Vie d’une famille juive : Edith Stein

Vie d’une famille juive : 1891-1942

Edith Stein

Paris, Le Cerf, Editions du Carmel, 200. 640 pages.

 

Edith Stein prend la plume en 1933 pour rassembler les souvenirs de sa mère déjà octogénaire et apporter son propre témoignage sur la vie d’une famille juive. Comme elle le souligne dans son avant-propos, elle n’entend pas faire une apologie du judaïsme, mais raconter avec fidélité ce qu’il lui a été donné de vivre en tant que fille d’Israël : « Car, nous qui avons grandi dans le judaïsme, nous avons le devoir de porter témoignage. » Le lien profond qui l’unissait à ceux qu’elle aimait, à son peuple, à tous ceux dont elle fait mémoire et qu’elle dépeint magistralement dans ce livre, donne relief et fraîcheur à son récit, tandis qu’elle évoque ses années d’enfance et de jeunesse, jusqu’à sa thèse de philosophie brillamment soutenue en 1916. C’est tout le judaïsme allemand de ces années d’avant la Première Guerre mondiale, la floraison de l’école phénoménologique de Göttingen, la terrible aventure de la guerre qu’elle décrit avec réalisme et sobriété. À travers ces personnes dont elle sait être proche, et qu’elle sait comprendre avec ce don d’« Einfühlung », d’amitié et d’intuition des êtres qui était le sien, elle nous donne accès à son propre cheminement intérieur.

Comme l’écrit en préface Mgr de Berranger : « Sous sa plume, rien de mièvre, rien d’alambiqué. À travers ses histoires de famille, c’est aussi son propre chemin de maturité de femme qu’elle a su raconter avec une rare clarté. N’est-il pas émouvant de penser qu’Edith Stein a écrit ce chef-d’œuvre inachevé durant son noviciat au carmel, alors que l’histoire qu’elle y raconte n’est explicitement religieuse que lorsqu’elle décrit avec gourmandise la célébration familiale des fêtes juives ? » De fait, Edith Stein est déjà carmélite dans l’âme lorsqu’elle commence à écrire cette chronique d’une famille juive comme un manifeste de solidarité à l’égard de son peuple persécuté. Situation incroyablement paradoxale et douloureuse en ces heures sombres de l’Histoire, dans laquelle l’a placée sa fidélité sans démenti à ce qu’elle perçoit intérieurement.

Témoignage étonnant, bouleversant, inachevé. « Vie d’une famille juive » s’interrompt brusquement : la Gestapo vient arrêter Edith Stein le 2 août 1942 pour la déporter vers Auschwitz-Birkenau avec sa sœur Rosa.

 

Un des plus beaux poèmes d’Édith Stein porte sur la joie de l’Esprit Saint :

« Es-tu le doux cantique de l’amour
et du respect sacré qui retentit sans fin
autour du trône de la Trinité sainte,
symphonie où résonne
la note pure donnée par chaque créature ?
le son harmonieux
l’accord unanime des membres et de la Tête,
dans lequel chacun au comble de la joie
découvre le sens mystérieux de son être
et le laisse jaillir en cri de jubilation,
rendu libre
en participant à ton propre jaillissement :
Saint-Esprit, jubilation éternelle. »

 

 

Edith Stein

Edith Stein, en religion sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, née le 12 octobre 1891 à Breslau, dans l’Empire allemand, déportée le 2 août 1942, internée au camp d’extermination nazi d’Auschwitz, dans le territoire polonais occupé par le Troisième Reich où elle est morte la même année est une philosophe et théologienne allemande d’origine juive devenue religieuse carmélite. Elle a été canonisée par le pape Jean-Paul II le 11 octobre 1998. « Philosophe crucifiée », proclamée co patronne de l’Europe par le pape Jean-Paul II le 1er octobre 1999, à l’ouverture du synode des évêques sur l’Europe, en même temps que Brigitte de Suède et Catherine de Sienne.

Née dans une famille juive, elle passe par une phase d’athéisme. Étudiante en philosophie, elle est la première femme à présenter une thèse dans cette discipline en Allemagne, puis continue sa carrière en tant que collaboratrice du philosophe allemand Edmund Husserl, le fondateur de la phénoménologie.

Une longue évolution intellectuelle et spirituelle la conduit au catholicisme auquel elle se convertit en 19213. Elle enseigne alors et donne des conférences en Allemagne, développant une théologie de la femme, ainsi qu’une analyse de la philosophie de Thomas d’Aquin et de la phénoménologie.

Interdite d’enseignement par le régime national-socialiste, elle décide d’entrer au Carmel, où elle devient religieuse sous le nom de Sœur « Thérèse-Bénédicte de la Croix ». Arrêtée par la SS, elle est déportée et meurt « pour son peuple » à Auschwitz.

Source pour la biographie : Site Wikipédiastein

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