LE CONCILE DE JERUSALEM

Qu’est-ce qu’un Concile ?

Le Dictionnaire Critique de Théologique en donne la définition suivante : « on désigne par « concile », l’assemblée des représentants légitimes de l’Église, réunis au niveau régional (concile locale) ou universel (concile œcuménique) pour délibérer et statuer, dans un souci d’unité, en matière de foi, de pratique chrétienne et d’organisation ecclésiastique 

   Le Concile de Jérusalem ou « Concile des Apôtres »

 concileDatation du Concile Jérusalem

Ces évènements sont généralement datés des environs de l’an 50  une dizaine d’années avant la mort de Jacques le Juste  « frère de Jésus ». Les indices littéraires amènent à diviser ce concile de Jérusalem en deux périodes distinctes : l’une vers 49-50, dominée par Pierre, portant sur la question du salut, dans une théologie du Christ et de l’Esprit. L’autre, après 52 et avant 58 dominé par Jacques qui traite de questions pratiques concernant la communauté, dans un esprit de légalisme intelligent et pacifique, alors que Paul est en Asie mineure, en Grèce et en Macédoine, et en apprend les résultats à son retour en 58.

 

Le contexte – L’enjeu – Les décisions prises

Le concile des Apôtres : le premier des Conciles dans l’Eglise et il sera le modèle de tous les conciles puisqu’on retrouve dans le récit qui en est fait dans les Actes des Apôtre (au chapitre 15) tous les éléments qui définissent un concile.

 Le problème : des juifs convertis au Christianisme se rendent à Antioche pour rencontrer les chrétiens de cette région (et il s’agit de chrétiens issus du paganisme). Arrivés sur place ils sèment le trouble – voire même la zizanie (au v. 2 on parle « d’agitation », de « discussion vive ») – au sein de la communauté d’Antioche : « Si vous ne vous faites pas circoncire suivant l’usage qui vient de Moïse, vous ne pouvez être sauvés » (15,1). A la suite de quoi la communauté décide d’envoyer Paul et Barnabé à Jérusalem auprès des apôtres pour débattre de la question. Arrivés à Jérusalem, après avoir fait le récit de leur mission auprès des païens, ils se trouvent de nouveau confrontés à « certaines gens du parti des Pharisiens qui étaient devenus croyants pour déclarer qu’il fallait circoncire les païens et leur enjoindre d’observer la Loi de Moïse » (15,5).

Alors « les apôtres et les anciens se réunirent pour examiner cette question » (15,6) : dans cette on Assemblée se trouvent des « représentants légitimes de l’Église ». Dans cette assemblée, Pierre joue un rôle important (discours de Pierre au chapitre 15, 7-11. C’est donc un « concile œcuménique » du fait qu’il concerne tous les Apôtres : « Alors les apôtres et les anciens se réunirent » (15, 6)

« Pour délibérer et statuer […] en matière de foi, de pratique chrétienne et d’organisation ecclésiastique » ; le texte fait bien mention d’une question qui est débattue : « après une longue discussion » (15,7), et l’auteur rapporte deux discours (le discours de Barnabé et le discours de Pierre), « on écoutait Barnabé et Paul » (15,12).

 Au final, une décision est prise : « L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas vous imposer d’autres charges que celles-ci qui sont indispensables : vous abstenir des viandes immolées aux idoles, du sang, des chairs étouffées et des unions illégitimes » (15,29). Cette décision est communiquée à l’Église tout entière au moyen d’une lettre apostolique (15, 22-29).

 Et le tout « dans un souci d’unité » : l’enjeu de cette question concerne l’unité de l’Église qui commence à se répandre dans tout le bassin méditerrané en réponse à l’appel du Seigneur : « allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28,19)

 

Les 21 conciles œcuméniques

Traditionnellement, nous distinguons quatre grandes périodes de l’histoire de l’Église : l’Église ancienne (Ier s- IXème s), L’Église médiévale (Xème s- XIVème s), l’Église du XVe s à l’époque moderne (XVème s) et l’Église moderne (XVIème s- XXème s). A chacune de ces périodes eu lieu un certains nombres de conciles :

 Les conciles de l’Église ancienne : 8 conciles œcuméniques.

 

Dès la deuxième moitié du IIe siècle apparaissent en Asie Mineure des synodes d’évêques (Arles en 314 ; Rome en 251) pour régler certaines questions régionales : date de la Pâques, le problème des hérésies (le montanisme : mouvement prophétique,…). Il s’agissait alors uniquement de conciles régionaux car il n’était pas envisageable, dans un contexte de persécutions, de réunir tous les évêques Il il faudra attendre « la paix constantinienne » en 313 avec la signature de l’édit de Milan où le christianisme devient la religion officielle de l’Empire. Alors, le concile devient une instance officielle de l’Empire romain dont les décisions revêtent un caractère obligatoire pour l’Église entière. Ces décisions avaient même valeur de lois impériales. Les 8 premiers conciles vont être convoqués et présidés par l’empereur lui-même (ou par ses représentants).

Ces 8 premiers conciles furent convoqués pour définir les dogmes de la en matière de christologique et trinitaire (débats sur la nature de la personne du Christ et de l’Esprit Saint) et donner à l’Église une organisation.

 1 ) Nicée I (325) : le premier « grand et saint concile des 318 Pères » :

Doctrine : Il se prononce contre la doctrine d’Arius (seul le Père est Dieu !) et élabore ainsi le symbole de Nicée. Il définit la consubstantialité du Père et Fils.

Organisation de l’Église : fixe la date de Pâques (le dimanche après la 1er lune de printemps) et détermine l’ordre des sièges patriarcaux : Rome, Alexandrie, Antioche et Jérusalem.

 2 ) Constantinople I (381) :

Doctrine : Il définit la consubstantialité de l’Esprit Saint avec le Père et le Fils et compose le symbole de Nicée-Constantinople.

Organisation de l’Église : il attribue le deuxième rang au siège patriarcal de Constantinople, reléguant Alexandrie au troisième.

 3 ) Éphèse (431) :

Doctrine : Contre la doctrine de Nestorius (il distingue en la personne de Jésus l’humanité de sa divinité), il affirme l’unité des personnes en Jésus-Christ (vrai Dieu et vrai homme). En conséquence, Marie est proclamée Theotokos (mère de Dieu).

 4 ) Chalcédoine (451) :

Doctrine : Il se prononce contre la doctrine d’Eutychès (monophysisme : affirme une seule nature en la personne du Christ. La nature humaine du Christ est absorbée par sa nature divine) en définissant l’existence des deux natures, divine et humaine, en Jésus-Christ : une seule personne mais deux natures, sans confusion et changement.

Ces 4 premiers conciles sont considérés majeurs dans l’Eglise dans la mesure où ils ont apporté une contribution majeure aux grands dogmes de la foi : christologique, trinitaire, mariale,… De plus, ils sont des assemblées de la chrétienté encore unifiée. A cause de leur importance ils sont souvent comparés aux 4 évangiles.

 5 ) Constantinople II (553) 6 ) Constantinople III (680-681) :

Doctrine : Contre le monothélisme : il affirme l’existence dans le Christ de deux volontés et deux activités.

  ) Nicée II (787) 8 ) Constantinople IV (869-870)

Pour les orthodoxes , seuls les 7 premiers conciles sont considérés comme œcuméniques : en 1054 intervient la séparation entre l’Orient et l’Occident. Du coup, ils ne reconnaissent plus l’autorité des conciles suivants.

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