne pouvaient retourner en Israël qu’avec l’accord de celui-ci. Une force internationale serait basée 6 ans dans la vallée du Jourdain en remplacement de Tsahal. Les quartiers arabes de Jérusalem et le Haram as Sharif (Mont du Temple) serait incorporé à la Palestine.
Le 27 décembre, le gouvernement israélien accepta, avec des réserves qui, selon Ross, » étaient dans les paramètres « . Les Palestiniens ne disaient ni oui ni non. L’échéance passa sans une réponse Palestinien claire. Selon Ross, il dit le 29 décembre à Abu Ala (Abu Qurei) :
Retenez mes paroles. Ils (les Etats Unis) se retireront du problème et ils le feront à un moment où vous n’aurez pas à faire à Barak, ni à Amnon, ni à Shlomo, mais quand Sharon sera Premier ministre. Il sera certainement élu s’il n’y a pas d’accord et vos 97% deviendront 40-45%, votre capitale ) Jérusalem Est s’envolera, le départ de Tsahal de la Vallée du Jourdain aussi ainsi que le droit illimité de retour des Réfugiés à votre propre Etat.
Abu Ala a répondu:
J’ai peur qu’il ne faille un autre 50 ans pour régler le problème. »
Lors des négociations de dernières minutes de Taba du 21 au 27 janvier 2001, sous le patronage européen et égyptien, les Parties n’ont pas réussi à s’entendre malgré de nouvelles concessions israéliennes. Bien que les deux côtés se soient entendus sur un communiqué commun disant qu’ils n’ont jamais été aussi prés d’un accord, des divergences substantielles restaient à propos du problème des réfugiés et des cartes finales. Le Premier ministre israélien Barak a interrompu les négociations le 28 janvier 2001, les suspendant jusqu’après les élections. Barak avait espéré atteindre un accord qu’il pourrait présenter au public israélien. Il était fâché et déçu. Les négociations ont été arrêtées puisque que Barak, qui avait favorisé le processus de paix, avait perdu les élections du début février et était remplacé par Ariel Sharon et un gouvernement de droite.
Durant les négociations, aucune carte officielle n’a été présentée par ni aux parties. Après l’échec des négociations, les Palestiniens ont continué à dire qu’Israël n’avait offert que des » Bantoustans » en Cisjordanie. Le gouvernement israélien n’a publié aucune carte.. Le groupe Gush Shalom et la Fondation pour la Paix au Moyen-Orient ont en plus publié une carte de l’offre faite à Taba par le gouvernement Barak.
La violence a continué en 2001 et 2002, en dépit des tentatives de la commission Mitchell et d’autres de ramener le calme. L’attaque terroriste sur le World Trade Center, le 11 septembre 2001, a eu des répercussions directes sur le conflit Israélo-Palestinien. D’une part, les pays arabes et islamiques ont essayé de marchander leur coopération dans la guerre contre la terreur pour gagner des concessions en faveur des Palestiniens. De l’autre, beaucoup d’Américains ont commencé à regarder les actions terroristes d’un autre oeil, lorsque des organisations telles que Hamas et le Hizbulla ont été liées avec le groupe Al-Qaeda d’Osama Ben-Laden. Particulièrement dommageables pour les Palestiniens, les démonstrations qui eurent lieu en faveur de Ben Laden et l’évidence reliant une cargaison d’armes illégales interceptée par Israël, le Karine A, à un soutien iranien pour l’ANP. Ce bateau fut arraisonné le 3 janvier 2002, le jour de l’arrivée du délégué américain Anthony Zinni pour essayer d’arriver à un accord. Dans cette perspective, les USA et l’EU ont paru donner à Israël une liberté plus large d’action contre les Palestiniens. Israël a fait des incursions de plus en plus importantes dans les zones palestiniennes. Il a confiné Arafat, le Président de l’ANP, dans son bureau de Ramallah. Mais les Palestiniens ont intensifié les attaques sur les soldats aussi bien que les bombardements suicide.
La Proposition séoudienne de paix et la Résolution pour un Etat palestinien – Le Prince héritier séoudien Abdulhah a émis une proposition dramatique pour en finir avec la longue guerre arabe contre Israël moyennant le retrait israélien des territoires palestiniens et du Golan ainsi que des arrangements appropriés pour Jérusalem et les réfugiés. Cette proposition, modifiée pour la préciser en ce qui concerne les réfugiés, a été adoptée par une réunion de la Ligue arabe. Par la suite, elle a été incorporée dans le plan du Quartet appelé la » Feuille de route « . Le 12 mars, 2002 le Conseil de sécurité de l’ONU a voté la résolution 1397, invitant de nouveau les parties à arrêter la violence, mentionnant le plan de paix du Prince héritier séoudien Abdulhah et, pour la première fois, réclamant la création d’un Etat palestinien à côté d’Israël.
Opération Mur défensif – Durant cette même période cependant, les attaques terroristes et suicide ainsi que les représailles israéliennes ont continué. Yasser Arafat a proclamé plusieurs fois l’arrêt de la violence mais cela n’a pas semblé affecter la fréquence ou la sévérité des bombardements suicides et des embuscades. Les Israéliens, de leur côté, ont continué leur politique d’assassinat des hommes recherchés dans les territoires palestiniens. Au cours de la dernière semaine de mars, comme le Général Zinni venait une fois de plus au Moyen-Orient, les Palestiniens ont réussit une attaque suicide pratiquement chaque jour, sans compter les nombreux échecs. Une explosion au Park Hotel de Netanya a tué 27 personnes qui célébraient la Pâque. Israël a lancé une incursion massive, l’Opération Mur défensif, dans le but de déraciner l’infrastructure terroriste. Ramallah, Naplouse, Jenine, Tulkarm et d’autres villes ont été réoccupées. Israël a déclaré qu’une cinquantaine de personnes seulement ont été tuées dans la bataille pour le camp de réfugiés de Jenine, la plupart des membres des brigades suicide du Fatah, les Martyrs d’Al-Aqsa. Les Palestiniens accusaient les Israéliens ‘d’avoir commis un massacre dans le camp de réfugiés de Jenine, tuant plus de 500 personnes. Ces accusations ont été répétées par la plupart des médias en Europe bien qu’elles aient plus tard été rétractées. Les groupes des droits de l’homme qui ont visité le camp de réfugiés de Jenine après l’invasion israélienne ont rapporté beaucoup de dégâts et que l’armée avait probablement commis des crimes de guerre en empêchant l’aide médicale, mais que seulement environ 50 personnes avaient été tuées dont plus de la moitié étaient des terroristes, confirmant la version israélienne des événements.
Les attaques suicide ont diminué, mais elles ne se sont pas arrêtées. Au cours des combats, Israël a capturé de nombreux documents fournissant des preuves que Yasser Arafat avait personnellement approuvé l’organisation de cellules terroristes et que le ministre des finances de l’ANP avait approuvé des paiements pour des ceintures d’explosif pour bombes suicides. Les Israéliens ont capturé ou tué de nombreuses personnes suspectes de participation aux activités terroristes. L’armée a également détruit des registres, des bâtiments, des routes et les infrastructures civiles innocentes de banques, d’ONG et d’autres organisations clairement extérieures au terrorisme. Plus tard dans la campagne, Tsahal est parvenue à localiser Marwan Barghouti, le chef de la jeune garde du Fatah, le Tanzeem, et à le capturer. Israël a déclaré avoir les preuves de sa complicité dans de nombreux actes terroristes et il l’a par la suite envoyé devant un tribunal. Barghouti a reçu cinq condamnations à perpétuité pour complicité de meurtre. Des critiques ont argué qu’il était impossible de mettre un terme à la terreur par la force militaire sans progrès vers un accord de paix. Cependant, à la suite de l’opération Mur défensif, le nombre et la fréquence des attaques terroristes réussies ont commencé à diminuer, comme les forces israéliennes de sécurité faisaient un toujours meilleur usage des renseignements recueillis pendant les combats pour détecter et arrêter les attaques. Le nombre des tentatives n’a cependant pas sensiblement diminué.
Après l’opération Mur défensif, le Secrétaire d’Etat des USA, Colin Powell, qui avait besoin de calme en Israël et en Palestine pour organiser une alliance contre l’Irak, vint essayer de terminer la violence. La mission de Powell échoua. Il n’a pas pu obliger les Israéliens à se retirer complètement des secteurs réoccupés, ni les Palestiniens à accepter un cessez-le-feu. Les manifestations et la colère dans les pays arabes, attisées par les bruits d’un massacre, ont poussé au vote par l’ONU de La résolution 1402 qui exigeait qu’Israël se retire immédiatement des territoires. Avant le départ de Powell, Israël s’était retiré de quelques villes mais Yasser Arafat était toujours emprisonné dans Ramallah et les Israéliens assiégeaient l’église de la Nativité à Bethlehem où des Palestiniens armés avaient cherché refuge. Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 1403 exprimant sa consternation du non-respect de la résolution 1402. Le 19 avril, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1405, réclamant une investigation impartiale des allégations palestiniennes. Israël s’est opposé à la composition de l’équipe. Israël avait d’abord accepté l’enquête mais plus tard, il a fait marche arrière et l’a bloquée, déclarant que la composition et les procédures seraient injustes vis-à-vis Israël, et que l’ONU avait dénoncé un accord initial au sujet de l’investigation. L’opposition à l’enquête a été attisée par le souvenir des Israéliens de la récente conférence de Durban ainsi que par l’infamante résolution » Sionisme = Racisme « de l’ONU, qui est revenue plusieurs fois dans le débat public.
Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a visité les USA en mai 2002. Il a été mis sous pression par l’administration américaine d’avancer un programme de paix acceptable aux Palestiniens et aux Etats arabes. Ils ont discuté le plan d’un sommet régional plus tard en 2002 et les Israéliens ont présenté les preuves de la participation de Yasser Arafat et de l’ANP aux activités terroristes. La nouvelle d’un bombardement suicide commis par le Hamas est arrivée au cours de la réunion de Bush et Sharon, obligeant le Premier ministre israélien à abréger sa visite et à retourner en Israël
Les sièges de la Muqata et de l’église de la Nativité été également conclus en mai 2002. Des militants de l’église de la Nativité ont été exilés à Chypre et en Europe. Certains des hommes recherchés abrités à la Muqata de Ramallah ont été emprisonnés à Jéricho mais d’autres y sont apparemment restés. Le chef du FPLP a été accusé d’avoir coordonné une attaque suicide à partir de sa cellule à Jéricho. À fin mai, pressé de démocratiser, Yasser Arafat a signé la loi fondamentale c’est a dire la constitution de l’Etat transitoire palestinien. Elle déclare que la loi palestinienne sera basée sur les principes de la loi islamique (Sha’ariyah).
En juin, suite à une autre série d’attaques suicide palestiniennes, les forces israéliennes ont t réoccupé pratiquement toute la Rive Ouest. Le gouvernement israélien s’est empressé d’annoncer que la nouvelle occupation ne durerait pas indéfiniment et puis il a dit le contraire. Le Président Bush a fait un long discours attendu sur la politique au Moyen-Orient réclamant un Etat palestinien tout en insistant pour une réforme démocratique de l’Autorité nationale palestinienne.
En août et septembre 2002, plusieurs tentatives palestiniennes de cessez-le-feu ont été contrecarrées par le refus des groupes extrémistes de participer et par des actions d’Israël tels que tuer Salah Shehadeh, le chef de l’aile militaire du Hamas avec des missiles sur Gaza coûtant la vie à 13 civils. Shehadeh a été remplacé par Mohamed Deif. Août et septembre ont vu un répit de six semaines de grandes attaques suicides terroristes ce qui a facilité un plan israélo-palestinien pour restaurer la pleine autorité palestinienne sur Gaza et Bethlehem pour commencer. Cependant, plusieurs attaques violentes dans Gaza ont fait échouer la tentative. Au début septembre, les forces israéliennes de sécurité ont contrecarré plusieurs tentatives d’attaque suicides. Elles ont trouvé un camion chargé de 1300 livres d’explosifs et de bonbonnes de gaz, qui devait être utilisé par des Palestiniens dans une attaque suicide.
Le PLC (parlement palestinien) s’est réuni en septembre pour approuver le nouveau cabinet choisi en conformité avec les efforts de réforme. Les membres du PLC ont refusé de ratifier le cabinet jusqu’à ce que Yasser Arafat permette au Premier ministre de partager son autorité. Au lieu de cela, Arafat a accepté des élections pour janvier 2003, en dépit de l’occupation israélienne. La popularité d’Arafat était au plus bas. Ces élections n’ont jamais eu lieu.
La période de calme relatif s’est terminée avec les attaques suicides de Umm El Fahm et dans un autobus de Tel-Aviv. Le gouvernement israélien a envahi Gaza y compris une incursion dans la ville de Gaza. Il a assiégé Yasser Arafat et environ 200 autres dans la Muqata de Ramallah. Israël a exigé que les Palestiniens cèdent les personnes recherchées qui avaient pris refuge dans la Muqata y compris Tawfiq Tirawi, le patron de la sécurité. Arafat est resté défiant. Israël a détruit tous les bâtiments de la Muqata excepté le principal, promettant de ne pas toucher à Arafat. La rumeur qu’Israël était sur le point de faire sauter la Muqata a provoqué des manifestations massives dans la Rive Ouest et à Gaza. Il y eut quatre décès. Les Etats-Unis ont fait pression pour qu’Israël cesse de détruire les bâtiments de la Muqata et se retire. En dépit d’une résolution de l’ONU, Israël a continué le siège. La popularité d’Arafat avec des Palestiniens a grandi. Par la suite, le siège a été levé mais Arafat est resté confiné et isolé à Ramallah. Un deuxième siège a eu lieu à l’automne.
En avril 2002, le gouvernement américain a initié une série de consultations avec un groupe de diplomates qui sont devenus connus comme « le Quartet. » Le Quartet a émis une Feuille de route pour un règlement, y compris le retrait israélien des territoires occupés et l’établissement d’un Etat palestinien.
En octobre 2002, le parti travailliste a quitté le gouvernement israélien d’union. Le Premier ministre Ariel Sharon a organisé une élection anticipée le 28 janvier. Le parti Likoud d’Ariel Sharon a reçu un large mandat pour continuer sa ligne politique dure contre les Palestiniens. Le parti travailliste d’Israël a refusé de former un gouvernement d’union. Israël a continué à occuper la majeure partie de la Rive Ouest.
Au cours de cette période, les USA continués à rassembler des forces pour l’invasion de l’Irak et les partenaires des Etats Unis et du Quartet ont continué à promouvoir la Feuille de route du Quartet pour la paix au Moyen-Orient. Les associés du Quartet et particulièrement les USA ont fait pression sur les Palestiniens pour qu’une réforme complète de leur gouvernement élimine la corruption et le soutien au terrorisme. Il a été proposé que Mahmud Abbas (Abu Mazen) assume le poste de Premier ministre, éclipsant et déplaçant le encore populaire Yasser Arafat.
La guerre d’Irak et la réforme de l’Autorité palestinienne – Le 20 mars 2003, les armées américaines, britanniques et australiennes ont envahi l’Irak. Les Palestiniens soutenaient Saddam Hussein. Son régime avait fourni une aide financière aux familles des auteurs des attentats suicide et abritait aussi des militants palestiniens. Les forces américaines sont entrées dans Bagdad le 9 avril et, le 1er mai, le Président Bush a déclaré la fin de la guerre. Celle-ci a provoqué le bouleversement du Moyen-Orient et particulièrement affecté les Palestiniens. Les Arabes ont été surpris par la rapidité de l’effondrement de l’Irak. Les gouvernements arabes, y compris le palestinien, se sont empressés de faire des gestes conciliants et de parler de démocratie, tout en critiquant l’occupation de l’Irak par les Etats Unis qui a suscité beaucoup de ressentiment.
Mahmud Abbas a été élu Premier ministre palestinien le 29 avril mais la violence n’a pas diminué. Le jour de son élection, les Israéliens ont fait des incursions sanglantes dans Gaza et d’autres places. Quelques heures plus tard, le Fateh et le Hama lançaient une attaque suicide contre une boîte de nuit de Tel-Aviv. Le jour suivant, Israël a commencé à faire des incursions étendues dans les territoires en violation de la Feuille de route, Yasser Arafat a pris lui-même en charge l’organisation d’une nouvelle force unifiée de sécurité. Comme promis aux Palestiniens, les USA ont publié une mise à jour de laFeuille de route avril 30 juste après l’élection d’Abu Mazen.
Lors d’un sommet de fête qui s’est tenu le 4 juin à Aqaba, le Premier ministre israélien Sharon et le palestinien Mahmud Abbas (Abu-Mazen) se sont engagés à remplir les conditions de la Feuille de route. Ils se sont serré la main en présence du président George Bush. Abu Mazen a appelé à la fin de la violence.
Les extrémistes islamistes du Hamas et les chefs du Jihad islamique ont juré de continuer la violence. Peu après le sommet, quatre soldats israéliens ont été tués dans Gaza lors d’une opération commune des extrémistes islamistes et du Fatah d’Abu Mazen. Israël a commencé à démanteler dix d’une centaine d’avant-postes illégaux mais il n’a démantelé finalement que ceux qui n’étaient pas habités. Le 10 juin, Israël a essayé d’assassiner Ahmed Rantissi, le chef du Hamas, provoquant la fureur des Palestiniens et une critique des Etats Unis. Le 11 juin, un attentat suicide du Hamas a tué 16 Israéliens dans un autobus sur la rue principale de Jérusalem. Le 20 août, un attentat suicide a tué 21 personnes dans un autobus de Jérusalem. Le jour suivant, Israël a assassiné Ismail Abu Shanab, un chef de Hamas, probablement en guise de représailles. Israël a également annoncé que tous les chefs du Hamas devenaient des cibles et il a procédé à plusieurs tentatives d’assassinat, certaines non réussies contre eux, y compris contre »leur chef spirituel » âgé et estropié. Pendant que la trêve se défaisait, il y avait des menaces et des rumeurs d’attentats par des extrémistes palestiniens contre la vie du Premier ministre de l’ANP Mahmud Abbas. Les jours suivants, Israël a envahi la Rive Ouest pour un nettoyage de sécurité prévu pour durer plusieurs jours. Abbas et Mohamed Dahlan, son chef sécurité à Gaza, ont commencé à agir contre les terroristes palestiniens en accord avec les exigences de la Feuille de route. Sur quoi Yasser Arafat a remplacé Dahlan par Gibril Rajoub pour remettre la sécurité et le ministère de l’intérieur dans les mains de ses partisans. Abbas a annoncé le 4 septembre qu’il n’agirait pas contre les terroristes mais cela n’a pas sauvé sa carrière politique. Abbas a démissionné le 6 septembre et Ahmed Qurei (« Abu Ala »), un supporter d’Arafat, est devenu Premier ministre à sa place. Qurei s’est engagé à une ligne dure contre Israël. Le 8 septembre les dirigeants de l’UE ont interdit l’aile politique du Hamas et stoppé les aides financières qu’elle recevait.
Au cours de la soirée du 10 septembre 2003, des attaques suicides simultanées à Jérusalem et à l’extérieur de la base militaire de Tzrifin près de Rishon Le Zion, ont coûté 15 vies. Le 4 octobre, une période de calme s’est terminée par l’attentat suicide, attribué au Jihad islamique, dans un restaurant de Haïfa, Le Premier ministre palestinien désigné, Ahmed Qurei, et l’ANP ont condamné cet attentat mais ont refusé de s’engager à agir contre les groupes terroristes. En représailles, Israël a envahi Gaza et Jenine et, le 5 octobre, Israël a attaqué une base en Syrie qu’il accusait de former les terroristes des groupes palestiniens. C’était la première attaque israélienne contre le territoire syrien depuis la guerre du Kippour (Ramadan) en 1973. Une longue période de diminution relative du nombre des attaques des Palestiniens a suivi mais Israël a continué ses attaques sur les cibles palestiniennes causant des pertes considérables en vie civile. Les attaques suicides ont sporadiquement continué, commises soit par le Hamas soit par le Jihad islamiques ou soit par les brigades du Fatah Al Aqsa, une groupe du Fatah d’Yasser Arafat dont l’ANP a apparemment perdu le contrôle. Des attaques suicide ont été effectuées le 25 décembre 2003, le 14 janvier 2004, le 29 janvier 2004, et le 22 février par les » modérés » des brigades du Fatah Al Aqsa comme par le Hamas et le Front Populaire pour la Libération de la Palestine.
L’Accord de Genève – Des leaders politiques israéliens de l’opposition et des personnalités palestiniennes ont annoncé leur accord de principe sur les conditions d’un accord final. Cet accord, connu comme l’Accord de Genève,demandait des concessions historiques aux deux parties. Israël renoncerait à la souveraineté sur les parties arabes de Jérusalem. Les Palestiniens renonceraient explicitement au droit de retour en Israël des réfugiés palestiniens. Bien qu’il n’ait aujourd’hui aucun caractère officiel, l’Accord a été largement publié. Il a reçu l’appui du Secrétaire d’état Colin Powell et un commentaire chaleureux du Président Yasser Arafat de l’ANP. Le gouvernement israélien a dénoncé l’accord et ses auteurs et a essayé de bloquer la publicité faite dans les médias publics. Les extrémistes palestiniens et leurs alliés ont aussi dénoncé l’accord.
La » Barrière de Sécurité » (appelée également la » Clôture de Sécurité « ou le » Mur de l’Apartheid « ) – une question importante en Israël, pour la campagne électorale 2003, a été la construction d’une barrière (mur) de sécurité que préconisait le parti travailliste d’Israël qui se range dans le camp de la paix. cette barrière, érigée en suivant la ligne verte, devait servir à empêcher les attaques suicide en Israël. Une barrière similaire à Gaza avait supprimé complètement les infiltrations. La droite, y compris le parti Likoud d’Ariel Sharon, s’opposait à une barrière qui créerait, à leur avis, une frontière de-facto, divisant Jérusalem, et plaçant la plupart des colonies israéliennes de la Rive Ouest en dehors de la protection qu’elle pouvait offrir. Sharon et le Likud ont gagné l’élection avec une majorité écrasante, provoquant la déroute totale du parti travailliste et du parti de gauche Meretz..
Pendant l’année 2003, le Premier ministre Ariel Sharon a adapté et adopté le concept de barrière, changeant son tracé pour inclure les principales colonies israéliennes et préparant le plan d’un tronçon oriental qui envelopperait les Palestiniens dans deux enclaves. Pendant que la barrière s’élevait, il est devenu évident qu’elle emprisonnerait beaucoup de Palestiniens qui se retrouveraient coupés de leurs champs et lieux de travail, certains du côté israélien de la ligne de l’armistice de 1948, la ligne Verte, et d’autres du côté palestinien. Dans les secteurs peuplés où elle est la plus visible, la barrière est en fait un mur menaçant de ciment quoiqu’il s’agisse d’une barrière sur la plus grande partie de son parcours.. Les groupes palestiniens et les groupes pacifistes israéliens ont commencé une campagne intensive de protestation. Le 8 décembre 2003, l’Assemblée générale des Nations Unies s’est réunie en session d’urgence. Elle a adopté la résolution ES-10/14, qui demandait à la Cour de Justice internationale (ICJ) de La Haye un avis consultatif sur la légalité de la barrière. L’ICJ a commencé ses auditions le 24 février. Israël les a boycottées mais a soumis un document expliquant sa position que la cour ne devrait pas se prononcer en la matière. Environ 30 autres pays, dont les Etats-Unis et plusieurs pays de l’UE, ont soumis des documents arguant que la cour ne devrait pas se prononcer dans une question politique plutôt que légale et n’ont pas non plus assisté aux auditions. La plupart de ces pays critiquaient également la barrière considérée comme illégale ou un obstacle aux négociations de paix. Les groupes sionistes et israéliens ont organisé des manifestations à La Haye. Les Palestiniens ont contre- manifesté. Les Israéliens ont apporté la carcasse d’un autobus bombardé et insisté que le mur devait empêcher des attaques suicide. Les Palestiniens ont utilisé les auditions comme plate-forme pour délégitimer l’occupation.
Le 9 Juillet, la Cour de Justice internationale a rendu un avis consultatif sur la barrière israélienne de sécurité. Le Tribunal a jugé que la barrière viole les droits de l’homme et qu’Israël doit la démanteler. Israël a annoncé qu’il ne respecterait pas la décision de la Cour mais il a projeté des modifications du tracé de la barrière pour répondre aux exigences de la Cour Suprême israélienne
Retrait unilatéral – une deuxième proposition du parti travailliste d’Israël, mené par Amram Mitzna, pendant la campagne électorale de 2003, était que si les négociations avec les Palestiniens échouaient, Israël devrait se retirer unilatéralement de la Bande de Gaza et peut-être aussi de parties de la Rive occidentale et essayer de vivre sa vie derrière la barrière de sécurité. Ariel Sharon et le Likoud ont condamné cette proposition comme défaitiste mais fin 2003, Sharon lui-même a annoncé qu’il élaborait un plan unilatéral de retrait, à effectuer « en 6 mois » (une date plus tard postposée). Le plan pour se retirer de tout Gaza a rencontré une opposition intense l’opposition intense des membres du parti Likoud et des colons. Les rapports de février indiquaient qu’Israël confisquait toujours des terres pour construire des barrières de sécurité autour de colonies de Gaza que Sharon était censé avoir marquées pour évacuation.
Un scandale de corruption en Israël – Après l’élection d’Ariel Sharon en 2003, une atmosphère oppressive de soupçons est tombée sur lui et sur d’autres membres du parti Likoud suite à des allégations de corruption et d d’influence mafieuse. En janvier 2003, David Appel, un associé étroit du Premier ministre israélien Ariel Sharon, a été mis en examen pour corruption. L’accusation a allégué qu’il avait suborné le fils de Sharon et le Vice-Premier ministre Ehud Olmert. La question évidente était de savoir si Sharon serait ou non mis en examen
Échange controversé de prisonniers – après plusieurs mois de négociations via un intermédiaire allemand, Israël et le mouvement Libanais Hezbollah se sont mis d’accord sur un échange de prisonniers à des conditions très inégales. Le 29 janvier 2004, Israël a libéré plus de 400 prisonniers palestiniens et libanais et rendu de nombreux cadavres en échange des corps de trois soldats israéliens enlevés et tués par le Hezbollah, et d’un civil, un officier de réserve, Elhanan Tannenbaum, un « homme d’affaires » douteux qui a menti à propos de la manière de son enlèvement. L’échange a offert au Hezbollah un film publicitaire gratuit pour la télévision Al-Manar .
L’assassinat de cheik Yassin – Israël avait l’intention depuis des mois d’assassiner Cheik Ahmed Yassin, le Chef du Hamas . Après l’attaque suicide dans le port d’Ashdod, Tsahal a intensifié les opérations contre les islamistes de Gaza, et prévenu de nouveau tous les chefs du Hamas qu’ils étaient des cibles. Le 22 mars, les renseignements israéliens ont établi qu’Ahmed Yassin, le fondateur et chef du mouvement islamiste Hamas, s’était rendu à la prière sans son épouse et ses enfants. Le feu vert a été donné pour l’assassiner. L’assassinat du vieil homme estropié, pourtant le responsable indirect du décès de centaines de personnes et du sabotage du processus de paix, a attiré des protestations d’une grande partie du monde et des serments de vengeance du Hamas. L’assassinat n’a probablement eu que peu de valeur stratégique et n’a été effectué que pour soutenir la popularité déclinante du Premier ministre Ariel Sharon.
Plan de désengagement et lettre de garantie de George Bush – en avril 2004, le Premier ministre israélien Ariel Sharon a voyagé aux USA. Le 14 avril, il a rencontré le Président George Bush, pour obtenir le support américain et des garanties pour son projet de désengagement unilatéral Bush lui a fourni une lettre déclarant que les Etats Unis acceptent le plan de dégagement et que la Feuille de route reste le seul plan de paix qu’ils soutiennent. En outre, pour aider Sharon à convaincre les Israéliens, Bush a ajouté que les Etats Unis croient que les réfugiés palestiniens doivent être accueillis dans le nouvel Etat palestinien plutôt qu’en Israël, qu’à son avis, Israël ne devrait pas être obligé der se retirer jusqu’aux frontières de l’armistice de 1949 et que les USA approuvent la barrière israélienne de sécurité. Sharon a réitéré l’engagement israélien à la Feuille de route et a affirmé que la barrière de sécurité n’était qu’une mesure provisoire et pas la frontière finale. La lettre de Bush ne pourra pas peser lourd dans de futures négociations. Elle répétait les positions prises par l’ancien Président Clinton sur les réfugiés et les frontières. Néanmoins, elle a attiré la réprobation générale du monde musulman. Le plan de dégagement a été refusé lors d’un référendum du Likoud, le 2 mai 2004. A la suite de quoi, Sharon a proposé une version modifiée du plan. En outre, Israël a conduit en mai des opérations militaires étendues à Gaza, l’opération Arc-en-ciel, tuant plus de 40 personnes, laissant des milliers de sans-abri et provoquant la colère internationale. En octobre 2004, Israël a lancé l’opération Jours de Repentir pour empêcher le tir de fusées palestiniennes sur les villes israéliennes. L’opération a tué beaucoup de civils et en a laissé beaucoup d’autres sans foyer. En octobre, le parlement israélien (la Knesset) a voté en première lecture la loi de désengagement, forçant finalement le parti national-religieux, de droite, à quitter le gouvernement, et réduisant le gouvernement à une minorité de 55 sièges.
L’assassinat d’Abdel Azis Rantisi – Le 17 avril 2004, l’aviation israélienne a tué le Dr Abdel Azis Rantisi, le chef nouvellement élu du Hamas. Le Dr Mahmoud Zahar a été apparemment élu pour le remplacer mais aucune annonce officielle n’a été faite par crainte d’un attentat israélien. Zahar est supposé être le dernier survivant des sept fondateurs du Hamas. Les autres ont tous été assassinés par Israël.
Le Gouvernement de Ahmed Qurei – Le 12 novembre 2003, après une longue période de négociations, le Premier ministre palestinien Ahmed Qurei a formé un gouvernement permanent. Des tentatives ont eu lieu pour installer un cessez-le-feu et pour renouveler les négociations avec les Israéliens mis sans grand résultat. Le 19 novembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé la résolution 1515, supportant la Feuille de route pour la paix du Quartet et appelé les parties à respecter leurs engagements à son égard. Les incursions israéliennes ont continué cependant. Les Palestiniens, pour leur part, ont semblé peu disposés ou incapables de contrôler les groupes terroristes. Des réunions possibles entre Ahmed Qurei et le Premier ministre israélien Ariel Sharon ont été successivement annoncées, l’objet de rumeur et vantées avant de s’évaporer. Pendant un temps, Qurei a annoncé qu’il ne rencontrerait pas Sharon tant qu’Israël construisait sa barrière de sécurité (voir ci-dessous). Cependant, quand Sharon a annoncé son plan unilatéral de dégagement et qu’il a paru sérieux, Qurei s’est inquiété de ce qu’un retrait sans aucune négociation soit une victoire pour le Hamas et le Jihad islamique, les rivaux politiques de l’OLP au pouvoir, qui se préparent à hériter du gouvernement palestinien. Qurei a alors annoncé qu’il était prêt à rencontrer Sharon et qu’une réunion aurait certainement lieu à la fin de février. Cependant, des négociations pour placer l’ordre du jour de cette réunion ont été remises à plus tard pour différentes raisons, y compris des attaques suicide et des assassinats israéliens.
Le Chaos à Gaza – En attendant, il est devenu évident que Qurei n’était pas vraiment capable de gouverner malgré quelques succès dans l’amélioration de la transparence financière exigée par l’UE et les Etats-Unis. Au début 2004 il y eut plusieurs rapports sur le chaos, la division et l’anarchie dans les territoires palestiniens. À la fin de février, l’ex-chef de la sécurité Mohamed Dahlan a indiqué que l’autorité palestinienne n’était pas à même d’arrêter les brigades dissidentes du Fatah Al-Aqsa, responsables de plusieurs attentats suicide. Les tentatives d’unifier les forces de sécurité étaient bloquées par Arafat. Elles ont fini dans la dissension et des récriminations amères. Le 26 février, le Président Arafat a promis de tenir les élections longtemps remises à plus tard. Beaucoup de Palestiniens n’ont pas cru qu’il tiendrait sa promesse. Dans Naplouse, l’anarchie régnait et le maire démissionnait.
Le week-end du 18 juillet 2004, la violence a éclaté entre les factions du Fatah de Gaza. Un groupe a enlevé le chef de la police Ghazzi Jibbali et plusieurs ressortissants français puis les a relâchés avec la condition que Jibbali soit poursuivi en justice. Yasser Arafat a réorganisé la Sécurité, nommant son neveu, Musa Arafat, responsable des forces palestiniennes de sécurité. Les opposants ont réagi en donnant l’assaut au QG de Musa Arafat. Le Premier ministre Ahmed Qurei a alors annoncé sa démission. Arafat ne l’a pas acceptée mais Qurei a affirmé qu’il démissionnait de toute façon. Arafat a retiré la nomination de Musa Arafat mais a ajouté qu’il restait responsable de la sécurité dans Gaza. L’agitation en faveur d’une réforme a suivi. Elle a obtenu des déclarations d’Arafat mais quand celles-ci n’ont pas été appliquées, les législateurs palestiniens ont ajourné l’Assemblée en protestation.
La situation de la sécurité en 2004 – Au cours du printemps et de l’été 2004 il n’y a eu aucune attaque terroriste majeure réussie en Israël, en dépit de nombreuses tentatives. Les Israéliens et les Palestiniens ont attribué la tranquillité relative à la barrière de séparation en construction et à de meilleurs renseignements israéliens. Israël a continué à arrêter et tuer des Palestiniens appartenant aux organismes terroristes et à occuper les villes palestiniennes de la Rive Ouest. Le 31 août 2004, Hamas a commis une double attaque suicide à Beersheba en représailles pour les assassinats de leurs chefs. Les attaquants sont venus de la zone Sud de Hébron dans la Rive Ouest, où aucune barrière n’avait été construite. L’attaque a accéléré la construction de la barrière et Israël a pris une revanche sanglante en bombardant un camp de formation du Hamas dans Gaza. En octobre 2004, Israël a réalisé l’opération Jours de Repentir pour empêcher les tirs palestiniens de fusées sur les villes israéliennes. L’opération a tué beaucoup de civils et en a laissé beaucoup d’autres sans foyer.
Les entretiens de paix entre la Syrie et Israël
Après la conférence de paix de Madrid, la Syrie et Israël ont commencé des entretiens de paix et en mai 1995, ils en étaient arrivés à un accord de paix assez détaillé impliquant le retrait israélien des Hauteurs du Golan, qu’Israël occupait depuis 1967 et a plus tard annexé. Les Syriens en retour reconnaissaient Israël, acceptaient de normaliser le commerce et autorisaient une station israélienne d’alerte sur le territoire syrien. La promesse israélienne de quitter tout le Golan a été donnée indirectement par le Premier ministre Yitzhak Rabin au Secrétaire d’Etat américain Warren Christopher, comme « un dépôt » à ne présenter aux Syriens que s’ils étaient d’accord sur les autres conditions israéliennes. Ce dépôt est également appelé » la poche « , car il est dit que Rabin a dit à Christopher : » Gardez ceci dans votre poche jusqu’à ce que toutes les autres conditions soient réunies « . Au cours des négociations, Christopher a violé l’accord avec Rabin et révélé le » dépôt » à Assad.ý Pendant la période des négociations, Rabin a souvent répété le slogan : « la profondeur du retrait sera équivalente à la profondeur de la paix », indiquant qu’en échange pour la vraie paix, Israël était disposé à se retirer jusqu’aux lignes d’armistice. Cependant, les négociations avec l’administration Rabin n’ont pas été poursuivies et Rabin a été assassiné le 5 novembre 1995. Les négociations ont été relancées en janvier 2000 par le Premier ministre Ehud Barak. Elles se sont arrêtées le 27 mars 2000. La Syrie a insisté pour que les négociations commencent au point où elles s’étaient terminées, y compris le « dépôt » du Premier ministre Rabin – les lignes du 4 juin 1967 – ce qui signifiait la présence syrienne sur les rives de la mer de la Galilée et le territoire supplémentaire conquis en 1948 tandis que l’offre israélienne suivait la frontière internationale négociée avant la guerre israélienne d’Indépendance. Rabin avait en fait promis les lignes du 4 juin dans le « dépôt » mais Barak n’était pas disposé à satisfaire ces demandes. Néanmoins, sous la pression des Américains, Barak acceptait d’honorer l’engagement d’un ýretrait israélien sur la ligne du 4 juin 1967, moyennant des modifications mineures. Le ýPrésident Clinton a présenté à Assad la proposition d’Israël de se retirer sur les lignes du 4 ýjuin modifiées de commun accord comme (voir la carte à droite) et en phase avec les ýaccords précédents pris avec la Syrie. Néanmoins, Assad a refusé.ý Le 10 juin 2000, Hafez Assad est mort. Il a été remplacé par son fils Bashar. La piste de paix entre la Syrie et Israël a disparu.
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