POURQUOI UN BLEUET LE 11 NOVEMBRE ?

Pourquoi les Français portent-ils des bleuets le 11 novembre et les britanniques des coquelicots ?

Si l’automne n’est pas la saison de la floraison, à l’occasion des célébrations du 11-Novembre, de nombreuses fleurs décorent les monuments aux morts, les vestons et même la Tour de Londres, presque ensevelie sous une avalanche de coquelicots. Si outre-Manche et dans tout le Commonwealth, le « poppy » (coquelicot) est populaire, au point que le 11 novembre soit communément appelé « Poppy day », en France, c’est une autre fleur que l’on arbore : le bleuet.
Ces deux fleurs sauvages ont continué à pousser dans la terre ravagée par les combats de la première guerre mondiale. Et toutes deux font écho à un poème, les « Bleuets de France » et « In Flanders fields » et (« Dans les champs des Flandres »). Mais pourquoi la France et le monde anglo-saxon se sont-ils approprié ces symboles ?

POURQUOI LE BLEUET ?
Même si le Président de la République l’épingle à sa boutonnière chaque 11 novembre, le bleuet est moins célèbre en France que son pendant britannique. Outre le symbole de vie qui se poursuit malgré les obus, « bleuets » était le surnom que les poilus donnaient aux nouveaux soldats, arrivant avec leur uniforme d’un bleu horizon encore immaculé. C’est en 1925 que l’appellation devient un insigne, à l’initiative de deux infirmières : Charlotte Malleterre et Suzanne Leenhardt créent le « Bleuet de France » , pour recueillir des fonds afin de venir en aide aux mutilés de la Grande Guerre. Les pensionnaires des Invalides confectionnent eux-même les bleuets en tissus vendus ensuite à leur profit.
A partir de 1934, les fleurs réalisées par les anciens combattants sont vendues dans les rues, et l’année suivante, l’Etat officialise la vente du bleuet le jour de l’Armistice. Et la fleur devient aussi le symbole de l’insertion par le travail, chose toujours d’actualité, car désormais, ils sont fabriqués par des établissements réservés aux personnes en situation de handicap. Si la tradition s’est lentement perdue, elle a fait son retour en 2012, après l’adoption d’une loi fixant au 11 novembre « la commémoration de tous les morts pour la France » et non plus uniquement ceux de la première guerre mondiale.

POURQUOI LE « POPPY » ?
Le coquelicot est un symbole auquel sont attachés de nombreux Anglo-Saxons. C’est à partir d’un poème écrit par un soldat canadien lors de la deuxième bataille d’Ypres, que le « poppy » a été adopté comme symbole en 1921 par la Royal British Legion, une association chargée des anciens combattants. Dès cette année-là, il commence à apparaître sur le revers des vestes des Britanniques.
Jusqu’à aujourd’hui, la tradition du « poppy » persiste, en particulier au Royaume Uni, où inconvenant qu’un homme fasse une apparition la semaine qui précède le 11 novembre sans porter son coquelicot. Preuve de sa popularité : les sommes récoltées outre-Manche frôlent chaque année les 50 millions d’euros, contre un peu plus d’un million en France.
Par ailleurs, pour célébrer le centenaire de l’entrée en guerre, la Tour de Londres s’est parée cette année d’une œuvre monumentale composée de 888 246 coquelicots en céramique – un par soldat de la Couronne tombé lors de la Grande Guerre. Si l’installation doit être démontée et vendue pièce par pièce après le 11 novembre, les appels se multiplient pour la conserver en l’état le plus longtemps possible.

SOURCE LE MONDE (10 novembre 2015)
bleut du 11 novembre

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