Cathos, ne devenons une secte par Patrice de Plunkett

Cathos, ne devenons pas une secte

Patice de Plunkett

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Paris, Salvator, 2018. 149 pages.

 

Présentation du livre

 

L’auteur journaliste et blogueur catholique, après avoir été dans sa jeunesse attiré par la Nouvelle droite néopaïenne (comme il le rappelle) s’est converti au catholicisme après 1985. C’est d’ailleurs l’objet d’une première partie de son ouvrage où il montre comment cette conversion s’est effectuée après un long itinéraire. C’est d’ailleurs cette expérience de « converti »  qui lui a fait rencontré des « cathos réacs » se croyant investi d’une mission et sûrs d’eux-mêmes, puis la rencontre avec le Jésus de l’Evangile et les textes mêmes du magistère. Patrice de Plunkett montre du doigt des tentations sectaires chez les catholiques français où il fustige une certaine droite partie à la reconquête de l’électorat catholique notamment lors des dernières élections présidentielles.

La première dérive selon lui est la complaisance de la bourgeoisie catholique pour le  libéralisme et le capitalisme financier – « l’idole Argent » – pourtant condamnés par l’Eglise, condamnation que le retrouve dans toutes les encycliques sur la doctrine sociale de l’Eglise (de Léon XIII à nos jours) et bien sûr par la Pape François pour qui il a beaucoup d’admiration et dont il dénonce avec vigueur les attaques dont celui-ci est l’objet (attaques d’ailleurs relayées par une certaine presse quitte à relayer des contre-vérités. . L’auteur s’attaque violemment au « libéral-conservatisme »soutenu   par la philosophe Chantal Delsol et qui a été incarné par le programme de  François Fillon. S’il faut certes faire de la politique mais le chrétien si il veut être cohérent avec ce qu’il croit de doit pas être inféodé à un parti politique sous prétexte qu’il défendrait mieux les « valeurs chrétiennes » ; là il dénonce sans embage  l’attitude de mouvements issus du Mariage pour Tous et plus particulièrement Sens Commun. Cette identification à un parti politique lui semble stérile.

Le deuxième danger qui guette ces « cathos » c’et de tomber dan celui d’une crispation identitaire : une volonté de refaire « une France chrétienne », de défendre des « racines chrétiennes » Cet l’identitarisme, est une idéologie qui  prend sa source dans un sentiment de la perte d’identité, (ce qui n’est pas sans rappeler les thèses de l’Action française de Charles Maurras), qui fait fantasmer sur un certain passé d’une France entièrement catholique, mais qui en excluant tout ce qui paraît corrompre cette identité finit par n’être qu’un vernis de christianisme. Cette crispation identitaire devient hostile au christianisme : « rendre un culte aux pulsions de la chair et du sang » est une autre forme d’idolâtrie alors que l’essence même du mot « catholique » est d’être « universelle » Pour l’auteur  « Rien ne sert de dire que  »la France est chrétienne » quand les Français ne le sont pas. » Un « christianisme de patrimoine » conduit  faire du christianisme un « musée » mais non un corps vivant et finalement aboutit  à un rétrécissement particulariste de la notion  du bien commun (en particulier et surtout aujourd’hui sur la question plus que sensible des immigrés). 

Patrice de Plunkett assène qu’« au lieu de nous croire assiégés par la cathophobie », et de nous réfugier frileusement derrière notre forteresse assiégée l’urgence est de suivre la voie de l’Evangile qui nous pousse en avant sans avoir le regard tourné vers le passé : « Avance au large ! » nous dit le Christ dans son Evangile. L’urgence est donc moins de regarder en arrière que de se tourner vers le Christ, de vivre de cet Evangile, de l’annoncier et d’en témoigner et par conséquent d’évangéliser. Patrice de Plunkett nous invite à cesser d « être cathos » pour devenir « catholiques ».

 

 

L’auteur

Patrice de Plunkett est journaliste (ex-directeur de la rédaction du Figaro magazine), écrivain, athée résolu de 1968 aux années 1980 et converti au catholicisme après 1985 : sa conversion a changé son regard notamment sur la politique, l’économie et l’écologie. Bon connaisseur des milieux catholiques, il a publié douze essais dont Benoît XVI et le plan de Dieu (2005) et La révolution du pape François (2015).

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