LES DERNIERS JOURS DE NOS PERES

Les derniers jours de nos pères

Joël Dicker les derniers jours de nos pères

Paris, Les Editions de Fallois / L’Age d’Homme, 2012.

  Un bon premier roman sur fond de guerre 

Pourquoi ce titre : il faut aller jusqu’au bout du roman pour en découvrir le sens : « Mais les derniers jours de nos pères ne devaient pas être des jours de tristesse ; ils étaient des jours de jours d’avenir et de perpétuation »

 C’est un roman historique avec une trame romanesque fondée sur des faits historiques dont l’action se situe pendant la Deuxième Guerre mondiale de 1939-1945

Le roman éclaire sur l’action de Winston Churchill qui après la défaite de 1940 à Dunkercke ; ce dernier crée une branche de ses services secrets appelée Specil Operation secrets (SOE) : le SOE est créé pour mener des opérations de renseignements et de sabotages sur le sol français. Le recrutement se fait principalement auprès des français pour ne pas être suspectés par les Allemands. Cette opération n’aurait pas pu aboutir sans le concours des résistants restés en France.

C’est ainsi que l’on trouve Paul-Emile, le poète (surnommé Pal), Claude, Gros, Faron et d’autres… et Laura, la jeune anglaise. Ils se retrouveront tous enrôlés dans le SOE après des mois d’un entrainement intense en Ecosse ou en Angleterre. Ceci dans le plus grand secret. Une fois formés ils seront envoyés en mission et ils savent qu’ils risquent la torture et la mort s’ils sont pris par la Gestapo

La force de ce roman réside dans le fait que ces jeunes gens sont dépeints avec leur fragilité, leurs et leurs angoisses comme Pal (Paul-Emile) qui a abandonné son père, Claude, le séminariste, Gros avec son besoin d’être aimé et Faron qui rêve de gloire mais se suicidera avec un crucifie dans la main !

L’auteur ne révèle pas tout de leurs actions clandestines en France auprès de la résistance française. Il les suit de près préférant nous faire vivre leurs failles, leurs doutes, leurs espoirs pour l’après- guerre.

Ces Hommes (mot auquel Joël Dickers met toujours une majuscule) se font familiers à mesure que se déploie le roman… et même l’officier de l’Abwehr (service de renseignement allemand).

 Quelques passages qui résument la pensée de l’auteur :

 

 » Que tous les pères du monde, sur le point de nous quitter, sachent combien sans eux notre péril sera grand.

Ils nous ont appris à marcher, nous ne marcherons plus.

Ils nous ont appris à parler, nous ne parlerons plus.

Ils nous ont appris à vivre, nous ne vivrons plus.

Ils nous ont appris à devenir des Hommes, nous ne serons même plus des Hommes. Nous ne serons rien.

   Assis dans l’ombre, ils fumaient, contemplant le ciel noir qui dansait sur l’Angleterre. Et Pal récitait sa poésie. Caché dans la nuit, il se souvenait de son père.

   Sur la butte où ils se trouvaient, les mégots rougeoyaient dans l’obscurité ; ils avaient pris l’habitude de venir fumer aux premières heures du matin. Ils fumaient pour se tenir compagnie, ils fumaient pour ne pas dépérir, ils fumaient pour ne pas oublier qu’ils étaient des Hommes ».

Peut-être la leçon du roman tient-elle dans la réflexion désabusée d’un certain Doff, devenu opérateur radio au SOE : 

« Tu verras, le plus dur, c’est pas les Allemands, c’est pas l’Abwehr, c’est l’humanité. […] Nous devons nous méfier de tout le monde. […] Personne ne veut crier, crier ça emmerde les gens. En fait, j’ignore si ça les emmerde, ou si ça les fatigue. […] Ça a toujours été comme ça, et ça le restera : l’indifférence. La pire des maladies, pire que la peste et pire que les Allemands»

Une phrase pourrait résume le récit

« … Les coups ne sont que des coups ; ils font mal, un peu, beaucoup, puis la douleur s’estompe. Pareil pour la mort ; la mort, ce n’est que la mort. Mais vivre en Homme parmi les hommes, c’était un défi de chaque jour… »

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