FAIRE GREVE

geveETYMOLOGIE DU MOT GREVE

Le mot grève tire son origine du latin populaire (1190) issu lui-même du gaulois « grava » qui signifie « sable », « gravier » et par extension une plage de sable.

L’actuelle « place de l’Hôtel-de-Ville » fut appelée jusqu’en 1830 « la place de Grève » ou « la Grève ». Elle descendait alors en pente douce jusqu’au bord de la Seine, d’où son nom de « grève » (rivage de sable ou de gravier) « . C’était, sous l’Ancien Régime, le lieu d’exécution des condamnés à mort. Il s’y donnait également des fêtes populaires (comme les feux de la Saint-Jean). Par ailleurs, les ouvriers sans travail se réunissaient sur la place de Grève, sous les galeries formées par les piliers des maisons. C’est là que les entrepreneurs venaient les embaucher. « Faire grève », « être en grève », c’était donc se tenir sur la place de Grève en attendant de l’ouvrage, suivant l’habitude de plusieurs corps de métiers parisiens, ou plus généralement « chercher du travail ». Mais quand les ouvriers, mécontents de leur salaire, refusaient de travailler à ces conditions, ils se « mettaient en grève », c’est-à-dire qu’ils retournaient sur la place de Grève en attendant qu’on vienne leur faire de meilleures propositions. « Faire grève » et « se mettre en grève » ont fini par prendre le sens d’abandonner le travail pour obtenir une augmentation de salaire. Le mot « grève » a été finalement retenu pour désigner la cessation volontaire, collective et concertée du travail par les salariés afin d’exercer une pression sur le chef d’entreprise ou les pouvoirs publics (ce qui est devenu licite après l’abolition du délit de coalition en 1864). Par extension de ce dernier sens, on l’utilise actuellement même en dehors du droit du travail pour désigner toute cessation d’activité dans un but revendicatif (grève de la faim par exemple).

 Histoire : l’exemple de la France

 La grève a longtemps été interdite, conséquence de l’abolition des corporations et de la promulgation sous la Révolution de la Loi Le Chapelier  du 14 juin 1791. Dès le début du XIXe siècle, sous le Consulat Napoléon Bonaparte   réprime la grève et la rend passible d’emprisonnement jusqu’à trois mois, par l’article 7 de la loi du 22 germinal an XI (12 avril 1803) proscrivant ainsi « toute coalition de la part des ouvriers pour cesser en même temps de travailler, interdire le travail dans certains ateliers, empêcher de s’y rendre et d’y rester avant ou après de certaines heures, et en général pour suspendre, empêcher, enchérir les travaux ».

 À partir de 1864, sous l’Empire libéral, la grève est progressivement légalisée. Les grèves ont été encore plus longtemps interdites aux fonctionnaires. Cependant, à la suite de la Libération en 1944, et en réaction contre tous les interdits imposés par l’occupation nazie et le régime de Vichy, la Constitution de 1946 autorisa la grève des fonctionnaires, à l’exception de certains agents d’autorité, « dans le cadre des lois qui la réglementent », d’où l’obligation du préavis de grève.

 

En France, les grandes grèves « ont généré la production de droits nouveaux » qualifiés de « conquêtes » ou d’« avancées » sociales : la grève générale de juin 1936 permit l’obtention des congés payés, ainsi que la reconnaissance des conventions collectives et des délégués du personnel. La réduction du temps de travail a été une lutte importante du mouvement ouvrier depuis le XIXe siècle – la création en 1889 du 1er mai comme journée annuelle de grève ayant pour but la réduction de la journée de travail à 8 heures.

 La grève peut aussi être un outil pour défendre la démocratie : grève du 12 février 1934 contre le fascisme, grèves pendant l’occupation, grèves en 1961 contre les militaires putschistes, etc. La grève n’est alors « plus simplement l’un des produits de la démocratie moderne ; elle est aussi garante de la démocratie politique ».

Les grèves sont, avec les manifestations et les pétitions, un des moyens privilégiés par les syndicats français et les salariés pour défendre les acquis sociaux tels que les conditions de retraite, la sécurité sociale, l’éducation pour tous, ainsi que pour obtenir des hausses des salaires et des améliorations des conditions de travail.

 

Les grèves de non salariés se développent : médecins, routiers, buralistes, chauffeurs de taxis… Ces actions diffèrent des grèves classiques dans la mesure où ces professions libérales ou ces artisans sont leurs propres employeurs. Le conflit les oppose dans ce cas au législateur. Il existe également le phénomène des grèves étudiantes , mobilisations collectives au cours desquelles les étudiants votent la grève en Assemblées générales, et cessent donc d’aller en cours Il ne s’agit pas de grève au sens traditionnel ni au sens juridique du terme puisqu’étudier n’est pas une activité salariée ni productrice. Cependant, les syndicats étudiants considèrent les étudiants comme des travailleurs en formation, donc que leur grève serait un moyen de pression sur leurs futurs employeurs.

 Avec l’installation d’un chômage de masse, les grèves ont diminué dans le secteur privé. Par ailleurs, plus l’entreprise est petite, plus les grèves sont rares. La grève en France est majoritairement le fait de la fonction publique. En 1989 près de 70 % des jours de grève recensés l’étaient dans la fonction publique.

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