LE CHANT DE LA ROSE

rose rougeJ’ai une mère

Elle me jette dehors

Et me conduit au seuil de la porte

Où commence l’immense désert

Et tirant de sa poitrine

Où coule la vie

Elle fiche en plein cœur

La croix

De sa main elle tient

Le glaive

Qui pénètre mon cœur

Le glaive qui tue

Pour en faire sortir la vie

 

Pourquoi regarder en arrière

Vais-je revenir

Comme un chien

Pour mendier un peu

De tendresse et d’amour

J’irai dans les déserts

En criant comme les loups

Qui hurlent à la mort

 

Le long de la piste

Coule le sang qui rougit les cailloux

Le long de la piste

Le sable s’abreuve de l’eau qui était ma vie

De l’eau qui jaillit de mon cœur transpercé

 

Les touristes qui passent

Admirent ces rochers couleur de sang

Ils ne savent pas

Et je marche dans les déserts

De plus en plus lentement

A mesure que le sang coule goutte à goutte

A mesure que le sable boit cette eau jaillit

De mon cœur transpercé

 

Je marche dans ces déserts

Où l’oasis n’est qu’un mirage

Où tout au bout du chemin se dresse

La croix

 

Les touristes passent et repassent

Sans voir

Que se dresse là une rose

En forme de croix

Une rose rouge sang

Une rose aux tâches blanches

D’une vie qui s’en est allée

 

Un passant viendra un jour

Tu verras cette rose en forme de croix

Cette rose rouge sang

Cette rose tâchée de blanc

Tu seras là sans comprendre

Pourquoi le vent du large

Chante son ultime poème

Dit son dernier message

Le silence te dira

« Va maintenant tout est

Accompli !

C’est bien ainsi

Va il est trop tard

Il est déjà demain ! »

 

Passant quand tu repartiras

Rentre chez toi et prends ta guitare

Pour chanter la complainte

De la rose en forme de croix

Et les cordes se briseront

Pour que tu n’entendes pas

Le message de la rose

Qui n’est plus

 

Et demain tu auras oublié

La rose couleur de sang

La rose blanche en forme de croix

Engloutie pour jamais

Dans le sable

Dans les profondeurs de la terre

Et tout sera oublié

Le sable couleur de mon sang

Le rocher humide de l’eau de mon cœur

 

Un jour peut-être

Un autre viendra

Il prendra une guitare

Et chantera une douce mélodie

Et la rose couleur de sang

Et la rose aux tâches blanches

Renaîtra à la vie

 

 

Claude-Marie T.

Janvier 1976

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