L’ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon

L’ombre du vent

(La sombra del viento)

Carlos Ruiz Zafón

Paris, le Livre de poche, 2014

 

Présentation de l’œuvre

C’est un récit envoûtant de la première ligne à la dernière. C’est un roman dont on peut dire (comme le mentionne le bandeau sur la couverture dans l’édition de poche) : « Si vous avez le malheur de lire les trois premières pages de ce roman, vous n’avez aucune chance de lui échapper». Le récit est magnifique car à la fois plein de poésie, de violence et l’on ressent l’attachement de l’auteur pour les protagonistes de l’histoire. Il y plane aussi l’ombre oppressante de la dictature franquiste dans la Barcelone des années d’après-guerre. Ce livre est tout aussi le récit d’une quête que des histoires d’amitié et d’amour.

 C’est l’histoire de Daniel Sempere, huit ans, qui se rend un jour de 1945 avec son père libraire au « Cimetière des Livres oubliés », une bibliothèque magique, un lieu mystérieux auquel n’ont accès qu’un petit groupe de privilégiés. Daniel va devoir « sauver » un livre, choisir celui qu’il devra, envers et contre tout, préserver, parmi les milliers qui se trouvent dans cet endroit énigmatique et fantastique. Daniel choisit « L’ombre du vent » de Julian Carax :  il ne connaît rien de l’histoire ni de son auteur ; il va simplement apprendre que son auteur Juan Carax est parti vivre à Paris une dizaine d’années plus tôt et que depuis, un étrange personnage au visage effroyable passe son temps à brûler tous ses écrits.

Le temps passe, Daniel au cours de sa scolarité se fait des amis qui lui resteront fidèle. Le temps passe mais il  n’oublie pas Julian Carax : il poursuit sa quête malgré les obstacles. Il se lie d’amitié avec un mendiant rencontré par hasard ; Firmin Romero de Torres qui va l’aider à poursuivre sa quête. Désormais la vie de Daniel se mêle étrangement à celle de Juan Carax. Juan Carax supposé mort en 1936 est-il bien mort ou encore vivant !  

Au fil de ses investigations Daniel commence à en douter car ses recherches lui révèlent des informations biographiques troublantes :  il découvre que Carax était un brillant adolescent élevé par un homme qui n’est pas son père, il avait trois amis inséparables qui ont pourtant pris chacun des chemins radicalement différents. Julian Carax est fils de chapelier, il se lie d’amitié avec un gros client de son père, Jorge Aldaya dont il tombe éperdument amoureux de la sœur , Pénélope (qui se révèlera être sa sœur). Jorge les surprend, Julian s’exile à Paris pendant que Pénélope meurt en donnant naissance à un enfant mort-né.

Si au fur et à mesure de ses investigations (où il rencontre des derniers témoins qui ont connu Carax), le voile se lève sur la biographie officielle de Carax, sur une vie douloureuse malgré l’amitié indéfectible de Miguel ; mais le mystère s’épaissit à mesure que l’on avance dans le roman : il s’y mêlent des histoires d’amour impossibles, des mensonges, des trahisons, des peurs, beaucoup de tragédies imbriquées les unes dans les autres comme des poupées russes et qui forment la trame de ce récit.  La fin du récit mêle étrange l’histoire de Juan Cardax et celle du jeune Daniel Sempere lors d’une rencontre en forme de happy end !

En toile de fond on retrouve comme une ombre sortie de nulle part et qui poursuit nos héros, un personnage diabolique (ce policier Francesco Javier Fumero) qui promène son ombre dans toute l’histoire et dans Barcelone, une ville omni  présente à chaque page, que l’on entend vivre à travers les ombres d’un passé aboli, où rien n’est sûr dans le présent dans l’Espagne à peine sortie de la guerre civile : la Barcelone des temps d’avant guerre et celle qui est née après 1945.

Zafon décrit les ambiances avec une force qui ne se relâche jamais au cours du récit où l’histoire de Juan Cardax et celle de Daniel Sempere semble une seule et même histoire. Et puis, il y a sa bibliothèque, un sanctuaire dont on aimerait parcourir les rayons avec ses ouvrages rares et mystérieux ; il y a aussi Barcelone que l’on parcourt avec les protagonistes de cet ouvrage, une Barcelone vivante mais hantée par des fantômes ; il ya enfin ce mystérieux et envoutant  cimetière des livres qui ouvre et clôt le récit.

 

Biographie de Carlos Ruiz Zafón

zafonCarlos Ruíz Zafón est née en 1964 à Barcelone. C’est un auteur espagnol qui écrit principalement en castillan. 
Fils d’un agent d’assurances et d’une mère au foyer, il a passé 11 ans chez les jésuites. Il a écrit son premier roman à 14 ans et a travaillé dans la publicité, qu’il a quittée pour se consacrer à son roman Le Prince du Brouillard, en 1993.

Actuellement, Carlos Ruiz Zafon est l’auteur espagnol vivant le plus lu au monde, depuis la parution en 2001 de L’Ombre Du Vent (Prix Planeta, en 2004), une saga baroque à l’époque du franquisme. Ses derniers romans, Les Lumières de Septembre (2012) et Le Prisonnier du Ciel (2012) connaissent aussi un large succès.
Carlos Ruis Zafon habite, depuis 1993, à Los Angeles où il écrit des scénarios de films. 
Il a reçu aussi des prix littéraires français, comme le Prix des Amis du Scribe et le Prix Michelet en 2005. Il est classé comme l’un des écrivains de fictions qui est le plus lu en Europe.

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