Le film La Prière

LE FILM LA PRIERE

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Le film La Prière  n’est pas d’abord sur la prière comme le laisserait pensé tout d’abord le titre mais surtout sur la reconstruction d’un jeune tombé dans la drogue et qui va renaître  la vie. Basée sur l’expérience de l’œuvre le Cenacolo, une œuvre qui vient en aide aux jeunes victimes de la drogue et de ses conséquences on va suivre le jeune Thomas grâce à ce film à son cheminement humain et spirituel.

Si l’on ne sait rien de la vie antérieure de Thomas qui a décidé de s’en sortir on le voit arriver dans ce centre le visage buté et plutôt méfiant face aux paroles de Pierre le responsable de cette communauté. Le programme est simple mais exigeant : pas d’alcool, pas de médicament, mais une vie centrée sur le travail, la prière et la vie en commun.  Les débuts sont difficiles : le sevrage provoque des crises de violence physique et verbales ; non croyant il assiste aux temps de prières.  Puis après une crise plus violente que les autres il quitte la communauté et passe la nuit chez un couple proche de ce centre.

C’est au matin qu’il fait la rencontre de Sybille, la fille de ce couple. Pour la première fois il va enfin parler autrement que parla violence et les cris de révolte. Elle va réussir à le convaincre de retourner dans cette communauté car c’est ce qui constitue la chance de sa vie. On le verra s’intégrer peu à peu à cette vie de communauté fraternelle, venir en aide aux autres et être attentif aux nouveaux arrivants. Il va aussi participer aux temps de prière qui seront pour le jeune Thomas des temps de respiration, des temps où il trouvera une certaine paix ; la prière c’est ici un temps (certes faisant partie de la règle) mais surtout un temps de respiration en dehors du travail, un temps où l’on peut trouver la paix !

Mais a-t-il la foi pour autant ? C’est ce que la religieuse, fondatrice de cette œuvre,  lui fera découvrir un peu rudement d’ailleurs (à l’occasion d’une rencontre avec la communauté de filles qui se trouve tout à côté) : prier en faisant semblant de croire n’est pas prier réellement ; la foi n’est pas affaire de rites ou de prières récitées par cœur mais une adhésion sans se mentir à soi-même.  C’est une scène où il ose enfin se livrer en peu de mots mais en pleurant comme l’enfant qu’il n’a jamais cessé d’être.

La scène de la montagne (beau paysage de la montagne en Isère où le film est tourné) où il perd de vue le groupe est importante également dans son cheminement.  Seul et sans repères dans le brouillard il trébuche en dévalant une pente et tombe. Il se tourne vers le ciel  et peut-être est-ce l’unique prière qu’il dira vraiment au cours de ce film : « Seigneur, ne me laisse pas mourir ! ».  Au réveil il constate que sa jambe blessée est guérie : comme les boiteux des Evangiles, il se redresse et bondit et court allègrement sur le chemin empierré rejoindre les autres.

On suivra encore Thomas quelques instants dans le dialogue avec le Père Luc où il parle de son désir de devenir prêtre. On le voit quitter la communauté heureux de ce séjour où il a retrouvé toute son humanité perdue : la vie avec les autres, la fraternité, l’amitié. Il a retrouvé le goût de vivre et il peut maintenant partir : libéré de ses anciens démons il peut suivre son propre chemin …. peut-être avec Sybille qu’il retrouve sur un chantier archéologique en Espagne

 

On peut certes y mettre quelques bémols mais qui n’altèrent en rien le reste de ce film. La rencontre avec le groupe peut donner une impression de  quelque chose de suranné : on dirait des jeunes filles bien comme il faut ! La sortie en montagne soulève une réflexion : en montagne il y a une loi : les moins expérimentés des sorties en montagne ne sont pas laissés seuls  en arrière mais encadrés et surtout en cas de mauvais temps

C’est un beau film où l’on entre peut à peu ! La prière est omniprésente par la musique, les chants, les témoignages. Une prière omniprésente mais qui ne s’impose pas ! Aucun jugement sur ceux qui ne croient pas ! C’est un beau film où l’on voit après les ravages que peut faire la drogue la renaissance de ces jeunes : la vie en communauté avec ses lois, ses contraintes où chacun trouve enfin des repères et les joies d’une amitié vraie est le chemin pour trouver le sens de la vie.

Le générique du film est une surprise et peut-être donne-t-il tout son sens au titre du film : il n’est pas banal de laisser le spectateur sur un Je vous salue Marie chanté tout au long ! Mais la réaction de la salle en dit long ! A chacun de se  laisser surprendre et d’entrer véritablement dans ce beau chant à Marie ! A chacun aussi de voir que rien n’est perdu : la résurrection c’est tous les jours dans une vie même cabossée !

®Claude-Marie T.

15 avril 2018

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