Film Saint Paul, apôtre du Christ

Paul, apôtre du Christ

Un film d’Andrew Hyatt

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« Moi, en effet, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. » (2 Timothée, 4,6-7)

Prendre comme héros d’un film l’apôtre Paul une terrible gageure qu’a su relever le réalisateur Andrew Hyatt. Mais ici il ne s’agira pas d’analyser ce film sur le plan cinématographique (car beaucoup a déjà été dit ou écrit car je voudrais plutôt dire que l’on peut le recevoir comme une lettre scellée que Paul nous envoie par l’intermédiaire de ces chrétiens (c’est à partir de cette image – l’une des dernières du film –  où l’on voit les chrétiens recopier avec ferveur les écrits de l’apôtre que je partirais dans ce commentaire !) Une lettre scellée que nous font parvenir ces chrétiens survivants à la folie de Néron, une lettre scellée que nous  sommes invités à lire pour tenter de comprendre ce que Paul avait à nous dire sur ce Jésus qu’il avait servi avec tant de zèle et pourquoi il est allé jusqu’au martyre.

Le film en lui-même ne nous dit presque rien des voyages missionnaires de cet infatigable porteur de la Bonne Nouvelle de Jésus ressuscité, comme il est peu fait mention de ses épîtres (épîtres où il encourageait les premiers convertis, où parfois même il leur faisait des reproches sur leur conduite) qu’il envoyait aux communautés qu’il avait fondé depuis sa conversion sur le chemin de Damas. En effet nous ne verrons pas l’Apôtres des Nations portant la Bonne Nouvelle tout autour de la Méditerranée, nous ne verrons pas arranguer  les Grecs à Athènes, nous le verrons pas dans ses disputes avec les Juifs. Là nous voyons un apôtre qui a presque achevé sa course et qui est seul dans la prison de Mamertine à Rome en 67. « Je suis seul avec Luc » écrivait l’apôtre dans sa deuxième lettre à son cher Timothée. Mais Paul, même affaibli par les coups des soldats, humilié par l’arrogance du Préfet de la prison, peut encore encourager Luc et s’inquiéter pour la communauté chrétienne de Rome en butte à la persécution déclenchée par la fureur de Néron après l’incendie de Rome en 64 ; il délivrer son message malgré tout : « C’est lorsque que je suis faible que je suis fort ! », « Si le Christ n’est pas ressuscité, ma foi est vaine ! » et c’est appel au pardon : «L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ;  il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;  il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne passera jamais. » (1 Cor, 13, 4-8) 

L’on sait que Paul fut décapité à la sortie de Rome, sur la Via Ostiense. La tradition orale des chrétiens de Rome indique qu’il se tourna vers l’orient pour prier longuement. « Il termina sa prière en hébreu pour être en communion avec les Patriarche. Puis il tendit son cou, sans plus prononcer un mot »

Avec Paul il y a donc le fidèle Luc, le compagnon qui a toujours accompagné l’apôtre dans ses voyages et qui nous l’a ait connaître dans les Actes des Apôtres qui ont sans doute été rédigés après la mort de Paul dans les années 70 ou 80. Ici  Luc l’Evangéliste, médecin, grec converti , est le seul réconfort de l’apôtre, le seul lien entre lui et la communauté de chrétienne de Rome. Luc se fait le porte-parole  de ses messages auprès de ceux qui se sentent menacés dans leur vie par les Romains.

En dehors de la prison de Paul, nous avons cette communauté  autour d’Aquila et de Priscilla qui ont suivi Paul jusqu’à Rome. Malgré le peu que nous en savons elle se montre à la fois solide dans la foi et fragile face à un avenir incertain ! Faut-il rester pour ne pas abandonner les autres ? Faut-il fuir pour sauver sa vie ? Faut-il, comme le pensent certains prendre les armes et se venger devant tant de souffrances ? Ces questions qui hantent cette communauté n’est pas sans rappeler ce que doivent vivre et penser les chrétiens persécutés aujourd’hui pour leur foi en Jésus ? Loin de nous montrer une communauté courant au martyre avec joie ce sont des êtres de chair et de sang avec leur courage, avec leurs limites et leurs faiblesses aussi ! Et c’est peut-être ce qui peut nous toucher le plus !  Comme peut nous toucher cette ferveur avec laquelle ils copient les textes de Paul et les emportent dans leurs balluchons avant de fuir Rome ! Et j’aime à penser que ce sont ces lettres que nous lisons aujourd’hui  à chaque messe : ces lettres tâchées du sang des martyrs mais des lettres d’espérance pour le monde d’aujourd’hui ! Précieuses lettres qui font mémoire de la vie de l’Eglise !

On ne peut oublier le Préfet Mauricius dont la fille est malade et qui consulte en vain les médecins, qui prie en vain les dieux. A travers son drame personnel il va rencontrer Paul. Il n’est pas indifférent aux paroles de l’Apôtre même si l’on sent sceptique. Ces dialogues ne sont pas sans rappeler les rencontres qu’avaient connus avec Festus, un consul romain, Paul pendant un autre emprisonnement. Quel sera le fruit de ces entrevues ? Nous ne le sauront pas même si on perçoit de plus en plus réceptif à ce qu’il entend !

Ce film a ses faiblesses et peut comporter certaines malgré des erreurs factuelles : il est peu probable que Paul ait pu participer de manière aussi active aux persécutions contre  les chrétiens avant sa conversion, de même qu’il n’est pas certain que la mort de l’apôtre soit lié directement à l’incendie de Rome  (mais plutôt due  à une trahison venant peut-être des juifs ou des judéo-chrétiens). Même si l’on aurait aimé à travers les flash-back voir cette colonne de l’Eglise qui a porté avec zèle la Bonne Nouvelle, même si l’on aurait le voir écrire ses épîtres, le réalisateur ne s’est pas trompé en faisant le choix de nous montrer ce géant de l’Eglise dans ses derniers moments de sa vie : ainsi l’on peut relire ces lettres en n’oubliant pas les souffrances, le martyre de cet Apôtre de feu. A la suite de ce film il faudrait relire ces épîtres qui continuent  encore aujourd’hui  de nous exhorter à tenir bon dans la foi :

08 C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout, et vous serez sans reproche au jour de notre Seigneur Jésus Christ.

09 Car Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur.

20 Où est-il, le sage ? Où est-il, le scribe ? Où est-il, le raisonneur d’ici-bas ? La sagesse du monde, Dieu ne l’a-t-il pas rendue folle ?

22 Alors que les Juifs réclament des signes miraculeux, et que les Grecs recherchent une sagesse, ; 23 nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes.

25 Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.

 30 C’est grâce à Dieu, en effet, que vous êtes dans le Christ Jésus, lui qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification, rédemption. 31 Ainsi, comme il est écrit : Celui qui veut être fier, qu’il mette sa fierté dans le Seigneur.

Première lettre de saint Paul aux Corinthiens

Un film à voir pour se rappeler d’où nous nous venons et où nous allons comme Paul le savait ! Un film à voir en mémoire de tous ceux qui portent le Christ au mépris de leur propre vie.

@Claude-Marie T.

13 juin 2018

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