Une jeunesse volée : la guerre de Aloysius Pappert

Mémoires de guerre. Tome I : Une jeunesse volée

Aloysius Pappert

Paris, Salvator, 2017. 209 pages.

Présentation de cet ouvrage

 

C’est en Allemagne, au début des années 1920, au sein d’une famille de fervents catholiques hostile à Hitler, que naît Aloysius Pappert. Alors que l’idéologie nazie est en plein essor, lui et sa famille regardent, impuissants, leur  pays basculer dans l’un des plus grands totalitarismes de l’histoire. 
Les premières pages de ces Mémoires de guerre d’écrivent l’athéisme virulent de l’Allemagne nazie des années trente. Ensuite, très vite, après une brève formation militaire, c’est le départ pour le front de l’Est en mai 1942. Et le début d’une vie qu’il n’a pas choisie au milieu de nazis fanatiques ou au contraire de simples soldats jetés dans une guerre qu’il faut bien faire ! Le jeune homme, parti simple soldat, prend rapidement grâce à son culot du galon, devient sous-officier revient en Europe, s’illustre en France, en Allemagne, en Italie. Fait prisonnier par les Américains en Italie il s’évade et rejoint l’armée allemande. De retour en Allemagne en 1944, devenu officier,  il vit l’effondrement des armées allemandes et du Reich. Jamais il ne songera à déserter mais il fera le choix de rester jusqu’au bout pour accompagner ses hommes dans l’enfer de la défaite.

Pendant toutes ces années il ne cessera de se dire « catholique » et donc « antinazi » prenant le risque d’être démasqué par la Gestapo qui infiltre toutes les couches de la société pour débusquer les opposants au régime : au sein de l’armée les espions au service de la Gestapo œuvre dans l’ombre ! Il ne cessera jamais non plus de témoigner de sa foi auprès de ses camarades, de ses supérieurs.

C’est peut-être ce qui explique aussi le fait qu’il n’est jamais songé à déserter : faire son devoir de chrétien son devoir de soldat semblent avoir été sa ligne de conduite pendant toutes ses années.

En janvier 1945, il est à Postdam pour combattre les Russes. L’Est de l’Allemagne est devenu un champ de bataille sous la neige. Le 8 mai 1945, c’est l’annonce de la fin de la guerre, c’est aussi la fin d’un régime qui devait durer mille ans mais qui fit tant de victimes en 12 années que ce fut pour certains un soulagement.  

Mais les tourments ne s’arrêtent pas ici : et ce sera l’objet du deuxième tome de ses mémoires. Avec deux ou trois mille autres soldats allemands rassemblés à Prague, il est prisonnier de la nouvelle armée tchèque. C’est ensuite le nouveau départ d’une colonne de 5.000 prisonniers allemands sous la férule de l’Armée rouge puis le transfert en train vers un camp soviétique et le début de nouvelles terribles épreuves. Mais il en reviendra et pourra fêter Noël 1946 en famille

L’abbé Pierre-Hervé Grosjean note dans sa préface son attachement au catholicisme qui l’aide à tenir en dépit des épreuves : « Ce qui me touche le plus dans le récit d’ Aloysius Pappert : la foi simple, confiante, absolue d’un jeune de 20 ans qui se retrouve au cœur de l’enfer sur terre. Cette espérance nourrie par la certitude que Dieu est là, que jamais Il ne nous abandonne. ». C’est de cette foi qui l’anime que veut témoigner ce jeune soldat auprès de tous ces frères d’armes qu’il va rencontrer pendant ces années guerre.

 On peut cependant se montrer perplexe parfois à la lecture de ce récit. L’auteur a-t-il enjolivé son récit pour se donner le beau rôle ? Il faut noter que pas une fois Pappert ne mentionne les crimes de l’armée allemande sur le front de l’Est : or il est avéré que la Wehrmacht a participé aux massacres de masse contre les Juifs, contre les Polonais ou les Russes ; comment un officier a-t-il pu ignorer cette réalité ? En tant qu’officier antinazi il ne mentionne jamais dans ses mémoires les complots ourdis contre Hitler : volonté de taire ces faits ou simple ignorance dans le fait qu’il existait une résistance active – minoritaire certes – au sein des allemands et même parmi les officiers allemands ? Ces mémoires constituent cependant un beau témoignage de la vie d’un jeune homme d’à peine 20 ans qui osa témoigner de ce qu’il l’habitait au plus profond de lui-même.

 

Brève biographie de l’auteur

Aloysius Pappert est né en Allemagne, près de Fulda (Land de Hesse) en 1924 dans une famille catholique et antinazie  Contre son gré, il doit partir en guerre en Russie, alors qu’il a à peine 17 ans. Le jour de son départ, sa mère lui donne une médaille et le confie à la protection de la Vierge Marie pour qu’il revienne sain et sauf… Ses Mémoires de guerre évoquent son parcours en deux tomes : Une jeunesse volée et Le sang des prisonniers. L’auteur vit aujourd’hui dans la Principauté de MonacoUne-jeunee-volee

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