Film : Le Pape François, un homme de parole de Wim Wanders

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Le Pape François : un homme de parole

de Wim Wenders

Distribution Universal Pictures International
Sélection officielle, hors compétition, au Festival de Cannes 2018

Sortie : Septembre 2018. 1h35

 

Une catéchèse avec le Pape François

 

Ce film de Wim Wenders sort sur les écrans au moment où l’Eglise vit un moment difficile à cause des affaires de pédophilie. Bie sûr le  les esprits chagrins pourront dire que ce film vient bien à propos pour redorer le blason du Pape ou de l’Eglise, où qu’il ne peut s’adresse qu’aux catholiques convaincus par avance. Il est vrai que produit à la demande du Vatican certains l’ont vu comme un film de propagande. Et si l’on allait pour une fois plus avant en quittant nos certitudes pour vraiment voir et écouter celui qui comme le Pauvre d’Assise a la volonté de « rebâtir » l’Eglise du Christ dans le souffle toujours nouveau de l’Esprit Saint.

Cependant au-delà de ses considérations on peut en faire une autre lecture tant l’actualité nous montre combien la parole du Pape sonne juste. Tout au long de cette une heure trente l’on comprend mieux pourquoi  le cardinal Jorge Mario Bergoglio a choisi le nom de François en référence à saint François d’Assise, même si on peut regretter le choix des extraits du film sur le Poverello d’Assise (que l’on se rappelle les Onze  fioretti de saint François d’Assise de Rossellini). C’est bien dans cet esprit que l’on voit le Pape François s’adresser à chaque spectateur comme si il voulait s’adresser à chacun de nous en particulier.

Au lieu d’un plaidoyer pro domo pour lui-même ou pour l’Eglise on peut dire que le Pape nous invite à une catéchèse, une catéchèse soutenue par les images fortes choisies par le réalisateur. On retrouve les thèmes favoris de François : une Eglise non pas triomphante mais pauvre, le primat pour les prêtres d’être de vrais pasteurs et non des hommes de pouvoir, l’insistance sur l’écologie pour sauvegarder « notre maison commune » la « Terre Mère », la justice sociale, le rôle de la famille. (Il rappelle ce qu’il nomme les trois T. : T. comme Terre ; T. : comme Toit ; T. : comme travail). Il développe aussi des idées fortes : une volonté ferme de « construire des ponts » et non des murs, l’accueil de l’autre (l’étranger qui vient aux portes des pays riches pour fuir la guerre ou la pauvreté, le pécheur aussi !).

A travers les images de ses voyages (à Lampedusa, aux Philippines, en Amérique latine), des extraits de discours (aux membres de la Curie, au Congrès américain, à l’ONU) le Pape ne craint pas de dénoncer les maux de notre temps, comme il ne craint pas de dire la vérité aux grands de ce monde  : la corruption par l’argent, le commerce des armes, le pillage de la planète par les multinationales qui aggravent la pauvreté des plus faibles). Mais au cours de ses voyages et dans ses paroles il adresse un message de compassion et d’espérance que ce soit envers les étrangers, les victimes de catastrophes naturelles, les habitants des favellas d’Amérique latine ou les prisonniers des prisons

En fin de compte à travers des mots simples  c’est un langage simple qu’il nous adresse ; point n’est n’est besoin d’avoir fait de longues études de théologie pour le comprendre tant ses paroles s’adressent à tout un chacun. Mais c’est aussi une parole radicale pour inviter chacun à la conversion du cœur pour mettre ses pas dans l’Evangile du Christ. On peut donc sans hésitation continuer cette conversation avec le Pape François en reprenant son encyclique Laudato si’ ou son exhortation apostolique Gaudete et exulstate où il lance un appel à la sainteté.

Un surprise à la fin où François avoue qu’après la prière des Laudes il reprend chaque jour la prière de saint Thomas More pour demander l’humour dont voici le texte intégral .

« Donne-moi une bonne digestion, Seigneur, et aussi quelque chose à digérer.
Donne-moi la santé du corps, avec la bonne humeur pour la garder au mieux,
Donne-moi une âme sainte, Seigneur, qui ait les yeux sur la beauté et la pureté, afin qu’elle ne s’épouvante pas en voyant le péché, mais qu’elle trouve dans Ta présence la voie pour redresser la situation.
Donne-moi une âme qui ignore l’ennui, le gémissement et le soupir, et ne permets pas que je me fasse trop de souci pour cette chose encombrante que j’appelle « moi ».
Seigneur, donne-moi l’humour, Concède-moi la grâce de comprendre la plaisanterie, pour que je tire quelque bonheur de cette vie et que j’en fasse profiter les autres. Ainsi soit-il ».

Thomas More (1478-1535).

On peut retrouver tous ces thèmes dans le livre d’entretien que François a eu avec Dominique Wolton

François (Pape). – Politique et société : rencontres avec Dominique Wolton. – Paris, Editions de l’Observatoire. 2017. 417 pages.

 

En définitive un film à voir et à proposer ! Laissons-nous bousculer  et sortons de nos sentiers battus, de nos certitudes, de notre confort intellectuel et purement matériel et écoutons cette parole jusqu’au bout !

  

©Claude-Marie T.

Dimanche 16 septembre 2018.

  

La biographie de Wim Wenders 

(source Allo Ciné)

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Wim Wanders est né l 14 août 1945 à Düsseldorf en Allemagne. Ayant grandi à Coblence et Oberhausen, il commence des études de médecine et de philosophie, mais les interrompt pour aller passer un an à Paris, où il fréquente assidûment la Cinémathèque. En 1967, il entre à l’Ecole supérieure du cinéma et de la télévision, à Munich. Parallèlement, il écrit des critiques de films pour le journal Süddeuttsche Zeitung et la revue Kritik. Il termine sa formation en tournant en 1970 Un été dans la ville,, qui n’a jamais pu être distribué pour des raisons de droits musicaux.

Pour son deuxième long métrage, il adapte un roman de Peter Handke, L’Angoisse du gardien de but au moment du penalty,, qui marque le début d’une fructueuse collaboration avec l’écrivain, ainsi qu’avec l’acteur Rüdiger Vogler.. Wenders signe ensuite une « trilogie du voyage », composée des road movies contemplatifs Alice dans les villes, Faux mouvements et Au fil du temps et , un film en noir et blanc de trois heures qui lui vaut sa première sélection au Festival de Cannes.

En 1977, Wim Wenders élargit son horizon cinématographique en tournant entre l’Europe et les Etats-Unis L’Ami américain , un thriller tiré de l’œuvre de Patricia Highsmith avec Dennis Hopper dans le rôle de Tom Ripley. Acceptant une commande de Francis Ford Coppola,   il réalise Hammett,  , un hommage au célèbre auteur de polars. Mais cet amateur de littérature est également un cinéphile averti. Il le prouve en co-dirigeant Nick’s movie (1980), une déclaration d’amour au cinéma d’Ozu, et, plus tard, Par delà les nuages (1995), sur lequel il sera l’assistant de luxe du maître Antonioni.

La consécration arrive en 1984 avec Paris, Texas, une émouvante traversée de l’Amérique qui décroche la Palme d’Or au Festival de Cannes, suivi des Ailes du désir, un film-poème sur Berlin qui donnera lieu à une suite tournée après la chute du Mur. Le cinéaste-voyageur, qui sillonna le Portugal pour L’Etat des choses (Lion d’or à Venise en 1982) et Lisbonne story  livre en 1991 Jusqu’au bout du monde, une ambitieuse fable futuriste qui déconcerte les spectateurs.

Au milieu des années 90, Wim Wenders retourne aux Etats-Unis pour mettre en scène des films désenchantés sur l’évolution de la société américaine : le polémique The End of violence   (1997), Land of plenty (2004), une méditation, tournée en DV, sur les conséquences des attentats du 11 septembre 2001, et Dont’t come knoking (2005), un drame sentimental

Passionné de musique, Wim Wenders connaît un triomphe inattendu en 1999 avec son documentaire sur la musique cubaine, Buena Vista Social-Club, et signe quatre ans plus tard The Soul of a man, où il rend hommage à quelques pionniers du blues. La même année il tourne Land of plenty, qui, comme son film suivant, Don’t Come Knocking, tentent de cerner « l’esprit de l’Amérique ». 

Il participe, en 2007, au projet Chacun son cinéma réalisé en l’honneur des 60 ans du Festival de Cannes (mais son film n’est visible que sur le DVD) et revient au Festival l’année suivante pour présenter Rendez-vous à Palerme (jamais sorti en salles) Connaissant de plus en plus de difficultés à monter ses films il se lance pourtant sur un projet ambitieux : un documentaire sur la chorégraphe Pina Bausch où il tente une utilisation novatrice de la 3D. 

Jonglant entre fiction et documentaire, Wim Wenders participe en 2011, à Mundo Invisivel, qui compile les courts-métrages de plusieurs réalisateurs sur le thème de l’invisibilité, et retrace, trois ans plus tard, la vie du photographe Sebastiao Salgado dans Le Sel de la terre.   Le film reçoit le César du Meilleur documentaire 2015. Revenant à la fiction, il réalise avec Charlotte Gainsbourg notamment, une œuvre dramatique Every Thing We Be Fine.

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