« DITES-MOI LES ANGES » DE DIDIER RIMAUD

didier rimaud« Dites-moi les anges »

 Dites-moi, les anges, regardez
Si toute chose est à sa place,
Et si j’ai bien tout préparé :
est-il venu le temps pour moi de faire grâce ?

  Oui, Seigneur tout est prêt.

  

Avez-vous bien trouvé
ce que César Auguste a décidé,

le registre à la mairie de Bethléem,
l’hôtellerie, et la crèche à côté,
les bergers à la garde des troupeaux,
l’étoile pour les rois en Orient,
avec l’or et l’encens dans leur bagages ?

Et la jeune fille appelée Marie ?

 Oui, Seigneur tout est prêt.
Mais il y a aussi un jardin d’oliviers que l’on plante en secret !
Nous diras-tu pourquoi ?

  

Avez-vous bien trouvé les tourterelles
du deux février,
le chemin pour la fuite en Egypte,
le bourg de Nazareth en Galilée,
l’atelier de Joseph le menuisier,
la route qui monte à Jérusalem,
les docteurs de la Loi dans le Temple ?
Et la jeune fille appelée Marie ?

 Oui, Seigneur tout est prêt.
Mais il y a aussi trente pièces d’argent
que l’on compte en secret !
Nous diras-tu pourquoi ?

  Avez-vous bien trouvé le Jourdain
où le Baptiste attend, le désert
où le diable est caché,
la synagogue avec le livre d’Isaïe,
au bord du lac, les barques, les filets,
les douze, prêts à tout quitter,
la montagne
pour l’annonce du bonheur ?
Et la jeune fille appelée Marie ?

 Oui, Seigneur tout est prêt.
Mais il y aussi une robe de fou,
que l’on tisse en secret !
Nous diras-tu pourquoi ?

  Avez-vous bien trouvé six urnes
pour la noce de Cana,
le puits de Jacob et sa margelle,
et l’herbe verte sur la colline,
un enfant avec cinq pains et deux poissons,
le mendiant aveugle de naissance,
la maison de Lazare à Béthanie ?
Et la jeune fille appelée Marie ?

 Oui, Seigneur, tout est prêt.
Mais il y a aussi
quatre pointes de fer
que l’on forge en secret !
Nous diras-tu pourquoi ?

Avez-vous bien trouvé les rameaux,
les palmes, les manteaux,
une ânesse à l’attache avec son petit,
l’homme à la cruche
aux portes de la ville,
la haute salle meublée pour le repas,
le tablier d’esclave et le bassin,
les coupes
et le pain de la dernière Pâque ?
Et la jeune fille appelée Marie ?

 Oui, Seigneur, tout est prêt.
Mais il y a aussi deux poutrelles de bois
que l’on croise en secret !
Nous diras-tu pourquoi ?

Si vous avez trouvé
un jardin d’oliviers
trente pièces d’argent,
une robe de fou,
quatre pointes de fer,
deux poutrelles de bois,
préparées en secret,
je vous dirai pourquoi :

Ne faut-il pas
que Dieu sache pleurer ?
Ne faut-il pas que Dieu sache souffrir ?
Ne faut-il pas que Dieu sache mourir ?
Ne faut-il pas, puisque je suis l’amour ?

 

DIDIER RIMAUD

 

 

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