Jésus naît à Bethléem

DANS LA NUIT… NAISSANCE A BETHLEEM

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Il fait nuit quand Joseph et Marie pénètrent enfin dans Bethléem. Ils sont fatigués de ce long voyage et ce n’est fini ! Il faut trouver un endroit où loger maintenant car Marie va bientôt accoucher. Alors Joseph fait le tour de ses connaissances, mais il n’y a rien pour eux ; il fait ensuite le tour de toutes les auberges ; mais tout est plein à craquer et il n’y a pas de place pour eux non plus même s’il invoque l’état dans lequel se trouve sa femme. Alors il repart un peu plus loin dans les environs de Bethléem en quête de n’importe quel abri pour eux. Et Marie doucement lui met la main sur le bras comme pour lui dire : « Ne t’inquiète pas Joseph ! Tout se passera bien ! »

Il trouve une étable et décide de s’y installer. Bien sûr, le confort et plus que sommaire ! L’endroit est petit et on sent encore l’odeur des animaux ; mais il y a un peu de foin et cela fera bien l’affaire pour ce soir. Il installe Marie tout d’abord car elle ressent les premières douleurs ; il n’y a pas de temps à perdre ! Et le moment est vite venu ; alors Joseph sort discrètement pour s’occuper de débâcher l’âne. Inquiet tout de même, il lève les yeux vers le ciel comme pour implorer de l’aide ; il sait bien que l’enfant naîtra puisque l’ange du Seigneur le lui a dit en songe. Mais tout de même !

Et soudain il entend un cri dans la nuit ! L’enfant est né ! Jésus est là ! Alors doucement il entre. Il voit Marie qui tient tendrement serré contre l’enfant. Il s’approche doucement. Il sourit et Marie lui sourit aussi ! Joseph et Marie regardent ou plutôt contemplent l’enfant qui vient de naître : le Fils de Dieu qui est né dans une étable.

Mais Joseph remarque que Marie tremble de froid, que l’enfant aussi a froid. Il se demande comment faire pour les réchauffer tous les deux ! Son vêtement ne suffira pas ! Alors il remarque dans un coin de l’étable un bœuf. Et soudain une idée jaillit ! Il va chercher l’âne qui les a conduit de Nazareth à Bethléem, il va chercher le bœuf aussi et il les installe tout prêt de Marie et de Jésus. Comme si ils avaient compris les pensées de Joseph les deux animaux se mettent à souffler Et il voit que les deux animaux font si bien leur office que Marie et l’enfant Jésus se réchauffent. Alors tous les trois s’assoupissent un peu. Et ils n’entendent pas ce qui se passent dehors, ils n’entendent pas les chants des anges qui annoncent la venue du Sauveur !

Au loin dans la campagne des bergers veillent sur leurs troupeaux quand soudain le ciel s’éclaire. Ils se demandent ce qui peut bien se passer et ils pensent à rentrer leurs troupeaux de peur qu’ils soient effrayés par cette clarté soudaine. Et que voient-ils dans cette nuit ? Des anges les entourent ! Ces anges leur disent de ne pas avoir peur car ils viennent leur apporter une bonne nouvelle : « Ne craignez point ; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie : c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche ! » (Luc 2, 10-12). Alors ils se disent : « Allons à Bethléem ! Allons voir ce que les anges nous annoncé ! ». Et ils partent !

Alors soudain la porte de l’étable s’ouvre ! Joseph a tressailli d’inquiétude : qui peut bien venir en pleine nuit ? Que nous veut-on ? Marie lui sourit comme pour dire : « Laisse faire Joseph ! » Les bergers sont là, ils se recueillent devant la mère et l’enfant. Ils ont apportés des cadeaux aussi, mais ce sont d’humbles cadeaux : un peu de nourriture, quelques couvertures de laines. Ce sont des cadeaux de pauvres mais Marie les reçoit bien volontiers et l’enfant les regarde avec bonté. Les bergers ne disent rien ! Ils sont émus pour cela ! Mais leur joie est telle qu’ils vont dans la nuit annoncer cette nouvelle que tout le peuple d’Israël attendait depuis si longtemps : « Un fils nous est né ! Un fils nous est donné ! »

©Claude-Marie T.

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  Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.

Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.

L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte.

Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : 11 Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous a fait connaître. »

Ils se hâtèrent d’y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.

Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers.

Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.

Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.

(Evangile selon saint Luc 2, 6-20)

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Quand Jésus est-il né ?

Notons que l’édit du recensement n’est attesté par aucune archive romaine. La présence de bergers dans le voisinage donne à penser que Jésus serait né à l’époque de l’agnelage, au mois d’avril. Par ailleurs, l’évocation du cruel roi Hérode,  protégé des Romains, situerait sa naissance en l’an 6 avant J.-C. ! Le moine Denys le Petit, à l’origine du calendrier adopté aujourd’hui dans le monde entier, se serait donc trompé dans ses calculs.

À Rome, en 354, le pape Libère reporte cette célébration au 25 décembre, en remplacement des Saturnales romaines et de la fête du soleil vainqueur (sol invictus) que les païens avaient coutume de consacrer au retour du soleil après le solstice d’hiver. C’est une manière de rappeler que Jésus est la « Lumière du monde ».

 

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 L’année de naissance de Jésus

 

Sous le règne d’Hérode

Les deux récits de l’enfance de Matthieu et Luc indiquent que la naissance de Jésus eut lieu sous le règne du roi Hérode le Grand : « Jésus étant né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode » (Mt 2, 1); « Du temps d’Hérode, roi de Judée, […] l’ange lui dit : Ne crains point, Zacharie ; car ta prière a été exaucée. Ta femme Élisabeth t’enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. […] Quelque temps après, Élisabeth, sa femme, devint enceinte. […] Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d’une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. […] L’ange lui dit : Ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. » (Lc 1,5-31). Dans Matthieu, cet élément se place dans le récit de la venue des rois mages, du massacre des Innocents et de la fuite en Egypte, qui situe l’action à la fin du règne d’Hérode, le retour d’Égypte se faisant après l’accession au pouvoir d’Archélao , son successeur. Chez Luc, il se place dans le cadre d’un parallélisme entre les annonces miraculeuses des naissances, à six mois d’intervalle, de Jean le Baptiste et de Jésus.  

La date de la mort d’Hérode peut être déterminée en utilisant les informations données à la fin du Ier siècle par l’historien juif Flavius Josèphe, les annales romaines, et des données astronomiques. Selon Flavius Josèphe, Hérode est nommé roi par les Romains sous le consulat de Calvinus et Oollio en 40, et élimine son rival Antigone II Mattathiah sous celui de Agrippa et Gallus en -37. Il règne pendant 37 années après sa nomination par les Romains, et 24 après la mort d’Antigone II Mattathiah. Suivant la façon dont Josèphe compte les années, entières ou pas, cela mène à -4 ou -3. Mais Josèphe mentionne une éclipse de Lune peu avant la mort d’Hérode. Il y en a eu qui étaient visibles depuis la Palestine le 15 septembre -5, et le 13 mars -4, mais aucune en -3 ni en -2. Schürer conclut qu’Hérode est mort un peu après l’éclipse du 13 mars -4. En 1966, W. E. Filmer contesta cette date, sur la base du décompte des années et d’erreurs de Josèphe sur les dates de consulat, et détermina que la mort d’Hérode aurait eu lieu en -1, peu après l’éclipse du 9 janvier. Le calcul de Filmer a été depuis réfuté par Barnes en 1968, et Bernegger en 198517, et la date de -4 est celle qui est aujourd’hui retenue.

L’Evangile de Matthieu, chap. 2, versets 16-18 relate que le roi Hérode Ier, roi  ayant appris la naissance à Bethléem du roi des Juifs « envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléem et dans tout son territoire, selon la date dont il s’était soigneusement enquis auprès des mages ». Selon ce texte, Joseph se serait enfui avant ce massacre avec l’enfant Jésus et sa mère où ils restèrent jusqu’à la mort d’Hérode.

 Recensement de Quirinius

Au début du chapitre 2, Luc donne une indication précise : « En ce temps-là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. » C’est ce qui explique selon cet évangile le déplacement de Joseph et Marie de Nazareth à Bethléem, où naît Jésus. Le règne d’Auguste commence en janvier ou en août -43, (sauf en Égypte où il commence en août -30 avec la prise d’Alexandrie et la mort d’Antoine et Cléopâtre), et se termine à sa mort en août 14 .

Selon Tacite et Flavius Josèphe, Publius Sulpicius Quirinius devient gouverneur (legatus Augusti propraetore) de Syrie en l’an 6 de notre ère, après l’expulsion d’Archélaos. Josèphe nous apprend en outre qu’il fit un recensement en Judée en 6-7, qui déclencha la révolte de Juda de Gamala.

 

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Le jour où Jésus est né

La détermination du jour de la naissance a également une importance symbolique, et le 25 mars, jour de l’équinoxe de printemps, souvent considéré comme le jour de la création du monde, est envisagé comme celui de la conception, de la mort ou de la résurrection de Jésus.

Cependant dès la première attestation qui témoigne d’une recherche de la fixation de la date de naissance de Jésus, il apparait une disparité selon les communautés chrétiennes. Ce premier témoignage vient de Clément d’Alexandrie   qui rapporte la situation à Alexndrie où, à la fin du IIè  ou au début du IIIè  siècle, certains évoquent le vingt-cinquième jour de Pachon  20 mai) ou le vingt-quatrième ou vingt-cinquième jour de Pharmouti (19 ou 20 avril) tandis que les Basiliens célèbrent, eux, le baptême de Jésus correspondant à une naissance symbolique, le quinzième jours du mois de Tybi   ou encore le onzième (10 ou 6 janvier). Clément lui-même avance une date qui correspond au 18 novembre -3

Une tradition également ancienne, rapportée un peu plus tard par Hippolyte de Rome  situe la naissance de Jésus mercredi au début du mois d’avril, précisément un mercredi 2 avril. Cette date plaçant la naissance de Jésus au printemps fait peut-être écho à une tradition judéo-chrétienne d’origine sacerdotale basée sur le calendrier du livre des Jubilé dont Hippolyte aurait connaissance.

Par ailleurs, suivant un passage du De Pasha Computus, rédigé en Afrique en 243, Jésus est né le mercredi V des calendes   d’avril, soit le 28 mars: cela correspond au quatrième jour après Pasha – date que l’auteur retient pour dater la Passion et premier jour de la création correspondant à l’équinoxe de printemps – et cela coïncide avec la création du soleil, permettant une assimilation du Christ au « Soleil de justice » une prophétie de Malachie. Ce texte montre l’existence d’une natalis solis iustitiae plus de trente ans avant la natalis solis invicti romaine.

D’après le Chronographe de 354, , la célébration d’une fête de l’incarnation du Sauveur se déroulant le 25 décembre est attestée à Rome sous le pontificat de l’évêque Libère à l’occasion de laquelle l’évêque rassemble les chrétiens dans la basilique nouvellement construite au Vatican, achevée en 354. Le choix de la date semble le fruit d’un calcul autonome fait au cours du iiie siècle mais il s’insère dans un cadre plus général de la constitution d’un calendrier liturgique, probablement destiné à concurrencer, à Rome, les réjouissances païennes. Cette tradition sera reprise par le martyrologue hiéronymien une compilation datant probablement du vie siècle, reprenant des documents plus anciens

C’est sur ces bases qu’au début du VIè siècle , le moine Denys le Petit place l’annonciation le 25 mars et la naissance de Jésus neuf mois plus tard, le 25 décembre de l’année 753 de Rome (c’est-à-dire l’année -1 du calendrier actuel), principalement pour qu’elle coïncide avec le début d’un cycle pascal. C’est sur ce calcul que se fondent aujourd’hui les calendriers de l’ère chrétienne.

 

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La représentation de l’âne et du bœuf dans la crèche de Bethléem est inspirée du prophète Isaïe

Bestiaire de Noël
Les animaux ont été les premiers témoins de la naissance du Christ. Mais ils n’ont pas été choisis par hasard.

Dans la symbolique de Noël, la crèche ne comprend pas seulement Marie, Joseph et Jésus, mais aussi des personnages qui peuvent sembler à première vue anodins, mais qui ont leur importance : les animaux, dont certains peuvent paraître assez étonnants. Pierre Gaugué, frère dominicain à Lille, nous éclaire sur ce que représente ce «bestiaire de Noël». C’est le prophète Isaïe qui a été le plus «fertile» en références animales.

> L’âne et le bœuf : Leur présence n’est pas mentionnée dans l’évangile de saint Luc. On a souvent raconté que l’haleine de l’âne et du bœuf servait de système de chauffage pour l’enfant Jésus. C’est une belle tradition, mais il y a une autre raison, biblique celle-là, qui justifie la présence de ces deux animaux dans la crèche. 
La représentation de l’âne et du bœuf dans la crèche de Bethléem est inspirée du prophète Isaïe qui reproche au peuple d’Israël de ne pas connaître son Dieu au contraire de l’âne et du bœuf : « Le bœuf a connu son propriétaire et l’âne la crèche de son maître, Israël ne connaît pas, mon peuple ne comprend pas… ». Le bœuf 
et l’âne représentent donc la fidélité, la docilité au Christ, ils sont une icône de ceux qui vont reconnaître en Jésus le messie.
Aussi, la Septante (traduction grecque de la Bible) mentionne une parole du prophète Habacuc : « Tu te manifesteras au milieu de deux animaux ». Notre traduction tirée de l’hébreu n’a pas repris ce terme. Peu avant le siège de Jérusalem par les Babyloniens en 587, le prophète supplie le Seigneur de réitérer son œuvre de salut et s’écrie : « Au milieu des années, fais-la revivre! Au milieu des années, fais-la connaître ». En grec, on lit plutôt : « Au milieu de deux animaux ».
L’âne a une présence particulière dans les Evangiles : il a mené Marie de Nazareth à Bethléem pour le recensement. Il est une monture humble. Un autre passage important de la Bible évoque sa présence : lors des Rameaux, à l’entrée de Jésus à Jérusalem, avant sa Passion.

> Le mouton : Dans l’Evangile de Luc (chapitre 2, verset 7), la présence de bergers «gardant leurs troupeaux» est mentionnée, sans précision sur la nature des bêtes gardées. L’Occident chrétien en a déduit qu’il s’agissait de moutons. En première lecture, la présence des ovidés est donc liée à celle des bergers. Une autre explication plus théologique est présente dans certaines représentations, notamment dans « L’adoration des bergers » de Delatour (œuvre située au Louvre) ou encore chez Zurbaran (œuvre située au musée de Grenoble) : un berger se situe près de la Vierge et de Jésus, il porte un agneau pattes liées juste au-dessus de la tête du bébé. Cela rejoint une parole du prophète Isaïe lors de la Passion du Christ : « Il était comme l’agneau mené à l’abattoir ». La présence d’un agneau pattes liées à la crèche est basée sur cette référence, qui rend déjà présente dès la naissance du Christ sa mort.

Ainsi, toute la création se trouve unie à la crèche pour célébrer la naissance du Christ !

 

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