Par le sang versé de Paul Bonnecarrère

Par le sang versé : La Légion étrangère en Indochine

Paul Bonnecarrère

Paris, Perrin, 2006. 506 pages.

 

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Le livre : Le sang versé

« Et puis un soir, il est tombé dans cet enfer...
Qui sait si l’inconnu qui dort sous l’arche immense,
Mêlant sa gloire épique aux orgueils du passé
N’est pas cet étranger devenu fils de France
Non par le sang reçu mais par le sang versé ? »

 

Cet ouvrage est un hommage  à la Légion étrangère que l’on ne connait guère sinon par les quelques images que l’on peut voir lors des défilés militaires du 14 Juillet. Après la Guerre de 1939-1945 la France doit combattre le mouvement nationaliste de l’Indochine.  La Légion recrute à travers l’Europe : on y croise d’anciens soldats de la Wehrmacht, d’anciens nazis qui font oublié leur passé ainsi que d’anciens collaborateurs ayant soutenu le régime hitlérien dans les pays occupés par l’armée allemande. Tous font e fondre dans l’anonymat de la Légion et se battre de façon héroïque pour défendre une cause. On trouve dans cet ouvrage des soldats mais aussi des hommes habitués aux durs combats e toute guerre mais aussi ce qui fait leur humanité à travers leurs faiblesses aussi.

En effet si la guerre a cessé en Europe, l’Indochine en 1946 ne connaît toujours pas la paix. Le mouvement nationaliste du Viet-Minh dirigé par Ho-Chi-Minh met le pays à feu et à sang et, en haut lieu, on n’a pas encore compris l’efficacité de cette guérilla qui aboutira en 1954 à la défaite de Dien-Bien-Phu. On s’en tient à la technique traditionnelle et le Corps expéditionnaire en général, la Légion étrangère en particulier, sont chargés d’assurer la sécurité des places fortes, des routes, des voies ferrées et des civils confiants dans la protection de la France.

C’est le dur combat de la Légion pendant ces années meurtrières que Paul Bonnecarrère évoque ici en s’appuyant sur les journaux de marche des unités et les témoignages d’une centaine de survivants. Dans cette épopée sanglante, la Légion a perdu plus d’hommes que pendant les deux guerres mondiales. Il lui a fallu se mesurer dans une nature hostile avec un ennemi invisible, fanatique et d’une cruauté dépassant toute imagination ; déjouer embuscades et pièges. La poursuite d’Ho-Chi-Minh dans le Sud-Tonkin, l’odyssée du train blindé, le sauvetage de la My-Huong, la défense de la sanglante R.C. 4 ou de Cao-Bang dont ne revinrent que douze hommes sur mille, voilà quelques-uns des épisodes de ce récit où revit avec une intensité exceptionnelle le courage de ces « étrangers devenus fils de France non par le sang reçu mais par le sang versé ». 

L’auteur : Paul Bonnecarrère

Paul Bonnecarrère est né en 1925. À la libération de Paris, il s’engage dans le 1erRégiment de chasseurs parachutistes où il reste jusqu’à la fin des hostilités. Il devient alors correspondant de guerre et on le trouve partout où la France se bat encore : Indochine, Tunisie, Maroc, Algérie, Suez.
Au cours de ces campagnes, il vit avec les troupes de choc et lie de solides amitiés qui le font rêver d’un ouvrage sur les dernières guerres coloniales de l’Armée française. Un jour, il se trouve en perdition au Sahara où son avion vient de s’abattre et il est recueilli par une patrouille de légionnaires. « C’est alors, dit-il, que je décidai que mon livre porterait sur la Légion étrangère. »
Ce sera Par le sang versé (1968), consacré aux campagnes de la Légion étrangère en Indochine.

 

Guerre d’Indochine

La guerre d’Indochine est un conflit armé qui se déroula de 1945 à 1954 en Indochine française (Vietnam, Laos, Cambodge. Il aboutit    à la dissolution de cette fédération, ainsi qu’à la sortie de l’Empire colonial français des pays la composant et à la division en deux États rivaux du territoire vietnamien. Ce conflit fit plus de 500 000 victimes.

En août 1945, le Viêt-Minh,  mouvement indépendantiste vietnamien d’obédience communiste, profitant de la prise de contrôle de l’Indochine par les Japonais, cinq mois auparavant, dans le contexte de la Guerre du Pacifique, prit le pouvoir de la colonie française. Si le Gouvernement provisoire de la République française ne tarda pas  à envoyer un Corps expéditionnaire afin de reprendre en main son territoire, la situation se mua rapidement, après novembre 1946, en guerre ouverte entre forces du Việt Minh et Français.

Le conflit peut être divisé en deux phases historiques. La première, entre 1946 et 1949, voit le Việt Minh appliquer une guérilla meurtrière. La guerre est alors semblable à une simple lutte de décolonisation. Mais l’aspect communiste du Việt Minh, le déclenchement de la Guerre de Corée en 1950, l’avènement d’une Chine communiste en 1949 qui assura une aide logistique importante au Việt Minh et la confrontation de plus en plus avouée entre les Etats-Unis et le monde marxiste-léniniste, achevèrent de procurer à la guerre d’Indochine la figure d’un conflit armé ancré dans la Guerre froide. C’est la seconde phase, qui s’étend de 1949 jusqu’à la fin des combats, en 1954 : tout en bénéficiant de l’aide matérielle et logistique des Américains, les Français menèrent lors de cette période une guerre de plus en plus directe et frontale avec leurs ennemis, dont le soutien de la part des Chinois allait leur permettre de mettre sur pied une véritable armée conventionnelle et formée.

Malgré l’intervention indirecte américaine, les forces françaises, exténuées par la résistance adverse et plusieurs années de combats de plus en plus impopulaires en métropole, durent renoncer, surtout après la lourde défaite de Diên-Biên-Phu de mai 1954. Les Accords de Genève, signés en juillet 1954, consacraient le départ des Français du nord du Vietnam (Tonkin) et la division du Viêt Nam en deux, la limite étant le 17è parallèle : la République démocratique du Viêt-Nam  au nord, communiste, le centre et le sud sous administration française, avec des élections prévues en 1956 pour réunifier le pays. En 1955, un coup d’état dans le sud organisé par le président Diem, un fervent catholique qui n’accepte pas une collaboration avec le régime du nord, donc qui ne veut pas entendre parler d’élections réunifiant le pays, crée une République du Viêt-Nam  soutenue financièrement, puis militairement par les États-Unis (qui n’ont pas signé les accords). Les Français quittent le sud ; c’est le tout début de ce qui va devenir la guerre du Vietnam.

Considérée comme la Première Guerre d’Indochine, la guerre entre Français et Việt Minh, outre un lourd bilan humain et matériel, aura d’importantes conséquences dans l’avenir du Viêt Nam, du Laos et du Cambodge.  Le départ des Français laissera face à face, d’un côté, les Américains et de l’autre, les Nord-vietnamiens soutenus par la Chine et l’URSS. Très tôt allait éclater la Seconde Guerre d’Indochine (soit la Guerre du Viêt-Nam), qui débouchait, en 1975, sur la victoire complète du Nord-Viêt Nam et du communisme dans cette partie de l’Asie, avec l’absorption par le Nord-Viêt Nam de la République du Viêt Nam

 

La légion étrangère

La Légion étrangère est un corps de l’Armée de terre française   disposant d’un commandement particulier. La Légion est également indépendante du point de vue de son recrutement.

Formée en 1831 pour permettre l’incorporation de soldats étrangers dans l’Armée française, une partie de ses unités a fait partie, jusqu’en 1962, fin de la période coloniale, du 19è corps d’armée, noyau de l’armée d’Afrique.

L’engagement à la Légion est réservé aux hommes dont l’âge est compris entre 17 et 40 ans et a compté depuis sa création et jusqu’en 1963 plus de 600 000 soldats dont une majorité d’Allemands, d’Italiens, de Belges, mais aussi de Français, d’Espagnols et de Suisses. De nombreuses autres nationalités sont représentées, comme les ressortissants des pays d’Europe de l’Est et des Balkans depuis les années 2000. En 2017, c’est le prestige de ce corps d’élite qui suscite leur candidature à l’engagement. Cet attrait et, dans le passé, les soubresauts historiques (conflits mondiaux, crises économiques ou politiques), ont participé à un recrutement plus spécifique : Espagnols à l’issue de la guerre d’Espagne, Allemands après 1945, Hongrois en 1956.

Les légionnaires ont acquis leur notoriété lors des combats menés sur les champs de bataille du monde entier, notamment dans le cadre des conquêtes coloniales,, des deux guerres mondiales, et les guerres d’Indochine et ‘Algérie. Aujourd’hui, les légionnaires sont présents lors des conflits modernes pour des missions d’aide humanitaire, de protection des populations, de maintien de la paix ou parfois de soutien à des gouvernements étrangers, alliés à la France par des accords, dans les crises de leur pays.

Les traditions de la Légion étrangère   constituent un ciment pour ce corps qui se traduit à travers les détails vestimentaires, les emblèmes et symboles spécifiques, les chants et musiques, et enfin par ses fêtes particulières. L’image qu’elle véhicule sur le public et les artistes est à l’origine de nombreuses œuvres artistiques. Le code d’honneur du légionnaire dicte la conduite de ces hommes au quotidien, en temps de guerre comme en temps de paix.

Principalement constituée de régiments d’infanterie au début,  la Légion étrangère comporte maintenant également des unités d’arme blindée et cavalerie, de parachutistes, de génie.

©Claude-Tricoire T.

25 avril 2018

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