JE VOIS SATAN TOMBER COMME L’ECLAIR DE RENE GIRARD

Je vois tomber Dieu comme l’éclair
René Girard
Paris, Grasset, 1999. 298 pages.

 » Merci mon Père de révéler aux petits ce que vous avez dissimulé aux sages et aux intelligents.  » Mais Les sages et les intelligents se sont emparés des Evangiles, mais en ont enlevé ce qu’ils pouvaient signifier. René Girard pense, comme Simone Weil, que les Evangiles sont une théorie de l’homme avant d’être une théorie de Dieu

Lorsque les apôtres revinrent auprès de Jésus après avoir été exorcisés pour la première fois et annoncés la bonne nouvelle, ils se présentèrent face au Christ qui eut cette phrase étrange « Je vois Satan tomber comme l’éclair ». René Girard la reprend pour analyser sous un angle neuf les Evangiles.

je vois tomber satanOn peut être surpris de découvrir dans la réflexion contemporaine un plaidoyer en faveur d’une théorie théologique avancée par certains Pères, qu’on aurait pu croire définitivement disqualifiée en raison de son relent mythologique, à savoir la rançon que Dieu aurait payée au démon en échange de notre libération. Cette théorie, fortement contestée à l’époque patristique, vient de se trouver un nouvel avocat avec René Girard pour qui « les Pères grecs avaient raison de dire que, dans la Croix, Satan est le mystificateur pris au piège de sa mystification. » Le rôle des puissances sataniques avait déjà retenu l’attention de l’auteur dans Le Bouc Émissaire, mais c’est dans Je vois Satan tomber comme l’éclair qu’il reprend  ce thème patristique pour lui redonner une légitimité perdue. Derrière le besoin de compléter le point de vue des Pères, il y a un travail de réinterprétation qui emprunte à la tradition ancienne mais de n’être qu’une risque pièce rapportée par rapport à aux thèses originales. Le rapport établi entre la croix et la violence (ou le refus de la violence), tant par les Pères que par R. Girard, invite ainsi à comparer les deux systèmes de pensée : celui de Girard qui se comporte en anthropologue et le souci simple et élémentaire des Pères qui font appel au mythe d’une tractation avec le démon afin de préserver Dieu de recourir à la violence.

Ainsi le christianisme a, par « le scandale de la croix » (Saint Paul), révélé la supercherie de Satan au monde, notre époque moderne, post-chrétienne, a fait sienne l’idéologie de la victime mais en rejetant le substrat religieux qui permet de le penser. Alors les victimes prennent l’ascendant sur l’opinion publique sans que la philosophie ait droit de parole.
Au cœur de la théorie de Girard, on retrouve la violence mimétique. La thèse est simple : on désire toujours ce que l’autre possède. Face à notre désir,

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