ALAIN FINKIELKRAUT (1949-….)

Alain Finkielkraut

Alain Finkielkraut, né le 30 juin 1949 à Paris, est un philosophe, essayiste et académicien français.

Auteur de nombreux ouvrages sur la littérature, l’amour, la modernité, la judéité, le nationalisme, la colonisation, il défend l’idée de transmission, d’héritage, de tradition, ainsi que l’esprit des humanités, le sionisme, la notion d’identité et la redécouverte du sens du tragique. Il se dit « à la fois classique et romantique ». Il s’est exprimé sur l’antisémitisme et le racisme, sur le multiculturalisme, sur les failles du système éducatif français qui conduisent à la marginalisation des enfants de l’immigration, ou encore sur les guerres de Yougoslavie.

Le 10 avril 2014, il est élu à l’Académie française Il y est reçu le 28 janvier 2016 par Pierre Nora.

 

Biographie

Le père d’Alain Finkielkraut, Daniel Finkielkraut, maroquinier juif, quitte la Pologne dans les années 1930 en raison de l’antisémitisme et survit à la déportation en 1941 à Auschwitz. La mère d’Alain Finkielkraut, née sous le prénom de Laura, dans la ville polonaise de Lwów, juive également, se réfugie d’abord en Allemagne, puis à Anvers en Belgique, après que toute sa famille a péri dans les camps d’extermination nazis, en Pologne, et adopte définitivement le prénom de « Janka » figurant sur ses faux papiers. Alain Finkielkraut et ses parents bénéficient d’une naturalisation collective lorsqu’il a un an.

Après ses études secondaires, Alain Finkielkraut prépare, au lycée Henri-IV, le concours d’entrée des Écoles normales supérieures ; après avoir échoué à celui de la rue d’Ulm en 1968, il est reçu à celui de Saint-Cloud en 1969, puis à l’agrégation de lettres moderne en 1972. En 1974, il est professeur au lycée technique de Beauvais. De 1976 à 1978, il enseigne à Berkeley au Département de Littérature française. Il se marie en 1985 avec l’avocate Sylvie Topaloff]. En novembre 1989, il devient professeur de philosophie et d’histoire des idées au département Humanités et sciences sociales de l’École polytechnique.

Dans sa jeunesse, Alain Finkielkraut est maoïste. Sans renier ce premier engagement, il s’éloigne de ses camarades politiques en soutenant Israël lors de la guerre du Kippour, en 1973. Dans les années 1980, il soutient les chrétiens du Liban. Dans les années 1990, il est parmi les premiers intellectuels à s’engager pour une intervention occidentale en ex-Yougoslavie, dans un climat plutôt hostile, la position officielle de la France et de son président François Mitterrand étant à l’époque pro-serbe. Il a défendu également le droit de la Croatie à la sécession contre la Grande Serbie bâtie sur les ruines de l’ex-Yougoslavie, au nom du principe de la défense des « petites nations » qui sont un gage de liberté.

Il écrit de nombreux essais et collabore à plusieurs revues, dont les revues Arguments et Égards. La publication de La Défaite de la pensée en 1987 marque un tournant dans son œuvre et le début d’une critique de la « barbarie du monde moderne ». Dans ses interventions publiques, il prône une certaine idée de l’école et de la culture, où l’idéal de transmission générationnelle devrait prévaloir sur celui de communication entre contemporains. Face à ce qu’il perçoit comme des crispations identitaires, il affirme l’importance de la laïcité et d’une école républicaine.

Il est membre fondateur, avec Benny Lévy et Bernard-Henri Lévy, de l’Institut d’études lévinassiennes, ouvert en l’an 2000 à Jérusalem.

Dans les années 2000, il condamne la seconde Intifada et critique le silence du gouvernement PS de Lionel Jospin au sujet de la montée de l’antisémitisme en France. Lors de l’élection présidentielle de 2002, il fait un discours devant le Panthéon pour protester contre la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour du scrutin.

A la rentrée 2014, il prend sa retraite de l’École polytechnique, où il est remplacé à la chaire de philosophie par Michaël Foessel. Le 10 avril 2014, il est élu à l’Académie française, par 16 voix sur 28 votes dès le premier tour[. Il succède au fauteuil 21 à l’écrivain Félicien Marceau.TravauxAlain Finkielkraut s’oppose avec constance à la « pensée de la période 68 », pour son aspect libertaire ainsi qu’à ce qu’il appelle « l’idéologie du progressisme » dans laquelle il décèle une illusion.

Travaux

À partir de La Défaite de la pensée (1987), il s’alarme de la menace que fait peser sur la pérennité de la haute culture le triomphe de la culture de masse. « Car la culture, c’est la vie avec la pensée. Et on constate aujourd’hui qu’il est courant de baptiser culturelles des activités où la pensée n’a aucune part. » Il dénonce l’impasse du « tout culturel », qui confond selon lui toute activité avec un fait de culture, et la politique du « tout culturel » du Ministre de la culture de l’époque (Jack Lang). Il considère que « l’École suit cette même pente […] qui la détruit ».

Il s’affirme comme un grand défenseur de l’école républicaine, chargée de la transmission du patrimoine littéraire, mais aussi creuset pour l’assimilation culturelle des enfants d’immigrés. Il prend parti dans la « querelle de l’école », fustigeant les réformes des « pédagogues » qui selon lui sacrifient la transmission. Il dénonce également l’exaltation de la différence, qui selon lui mène au relativisme des valeurs. Cette exaltation par certains intellectuels aurait pour effet néfaste de légitimer « l’anti-républicanisme » de nombreux jeunes issus de l’immigration postcoloniale.

 

Critique de la pensée de la période 68

Le Nouveau Désordre amoureux, écrit en 1977 avec Pascal Bruckner, est l’ouvrage qui l’a rendu célèbre. L’ouvrage s’attaque au « mythe de la Révolution sexuelle », qui serait issue de Mai 68 et des théories de Gilles Deleuze et Félix Guattari, de Guy Debord et des situationnistes. Selon la lecture de Finkielkraut et Bruckner, Deleuze et Guattari nient l’amour ou, en tout cas, affirment que l’amour en tant que valeur abstraite serait une chose « ignoble ». Finkielkraut et Bruckner affirment a contrario l’existence de l’amour et son impossible réforme : « l’amour ne se prête pas à la révolution ». Ils voient les femmes comme les victimes de cette idéologie.

Alain Finkielkraut critique également le progressisme que les héritiers de 68 auraient rendu dominant dans la sphère intellectuelle française :

« Le progressisme, c’est l’idée que tout est politique, et qu’en effet on peut accéder à un monde meilleur par un bouleversement radical des institutions, par la révolution ou l’élimination des méchants. […] Nourrie de cette espérance, la gauche progressiste ne voulait pas voir les horreurs commises en son nom. Et quand elle les voyait et finissait par condamner le communisme soviétique, c’était pour reporter aussitôt son impatience messianique sur Cuba ou sur la Chine. La gauche antitotalitaire, à l’inverse, s’est inspirée de Soljenitsyne et des dissidents pour dénoncer non seulement l’écart entre l’idéal communiste et la réalité, mais aussi le danger d’un idéal d’éradication définitive du mal. »

Finkielkraut dénonce ainsi, du point de vue d’une position qui serait celle de la gauche antitotalitaire, les illusions d’une gauche révolutionnaire aveugle à ses propres dérives (tiers-mondisme et multiculturalisme menant au relativisme).

 

La défense de l’école républicaine

Alain Finkielkraut s’est à plusieurs reprises positionné dans les médias comme prenant la défense de l’école de la République, contre des réformes pédagogiques qu’il juge assez néfastes. Ainsi, il déclare dans une entrevue donnée à L’Express (7 mars 2002) :

« Lorsque vous vous inquiétez de problèmes d’orthographe dans une classe primaire, l’institutrice vous répond : « Je sais, mais je ne suis pas sûre de terminer le programme à cause des activités d’éveil » ! Le prix à payer pour ces activités nouvelles, introduites par la réforme, alors que personne ne les a demandées, est un retard généralisé des apprentissages fondamentaux, tels que la maîtrise de la langue. »

Un ouvrage, La querelle de l’école, a été tiré des différentes interventions sur le sujet ayant eu lieu dans son émission radio. Dans ces prises de position, Alain Finkielkraut se réfère à Hannah Arendt qui s’attaque, dans son essai La Crise de l’éducation, au contexte éducatif américain des années 1960 organisant selon elle l’échec de l’apprentissage des enfants grâce à des méthodes pédagogiques qu’elle critique très vivement et dont elle démonte les fautes de raisonnement. Alain Finkielkraut reprend ses analyses dans sa lutte contre des réformes en France qu’il juge susceptibles de produire les mêmes effets.

Dans l’article « La révolution culturelle à l’école » publié dans le journal Le Monde le 18 mai 2000, il résume ainsi ses positions :

« Jaurès voulait que les enfants du peuple reçoivent une culture équivalente à celle que recevaient les enfants de la bourgeoisie. Les parents instruits et avisés de la bourgeoisie rêvent aujourd’hui que leurs enfants bénéficient d’une culture équivalente à celle qu’ils ont reçue et ils sont prêts à y mettre le prix. Ils usent de tous les stratagèmes, de tous les subterfuges et de tous les déménagements pour trouver une école primaire, puis un collège, puis un lycée – privé ou public – où la communication n’a pas détrôné la transmission, où l’émulation n’est pas taboue, où l’idée de mérite est considérée comme un acquis démocratique et non comme un scandale pour la démocratie, où l’on ne s’adosse pas à la misère pour faire honte à la pensée, où d’autres dimensions de la réalité sont prises en compte que l’environnement social et d’autres dimensions du temps que l’actualité, où la différence entre information et connaissance n’est pas tombée dans l’oubli, où la laïcité n’a pas été vaincue par l’idolâtrie des consoles. »

Il a été consulté par l’État sur les questions scolaires, il a ainsi fait partie de la commission Thélot, dont il a démissionné à la suite d’un désaccord avec le contenu du rapport final. Sa position sur ce sujet est celle de la défense de la « valeur de l’étude », contre les théories pédagogiques, qu’il dénonce comme jouant un rôle dans l’aggravation des inégalités.

En 2003, il a consacré aux questions de l’enseignement un ouvrage, Enseigner les lettres aujourd’hui, où il se pose en défenseur de l’école républicaine. Selon lui, celle-ci se serait éloignée de ses objectifs originels d’égalité et d’émancipation.

Selon Élisabeth de Fontenay, philosophe proche d’Alain Finkielkraut, sa position est « une passion de cette école à la française, dont il constate avec désespoir qu’elle n’a pas su être offerte aux enfants défavorisés comme une chance réelle d’intégration, et qu’elle ne fonctionne plus correctement que pour les enfants des bourgeois]. »

En 2008, il critique l’optimisme de François Bégaudeau, auteur du roman Entre les murs, consacré au collège d’une ZEP, et l’opposition de l’auteur aux méthodes d’enseignement classiques.

 

L’identité juive et le nouvel antisémitisme

Dans Le Juif imaginaire (1981), Alain Finkielkraut interroge l’identité des juifs de sa génération, athées et nés après la guerre. Il affirme que la mémoire du génocide requiert de leur part une posture qui ne soit ni indifférence ni identification. Il défend le devoir de mémoire mais rappelle que les descendants des victimes n’ont aucun titre à se présenter eux-mêmes comme des victimes qu’ils ne sont pas. En 2000, il publie Une voix vient de l’autre rive, dans le fil du Juif imaginaire : comment ne pas oublier sans s’identifier, comment transmettre sans s’approprier une tradition qui, universelle, n’appartient à personne en particulier ?

Au nom de l’autre, réflexion sur l’antisémitisme qui vient (2003) est un essai sur ce qu’il perçoit comme la résurgence d’insultes et d’actes antisémites, qui serait légitimés par un antisémitisme intellectuel « de gauche » et « progressiste » au nom de la dénonciation d’Israël.

« Il faut du courage pour porter une kippa dans ces lieux féroces qu’on appelle cités sensibles et dans le métro parisien : le sionisme est criminalisé par toujours plus d’intellectuels, l’enseignement de la Shoah se révèle impossible à l’instant même où il devient obligatoire, la découverte de l’Antiquité livre les Hébreux au chahut des enfants, l’injure « sale juif » a fait sa réapparition (en verlan) dans presque toutes les cours d’école. Les Juifs ont le cœur lourd et, pour la première fois depuis la guerre, ils ont peur. »

— Citation extraite de Au nom de l’autre, réflexion sur l’antisémitisme qui vient.

Son analyse porte avant tout sur l’évolution de l’antisémitisme : « Hier, Céline ou Drumont reprochaient aux Juifs leur cosmopolitisme, leur manque de patrie ; aujourd’hui, c’est leur trop-plein de patrie que les antisémites leur reprochent, leur attachement à une communauté et à un pays ». Cet attachement serait celui porté à la fois à Israël et à la France. Affirmant son attachement à Israël, Finkielkraut critique en même temps les juifs français qui ne se sentent pas français à part entière. Après une série d’actes traduisant, selon lui, une « nouvelle vague d’antisémitisme et d’anti-républicanisme » de la part de populations issues de l’immigration postcoloniale, il écrit :

« Cette fois, ce sont les victimes potentielles de l’exclusion et du racisme qui sont les fers de lance de cet antisémitisme violent. […] Pour la première fois, nous sommes dans le même bateau. C’est une judéophobie qui emprunte son argumentaire à l’antisémitisme apocalyptique de l’Europe des années trente mais qui se nourrit de l’exploitation du conflit israélo-palestinien. […] Le gouvernement est très coupable de ne pas défendre la République quand elle est attaquée, sous prétexte qu’elle l’est par d’autres gens que ceux dont on a l’habitude. Mais on aurait tort d’isoler complètement les manifestations antisémites d’un mouvement plus vaste dont les Juifs ne sont pas les seules cibles. Ce n’est pas le moment de nous désolidariser de la France en l’accusant puisque la haine dont nous sommes l’objet vise aussi la France »

Alain Finkielkraut a notamment dénoncé les positions de l’humoriste Dieudonné, qu’il estime représentatives d’un « nouvel antisémitisme proféré au nom de l’antiracisme ». Finkielkraut juge à ce titre Dieudonné plus dangereux que le Front national.

Pour Alain Finkielkraut, le nouvel antisémitisme est un « antisémitisme islamo-progressiste » et le front antiraciste a explosé en France : à ses yeux le MRAP ne lutte plus contre l’antisémitisme, tandis que Dieudonné prône l’antisémitisme au nom de la défense des Noirs.

Les sources d’inspiration de Finkielkraut

On retrouve chez Alain Finkielkraut l’influence de plusieurs intellectuels critiques de la modernité. Comme Leo Strauss, Alain Finkielkraut pense que le relativisme mène au nihilisme. Avec Charles Péguy et Hannah Arendt, il pense que la destruction de la tradition mène à la destruction de la culture. Or selon lui, de notre héritage, nous sommes redevables et responsables pour les générations futures, comme l’a également théorisé Hans Jonas : si nous n’avons pas le droit de le détruire, c’est parce que nous n’en sommes que les détenteurs, non les propriétaires.

De Hannah Arendt, Finkielkraut retire deux choses : d’abord son analyse du totalitarisme et plus particulièrement sa réflexion sur la banalité du mal, mais aussi son analyse de la crise de la culture dans les sociétés modernes.

La critique de la modernité passe aussi, chez Finkielkraut, par la lecture de Charles Péguy, à qui il consacre son essai Le Mécontemporain, Charles Péguy, lecteur du monde moderne (1992).

Finkielkraut a également souvent évoqué l’influence que Milan Kundera a exercée sur lui : il l’aurait en particulier aidé à se départir de son lyrisme spontané, hérité de Mai 68, et à découvrir la complexité du monde. Ils pensent tous deux que le roman jette sur la condition humaine une lumière qu’il est seul à pouvoir proposer, dans la mesure où, à la différence de la philosophie dont les concepts sont tranchés, il en restitue l’ambiguïté fondamentale.

À partir de La Sagesse de l’amour (1984), Alain Finkielkraut s’inspire enfin de l’œuvre d’Emmanuel Levinas.

Finkielkraut s’est intéressé au retournement intérieur de personnalités très différentes, Roland Barthes ou Vassili Grossman. Chacun dans son époque et son histoire, soit la France des Trente Glorieuses, pour l’un, ou l’Union soviétique stalinienne, pour l’autre, a vécu un moment paradigmatique de la modernité et a fait une expérience de vie également exemplaire. Ce sont ces expériences douloureuses, et singulières – car, pour Barthes, ce fut celle de la mort de sa mère, et, pour Grossman, la découverte des camps –, qui les ont, à travers le traumatisme et la perte, libérés du devoir d’être modernes. Finkielkraut montre comment ils ont été, à travers des expériences de deuil, rendus à la vérité de leur condition d’êtres humains. Prenant conscience qu’ils étaient des survivants, ils ont ainsi découvert leur responsabilité à l’égard du futur, à travers la prise en charge du passé. Contre la tendance compulsive et si moderne à la liquidation du passé, c’est de sa conservation qu’il en va pour essayer de faire en sorte que les humains que nous sommes puissent encore avoir un monde.

Commentaires et controverses

Commentaires généraux

Comptant Finkielkraut parmi les « disciples de Foucault issus du maoïsme », Didier Eribon parle à leur propos d’« un effondrement de l’exigence intellectuelle ». Après avoir mentionné le soutien concret initialement accordé au jeune essayiste par son ainé, il rapporte en ces termes la déception de Michel Foucault face à l’essai de Finkielkraut sur le négationnisme qu’il avait lui-même suscité :

« Foucault avait donné à Finkielkraut l’idée de faire un livre pour étudier le rapport de certaines traditions de gauche — au XIXe siècle notamment — à l’antisémitisme. Quand il vit arriver le livre, quelques mois plus tard, il me dit : « Je croyais qu’il allait se lancer dans une recherche sérieuse, et je vois arriver ça, ce petit truc baclé ! (…) Quand je pense que si c’était moi qui avait publié ça, Le Monde aurait dit : « Qu’est-ce que c’est que cette merde ? ». »

Le sociologue Michel Wieviorka estime qu’Alain Finkielkraut

« fait partie de cet ensemble d’intellectuels qui, depuis 25 ans, ont mis en avant une vision outrée et « républicaniste » de l’idée républicaine. Du coup, ses propos sont devenus de plus en plus incantatoires et éloignés des réalités. Ils ont été démentis par le fonctionnement même des institutions françaises. À force de tenir en permanence un discours vantant les promesses de la République, alors que ces mêmes promesses ne sont pas tenues pour tout le monde, Finkielkraut s’est enfermé dans une logique incantatoire, qui ne peut déboucher que sur des propos extrêmes et sur l’appel à la répression policière. »

Wieviorka a également pointé un paradoxe d’Alain Finkielkraut, qualifiant l’intellectuel de « républicano-communautariste » : « Il prêche l’idée républicaine un jour sur France Culture et, le lendemain, dans Haaretz ou sur des radios juives, il se présente comme un intellectuel participant au monde juif. » Le géopolitologue Pascal Boniface, par ailleurs critiqué par Finkielkraut, émet un jugement analogue, observant chez l’intellectuel des « contradictions entre un universalisme revendiqué et un communautarisme forcené. » Dans l’ouvrage collectif Antisémitisme, l’intolérable chantage, Israël-Palestine, une affaire française (La Découverte, 2003), Éric Hazan reproche à Alain Finkielkraut une perte d’objectivité au sujet d’Israël, et voit en lui « la Star Academy du sionisme français ».

Œuvres

Livres

Le Nouveau Désordre amoureux (en collaboration avec Pascal Bruckner), Paris, Seuil, 1977

Au coin de la rue, l’aventure (en collaboration avec Pascal Bruckner), Seuil, 1979

Ralentir, mots-valises !, Seuil, 1979

Petit dictionnaire illustré : les mots qui manquent au dico, Seuil, 1981, rééd. coll. Points, 2006

Le Juif imaginaire, Seuil, 1981

L’Avenir d’une négation, réflexion sur la question du génocide, Seuil, 1982

La Réprobation d’Israël, Gonthier/Denoël, 1985)

La Sagesse de l’amour, 1984, Gallimard, – Prix européen de l’essai Charles Veillon

La Défaite de la pensée, Paris, Gallimard, 1987

La Mémoire vaine. Du crime contre l’humanité, Gallimard, 1989

Comment peut-on être Croate ?, Gallimard, 1992 L’auteur tente de répondre à une question politique et philosophique : « Pourquoi le cauchemar du XXe siècle a-t-il survécu à la chute du Mur de Berlin ? »

Le Mécontemporain : Charles Péguy, lecteur du monde moderne, Paris, Gallimard, 1992

Le Crime d’être né : l’Europe, les nations, la guerre, Arléa, 1994

L’Humanité perdue, Seuil, 1996

L’Ingratitude : conversation sur notre temps (entretien avec Antoine Robitaille), Gallimard, 1999

Une voix vient de l’autre rive, Gallimard, 2000

Internet, l’inquiétante extase (en collaboration avec Paul Soriano), Mille et une nuits, 2001

Penser le XXe siècle, École polytechnique, 2000

Des hommes et des bêtes (avec Elisabeth de Fontenay), Tricorne, 2000

L’Imparfait du présent. Pièces brèves, Gallimard, 2002

Enseigner les lettres aujourd’hui (avec Marc Baconnet et Mireile Grange), Tricorne, 2003

Les Battements du monde (avec Peter Sloterdijk), Pauvert, 2003 (ISBN 201-279238-3)

Au nom de l’Autre : réflexions sur l’antisémitisme qui vient, Gallimard, 2003 Essai sur la montée du nouvel antisémitisme.

Nous autres, modernes : Quatre leçons (Ellipses, 2005- Prix Guizot-Calvados 2006

Ce que peut la littérature, Stock, 2006.Transcription des émissions Répliques de France Culture consacrées à la culture livresque.

Le Livre et les livres : Entretiens sur la laïcité (avec Benny Lévy), Verdier, 2006

La Discorde. Israël-Palestine, les Juifs, la France : conversations avec Elisabeth Levy (avec Rony Brauman), Mille et une nuits, 2006

Qu’est-ce que la France, Stock, 2007 Transcription des émissions Répliques de France Culture consacrées à l’identité française.

La Querelle de l’école, Stock, 2007 Transcription des émissions Répliques de France Culture consacrées au système éducatif.

Philosophie et modernité, École Polytechnique, 2008

Un cœur intelligent, Stock/Flammarion, 2009 – Prix de l’Essai de l’Académie française 2010

L’Explication, conversation avec Aude Lancelin (avec Alain Badiou), Nouvelles Éditions Lignes, 2010

L’Interminable Écriture de l’Extermination, Stock, 2010 Transcription des émissions Répliques de France Culture consacrées à la littérature de la Shoah.

Et si l’amour durait, Stock, 2011

L’Identité malheureuse, Stock, octobre 2013

La Seule Exactitude, Stock, octobre 2015

Bibliographie

Daniel Lindenberg, Le Rappel à l’ordre : Enquête sur les nouveaux réactionnaires, Le Seuil, 2002

Sébastien Fontenelle, La Position du penseur couché : Répliques à Alain Finkielkraut, Libertalia, 2007

Jean Robin, La Position du missionnaire : Alain Finkielkraut décrypté, éditions Tatamis, 2009

Jacques Bolo La Pensée Finkielkraut (les émeutes, l’école, l’antisémitisme, le racisme) et sa réplique !, Lingua Franca, 2012

finkielkraut

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s