Massacre des Saints Innocents

Le massacre des Saints Innocents

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Les Mages étaient venus de loin étaient venus de fort loin jusqu’à Jérusalem et avaient demandé à Hérode où devaient naître le « roi des Juifs » qui venait de naître. Alors bouleversé à cette nouvelle inattendue ils avaient convoqués les Grands Prêtres et les scribes ; ceux-ci lui répondirent que suivant la prophétie c’était en Judée, à Bethléem, la ville de David. Alors cyniquement il leur enjoignit d’y aller et se renseigner et lui aussi irait se prosterner aux pieds de ce roi annoncé par les prophètes. Mais cela n’était pas dans ses intention : n’était-ce pas lui le roi des Juifs ? N’était-ce pas lui que les Romains avaient investi comme roi ? Hérode ne supportait pas cette idée que quelqu’un d’autre puisse régner à sa place et d’ailleurs pour cela il avait fait exécuter tous ceux qui pourraient prétendre au trône : il avait fait périr une bonne partie de sa famille ainsi que tous ceux qui s’opposaient à lui. Alors ce ne serait pas un enfant, fut-ce-t-il de la race de David et annoncé par les prophètes qui allait lui disputer le pouvoir !

Alors germa dans la tête d’Hérode le projet de le tuer ! Il devait attendre le retour des mages qui devaient le renseigner. Mais les mages ne revinrent pas : avertis en songe ils ne retournèrent pas à Jérusalem, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. En réalisant que les mages l’avaient joué Hérode devint fou de rage ! Ne pouvant pas le reconnaître il ordonna que tous les enfants de moins de deux ans seraient tués : au moins il serait sûr que l’enfant ne pourrait plus le gêner puisqu’il serait éliminer !

Alors il convoqua tous les soldats dont il disposait et leur donna cet : « Allez à Bethléem ! Tuez tous les enfants qui ont moins de deux ans ! »Les soldats partirent donc et une fois arrivés à Bethléem commencèrent leur sinistre besogne ! Ils parcoururent toute la région de Bethléem, tous ses alentours ; ils entrèrent dans chaque maison et à chaque fois qu’ils trouvaient un nourrisson  ils le tuaient Chaque mère, chaque mère essayaient vainement de protéger les nouveau-nés. Alors Bethléem ne fut plus qu’un cri, un immense et terrible cri ! Bethléem ne fut plus qu’un immense charnier où reposèrent les cadavres sanglants d’innocents.

Et aujourd’hui encore le monde se souvient ! Le monde n’a pas oublier ni la folie meurtrière d’Hérode, ni le sang versé par ses martyrs parce qu’un homme avide de pouvoir n’avait pu reconnaître dans le nouveau-né de Bethléem le Roi dont le « royaume n’est pas de ce monde ». Satan était tout entier dans ce cœur de pierre et lui avait fermé l’esprit qui lui aurait fait comprendre le sens des Ecritures !

Hérode mourra sans savoir que Jésus avait échappé à son pouvoir. Dieu avait envoyé prévenir Joseph et il était déjà parti se réfugier vers l’Egypte. Jésus avait une mission à accomplir et Dieu était bien décidé à ce que cela s’acccomplisse !

©Claude-Marie T.

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 EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT MATTHIEU (2, 1-18)

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »

En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ.

 Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. »

Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »

Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

 Après leur départ, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. »

Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils.

Alors Hérode, voyant que les mages s’étaient moqués de lui, entra dans une violente fureur. Il envoya tuer tous les enfants jusqu’à l’âge de deux ans à Bethléem et dans toute la région, d’après la date qu’il s’était fait préciser par les mages.

Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie :

Un cri s’élève dans Rama, pleurs et longue plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, car ils ne sont plus.

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Massacre des Innocents

Le massacre des Innocents est un épisode relaté dans l’Evangile selon Matthieu en même temps que la fuite en Egypte : le meurtre de tous les enfants de moins de deux ans dans la région de Bethléem ordonné par Hérode, craignant la concurrence d’un roi des Juifs dont la venue lui aurait été annoncée par les Mages, peu après la naissance de Jésus. Les Églises les honorent comme martyrs.

Fête : le 28 décembre en Occident et le 29 décembre en Orient.

L’historicité de cet épisode est mise en question par les chercheurs. Toutefois, plusieurs historiens s’appuient sur Macrobe pour estimer que ce passage contient des traces historiques, mais qui ne se rapportent pas obligatoirement à la naissance de Jésus. Le prêtre jésuite Daniel J. Harrington déclare que l’historicité de l’événement est « une question ouverte qui probablement ne peut jamais être définitivement close » Paul Maier souligne que la plupart des biographes récents d’Hérode rejettent la réalité de ce massacre.

Le texte de l’Évangile

L’Evangile selon Matthieu, chap. 2, versets 16-18 : « Alors Hérode, voyant qu’il avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléem et dans tout son territoire, selon la date dont il s’était soigneusement enquis auprès des mages. Alors s’accomplit ce qui avait été annoncé par le prophète Jérémie : ‘Ainsi parle l’Éternel : On entend des cris à Rama, des lamentations, des larmes amères ; Rachel pleure ses enfants ; elle refuse d’être consolée sur ses enfants, car ils ne sont plus. »

Autres sources

Cet épisode fait partie du Sondergut de Matthieu. Il est absent des autres Evangiles canoniques et des premiers apocryphes. Il n’est pas non plus mentionné chez l’historien juif Flavius Josèphe. Cette tradition chrétienne est reprise dans le Protévangile de Jacques.

Dans la version slavonne de la Guerre des Juifs de Flavius Josèphe, figure, sans allusion à Jésus, le récit de la visite de mages à Hérode suivie d’un massacre d’enfants. Toutefois, ce texte médiéval comporte huit passages qui, par rapport à la version classique, sont des ajouts ayant pour thèmes Jésus ou Jean le Baptiste, il est donc probable que ce passage relève de la même démarche littéraire.

L’historien païen Macrobe (c. 395-436) parle d’un massacre d’enfants par Hérode en Syrie, du nom de la province de Syrie-Palestine qui est donné à partir de 135 à la région où le roi Hérode avait son royaume: « Quand l’empereur Auguste apprit que parmi les enfants de Syrie de moins de deux ans qu’Hérode Roi des Juifs avait fait tuer, se trouvait son propre fils, il dit qu’il valait mieux être le cochon d’Hérode que son fils ».

Historicité

Bien que cohérent avec les autres actions documentées du roi Hérode, le massacre n’a pu être vérifié historiquement. Si l’on attribuait une valeur historique au passage biblique, comme Bethléem était peu peuplée, l’estimation du nombre de garçons en bas âge tués à Bethléem et ses environs serait entre six et vingt selon les chiffres rapportés par la Catholic Encyclopedia et les théologiens modernes. Il est difficile de savoir si un véritable événement historique est à la base de cette histoire. Les opinions sur cette question dépendent de la valeur historique que l’on accorde au Nouveau Testament.

Parmi les historiens qui contestent l’historicité de ce massacre, Géza Vermes et E.-P. Sanders y voient une création à visée hagiographique. D’autres arguments contre l’historicité sont le silence de Josèphe (qui laisse la trace d’exemples de la cruauté d’Hérode) et l’idée que cet épisode a une visée apologétique ou tend à démontrer l’accomplissement de la prophétie biblique (prophétie post eventum)

David Hill estime que l’épisode « ne contient rien qui est historiquement impossible. », mais il ajoute que la véritable préoccupation de Matthieu est « … le thème de l’accomplissement de l’Ancien Testament avec la réflexion théologique ». Stephen-L. Harris et Raymond-Edward Brown soulignent également que l’objectif de Matthieu est de présenter Jésus comme le Messie, et le Massacre des Innocents comme l’accomplissement de passages dans Osée (en référence à l’Exode) et dans Jérémie (en référence à l’exil à Babylone).

Pour le pasteur André Gounelle, le récit de Matthieu de l’enfance de Jésus est parallèle à celui de la naissance de Moïse dans l’Ancien Testament (parmi ces parallèles, le massacre des Innocents rappelle la noyade des enfants hébreux mâles, au début de l’Exode) dans un effort allégorique de montrer que Jésus est le nouveau Moïse : « Le parallélisme est trop massif pour n’avoir pas été forgé sinon de toutes pièces, du moins dans une large mesure » Cependant, il considère qu’il ne faut pas « […] accuser les évangélistes de fraude ou de malhonnêteté. Ils utilisent des procédés d’écriture et de composition d’ouvrages courants à leur époque et largement admis. ». Pour Michel Remaud, il s’inscrit dans la logique des massacres attribués à Hérode de Grand, assimilé à Pharaon, dans le monde juif du Second Temple. Dans le même sens, Mireille Hadas-Lebel écrit : « Vers la fin de l’an -29, Hérode (… fit) exécuter la femme qu’il chérissait, son épouse hasmonéenne Mariamne. Dès lors, il ne fut plus le même homme. (…) Les exécutions se multiplièrent dans le peuple comme à la cour et jusque dans la famille royale. Ainsi se constitua pour la postérité l’image d’un Hérode massacreur d’innocents ».

Pour Gilbert Picard on retrouve le même poncif chez l’historien romain Suétone à propos de la naissance d’Octave/Auguste.

Mais pour Paul Veyne, le témoignage du païen Macrobe (Saturnales, II, 11) atteste l’historicité d’un massacre d’enfants même si « son souvenir a servi à motiver la naissance légendaire, à Bethléem, de Jésus de Nazareth. ».

Parmi les chercheurs disposés à accorder l’historicité de ce massacre, R.-T. France soutient la plausibilité sur les motifs, entre autres, que « l’assassinat de quelques enfants dans un petit village [ne] fut pas le pire des assassinats les plus spectaculaires enregistrés par Josèphe ». Rudolf Schnackenburg suit cette ligne de pensée aussi et Gordon Franz souligne que Josèphe a omis de mentionner d’autres événements clés dans le premier siècle de notre ère, comme « l’épisode des boucliers romains dorés à Jérusalem qui était la cause de l’animosité entre Hérode Antiopas et Ponce Pilate ». Dans la même veine, Barclay suit Carr pour trouver le silence de Josèphe comme non pertinent, en faisant un parallèle avec le chroniqueur John Evelyn et son échec à mentionner le massacre de Glencoe. Maier soutient que les sceptiques ont tendu largement à éviter une recherche historique approfondie du problème .Après avoir analysé les arguments contre l’historicité du massacre des nourrissons Maier conclut que tous « ont des défauts très graves ». Maier suit Jerry Knoblet en plaidant pour l’historicité sur la base des « profils identiques de la personnalité d’Hérode » tels qu’ils apparaissent dans Matthieu et dans Josèphe.

La tradition chrétienne

Innocents

Pour le christianisme, les Saints Innocents sont les enfants de moins de deux ans massacrés par Hérode à Bethléem : chez les catholiques, avant le concile Vatican II, la théologie pouvait admettre que Dieu aurait permis le massacre des Saints Innocents pour faire d’eux les prémices de la rédemption de Jésus-Christ. La Constitution dogmatique Dei Verbum de 1965 dans son paragraphe 12 (Comment interpréter la Sainte Écriture) montre qu’il est nécessaire d’être attentif aux genres littéraires, et il n’est plus possible aujourd’hui de dire qu’un massacre est dû à la volonté de Dieu.

Augustin d’Hippone dépeint ainsi la scène : « Les mères s’arrachaient les cheveux ; elles voulaient cacher leurs petits enfants, mais ces tendres créatures se trahissaient elles-mêmes ; elles ne savaient pas se taire, n’ayant pas appris à craindre. C’était un combat entre la mère et le bourreau ; l’un saisissait violemment sa proie, l’autre la retenait avec effort. La mère disait au bourreau : « Moi, te livrer mon enfant ! Mes entrailles lui ont donné la vie, et tu veux le briser contre la terre ! » Une autre mère s’écriait : « Cruel, s’il y a une coupable, c’est moi ! Ou bien épargne mon fils, ou bien tue-moi avec lui ! » Une voix se faisait entendre : « Qui cherchez-vous ? Vous tuez une multitude d’enfants pour vous débarrasser d’un seul, et Celui que vous cherchez vous échappe ! Et tandis que les cris des femmes formaient un mélange confus, le sacrifice des petits enfants était agréé du Ciel. »

L’Église a établi leur fête dès le IIe siècle.

Le culte

L’Eglise catholique célèbre cette mémoire depuis le IVè siècle, « honorant dans les jours qui suivent la Nativité ceux qu’on appelle en Orient les enfants tués par Hérode, et en Occident les saints Innocents ».

En France, jusqu’à la veille de la Révolution française, le centre de Paris était occupé par le cimetière des Innocents. Une fontaine, la fontaine des Innocents, en perpétue le souvenir.

 

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LIVRE DE JÉRÉMIE (31, 1-12)

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En ce temps-là – oracle du Seigneur –, je serai le Dieu de toutes les familles d’Israël, et elles seront mon peuple.

 Ainsi parle le Seigneur : Il a trouvé grâce dans le désert, le peuple qui a échappé au massacre ; Israël est en route vers Celui qui le fait reposer.

Depuis les lointains, le Seigneur m’est apparu : Je t’aime d’un amour éternel, aussi je te garde ma fidélité.

De nouveau je te bâtirai, et tu seras rebâtie, vierge d’Israël. De nouveau tu prendras tes tambourins de fête pour te mêler aux danses joyeuses. De nouveau tu planteras des vignes dans les montagnes de Samarie, et ceux qui les planteront en goûteront le premier fruit.

Un jour viendra où les veilleurs crieront dans la montagne d’Éphraïm : « Debout, montons à Sion, vers le Seigneur notre Dieu ! »

 Car ainsi parle le Seigneur : Poussez des cris de joie pour Jacob, acclamez la première des nations ! Faites résonner vos louanges et criez tous : « Seigneur, sauve ton peuple, le reste d’Israël ! »

Voici que je les fais revenir du pays du nord, que je les rassemble des confins de la terre ; parmi eux, tous ensemble, l’aveugle et le boiteux, la femme enceinte et la jeune accouchée : c’est une grande assemblée qui revient. Ils avancent dans les pleurs et les supplications, je les mène, je les conduis vers les cours d’eau par un droit chemin où ils ne trébucheront pas. Car je suis un père pour Israël, Éphraïm est mon fils aîné.

Écoutez, nations, la parole du Seigneur ! Annoncez dans les îles lointaines : « Celui qui dispersa Israël le rassemble, il le garde, comme un berger son troupeau.

Le Seigneur a libéré Jacob, l’a racheté des mains d’un plus fort.

Ils viennent, criant de joie, sur les hauteurs de Sion : ils affluent vers les biens du Seigneur, le froment, le vin nouveau et l’huile fraîche, les génisses et les brebis du troupeau. Ils auront l’âme comme un jardin tout irrigué ; ils verront la fin de leur détresse. La jeune fille se réjouit, elle danse ; jeunes gens, vieilles gens, tous ensemble ! Je change leur deuil en joie, les réjouis, les console après la peine.

Je nourris mes prêtres de festins ; mon peuple se rassasie de mes biens » – oracle du Seigneur.

 Ainsi parle le Seigneur : Un cri s’élève dans Rama, une plainte et des pleurs d’amertume. C’est Rachel qui pleure ses fils ; elle refuse d’être consolée, car ses fils ne sont plus.

Ainsi parle le Seigneur : Retiens le cri de tes pleurs et les larmes de tes yeux. Car il y a un salaire pour ta peine, – oracle du Seigneur : ils reviendront du pays de l’ennemi. Il y a un espoir pour ton avenir, – oracle du Seigneur : tes fils reviendront sur leur territoire.

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JÉRÉMIE, PROPHÈTE EN TEMPS DE CRISE

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Le siège de Jérusalem en 701 av. J.C. avait laissé le royaume de Juda en dehors de la domination assyrienne, ce qui lui permit de se maintenir encore quelques décennies. Mais cent ans plus tard, le puissant empire assyrien  fut à son tour abattu. Le roi babylonien Nabuchodonosor II conquit la Mésopotamie et le Proche-Orient. A Jérusalem, le roi Joakim eut la mauvaise ide de refuser de se soumettre, ce qui provoqua la réaction vigoureuse des Chaldéens. Ceux-ci déferlèrent sur Juda, assiégèrent Jérusalem et s’emparèrent de la ville en 598 av. J.-C. Joakim et sa cour, tombés aux mains de Nabuchodonosor, furent emmenés à Babylone, tandis que le vainqueur instaurait à sa place un nouveau roi qui devenait son vassal, Sédécias.

Dix ans après la chute de Jérusalem, le Judéen Sédécias se souleva à son tour contre Babylone. Cette nouvelle imprudence politique provoqua en représailles un deuxième siège de la ville, en 587 av. J.-C., toujours sous Nabuchodonosor II. Malgré les conseils de soumission du prophète Jérémie, Sédécias prit la fuite par une brêche percée dans la muraille, mais fut intercepté près de Jéricho. Sa capitale fut à nouveau prise et cette fois terriblement ravagée. Le Temple fut détruit, le rempart abattu et les habitations dévastées. La population fut déportée massivement en Mésopotamie et réduite en esclavage : c’est l’exil à Babylone, qui allait durer une cinquantaine d’années (2 R. 24-25 ; 2 Chr. 36).

 Et Dieu par la bouche de Jérémie annonce que le peuple retrouvera sa terre. Ce sont des paroles que Jérémie adresse à un peuple désespéré : Dieu a pitié et il ne laissera pas tomber son peuple malgré ses nombreux péchés.

ramène son peuple vers lui parce que, en tant que berger de son

Deux versets que l’on retrouve chez Matthieu 2, 13-23)

– « On entend des cris à Rama, des lamentations, des larmes amères ; Rachel pleure ses enfants ; elle refuse d’être consolée sur ses enfants, car ils ne sont plus. » (31.15) Rachel était la seconde épouse de Jacob, la mère de Benjamin (tribu du royaume du sud) et la grand-mère d’Éphraïm (principale tribu du royaume du nord). Rama était l’endroit où Rachel fut enterrée, près de la frontière entre les deux royaumes. L’image est ici celle de Rachel, pleurant de son tombeau ses « enfants » disparus, c’est-à-dire les fils d’Israël déportés. De façon intéressante, ce verset est cité en Matthieu 2, 17-18   lorsque Hérode tua tous les bébés mâles de moins de deux ans, tandis que Jésus était emmené en Égypte. Ainsi les mères éplorées de Bethléhem prennent place dans cette longue lignée de personnes soumises à des tyrans qui les oppressent jusqu’à tuer leurs enfants. Le contexte éclaire cette citation dans le N.T. Jérémie continue : « Retiens tes pleurs, retiens les larmes de tes yeux ; car il y aura un salaire pour tes œuvres, dit l’Éternel ; ils reviendront du pays de l’ennemi. Il y a de l’espérance pour ton avenir, dit l’Éternel ; tes enfants reviendront dans leur territoire. » (31.16-17) Il y a encore de l’espoir ! Éphraïm reconnaît son péché et s’en repent (31.18-19) ; alors son Dieu l’accueille avec une immense miséricorde : « Mes entrailles sont émues en sa faveur : j’aurai pitié de lui. » (31.20) C’est ce que Dieu fera toujours.

 

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LE MASSACRE DES SAINTS INNOCENTS PAR JACQUES DE VOROGINE

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LES SAINTS INNOCENTS (28 décembre)

par Jacques de Vorigine dans la Légende dorée (1261-1266)

Les Innocents sont appelés de ce nom pour trois motifs, à savoir : en raison de leur vie, en raison de leur martyre, et en raison de l’innocence que leur mort leur a acquise. Ils sont innocents en raison de leur vie, parce qu’ils ont eu une vie innocente, c’est-à-dire n’ont pu, de leur vivant, nuire à personne. Ils sont innocents en raison de leur martyre, parce qu’ils ont souffert injustement et sans être coupables d’aucun crime. Enfin ils sont innocents en raison des suites de leur mort, parce que leur martyre leur a conféré l’innocence baptismale, c’est-à-dire les a purifiés du péché originel.

  1. Les Innocents ont été mis à mort par Hérode d’Ascalon. L’Écriture Sainte cite en effet trois Hérode, fameux tous trois pour leur cruauté. Le premier est appelé Hérode d’Ascalon : c’est sous son règne qu’est né le Seigneur et qu’ont été mis à mort les Innocents. Le second s’appelle Hérode Antipas : c’est lui qui a ordonné la décollation de saint Jean. Enfin le troisième est Hérode Agrippa, qui a mis à mort saint Jacques et a fait emprisonner saint Pierre. C’est ce que résument ces deux vers ;

Ascalonita necat pueros, Antipa Johannem,
Agrippa Jacobum, claudens in carcere Petrum.

Mais racontons brièvement l’histoire du premier de ces Hérode. Antipater l’Iduméen, comme nous le lisons dans l’Histoire scholastique, prit pour femme une nièce du roi des Arabes et eut d’elle un fils, qu’il appela Hérode, et qui fut surnommé ensuite Hérode d’Ascalon. Celui-ci fut fait, par César-Auguste, roi de Judée : ce fut la première fois que la Judée reçut un roi étranger. Cet Hérode eut à son tour six fils : Antipater, Alexandre, Aristobule, Archélaüs, Hérode Antipas, et Philippe. Alexandre et Aristobule, nés de la même mère, qui était juive, furent envoyés dans leur jeunesse, à Rome pour s’y instruire aux arts libéraux ; puis ils revinrent à Jérusalem, et Alexandre devint grammairien, tandis qu’Aristobule se distingua par la subtilité de son éloquence. Et souvent ils se querellaient avec leur père au sujet de la succession au trône. Puis, comme leur père, irrité contre eux, parlait de les déshériter, ils entreprirent de le faire tuer. Hérode, prévenu, les chassa ; et les deux jeunes princes se rendirent à Rome, où ils portèrent plainte contre leur père devant l’empereur.

Cependant les mages vinrent à Jérusalem, s’informant de la naissance du nouveau roi que leur annonçaient les présages. Et Hérode, en les entendant, craignit que, de la famille des vrais rois de Judée, un enfant ne fût né qui pourrait le chasser comme usurpateur. Il demanda donc aux rois mages de venir lui signaler l’enfant royal dès qu’ils l’auraient trouvé, feignant de vouloir adorer celui qu’en réalité il se proposait de tuer. Mais les mages s’en retournèrent dans leur pays par une autre route. Et Hérode, ne les voyant pas revenir, crut que, honteux d’avoir été trompés par l’étoile, ils s’en étaient retournés sans oser le revoir ; et, là-dessus, il renonça à s’enquérir de l’enfant. Pourtant, quand il apprit ce qu’avaient dit les bergers et ce qu’avaient prophétisé Siméon et Anne, toute sa peur le reprit, et il résolut de faire massacrer tous les enfants de Bethléem, de façon que l’enfant inconnu dont il avait peur pérît à coup sûr. Mais Joseph, averti par un ange, s’enfuit avec l’enfant et la mère en Égypte, dans la ville d’Hermopolis, et y resta sept ans, jusqu’à la mort d’Hérode. Et Cassiodore nous dit, dans son Histoire tripartite, qu’on peut voir à Hermopolis, en Thébaïde, un arbre de l’espèce des persides, qui guérit les maladies, si l’on applique sur le cou des malades un de ses fruits, ou une de ses feuilles, ou une partie de son écorce. Cet arbre, lorsque la sainte Vierge fuyait en Égypte avec son fils, s’est incliné jusqu’à terre, et a pieusement adoré le Christ.

 

  1. Or, pendant qu’Hérode méditait le massacre des enfants, lui-même fut mandé par lettre devant Auguste, pour se défendre de l’accusation de ses deux fils. Et après qu’il eut discuté avec ses fils en présence de l’empereur, celui-ci décida que les fils devaient obéir en tout à leur père, qui était libre de laisser son trône à qui il voudrait. C’est alors qu’Hérode, revenu de Rome, et rendu plus audacieux par la confirmation de la faveur impériale, ordonna de tuer tous les enfants âgés de moins de deux ans. Cet ordre s’explique fort bien si l’on songe que, le voyage d’Hérode à Rome ayant duré un an, un espace de près de deux ans devait s’être écoulé depuis le moment où l’étoile avait révélé aux mages la naissance de l’enfant royal. Mais saint Jean Chrysostome croit que le décret d’Hérode ordonnait, au contraire, le massacre de tous les enfants ayant plus de deux ans ; car l’étoile, d’après lui, serait apparue aux mages un an avant la naissance de Jésus ; et Hérode était resté un an à Rome, et sans doute il s’imaginait que, lorsque l’étoile était apparue aux mages, l’enfant était déjà né. Le fait est que certains os des saints Innocents, qui se sont conservés, sont trop grands pour provenir d’enfants de moins de deux ans ; encore qu’on puisse dire que peut-être la taille humaine était alors beaucoup plus grande qu’elle ne l’est aujourd’hui. Quant à Hérode, il fut aussitôt puni de son crime : car Macrobe et un autre chroniqueur rapportent qu’un fils d’Hérode se trouvait en nourrice à Bethléem, et fut massacré avec les autres enfants.

 

III. Mais Dieu, le juge des juges, ne permit pas que le châtiment d’un tel crime se bornât à cette seule mort. L’homme qui avait privé de leurs fils des pères sans nombre fut, lui-même, misérablement privé des siens. En effet, Alexandre et Aristobule devinrent de nouveau suspects à Hérode. Un de leurs complices révéla qu’Alexandre lui avait promis beaucoup de présents s’il parvenait à empoisonner son père ; d’autre part, le barbier d’Hérode révéla qu’Alexandre lui avait promis de le récompenser si, pendant qu’il rasait son père, il voulait étrangler le vieillard. Aussi Hérode, dans sa colère, les fit-il mettre à mort ; et il finit par déposséder de sa succession au trône son fils aîné Antipater, au profit de son autre fils Hérode Antipas. Et comme il avait, en outre, une affection toute paternelle pour les deux enfants d’Aristobule, Hérode Agrippa et Hérodiade, femme de son fils Philippe, Antipater se prit à l’égard de son père d’une haine si violente qu’il essaya de l’empoisonner ; et Hérode, l’ayant su, le fit jeter en prison. C’est à cette occasion que César-Auguste dit à ses familiers : « J’aimerais mieux être le porc d’Hérode que son fils, car, en sa qualité de Juif, il épargne les porcs, tandis qu’il tue ses fils. »

 

  1. Quant à Hérode lui-même, il avait environ soixante-dix ans lorsqu’il fut frappé d’une grave maladie. Il avait une fièvre très violente, une décomposition du corps, une inflammation des pieds, des vers dans les testicules, l’haleine courte, et une puanteur insupportable. Placé par les médecins dans un bain d’huile, il en fut retiré quasi mort. Mais, en apprenant que les Juifs attendaient avec joie l’instant de sa mort, il fit jeter en prison des jeunes gens des plus nobles familles de tout le royaume, et dit à sa sœur Salomé : « Je sais que les Juifs vont se réjouir de ma mort ; mais beaucoup d’entre eux s’en affligeront si tu veux obéir à ma recommandation, et, dès que je serai mort, faire égorger tous les jeunes gens que je tiens en prison : car, de cette manière, toute la Judée me pleurera malgré elle ! »

 

Il avait l’habitude de manger, après tous ses repas, une pomme, qu’il pelait lui-même ; et comme une toux affreuse le torturait, il tourna contre sa poitrine le couteau dont il se servait pour peler sa pomme. Mais un de ses parents arrêta sa main et l’empêcha de se tuer. Cependant toute la cour, le croyant mort, se remplit de cris ; et Antipater s’en réjouit fort dans sa prison, et promit de récompenser ses gardiens s’ils le délivraient. Ce qu’apprenant, Hérode fit tuer son fils par des soldats, et nomma, pour lui succéder, Archélaüs. Il mourut cinq jours après, ayant été très heureux dans sa fortune politique, mais très malheureux dans sa vie privée. Salomé, sa sœur, fit remettre en liberté tous ceux que le roi lui avait ordonné de tuer. Voilà du moins ce que nous lisons dans l’Histoire scholastique ; mais Rémi, dans son Commentaire de saint Matthieu, dit au contraire qu’Hérode se transperça du couteau dont il se servait pour peler ses fruits, et que Salomé, sa sœur, fit mettre à mort tous ceux qu’il avait jetés en prison.

 

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QUARANTE-DEUXIÈME SERMON. POUR L’ÉPIPHANIE DU SEIGNEUR. VIII.

par saint Augustin d’Hippone

 

Eg St-Egide à Poprad: choeur, fresque gothique du massacre des Innocents

  1. Frères bien-aimés, portez vos regards sur l’astre nouveau ; c’est le signe, non pas de la fatalité, mais de la royauté. Voyez-le briller dans sa course rapide, conduire les Mages au berceau du Christ, et, du haut du ciel, témoin de son obéissance, appeler à la crèche le monde entier. Comme, après la nuit, le pôle nous apparaît sous les teintes brillantes de l’aurore, ainsi les premiers rayons de la lumière se montrent au genre humain assis dans les ténèbres et les ombres de la mort ; ainsi s’annonce le Fils de Dieu, jusqu’alors inconnu. Voici venir les Mages, ces esclaves de l’astrologie, ces admirateurs des étoiles. Un globe de feu, qu’ils n’ont pas encore vu, projette dans les cieux d’éclatants rayons ; d’un pas rapide, il trace devant eux un chemin enflammé; ils le suivent et voient bientôt, enfermé dans l’étroite enveloppe d’un maillot, celui dont l’étoile lumineuse annonçait tout à l’heure, du haut des airs, la glorieuse puissance. Jamais torche ardente ne répandit autour d’elle une lueur semblable à celle de cet astre; jamais l’aurore n’envoya à la terre de rayons plus nombreux et plus doux; jamais d’une fournaise nouvellement allumée ne s’échappèrent de pareils torrents de flammes: il brillait si vivement, que, à la vue de cette lumière sans précédente, la terre se trouvait saisie d’épouvante. Comment ne pas reconnaître la majesté suprême en celui dont la grandeur se lisait dans l’écrin céleste ?

 

  1. Les Mages, au cœur desquels naissait la foi, prélude de la nôtre, s’approchent donc du Christ; ils lui offrent de l’or, lui donnent de l’encens, lui apportent de la myrrhe.

Pauvre petit enfant, vous êtes devenu bientôt riche ! Au milieu de tous ces présents, il pleure; et bien qu’il gémisse, on le redoute comme un Dieu: Ses clients lui apportent des cadeaux; ils courbent devant lui leurs fronts et l’adorent. On lui offre de l’or, parce qu’on reconnaît en lui un grand Roi ; on lui sacrifie de l’encens, en témoignage de sa divinité ; on lui donne de la myrrhe, comme à la victime qui doit mourir pour le salut de tous.

 

  1. Mais, à force de craindre, l’impie Hérode devient cruel ; il sévit avec d’autant plus de rage qu’il veut cacher mieux sa honte. Dès le premier abord, il feint de vouloir adorer celui dont la naissance le remplit d’épouvante. A mon avis, mes frères, si cet ennemi intime du Christ ne fait pas de mal aux Mages, c’est qu’il n’est pas assez fort; s’il joue le rôle d’innocent, c’est qu’il ne peut donner libre cours à sa méchanceté. Plein d’anxiété au sujet de ce successeur, tourmenté par la crainte de perdre sa royauté, Hérode se couvre du masque de suppliant, tout en nourrissant dans son âme des sentiments hostiles. Mais pouvait-il prendre au piége celui qui était venu détruire toutes les malices de la duplicité? Il temporisa donc, il attendit, mais inutilement : trompé dans ses espérances, il n’eut pas la patience de tenir plus longtemps cachées les secrètes pensées de son coeur. Aussi donna-t-il l’ordre de massacrer les innocents, de faire tomber sous le glaive et sous les pierres des membres non encore affermis et nouvellement sortis des entrailles maternelles. O cruel attentat ! O rage inouïe de ce monde ! Ce massacre était de telle nature,

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que le bourreau ne pouvait ni les tenir pour les tuer, ni les voir après leur avoir ôté la vie. On les arrachait tout tremblants des mamelles de leurs mères; leur frêle existence s’éteignait, incapable de résister aux tiraillements simultanés de celles-ci et de leurs bourreaux ; de la sorte, on tuait moins des vivants qu’on n’égorgeait des morts. Alors ces pauvres mères sanglotaient et remplissaient l’air de leurs cris : on les voyait serrer leurs enfants dans leurs bras; elles auraient voulu mourir avec eux, mais on ne leur donnait point le coup de grâce. Leurs entrailles se tordaient, non plus sous- l’effort des douleurs de l’enfantement, mais sous le poids du chagrin et du deuil : elles avaient beau pleurer et tendre vers les bourreaux des mains suppliantes, les cruels sicaires demeuraient insensibles; dans leur fureur, ils brisaient ces petits membres à peine nés de la veille, et, malgré les prières des mères éplorées, ils étalaient à leurs yeux le hideux spectacle du sang de leur chère progéniture. Hérode, à quoi t’a servi cet acte de cruauté? Pour atteindre un enfant, tu en fais mourir une multitude, et néanmoins tu ne parviens pas à frapper celui que tu cherches; et ainsi, ta stérile méchanceté n’aboutit qu’à te donner à toi-même le coup de mort et à donner au Christ des martyrs de son âge !

 

  1. Pour nous, mes frères, réjouissons-nous dans l’unité de la foi, « dans une charité sincère, dans la parole de vérité, dans la force de Dieu (1) ». Marchons de. pair avec les Mages, suivons la brillante lumière de l’étoile, adorons le Christ dans sa crèche, offrons-lui l’hommage de nos vœux . Il est aujourd’hui couché devant la porte, enveloppé dans les langes de la pauvreté : les Mages lui offrent de l’or; que des chrétiens ne refusent pas aux indigents une pièce de monnaie.

 

  1. II Cor. VI, 6.

 

 

24975568-26505051

 

 

 

 

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