Arc en ciel : Max Jacob

Un poète qui a les bras tendus vers le Sauveur : Max Jacob

Quand je serai. élevé de terre, j’attirerai tout à moi… (Jn. 12, 32)

 

Arc en Ciel

 

C’était l’heure où la nuit fait gémir les montagnes,
Les rochers noirs craquaient du pas des animaux,
Les oiseaux s’envolaient des sinistres campagnes
Pour approcher la mer, un meilleur horizon.
Le diable poursuivait un poète en ce temps.
Le poète fixait la mer comme une mort
Car la mer écaillait la peau des rocs immenses.
Mais Jésus, rayonnant de feu derrière la tête,
Portant la croix, vint à monter des rochers noirs.
Le poète a tendu les bras vers le Sauveur
Alors tout s’effaça : la nuit sombre et les bêtes.
Le poète a suivi Dieu pour son bonheur.

Max Jacob

BIOGRAPHIE DE MAX JACOB (1876-1944).

Max Jacob est un poète, romancier, essayiste, épistolier et peintre français, né le 12 juillet 1876 à Quimper, mort le 5 mars 1944, alors qu’il était emprisonné au camp de Drancy (Seine-Saint-Denis).

Il passe toute sa jeunesse à Quimper, puis s’installe à Paris, où il fréquente notamment dans le quartier de Montmartre et se fait de nombreux amis dont Picasso, qu’il rencontre en 1901, Braque, Matisse, Apollinaire et Modigliani.
Juif de naissance, il se convertit au catholicisme. Logeant au 7 de la Rue de Ravignan l’image du Christ lui apparaît le 22 septembre 1909 sur le mur de sa chambre et il l’entoure d’un cercle. Il se fait baptiser à l’âge de 40 ans, le 18 février 1915 avec Picasso comme témoin.
En 1913, il séjourne à Céret (Pyrénées-Orientales) avec le peintre Juan Gris. Il y réalise une série de dessins du village.
Après avoir vécu à Saint-Benoît-sur-Loire de 1921 à 1928 auprès de l’abbaye bénédictine, il y revient en 1936 pour s’y retirer définitivement et y mène une vie quasi-monastique.
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C’est là qu’il est arrêté par la Gestapo d’Orléans le 24 février 1944, avant d’être déporté au Camp de Drancy, où il meurt d’épuisement deux semaines plus tard en dépit de diverses interventions pour le faire libérer, dont celles de Jean Cocteau et Sacha Guitry. Max Jacob comptait parmi ses nombreux amis Jean Moulin qui prendra le pseudonyme de Max dans ses activités de résistant. Son corps a été inhumé en 1949 à Saint-Benoît-sur-Loire. Sa tombe a été ornée d’un de ses portraits réalisé en 1935 par son ami René Iché.

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