Le changement d’heure ?

heure

Qui a eu l’idée saugrenue du changement d’heure ?

Le changement d’heure, ce n’est pas tout nouveau. L’idée date en fait de… 1784 ! Et elle ne vient pas de n’importe qui.

Dans la nuit de samedi à dimanche, la France, comme 70 autres pays, passe à l’heure d’été. À partir de 2 h du matin, les horloges seront avancées de soixante minutes et il sera donc 3 h. Point négatif : nous allons donc perdre une heure (notamment de sommeil). Point positif : nous pourrons profiter des heures d’ensoleillement plus longues le soir. Avouez que ça sent quand même bon les apéros en terrasse et les barbecues tardifs…

Mais enfin qui est responsable de ce bouleversement horaire ? De quand date cette idée un peu étrange de faire avancer ou reculer les aiguilles de sa montre ?

Première tentative en 1784

Le changement d’heure remonte à 1784 et il ne nous vient pas d’un illustre inconnu. C’est l’ambassadeur, naturaliste et homme politique américain Benjamin Franklin (1706-1790) – oui, celui-là même qui participa à la déclaration d’indépendance des États-Unis et qui est considéré comme l’un des Pères fondateurs de la nation – qui imagina de procéder ainsi, lors d’un voyage à Paris. Il jugea en effet que se lever plus tôt le matin pour se coucher plus tôt le soir permettrait d’économiser des chandelles et des bougies.

Pour faire appliquer cette règle, Benjamin Franklin préconisait des mesures… d’époque : « Taxer d’un louis par fenêtre celles qui sont équipées de volets empêchant la lumière d’entrer », écrivait-il dans le Journal de Paris en 1784 ; laisser la police faire de la prévention pour encourager à réduire la consommation de bougies, y compris dans les magasins où « aucune famille ne pourra acheter plus d’une livre de bougies par semaine » ; les voitures circulant après le coucher du soleil devront être arrêtées (sauf celles des urgentistes) ; « quatrièmement, chaque matin au lever du soleil, faire sonner les cloches des églises et, si ce n’est pas suffisant, tirer au canon dans chaque rue pour réveiller les fainéants et leur montrer ainsi le réel intérêt de la mesure ».

L’idée était belle mais elle n’a pas été suivie. La proposition d’un autre homme, l’entomologiste néozélandais George Vernon Hudson, connut le même sort. En 1895, il voulut faire ajouter deux heures en octobre et en enlever deux en mars, mais cela n’a pas été appliqué.

En 1905, troisième tentative avec le Britannique William Willett, qui propose d’avancer les horloges de 20 minutes chaque dimanche d’avril pour profiter de la lumière du jour plus tard, jusqu’en septembre, où les montres seraient remises à l’heure en reculant de 20 minutes les aiguilles chaque dimanche. Sa proposition a été défendue à la Chambre des communes par le député Robert Pearce en 1908. Mais elle a rencontré des réticences, notamment des fermiers, et Willet mourut en 1915 sans avoir vu sa proposition appliquée.

Choc pétrolier de 1973

Finalement, après ces multiples péripéties, c’est l’Allemagne qui a adopté le changement d’heure en pleine Première Guerre mondiale, le 30 avril 1916, à 11 h. Rapidement, les Britanniques s’y sont mis, puis la France et les États-Unis en 1918. Dans l’entre-deux-guerres, de nombreux pays abandonneront l’heure d’été pour ensuite la reprendre par souci d’économies pendant la Seconde Guerre mondiale, avant de l’abandonner à nouveau à la Libération.

faudra le choc pétrolier de 1973 pour que les gouvernements y songent sérieusement. La France adopte le changement d’heure en 1975, sous Valéry Giscard d’Estaing, pour faire des économies d’énergie, en réduisant les besoins d’éclairage le soir. La mesure est censée durer le temps du choc pétrolier, mais sera prolongée et introduite dans tous les pays de l’Union européenne au début des années 1980. Les dates (heure d’été le dernier dimanche de mars et heure d’hiver le dernier dimanche d’octobre) ont été harmonisées en 1998.

Le débat est régulièrement relancé quant à la pertinence du changement d’heure. La Chine et la Russie l’ont d’ailleurs abandonné. Mais l’héritage de Benjamin Franklin subsiste pour le moment. Heureusement pour nous, personne ne vient tirer au canon pour nous réveiller les matins d’été !

Source : Ouest-France (25 mars 2017)

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