La confession selon Adrienne von Speyr

LA CONFESSION SELON ADRIENNE VON SPEYR

La confessionconfession

Adrienne Von Speyr

Paris, Culture et Vérité, 1991. 216 pages.

 

Hans Urs von Balthasar dit au sujet de l’ouvrage d’Adrienne von Speyr :

«Une de ses œuvres les plus centrale ». Son livre aborde les aspects moraux et pratiques du sacrement en profondeur. Parmi les nombreux domaines couverts comprennent la conversion, les scrupules, la contrition, la direction spirituelle, le laxisme, la fréquence de la confession, les aveux de religieux et de laïcs, même les aveux des saints ».

 

Qu’est-ce que se confesser ? Quel sens cela a-t-il de le faire ? Pour répondre, Adrienne von Speyr ouvre les évangiles et regarde Jésus qui révèle à certains leurs fautes et leur pardonne. Autre question : comment se confesser ?

 

L’auteur décrit la confession du laïc et du prêtre, de l’actif et Pour Adrienne von Speyr la confession a eu une place importante dans sa vie spirituelle aussi bien que dans ses écrits. Elle parlait d’« attitude de confession »qui peut se définir par une attitude d’ouverture de soi pour répondre à une exigence :  « On peut la désigner analogiquement comme attitude de confession parce que Dieu s’y montre tel qu’il est et parce que de cette révélation attendue par Dieu lui-même surgit la situation toujours nouvelle de la vision et de l’amour » selon les mots de Hans Urs von Balthasar.  

 

Dans cet ouvrage Adrienne von Speyr parle également de « confession originaire » en faisant référence à la mort du Christ sur la Croix en portant les péchés du monde : la Croix est donc « confession originaire ».

 

« La confession, conclut Adrienne, est là pour les pécheurs, ceux pour lesquels quelque chose d’autre, telle l’Eucharistie, reste trop élevé, trop saint, trop incompréhensible. On m’a baptisé, mais je ne vis pas conformément à la règle de ce baptême. On m’a confirmé, mais je ne suis pas un apôtre du Christ… Je me rends compte de toute la peine que l’Eglise prend pour moi…, mais cela ne me sert à rien. On me présente des saints, mais je n’en suis pas un ! Je vis dans le péché. En tant que pécheur, j’aurai toujours, vis-à-vis de l’Eglise, le dernier mot… Mais si on me dit que le confessionnal est réservé aux pécheurs, alors je vois clairement : voici finalement une place pour moi. C’est de moi précisément qu’il s’agit. Ce banc a été fabriqué précisément pour moi. Je peux évidemment trouver aussi à redire à la confession. Mais cela ne m’empêchera pas de savoir que c’est bien là ce qui concerne ma propre situation. Si on parle de la communion des saints, je sais pertinemment que je n’en fais pas partie, Mais si on me dit : il existe une communion des pécheurs, qui en fait partie ? je sais infailliblement que j’en fais partie »  

 

 « Au confessionnal il y a finalement une place pour moi. C’est de moi précisément qu’il s’agit. Ce banc a été fabriqué précisément pour moi. Je peux évidemment trouver aussi à redire à la confession. Mais cela ne m’empêchera pas de savoir que c’est bien là ce qui concerne ma propre situation. Si on parle de la communion des saints, je sais pertinemment que je n’en fais pas partie, Mais si on me dit : il existe une communion des pécheurs, qui en fait partie ? je sais infailliblement que j’en fais partie (p. 86). Avec cette notion étonnante de « communion des pécheurs », nous sommes une fois encore confrontés à la position fondamentale d’Adrienne, position que rend compréhensible tout ce qu’on a dit de la souffrance endurée par le Seigneur, à notre place, sur la Croix. C’est là en effet que se tiennent rassemblés les pécheurs, tous enfermés dans leur égoïsme et semblant par -là constituer le contraire d’une communion. Et, depuis la Croix, le plus grand poids du péché ne vient plus individuellement de chaque pécheur, de la mauvaise conscience dont il voudrait se défaire par la confession, mais de ce qui est infligé au Fils de Dieu. La vraie contrition ne peut plus se diriger vers le moi propre, qui regrette d’avoir renié son idéal, mais seulement vers Celui qui a pris sur lui et effacé la faute de ce moi ». 

 

La confession, conclut Adrienne, est là pour les pécheurs, ceux pour lesquels quelque chose d’autre, telle l’Eucharistie, reste trop élevé, trop saint, trop incompréhensible. On m’a baptisé, mais je ne vis pas conformément à la règle de ce baptême. On m’a confirmé, mais je ne suis pas un apôtre du Christ… Je me rends compte de toute la peine que l’Eglise prend pour moi…, mais cela ne me sert à rien. On me présente des saints, mais je n’en suis pas un ! Je vis dans le péché. En tant que pécheur, j’aurai toujours, vis-à-vis de l’Eglise, le dernier mot… Mais si on me dit que le confessionnal est réservé aux pécheurs, alors je vois clairement : voici épouvantable, c’est que Dieu ait été offensé ; et le fait que moi (aussi) je l’ai offensé n’est qu’un moment particulier de cette chose épouvantable. Pour cette raison, Adrienne souligne fortement dans beaucoup de ses œuvres — et tout à fait spontanément dans ses propres confessions —, à côté de l’aspect personnel du péché, l’aspect social. Elle le fait remarquer aussi dans sa description de la confession des saints, par exemple chez un saint François, qui a péché, mais qui en se confessant regarde à l’offense reçue par le Seigneur plus qu’à lui-même. Ce qui ressort plus fortement encore chez des saints qui sont « sans péché », tels que Louis de Gonzague : « il confesse la distance existant entre lui et l’amour infini de Dieu, dont il ne peut arriver à rejoindre l’être toujours plus grand».  Du reste, quand elle fait allusion à l’aspect « social », Adrienne ne veut nullement désigner ce qu’aujourd’hui,  par ce terme (se trouver sociologiquement dans le piège de situations économiques et politiques objectivement injustes), mais bien ce quelque chose qui appartient au corps mystique du Christ, dans lequel, à proprement parler, il n’y a rien de privé. Comme, à son avis, une part du péché du monde doit toujours entrer dans une confession personnelle, de même l’absolution reçue par chaque croyant ira au-delà de sa personne, touchera d’une manière non représentable le monde dans sa totalité. C’est ainsi que personne ne peut communier seulement pour soi : cela contredirait clairement le terme de communion, qui signifie toujours communion avec Dieu et avec le corps mystique du Christ, dont personne ne peut fixer les limites. De même que participer au corps et au sang du Christ est une participation à ce qui a été donné « pour la vie du monde », de même la participation à la Croix, pour autant que celle-ci est confession originaire, est une actualisation sacramentelle de cette absolution générale qui fut prononcée à Pâques sur le monde réconcilié avec Dieu en sa totalité

 

Ce très beau livre est tout à la fois un traité spirituel que théologique qui nous fait entrer en profondeur dans ce sacrement. Et c’est peut-être pour cette raison que lors du synode sur la Pénitence et la réconciliation en 1981 Jean-Paul II l’avait recommandé au Pères Synodaux.

 

 

 Pour compléter :

BALTHASAR, Hans Urs von. –  Adrienne von Speyr et le sacrement de pénitence. – In Nouvelle Revue théologique, n° 842, 1985.

Analyse de l’ouvrage d’Adrienne von Speyr dans sa vie et dans son œuvre.

Où l’on voit l’importance de la confession pour elle-même ce qui explique la place qu’elle occupe dans son toute son œuvre.

 

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