TOUSSAINT

Toussaint : l’homme n’est pas fait pour mourir !
L’homme n’est pas fait pour mourir ! Et pourtant c’est bien ce qui lui arrive.… C’est même la seule chose dont nous sommes tous assurés, même si nous n’osons pas nous l’avouer à nous-mêmes : un jour viendra où nous mourons.
Face à cette vérité on peut se boucher les yeux, ne pas parler pour ne pas « effrayer les enfants » ou pour ne pas « se démoraliser ». Très tôt l’enfant qui découvre la vie interrogera ses proches « et toi, tu vas mourir aussi ? ».
On peut renoncer à répondre. Cependant l’homme a toujours cherché à comprendre : pourquoi vivre si c’est pour mourir ? La réponse religieuse n’est pas une fuite rassurante de la réalité.
Enterrer ses morts, s’incliner devant la dépouille d’un proche, se souvenir devant une stèle ou une pierre tombale, c’est aussi espérer la possibilité d’un aujourd’hui meilleur pour nos défunts.
Voici la bonne Nouvelle reçue et partagée par les chrétiens : par amour pour l’humanité, Dieu a voulu envoyer son Fils, Jésus, partager notre condition mortelle pour que ceux qui croient en Lui vivent pour toujours.
Dieu ne se berce pas d’illusion sur nous, Il sait qui nous sommes. Il connaît nos rêves et nos inquiétudes, nos peurs et nos larmes. Mais il veut pour nous plus que nous ne pouvons imaginer : que nous partagions sa vie. Jésus a accepté le supplice de la croix, non par attrait pour la mort mais pour nous sauver de ce qui nous empêche de vivre.
En mourant, Il porte le poids de ce qui nous déchire : violences, orgueil, désirs de possession, égoïsme, jalousies… Et en ressuscitant Il nous donne l’assurance définitive qu’un avenir est possible. Pour l’homme. Pour tout homme. C’est de cela que témoignent les saints célébrés le 1er novembre. C’est pour cela que l’Eglise invite tous les vivants à prier le 2 novembre pour les défunts. Le jour venu, chacun de nous est appelé à contempler Dieu face à face.
Source : diocèse de Paris,

« Recherchons les choses d’en-haut « , Une homélie de saint Bernard pour la Toussaint
Du fond des siècles, la prédication de St. Bernard de Clairvaux nous parvient et n’a rien perdu de sa fougue ! Il nous confie une chose essentielle : les saints ne sont pas faits que pour être admirés ! Nous sommes tous appelés à faire partie de « la foule immense des témoins » dont le grand bonheur est de voir un jour le visage du Seigneur et d’être semblable à lui (1 Jn 3,2). Tel est le sens de la fête de la Toussaint célébrée le 1er novembre.

Pourquoi notre louange à l’égard des saints, pourquoi notre chant à leur gloire, pourquoi cette fête même que nous célébrons ? Que leur font ces honneurs terrestres, alors que le Père du ciel, en réalisant la promesse du Fils, les honore lui-même ? De nos honneurs les saints n’ont pas besoin, et rien dans notre culte ne peut leur être utile. De fait, si nous vénérons leur mémoire, c’est pour nous que cela importe, non pour eux. […] Pour ma part, je l’avoue, je sens que leur souvenir allume en moi un violent désir […]
Le premier désir, en effet, que la mémoire des saints éveille, ou plus encore stimule en nous, le voici : nous réjouir dans leur communion tellement désirable et obtenir d’être concitoyens et compagnons des esprits bienheureux, d’être mêlés à l’assemblée des patriarches, à la troupe des prophètes, au groupe des Apôtres, à la foule immense des martyrs, à la communauté des confesseurs, au chœur des vierges, bref d’être associés à la joie et à la communion de tous les saints. […] Cette Église des premiers-nés nous attend, et nous n’en aurions cure ! Les saints nous désirent et nous n’en ferions aucun cas ! Les justes nous espèrent et nous nous déroberions !
Réveillons-nous enfin, frères ; ressuscitons avec le Christ, cherchons les réalités d’en haut ; ces réalités, savourons-les. Désirons ceux qui nous désirent, courons vers ceux qui nous attendent, et puisqu’ils comptent sur nous, accourrons avec nos désirs spirituels. {…] Ce qu’il nous faut souhaiter, ce n’est pas seulement la compagnie des saints, mais leur bonheur, si bien qu’en désirant leur présence, nous ayons l’ambition aussi de partager leur gloire, avec toute l’ardeur et les efforts que cela suppose. Car cette ambition-là n’a rien de mauvais : nul danger à se passionner pour une telle gloire. […]
Et voici le second désir dont la commémoration des saints nous embrase : voir, comme eux, le Christ nous apparaître, lui qui est notre vie, et paraître, nous aussi, avec lui dans la gloire. Jusque-là, il ne se présente pas à nous comme il est en lui-même, mais tel qu’il s’est fait pour nous : notre Tête, non pas couronnée de gloire, mais ceinte par les épines de nos péchés […] Viendra le jour de l’avènement du Christ : alors on n’annoncera plus sa mort de manière à nous faire savoir que nous aussi sommes morts et que notre vie est cachée avec lui. La Tête apparaîtra dans la gloire, et avec elles les membres resplendiront de gloire, lorsque le Christ restaurera notre corps d’humilité pour le configurer à la gloire de la Tête, puisque c’est lui la Tête.
Cette gloire, il nous faut la convoiter d’une absolue et ferme ambition. […] Et vraiment, pour qu’il nous soit permis de l’espérer, et d’aspirer à un tel bonheur, il nous faut rechercher de tout cœur l’aide et la prière des saints : ce qui est au-dessus de nos forces puisse-t-il nous être donné par leur intercession !

Une méditation réaliste et confiante sur la mort : le Psaume 48
A l’approche de la fête de la Toussaint et de la commémoration des fidèles défunts, la liturgie des Vêpres offre la lecture du Psaume 48. Le Pape Jean-Paul II a récemment consacré deux audiences à une méditation de ce Psaume qui, dénonçant l’illusion de pouvoir « acheter la mort », ouvre un horizon d’espérance et d’immortalité.

Psaume 48 (49)
Les richesses sont trompeuses

2. Écoutez ceci, tous les peuples,
entendez bien, habitants de l’univers,
3. gens illustres, gens obscurs,
riches et pauvres, tous ensemble.
4. Ma bouche dira des paroles de sagesse,
les propos clairvoyants de mon coeur ;
5. l’oreille attentive aux proverbes,
j’exposerai sur la cithare mon énigme.
6. Pourquoi craindre aux jours de malheur
ces fourbes qui me talonnent pour m’encercler,
7. ceux qui s’appuient sur leur fortune
et se vantent de leurs grandes richesses ?
8. Nul ne peut racheter son frère
ni payer à Dieu sa rançon :
9. aussi cher qu’il puisse payer,
toute vie doit finir.
10. Peut-on vivre indéfiniment
sans jamais voir la fosse ?
11. Vous voyez les sages mourir :
comme le fou et l’insensé ils périssent,
laissant à d’autres leur fortune.
12. Ils croyaient leur maison éternelle, +
leur demeure établie pour les siècles ;
sur des terres ils avaient mis leur nom.
13. R/ L’homme comblé ne dure pas :
il ressemble au bétail qu’on abat.
Dans la première partie, la réflexion se développe à partir d’une situation de difficulté. Le juste doit affronter des « jours tristes », car « la malice [des pervers] me talonne et me cerne », eux « qui se prévalent du surcroît de leur richesse ».
La conclusion à laquelle le juste parvient est formulée comme une sorte de proverbe, que l’on retrouvera également dans le final de l’ensemble du Psaume. Elle résume de façon claire le message dominant de la composition poétique : « L’homme dans son luxe ne comprend pas, il ressemble au bétail muet ». En d’autres termes, « la grande richesse » n’est pas un avantage, au contraire ! Il vaut mieux être pauvre et uni à Dieu.
Dans le proverbe semble retentir la voix austère d’un antique sage de la Bible, l’Ecclésiaste ou Qohélet, lorsqu’il décrit le destin apparemment semblable de toute créature vivante, celui de la mort, qui rend complètement vaine la tentative de s’agripper de façon frénétique aux choses terrestres : « Comme il était sorti du sein de sa mère tout nu, il s’en retournera, comme il était venu. De son travail il n’a rien retiré qui lui reste en main… Car le sort de l’homme et le sort de la bête sont un sort identique : comme meurt l’un, ainsi meurt l’autre… Tout s’en va vers un même lieu » (Qohélet 5, 14; 3, 19.20).
Un profond aveuglement s’empare de l’homme lorsqu’il pense pouvoir éviter la mort en se donnant du mal pour accumuler des biens matériels : ce n’est pas pour rien que le Psalmiste parle d’un « manque de compréhension » au caractère presque bestial.
Quoi qu’il en soit, ce thème sera abordé par toutes les cultures et par toutes les spiritualités et il sera exprimé en substance de façon définitive par Jésus qui déclare : « Attention ! Gardez-vous de toute cupidité, car, au sein même de l’abondance, la vie d’un homme n’est pas assurée par ses biens » (Luc 12, 15). Il raconte ensuite la célèbre parabole du riche insensé, qui accumule des biens à n’en plus finir sans imaginer le piège que la mort lui tend déjà (Luc 12, 16-21).
La première partie du Psaume est entièrement centrée précisément sur cette illusion qui envahit le coeur de l’homme riche. Celui-ci est convaincu de réussir à « acheter » également la mort, tentant presque de la corrompre, un peu comme il a fait pour obtenir toutes les autres choses, c’est-à-dire le succès, le triomphe sur les autres dans le domaine social et politique, la prévarication impunie, la satiété, le confort, les plaisirs.
Mais le Psalmiste n’hésite pas à qualifier cette aspiration de sottise. Il utilise un terme qui possède une valeur également financière, « rachat » : « Mais l’homme ne peut acheter son rachat ni payer à Dieu sa rançon : il est coûteux le rachat de son âme, et il manquera toujours pour que l’homme survive et jamais ne voit la fosse ».
Le riche, qui s’agrippe à son immense fortune, est convaincu qu’il réussira à dominer également la mort, de la même façon qu’il a dominé tout et chacun grâce à l’argent. Mais quelle que soit l’importance de la somme qu’il est prêt à offrir, son destin ultime sera inexorable. En effet, comme tous les hommes et les femmes, riches ou pauvres, sages ou sots, il devra aller dans la tombe, comme cela est également arrivé aux puissants, et il devra laisser sur terre l’or qu’il a tant aimé, ces biens matériels qu’il a tant idolâtrés.
Jésus insinuera cette question inquiétante dans l’esprit de ses auditeurs : « Que pourra donner l’homme en échange de sa propre vie ? » (Mt 16, 26). Aucun échange n’est possible, car la vie est un don de Dieu, qui « tient en son pouvoir l’âme de tout vivant et le souffle de toute chair d’homme » (Job 12, 10).
Parmi les Pères qui ont commenté le Psaume 48, une attention particulière doit être consacrée à saint Ambroise, qui en élargit le sens dans une plus ample vision, précisément à partir de l’invitation initiale du Psalmiste : « Écoutez ceci, tous les peuples, prêtez l’oreille, tous les habitants du monde ».
L’ancien Évêque de Milan commente : « Nous reconnaissons ici, précisément au début, la voix du Seigneur sauveur qui appelle les peuples à l’Église, afin qu’ils renoncent au péché, qu’ils deviennent des disciples de la vérité et qu’ils reconnaissent le bénéfice de la foi ». Du reste, « tous les coeurs des diverses générations humaines étaient souillées par le venin du serpent et la conscience humaine, esclave du péché, n’était pas en mesure de s’en détacher ». C’est pourquoi le Seigneur, « de sa propre initiative, promet le pardon dans la générosité de sa miséricorde, afin que le coupable n’ait plus peur, mais, pleinement conscient, se réjouisse de devoir à présent devenir le serviteur du Seigneur bon, qui a su pardonner les péchés et récompenser les vertus ».
Dans ces paroles du Psaume, l’on entend retentir l’invitation évangélique : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. Chargez-vous de mon joug » (Matthieu 11, 28). Ambroise poursuit :« Comme une personne qui viendra visiter les malades, comme un médecin qui viendra soigner les plaies, c’est ainsi qu’il nous présente la cure, afin que les hommes perçoivent sa bonté et accourent avec un empressement confiant pour recevoir le remède de la guérison… Il appelle tous les peuples à la source de la sagesse et de la connaissance, il promet à tous la rédemption, afin que personne ne vive dans l’angoisse, que personne ne vive dans le désespoir ».

14. Tel est le destin des insensés
et l’avenir de qui aime les entendre :
15. troupeau parqué pour les enfers
et que la mort mène paître.
A l’aurore, ils feront place au juste ;
dans la mort, s’effaceront leurs visages :
pour eux, plus de palais !
16. Mais Dieu rachètera ma vie aux griffes de la mort :
c’est lui qui me prendra.
17. Ne crains pas l’homme qui s’enrichit,
qui accroît le luxe de sa maison :
18. aux enfers il n’emporte rien ;
sa gloire ne descend pas avec lui.
19. De son vivant, il s’est béni lui-même :
« On t’applaudit car tout va bien pour toi ! »
20. Mais il rejoint la lignée de ses ancêtres
qui ne verront jamais plus la lumière.
21 R/ L’homme comblé qui n’est pas clairvoyant
ressemble au bétail qu’on abat.

La deuxième partie du Psaume 48 condamne l’illusion engendrée par l’idolâtrie de la richesse. Il s’agit de l’une des tentations constantes de l’humanité : en se raccrochant à l’argent, considéré comme doté d’une force invincible, l’homme a l’illusion de pouvoir « acheter également la mort », en l’éloignant de lui.
En réalité, la mort fait irruption avec sa capacité de détruire toute illusion, écartant chaque obstacle, brisant toute confiance en soi-même et faisant avancer les riches et les pauvres, les souverains et les sujets, les sots et les sages vers l’au-delà. C’est une image efficace que le Psalmiste utilise en représentant la mort comme un pasteur qui conduit d’une main ferme le troupeau des créatures corruptibles. Le Psaume 48 nous propose donc une méditation réaliste et sévère sur la mort, point d’arrivée inéluctable et fondamental de l’existence humaine.
Souvent, nous cherchons par tous les moyens à ignorer cette réalité, en éloignant cette pensée de notre esprit. Mais cette tentative est non seulement inutile, mais également inopportune. En effet, la réflexion sur la mort se révèle bénéfique, car elle relativise de nombreuses réalités secondaires que nous avons malheureusement placées au niveau d’absolu, comme précisément la richesse, le succès, le pouvoir… C’est pourquoi un sage de l’Ancien Testament, le Siracide, avertit : « Dans tout ce que tu fais souviens-toi de ta fin et tu ne pécheras jamais ».
Mais voilà qu’apparaît dans notre Psaume un tournant décisif. Si l’argent ne réussit pas à nous « racheter » de la mort, il y a cependant quelqu’un qui peut nous racheter de cet horizon sombre et dramatique. Le Psalmiste dit en effet :« Mais Dieu rachètera ma vie aux griffes de la mort :
c’est lui qui me prendra ».
C’est ainsi que s’ouvre pour le juste un horizon d’espérance et d’immortalité. A la question placée au début du Psaume (« Pourquoi craindre ? »), est à présent donnée la réponse : « Ne crains pas quand l’homme s’enrichit ».
Le juste, pauvre et humilié dans l’histoire, lorsqu’il parvient à la frontière ultime de la vie, est sans biens, n’a rien à verser comme « rançon » pour arrêter la mort et se soustraire à son étreinte glaciale. Mais voilà la grande surprise : Dieu lui-même verse une rançon et arrache son fidèle des mains de la mort, car Il est le seul qui puisse vaincre la mort, inexorable à l’égard des créatures humaines.
C’est pourquoi le Psalmiste invite à « ne pas craindre » et à ne pas envier le riche toujours plus arrogant dans sa gloire car, parvenu à la mort, il sera dépouillé de tout, il ne pourra emporter avec lui ni or ni argent, ni gloire ni succès. Le fidèle, en revanche, ne sera pas abandonné par le Seigneur, qui lui indiquera « le chemin de vie, devant ta face, plénitude de joie, en ta droite, délices éternelles » (Psaume 15, 11).
Nous pourrions alors placer en conclusion de la méditation sapientielle du Psaume 48, les paroles de Jésus, qui nous décrit le véritable trésor qui défit la mort : « Ne vous amassez point de trésors sur la terre, où la mite et le ver consument, où les voleurs percent et cambriolent. Mais amassez-vous des trésors dans le ciel : là, point de mite ni de ver qui consument, point de voleurs qui perforent et cambriolent. Car où est ton trésor, là aussi sera ton coeur » (Matthieu 6, 19-21).
Dans le sillage des paroles du Christ, saint Ambroise, dans son Explication sur le Psaume 48, répète de façon claire et ferme l’inconsistance des richesses : « Ce sont toutes des choses caduques et elles ont plus tôt fait de s’en aller que de venir. Un trésor de ce genre n’est qu’un rêve. Tu te réveilles et il a déjà disparu, car l’homme qui réussira à faire passer l’ivresse de ce monde et à acquérir la sobriété de la vertu, méprise toutes ces choses et n’accorde aucune valeur à l’argent ».
L’Évêque de Milan nous invite donc à ne pas nous laisser attirer naïvement par les richesses et par la gloire humaine :« Ne crains rien, même lorsque tu apprendras que s’est accrue de façon démesurée la gloire de quelque puissante famille ! Saches regarder à fond avec attention, et elle t’apparaîtra vide si elle ne possède pas en elle une miette de la plénitude de la foi ». De fait, avant que le Christ ne vienne, l’homme était perdu et vide : « La chute catastrophique de cet antique Adam nous a vidés, mais elle nous a remplis de la grâce du Christ. Il s’est vidé lui-même pour nous remplir et pour faire habiter dans la chair de l’homme la plénitude de la vertu ». Saint Ambroise conclut que précisément pour cette heure, avec saint Jean, nous pouvons nous exclamer : « Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce » (Jean 1, 16).
toussaint

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