FRANCIS JAMMES (1868-1938), LA MISERE, LITTERATURE FRANÇAISE, POEME, POEMES, POETE FRANÇAIS

La misère de Francis Jammes

La misère

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Un pauvre sans logis, repoussant, m’a dit : j’ai

Bien mal aux yeux et le bras droit paralysé.

Bien sûr que le pauvre diable n’a pas de mère

Pour le consoler doucement de sa misère.

 

Il vit comme cela : pion dans une boîte,

Et passe parfois sur son front froid sa main moite.

Avec ses bras il fait un coussin sur un banc

Et s’assoupit un peu comme un petit enfant.

 

Mais au lieu de traversin blanc, sa vareuse

Se mêle à sa barbe dure, grise et crasseuse.

Il économise pour se faire soigner.

Il a des douleurs. C’est trop cher de se doucher.

 

Alors, il enveloppe dans un pauvre linge

Tout son pauvre corps misérable de grand singe.

Un pauvre sans logis, repoussant, m’a dit : j’ai

Bien mal aux yeux et le bras droit paralysé.

 

Francis Jammes (1868-1938)

(De l’Angélus de l’aube, à l’Angélus du soir)

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