FETE DE LA TOUSSAINT

Toussaint – Tous saints ? Yes we can !

La Toussaint est la fête de tous les saints. Chaque 1er novembre, l’Eglise honore les saints et rappelle que tous les hommes et toutes les femmes sont appelés à la sainteté. Être saint aujourd’hui ? Le père Marc Rastoin explique !
Quel est le premier mérite de cette fête de la Toussaint ? Nous aider à lutter contre une tentation assez subtile, mais radicale, qui menace en permanence la vie chrétienne : celle de voir en chaque saint une vie si extraordinaire et merveilleuse qu’elle est en inaccessible ! Et que nous, pauvres pécheurs, nous ne pouvons pas leur arriver à la cheville. Jésus est celui qui nous sauve, Il est aussi celui qui nous transforme, qui veut que nous devenions semblables à lui. Nous écoutons trop souvent la petite voix qui nous dit : ‘ce n’est pas possible, tu es un minable, un petit joueur spirituel’.

« Oui, vous le pouvez »

La foule des saints que nous fêtons aujourd’hui devrait nous vacciner contre cette tentation et nous rappeler l’évangile de Jacques et Jean (repris sans copyright par un certain Obama !) : « Yes we can » (Matthieu 10,39). Les deux frères demandent à siéger à côté de Jésus dans son Royaume. C’est déjà gonflé mais il y a mieux. Jésus leur demande s’ils peuvent boire la même coupe que lui et ils répondent « oui, nous le pouvons ». Ils ne manquent pas d’air ! D’ailleurs on ne cesse de les critiquer pour leur manque d’humilité à longueur de sermon mais Jésus ne s’insurge pas, il ne leur dit pas ‘mais voyons c’est impossible !’. Il les prend au mot ! « La coupe que je vais boire vous la boirez » ! Il leur dit en somme ‘oui, vous le pouvez !’

Tous les saints n’étaient pas parfaits mais ils ont vraiment voulu imiter Jésus, ils ont cru à sa parole et ils ont accompli « des trucs de ouf » !! Des actions dont ils ne se croyaient pas capables. Ne manquons-nous pas, souvent, de souffle et d’ambition ? N’acceptons-nous pas trop facilement une certaine médiocrité spirituelle ? Ne disons-nous pas un peu vite que la sainteté, ce n’est pas pour nous ? La fête de la Toussaint semble nous dire : ‘Ne limitez pas votre ambition spirituelle, ne cherchez pas des prétextes pour excuser votre indolence ; même si vous ne comprenez pas tout de l’évangile, même si vos désirs sont ambigus, Dieu vous prend tels que vous êtes ; Il ne vous demande pas de tout comprendre ni de tout prévoir ; je ne vous demande qu’un grand amour qui refuse l’immobilisme.’ A la Toussaint, il nous est bon de fixer nos regards sur les saints et d’entendre le Christ nous dire : ‘Bougez-vous ! D’autres l’ont fait avant vous ! Vous le pouvez !’

Yes we can’ : un slogan vraiment évangélique ? A nous d’y croire !

Vous êtes «Toussaint» ou «Hallowe’en» ?

Idée reçue : la Toussaint est une fête catholique que des païens anticléricaux cherchent à remplacer par Hallowe’en.
Réalité : n’allons pas si vite en besogne ! Comme le disaient autrefois les passages à niveau, « Un train peut en cacher un autre »
C’est au 5è s. que remonte l’idée chez les chrétiens de fêter collectivement tous les saints, c’est-à-dire ceux et celles qui, ayant quitté ce monde, sont désormais auprès de Dieu dans la gloire. Cette fête fut d’abord placée non loin de Pâques. Mais elle allait bouger…
En effet, en apportant la Bonne Nouvelle du Christ ressuscité à l’Europe du nord-ouest, les missionnaires ont rencontré des habitudes culturelles bien ancrées. Ainsi, les Celtes avaient coutume de fêter longuement le début de la « saison sombre », entre fin octobre et début novembre. Cette fête celtique insistait sur l’ouverture à « l’autre monde », c’est-à-dire le monde des défunts et des dieux.
Les missionnaires adoptent alors une stratégie classique : par l’inculturation, ils vont transformer une fête païenne en fête chrétienne. Les Celtes fêtent « l’autre monde » début novembre ? Qu’à cela ne tienne ! Cette date va devenir (vers le 8ès.) la grande fête chrétienne de tous les saints. A la morbidité des rites païens au moment où la nuit s’allonge, les chrétiens substituent une fête de lumière, en blanc et or : la Toussaint. Cette solennité symbolise la formidable espérance chrétienne que chacun peut être sauvé par la grâce de Dieu. Pour être auprès de Dieu et le contempler sans fin, dans un éternel présent empli de bonheur. Désormais, cette espérance d’une joie sans limite se fêtera le 1er novembre.
Quelques décennies plus tard, le 2 novembre va aussi devenir une célébration importante. Il s’agit de répondre à une question angoissante : qu’en est-il des défunts qui ne jouissent pas encore pleinement de la vision bienheureuse de Dieu ? Sous l’impulsion des Bénédictins de Cluny (Bourgogne), l’Eglise va encourager la prière pour les morts au cours de la messe. Et un jour particulier sera désigné dans l’année pour prier pour eux : le 2 novembre. Aujourd’hui, cette célébration (en violet, couleur de conversion et d’espérance) s’appelle la « commémoration des tous les fidèles défunts ».
Alors, c’est le moment de l’année d’aller visiter les cimetières ! Non seulement ils sont fleuris, mais on peut même y prier de façon particulière aidante pour les défunts[1]. Ces visites doivent être l’occasion de joie, non de sentiments morbides. Dieu s’occupe des défunts et de leur bonheur !
Alors, Hallowe’en contre Toussaint – ne tombons pas dans l’opposition facile ! La Toussaint a remplacé une fête celtique. « Hallowe’en » signifie tout simplement en anglais la « veille » (« evening », abrégé en « e’en ») de la Toussaint (« All Hallows »). Certaines personnes cherchent peut-être à faire revenir la fête païenne sous-jacente à la Toussaint, mais cela ne doit pas nous faire peur ! Ce qui compte pour nous, catholiques, c’est deux choses :
– Nous réjouir le 1er novembre de l’appel universel à la sainteté qui nous concerne tous[2]. La Toussaint nous permet de bien le fêter.
– Prier en cette saison pour les défunts, en particulier ceux de nos familles et ceux pour qui personne ne prie jamais.
« Le Christ est ressuscité des morts ! Par sa mort, il a vaincu la mort ! A tous ceux qui étaient dans les tombeaux, il a donné la Vie ! »[3]
[1] Paul VI le rappellera en 1976 dans l’Enchiridion indulgentiarum, n° 29
[2] cf. Vatican II, Lumen Gentium n° 39-42
[3] Tropaire de la Résurrection et du Temps pascal de la Liturgie byzantine (Le tropaire est une strophe ou courte pièce poétique introduite dans un texte liturgique)

Source : Jeunes-cathostoussaint4

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