Le paradis : Jean-Marc Bot

Le Paradis : goûter la joie éternelle

Jean-Marc Bot

Paris, Editions de l’Emmanuel, 2014. 170 pages.

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Extrait de l’introduction

Ce volume est le troisième d’une trilogie un peu à la manière de Dante. Celui-ci avait composé sa Divine Comédie en situant symboliquement chaque étape autour de la fête de Pâques 1300, l’année du premier jubilé de l’histoire chrétienne. Il jalonnait les trois étapes d’un itinéraire spirituel en le revêtant d’une forme poétique innovante.
Sans prétendre, évidemment, reproduire ce modèle bien connu, j’y ai puisé une partie de mon inspiration. Chacun de mes trois livres voudrait apporter à ses lecteurs non seulement un contenu doctrinal mais aussi une incitation à marcher plus vite et avec une plus grande joie, sur le chemin d’éternité. Au point de départ la grâce de Dieu nous arrache à une logique infernale. Sur la route elle nous transforme patiemment à l’imitation du Christ et des saints. À la fin elle nous enchante par l’éclosion définitive de la gloire. Notre plus grande difficulté est de nourrir notre espérance d’éternité par une motivation vitale. Or le terme du parcours nous semble trop étranger et lointain pour susciter notre enthousiasme. C’est donc par là qu’il faut commencer, ou recommencer sans cesse. Même si, chronologiquement, le paradis est à la fin, dans notre désir il doit prendre toute la place, dès le début. Le pas-encore doit habiter le déjà-là.
C’était l’objectif de Dante en écrivant son poème inspiré. Il voulait montrer Béatrice triomphante, dans la joie du paradis. Tout le reste n’était que préliminaires. Son ambition : exprimer l’ineffable par la puissance du langage poétique et ne reculer devant aucune audace pour inventer une langue aux limites des possibilités humaines. Ainsi «tout le Paradis est scandé par la réflexion de Dante sur ce qu’il écrit, et aussi par l’impossibilité d’écrire le paradis. Et c’est là, précisément, dans ces zones réflexives, mais d’une réflexivité directe, transparente, interrogative, que réside la plus étonnante modernité de sa poésie».

Paul Claudel salue avec admiration cette démarche en se demandant pourtant jusqu’où son extrême audace est légitime. Pour fonder son approbation il cite Gamble, un écrivain anglais dont la réflexion l’a beaucoup frappé :

Toute espérance repose en grande partie sur l’appui que lui fournit l’imagination. Si nous ne pouvons nous faire une conception réelle de la chose que nous désirons, nous sommes disposés à l’éloigner de notre esprit et à la placer hors du champ de notre intérêt actuel. Or, nous ne saurions nous dissimuler que depuis beaucoup d’années un travail se fait qui consiste à enlever l’un après l’autre tous les appuis sur lesquels dans l’imagination populaire la croyance à l’immortalité s’était jusqu’à présent soutenue. Si nous persistons à fermer l’une après l’autre les issues par lesquelles un homme cherche à atteindre sa destination, à la fin il abandonne son entreprise et il s’engage dans une autre direction. Ainsi si les hommes entretiennent une espérance et si nous continuons à leur dire que sa réalisation ne peut prendre aucune des formes qu’ils pensaient qu’elle pourrait prendre, à la fin ils feront volte-face et déclareront que l’espérance elle-même est illusoire. Telle semble être actuellement la conséquence de notre démolition du paysage d’une vie future à la place duquel nous n’avons rien mis que le vide.

Et Claudel commente :

Quand la Bible se sert des choses créées pour désigner des réalités éternelles, elle le fait non pas comme un littérateur étourdi qui choisit au petit bonheur dans son répertoire d’images, mais en vertu d’une convenance intime et naturelle, puisque de la bouche de Dieu qui a créé chaque être en le nommant ne peut sortir rien que l’éternel. Il n’y a pas une séparation radicale entre ce monde et l’autre, dont il est dit qu’ils ont été créés en même temps, mais des deux se fait l’unité catholique, en des sens divers comme ce livre dont il est dit qu’il est écrit à la fois dedans et dehors.

(…)

Présentation de l’éditeur

Sous quelle forme évoquer la beauté du paradis après la mort ? La réalité divine de la vie éternelle semble dépasser tellement l’imagination… Or il nous est impossible de désirer ce que nous ne pouvons imaginer. Par chance, le langage imagé de la Bible, le témoignage des saints sur leurs plus hautes expériences mystiques et le talent des plus grands artistes sont capables de nous donner comme un avant-goût de la joie éternelle.

Le pari audacieux de cet ouvrage est de relier toute cette richesse symbolique au discours de la théologie sur le paradis afin d’orienter toute notre vie vers lui. Il montre comment et pourquoi notre plus vive espérance ne sera pas déçue.

Jean-Marc Bot est prêtre du diocèse de Versailles. Il a été professeur de séminaire, curé de paroisse, accompagnateur du catéchuménat diocésain. Il a publié plusieurs livres, dont une série de quatre volumes sur tes fins dernières.

 

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