LE COEUR DU MONDE HANS URS VON BALTHASAR

le coeur du mondeLE COEUR DU MONDE DE HANS URS VON BALTHASAR

Le Coeur du monde
Hans Urs von Balthasar
Paris, Editions Saint-Paul, 2014. 197 pages.10

LE COEUR DU MONDE DE HANS HURS VON BALTHASAR (écrit en août 2015)

Beaucoup de livres dits «de spiritualité» déçoivent et laissent le lecteur sur sa faim. Il y a, bien sûr, quelques exceptions. Le « Cœur du Monde », de Hans Urs von Balthasar en est une. C’est un des quelques livres de spiritualité chrétienne qu’il m’ait été donné de découvrir récemment et que l’on aime reprendre… Il y médit lemystère chrétien sur un ton lyriue et poétique, qui emporte son lecteur comme un flot.

Que dire de ce chef d’œuvre? C’est une œuvre «de jeunesse» du grand théologien suisse, sans doute très différente de ses grands ouvrages, en particulier de sa trilogie (esthétique, dramatique et théologique). Celui que le P. Henri de Lubac présentait comme l’homme «sans doute le plus cultivé de son temps» y médite le mystère chrétien sur un ton lyrique et poétique, qui emporte le lecteur comme un flot au-delà de lui-même !

Pour le Père de Lubac ce chef-d’oeuvre de la littérature spirituelle « n’a pas vieilli. Il nous touche au plus profond de nous-mêmes. Nous entrons comme forcé par un courant qui nous emporte dans ce dialogue du coeur humain, le nôtre avec le Cour de Dieu, et ce Coeur qui se révèle en Jésus-Christ comme le Coeur du monde »
Descriptions du produit

Les rééditions de cet ouvrage du théologien Hans Urs von Balthasar en disent long sur la valeur de cette méditation, au lyrisme poétique exceptionl.

Après plus de quarante ans, ce chef- d’œuvre de la littérature spirituelle n’a pas vieilli. Il  » nous touche au fond de nous-même. Nous entrons, comme forcés par un courant qui nous emporte, dans ce dialogue du cœur humain, le nôtre, avec le Cœur de Dieu, – ce Cœur qui se révèle en Jésus Christ comme le Cœur du monde… Tous les théologiens ne s’y sont pas trompés : moins encore tant de lecteurs, qui ont puisé dans ces pages la nourriture de leur foi comme l’élan de leur vie spirituelle.  » (préface du Père Henri de Lubac)

Ce grand théologien suisse, Hans-Urs von Balthasar, était vraiment un esprit universel. Il était en effet, entre autres, fasciné par la philosophie, la littérature, l’art et la musique. La mystique aussi lui était familière. Son oeuvre, qui s’étend, disait le cardinal Ratzinger, des présocratiques à Freud, Noetzshe, Brecht, est immense et elle passionne toujous des milliers de lecteurs assidus. L’un d’eux au Qébec, en est devenu l’un des plus éminents spécialistes : Mgr. Marc Ouellet, sulpicien. Voici ce qu’écrivait Mgr. Ouellet, préfet de la Congrégation des évêques, en avnt-propos de cet ourvage :

« Pour mieux apprécier la pensée de Balthasar, selon le cardinal Marc Ouellet, il faut lire « Le coeur du mone » et il faut aussi le prier. En effet ce livre se termine par une des immenses prières que nous puissions imaginer. Cette prière poétique et héologique à la fois couvre les dix-sept dernières pages. C’est une sleneur, parfois un peu obscure, qui s’inspire de La Montée du Carmel saint Jean de la Croix. C’est vraiment une prière très profonde dont une partie et particulièrement déchirante. En effet, durant trois pages, Balthasar cesse de s’adresser à Dieu pour s’adresser à l’Eglise et même à l’humanté entière. Il ne ménage alors ni ses reproches, ni son amour pour l’humanité comme l’ont fait les Prophètes les plus audacieux ».

D’ailleurs, le cardinal Ouellet, invité par Benoît XVI à prendre la parole lors de JMJ de Cologne en 2005, a alors metionné cet ouvrage. Il a a même ajouté qu’il devait beaucoup au contenu de ce livre. Le cardinal de Lubac disait pour sa part au sujet de ce livre : « En vérité, c’est un livre étonnant ; ceux qui d’ordinaire n’aiment les livres ‘spirituels’ pourront aimre celui*là – et peut-être les conduira-t-il aux livres spirituels de Balthasar, telle ‘La prière contemplative »

Voici deux extraits de cet ouvrage qui en disent plus que tout autre commentaire :

«En quelle prison gémit tout être fini ! C’est en prison que l’homme, comme tout être, est né: son âme, son corps, sa pensée, sa volonté, ses aspirations, tout en lui est entouré d’une frontière, constitue même une frontière palpable, tout le sépare et l’isole. Par les ouvertures grillagées des sens, chacun regarde au-dehors vers une réalité étrangère à lui qu’il ne sera jamais. Et son esprit s’élancerait-il, comme l’oiseau, à travers les espaces du monde : lui-même n’est pas cet espace qu’il parcourt, et de son passage il ne subsiste aucune trace durable. D’un être à l’autre, quelle distance ! Et même lorsqu’ils s’aiment et se font signe mutuellement de l’îlot qui leur sert de prison, même lorsqu’ils tentent de faire communiquer leurs solitudes et de se donner une illusoire unité, bien vite les surprend, d’autant plus douloureuse, la désillusion, lorsqu’ils retrouvent les barreaux invisibles, la froide paroi de verre contre laquelle ils viennent buter, pauvres oiseaux captifs… (p. 21).

Tu restes seul. Tu es tout en tous. Même si ton amour nous veut pour se déployer en nous et pour célébrer en nous le mystère de la génération et de la fécondité, c’est pourtant ici et là ton amour qui donne et qui est donné, qui est à la fois semence et terre féconde. Et l’enfant mis au monde, c’est toi encore. Lorsque l’amour a besoin de deux pieds pour marcher, celui qui marche est unique, et c’est toi. Et lorsque l’amour a besoin de deux êtres qui aiment, un amant et un aimé, alors il n’y a qu’un seul amour, et c’est toi qui es l’amour. Tout est ordonné à ton cœur qui bat éternellement. Maintenant encore, le temps et la durée battent la mesure de la création et, à grands coups douloureux, poussent en avant le monde et son histoire. C’est l’inquiétude de l’horloge, et ton cœur est inquiet jusqu’à ce que nous reposions en toi, et toi en nous, temps et éternité absorbés l’un dans l’autre. Mais soyez tranquilles: j’ai vaincu le monde. Le fracas du péché a disparu dans le silence de l’amour. Celui-ci en est devenu plus sombre, plus flamboyant, plus ardent, à cause de l’expérience de ce qu’est le monde. Mais l’abîme moins profond de la révolte a été englouti par la miséricorde insondable, et en battements majestueux règne paisiblement le Cœur divin» (p. 196-197).

Voilà, il ne vous reste plus qu’à lire les 175 pages qui séparent le début de la fin et découvrir comment nous sommes conduits de notre prison au Cœur du Christ

Biographie de l’auteur
Hans Urs von BALTHASAR est l’un des plus grands théologiens et philosophes du XXe siècle. Désigné Cardinal par Jean Paul II, il mourut deux jours après (26 juin 1988). Avec la parution de plus de cent titres, ce musicien, philologue, poète, patrologue, philosophe, a touché tous les domaines de la culture. Sa grande œuvre théologique s’intitule La Gloire et la Croix (4 vol./8 tomes, Cerf/D.D.B 1993). Il traduisit en allemand Claudel, Peguy, Bernanos.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s