La présentation de Jésus au Temple et la purification de la Vierge Marie

PRESENTATION DE JESUS AU TEMPLE ET PURIFICATION DE LA VIERGE MARIE

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L’Evangile, après avoir parlé de la rencontre du vieillard Siméon et d’Anne la prophétesse, ajoute seulement que Marie accomplit tout ce qui était prescrit par la loi, c’est-à-dire la cérémonie de la purification et le rachat de son premier-né. Nous emprunterons encore à saint Vincent Ferrier les pieuses considérations qu’il fait sur ces deux sujets.

« Il y avait dans le Temple, dit-il, et cet usage s’observe encore aujourd’hui parmi les Juifs, un endroit réservé pour les femmes nobles et riches, un autre pour les femmes de conditions médiocres, et un troisième pour les vierges. Marie, en entrant, examina pour voir à quel groupe elle devait se joindre. Elle appartenait à la plus haute noblesse, puisqu’elle était fille de David ; mais elle était pauvre et simplement vêtue, car elle avait donné pour l’amour de Dieu tout l’or que lui avait apporté les rois de l’Orient, et ne voulait vivre que du travail de ses mains. Si donc elle était allée du côté des riches, ces femmes hautaines auraient pu lui dire : « Allez à la place qui vous convient. Quoi ! la femme d’un artisan prétend prendre rang parmi nous ! » Elle avait droit de s’associer aux Vierges. Mais celles-ci lui auraient dit : « Comment pouvez-vous venir avec nous, vous qui avez reçu un époux et un fils ? »

« Elle alla donc se mettre avec les pauvres femmes du peuple. Et ainsi fut réalisée la prophétie du livre des Cantiques : Ma bien-aimée est entre les femmes comme le lis entre les épines. Et ce fut là le premier exemple d’humilité que Marie donna en ce jour.

Elle en donna un second non moins étonnant en se conformant aux prescriptions de la loi. Car la loi ordonnait que la femme, quarante jours après son enfantement, se présentât au Temple, et que fléchissant les genoux devant le prêtre, elle lui dit : « Voici mon oblation, offrez pour moi le sacrifice, afin que Dieu me remette mes péchés. » Le prêtre offrait le sacrifice, bénissait ensuite la femme, et celle-ci se retirait.

La Vierge Marie voulut passer par toutes ces observances. Elle dit au prêtre : « C’est aujourd’hui le quarantième jour depuis que j’ai enfanté ce fils ; il a été circoncis le huitième jour et a reçu le nom de Jésus. » Et elle lui remit son offrande de deux tourterelles et de deux colombes, en lui demandant de prier pour elle. O comble d’humilité ! La Très Sainte dit au pécheur : « Priez pour moi. » Et le prêtre ne la connaissait pas. Mais Isaïe la connaissait mieux lorsqu’il disait : « Voici que la Vierge concevra et enfantera un Fils, et son nom sera Emmanuel. »

Jésus ne le céda pas en humilité à sa mère lorsqu’il voulut être présenté à Dieu. Il n’en avait certes pas besoin, car il n’avait pas quitté son père pour venir sur la terre, mais il était descendu comme le rayon qui ne se sépare pas du soleil pour venir éclairer la terre. Il voulut cependant, lui, être présenté comme un étranger.

Il était né si pauvre, que sa mère ne put offrir pour lui un agneau au prêtre. Il ne convenait pas du reste qu’elle présentât cet agneau figuratif, quand elle portait dans ses bras le véritable Agneau de Dieu, et qu’elle venait offrir au Père céleste la grande Victime qui devait être immolée pour le salut de tous les hommes. Marie se contenta donc d’offrir comme les pauvres, deux tourterelles et deux colombes

http://viedessaints.free.fr/vds/purificationSainteVierge.html

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ÉVANGILE

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 22-35)

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce
qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »
Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui.
Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère :
« Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

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Présentation de Jésus au Temple

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La Présentation de Jésus au Temple est un événement de la vie de Jésus tel que relaté dans l’Evangile selon Luc Lc 2:22s). Accomplissant une prescription de la loi juive – « Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur » (Ex 13:2,11-13) – les parents de l’enfant Jésus le présentent et l’offrent au Temple de Jérusalem. Il y est reçu par le vieillard Syméon.  Ce récit lucanien a plus un caractère apocalyptique et théophanique qu’historique.

La fête chrétienne qui y est associée est célébrée quarante jours après Noël c’est-à-dire le 2 février dans le calendrier grégoriene. Dans les Églises d’Orient, elle est aussi célébrée le 2 février du calendrier julien, qui équivaut au 14 février du calendrier grégorien. Le 2 février fut longtemps une date importante pour les paysans ce qui est commémoré par un grand nombre de proverbes. Cette date est traditionnellement celle de la Chandeleur, originairement une fête païenne célébrant la lumière remplacée par la fête chrétienne.

Cette fête est également un thème de l’iconographie religieuse, aussi bien en peinture qu’en enluminures, sculpture, vitraux, tapisseries, etc. Elle s’inspire d’une scène décrite par l’Evangile de Lu II, 22-39 où le fils de la Vierge Marie est annoncé par Syméon comme le « Maître » et « la lumière qui portera la révélation aux païens », c’est-à-dire aux non-juifs.

Luc 2,21-40

« Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception. Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelle ou deux petites colombes.. Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. L’Esprit lui avait révélé qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Messie du Seigneur. Poussé par l’Esprit, Syméon vint au Temple. Les parents y entraient avec l’enfant Jésus pour accomplir les rites de la Loi qui le concernaient. Syméon prit l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d’Israël ton peuple. » Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qu’on disait de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. – Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. – Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d’un grand nombre. » Il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. S’approchant d’eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. Lorsqu’ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. »

Éléments d’histoire et d’interprétation.

L’interprétation traditionnelle de cet épisode est que les parents de Jésus accomplissent le rite religieux de rachat du premier-né selon lequel les garçons premiers-nés devaient être « rachetés », à l’âge d’un mois, par un sacrifice animal (Nb, 18, 15) car ils étaient considérés comme appartenant à Dieu (Ex 13:2-12). Cependant, cette interprétation semble erronée, le sacrifice offert (deux colombes) étant celui de la purification du Marie (Lévitique 12, 1-8). Purification était le nom de la fête du 2 février dans l’Église latine jusqu’au moins le concile Vatican II.

La tradition orientale célèbre depuis au moins le IVè siècle la fête de la Présentation de Jésus au Temple, ou plus exactement, en grec, sa Rencontre avec Siméon et Anne. Elle apparaît en premier dans le rite de l’Eglise de Jérusalem. À l’origine elle se célébrait le 14 février, puisque Jérusalem célébrait la nativité de Jésus, à cette époque et jusqu’au milieu du VIè siècle, le 6 janvier. Des documents arméniens, géorgiens et grecs éclairent les circonstances historiques tragiques dans lequel s’est réalisé le passage du 14 au 2 février.

Cette fête portait, et porte encore, le nom de Chandeleur, fort appréciée des enfants, car on y faisait, ou fait encore des crêpes au sucre.

Prière de Syméon

Le récit rapporte le cantique de Syméon (le Nunc dimittis) :

« Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut. […]

Et sa prophétie sur Jésus et Marie :

 » Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction, et à toi-même une épée te transpercera l’âme » (Lc, 2:34-35).

Cette prière est récitée traditionnellement par les fidèles chrétiens avant le coucher du soir ou dans les offices funèbres.

Ce récit évoque aussi Anne la prophétesse (Lc, 2:36-38).

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Rite de la purification

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Les lois concernant la femme qui vient d’accoucher.

Si celle-ci accouche d’un garçon, elle reste impure pendant 40 jours, tandis que si elle accouche d’une fille, elle reste impure pendant 80 jours, soit deux fois plus longtemps.

 Impureté rituelle et perte de sang dans le judaïsme

L’impureté n’est pas un terme péjoratif, et ce n’est pas une punition ; c’est d’abord un état spirituel lié au religieux : on parle d’impureté rituelle. Une personne en état d’impureté ne peut pas participer au culte. Cet état d’impureté est provisoire, il prend fin par un rituel qui permet de redevenir pur.

La plus grande source d’impureté est la mort. Tout contact, même symbolique, avec la mort engendre l’impureté. Autrement dit, la pureté correspond à la vie tandis que l’impureté est liée à la mort.

Il existe un rapport très important entre le judaïsme et la sainteté de la vie, le respect et le choix de la vie, comme nous l’explique le verset où Moïse recommande aux enfants d’Israël de choisir la vie et non la mort et de donner un sens à la vie : « J’ai placé devant toi la vie et la mort, le bonheur et le malheur. Choisis la vie ! » – Deutéronome 30, 19 – Par ce commandement, nous ne devons pas nous contenter juste de vivre mais nous devons faire consciemment le choix de la vie.

Les règles sont la source la plus fréquente d’impureté de la femme. Le sang menstruel représente la vie, donc lorsqu’il est perdu, on suppose qu’il y a perte de la vie et l’on devient impur. Mais cet état d’impureté n’est pas définitif, d’ailleurs le rituel du Mikvé, accompli par la femme à la fin de ses règles, lui permet une renaissance symbolique et donc le retour à la vie.

 Impureté après l’accouchement

Il y a pourtant plusieurs raisons à l’état d’impureté qui suit l’accouchement.

Nous avons déjà signalé qu’après l’accouchement, la mère perd beaucoup de sang. La Paracha  dit : « elle sera impure pendant 7 jours comme au moment de ses règles ». La mère est donc impure à cause de cette perte de sang qui représente la vie, pendant 7 jours pour un garçon et 14 jours pour une fille. Elle est ensuite dans une période d’isolement entre la pureté et l’impureté pendant une période de 33 jours si le bébé est un garçon, et 66 jours si c’est une fille.

C’est cette période d’isolement où la mère n’a pas encore retrouvé son état de pureté qui est spécifique à l’accouchement. Il faut se souvenir qu’à une époque lointaine, la femme risquait sa vie en mettant au monde un enfant. L’état d’impureté découle en partie du fait qu’elle a échappé à la mort. Il lui faut du temps pour se remettre :

– physiquement

– spirituellement

– psychologiquement

– symboliquement

Pour redevenir pure, la mère doit offrir un sacrifice.

Lorsqu’un enfant naît, on sait qu’il est mortel puisque l’on sait qu’il va mourir un jour. Lorsqu’on n’a pas encore d’enfant, on se dit : « j’aimerais tellement avoir un bébé ! ». C’est comme s’il était immortel puisqu’on n’en a pas encore et qu’il ne mourra pas. La prise de conscience d’avoir donné naissance à un être mortel peut également expliquer l’impureté de la nouvelle maman.

Enfin, quand elle accouche, la mère doit faire le deuil du fœtus qu’elle portait en elle. Quand son enfant est né, elle n’a plus cette vie qu’elle gardait en elle. C’est ce que les psychologues appellent le baby- blues, et la mère doit surmonter cela.

Pourquoi alors la période d’isolement est-elle doublée pour une fille ?
Peut-être parce que la fille portera un jour elle-même la vie. Lorsqu’elle donne naissance à une petite fille, la mère portait doublement la vie et aura donc besoin, selon la Torah, de deux fois plus de temps que pour un garçon pour se reconstruire spirituellement.

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Cantique de Syméon

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Le Cantique de Syméon, appelé le Nunc dimittis dans le catholicisme le  et dans les œuvres musicales qu’il a inspirées, est une prière chrétienne traditionnelle. Il figure dans l’Evangile selon Luc (2:29-32) et appartient au Sondergut de ce texte.

Le texte biblique

La prière vient du passage de l’Evangile de Luc (Lc 2:29-32) dans lequel le vieillard Syméon (ou Siméon selon les translittérations) reconnaît en l’Enfant Jésus le Messie et annonce dans les versets suivants de Luc 2, 34-35 à Marie la souffrance qu’elle endurera :

νῦν ἀπολύεις τὸν δοῦλόν σου, δέσποτα, κατὰ τὸ ῥῆμά σου ἐν εἰρήνῃ, ὅτι εἶδον οἱ ὀφθαλμοί μου τὸ σωτήριόν σου, ὃ ἡτοίμασας κατὰ πρόσωπον πάντων τῶν λαῶν, φῶς εἰς ἀποκάλυψιν ἐθνῶν καὶ δόξαν λαοῦ σου Ἰσραήλ.

« Nunc dimittis servum tuum, Domine, secundum verbum tuum in pace. Quia viderunt oculi mei salutare tuum, quod parasti ante faciem omnium populorum. Lumen ad revelationem gentium et gloria plebis tuae Israel.»

« Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, Salut que tu as préparé devant tous les peuples, Lumière pour éclairer les nations, et gloire d’Israël, ton peuple »

Catholicisme

Dans le catholicisme, cette prière caractérise en particulier l’office des complies, l’office qui précède le silence de la nuit de la liturgie des Heures.

Le nom de cette prière en latin lui vient de son incipit, dont le sens est Maintenant, laisse partir [ton serviteur].

En langage courant, l’expression «Nunc dimittis… » s’emploie pour signifier qu’on se retire, la satisfaction du devoir accompli ou pour reconnaitre que sa relève est assurée par une ou des personnes mieux qualifiées ou plus jeunes.

Dans le rite byzantin

Le texte du cantique est utilisé à deux reprises dans l’ensemble des offices liturgiques byzantins :

aux vêpres, après les apostiches et avant les prières du Trisaghion ; suivi peu après de la fin de l’office, ce chant est littéralement le congé pris par les fidèles à la fin du jour liturgique.

dans le rite de présentation de l’enfant dans l’église (aussi appelé ecclésialisation) peu après le baptême (généralement le lendemain, ou juste après, si le baptême est célébré au cours d’une liturgie), une fois que le prêtre est revenu à la soléa avec l’enfant dans les bras ; en reprenant le rite du temple et les paroles du prophète Syméon, le rite manifeste l’identité du nouveau baptisé avec le Christ.

Parmi les trois cantiques néotestamentaires, le cantique de Syméon est le seul qui n’est pas lu à la neuvième ode des matines.

Prophétie de Siméon

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La prophétie de Siméon est une prophétie dite par Syméon, personnage de la Bible, à la Vierge Marie.

Le récit biblique décrit Siméon comme un homme juste et pieux, qui attendait la consolation d’Israël et qui avait l’Esprit-Saint sur lui. Toujours dans le récit de saint Luc, Siméon avait été averti par Dieu qu’il ne mourrait point avant de voir le Christ. On écrit parfois Syméon pour épeler son nom.

Siméon est venu au temple de Jérusalem pour avertir Joseph et Marie que leur fils Jésus est la lumière des nations. Sa prophétie fait d’abord une allusion au récit de la Passion. Parlant à Marie, il lui annonce que son âme sera transpercée par une épée au pied de la croix.

Cette prophétie a fait pleurer la Vierge Marie. Les chrétiens prient Notre-Dame des Douleurs en méditant sur cet événement. Le chapelet des douleurs est consacré aux sept douleurs de Marie, et cet événement biblique constitue la première de ses sept douleurs. Selon Jean-Paul II, la prophétie de Siméon lui a semblé comme une seconde annonciation (cf. Redemptoris Mater). Avec Joseph, elle rencontre ensuite Anne la prophétesse..

Saint Jean ne dit pas que Marie fut transpercée par une épée dans son récit mais il ne l’exclut pas :

« Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui. »

Le Stabat Mater est beaucoup plus clair là-dessus: « Alors, son âme gémissante, toute triste et toute dolente, un glaive la transperça ». Munificentissimus Deus reprend la prophétie de Siméon en proclamant le dogme de l’Assomption de la Vierge Marie.

Marie a survécu au glaive car l’Évangile dit qu’elle fut présente devant le Saint Sépulcre, où elle pleura de nouveau. Elle est également mentionnée dans le récit de la Pentecôte.

Les théologiens affirment qu’elle a accompagné les apôtres et qu’elle a vécu jusqu’à un âge avancé. Ils affirment aussi que Marie a subi une mort temporelle avant son Assomption. Ils sont cependant incertains sur le lieu de sa mort: soit Ephèse ou Jérusalem.

 

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La prophétesse Anne

La mention de la prophétesse Anne dans l’évangile de l’enfance de Luc apparaît effectivement surprenante. Les motifs sont d’ailleurs divers: il n’existe pas de précédents bibliques pour cette personne et son rôle, tel que l’auteur la décrit, ne présente pas les traits caractéristiques des prophètes: la vocation, les oracles de jugement, les messages de consolation, les actions symboliques, les visions… Qui est alors la prophétesse Anne? Et pourquoi l’auteur la nomme-t-il de cette manière? Etait-elle vraiment une prophétesse? Anne apparaît dans l’évangile selon Luc, avec le vieux Siméon qui accueille Jésus lors de la présentation au Temple (cf. 2, 22-38). Il s’agit du moment de la circoncision, un rituel commun chez les juifs, qui est réalisé le huitième jour sur chaque enfant de sexe masculin, selon la prescription de la Loi. Marie et Joseph apportèrent donc l’enfant à Jérusalem «pour l’offrir au Seigneur» (2, 22). Dans cette expression, l’évangéliste introduit le lecteur au coeur du rituel de la circoncision dont le sens profond consiste en effet à l’appartenance au Seigneur. Il est ainsi écrit dans la Loi: «Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur » ( Luc 2, 23; cf. Exode 13, 2.12.15).

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Avec Marie et Joseph, deux figures lumineuses se trouvent dans le Temple: Siméon le juste et la prophétesse Anne; un homme juste et une femme prophétesse, deux figures qui sont donc unies par une tâche — la reconnaissance — extraordinairement significative. En effet, leur louange jaillit du plus profond de leur foi et de leur espérance. Tous les deux, Siméon et Anne, très âgés, sont habités par l’Esprit Saint. Et c’est précisément cet Esprit qui inspire leur louange, faite de chant et de prophétie, que personne, jusqu’à ce moment du récit évangélique, n’avait été capable de proclamer. Ces deux personnes âgées réagissent cependant de façon différente dans leur présentation de l’enfant, chacune selon son propre rôle.

Siméon est l’homme de l’attente (cf. Luc 2, 25). Dans le Temple, il veillait et attendait l’accomplissement de la promesse messianique (cf. 2, 26) annoncée par les antiques prophètes (cf. Isaïe 40, 1; 52, 9). Son cœur se réjouit, car il est capable de comprendre que Jésus est le salut promis par Dieu. En d’autres termes, la promesse divine s’est réalisée dans cet enfant offert au Seigneur. Plongé dans l’Esprit, Siméon est capable de voir et de comprendre la signification profonde de ce qu’il est en train de vivre: «Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël» (Luc 2, 30). L’évangéliste Luc nous offre la clé pour comprendre les faits racontés: la reconnaissance de Jésus comme réalisation de la promesse messianique dépend de la communion avec l’Esprit Saint, grâce auquel nous a été donnée la capacité de voir en profondeur (cf. Isaïe 52, 10).

La prophétesse Anne partage pleinement ce regard qui naît de la profondeur, toutefois l’auteur la présente comme une figure très particulière: une femme prophétesse, une veuve âgée, fille de Phanuel de la tribu d’Aser et qui vit dans le Temple de la ville sainte. Ces références ne sont pas un hasard. Phanuel rappelle le nom Peniel (“visage de Dieu”), que Jacob donne au lieu où se déroula sa lutte intérieure nocturne avec l’ange (cf. Genèse 32, 31). La tribu d’Aser rappelle en revanche une ascendance prestigieuse, c’est-à-dire le fils de la matriarche Lia (cf.Genèse 30, 13). Anna est donc une femme ayant d’importantes références bibliques, étroitement liées à l’histoire d’Israël. Ce qui surprend le plus est que, à la différence de Siméon, l’auteur ne lui fait rien dire, il la décrit simplement. Anne ne fait pas irruption, comme Siméon, avec un chant de louange, dans lequel sont rappelées et célébrées les espérances messianiques d’Israël. Nous devons la voir et l’imaginer là-bas, dans le Temple, avec Siméon, Marie et Joseph, à travers la présentation voilée de l’évangéliste.

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Il faut noter un détail: Anne «ne s’éloignait jamais du Temple» ( Luc 2, 37). Que veut nous dire Luc par cette image: une veuve qui utilisait le Temple comme sa maison? A notre avis, c’est une manière pour dire qu’Anne a passé sa longue vie (elle avait quatre-vingt quatre ans) en prière et donc en communion avec Dieu. Elle n’est pas là par hasard, elle est là parce qu’elle avait élu ce lieu — la demeure de Dieu — comme sa demeure habituelle: le Temple était le centre de sa vie. A ce point, l’évangéliste ajoute une information supplémentaire: Anne servait Dieu «nuit et jour dans le jeûne et la prière» ( Luc 2, 37). C’est une affirmation impressionnante, cette veuve âgée était “toujours” employée au même service, c’est-à-dire qu’elle se donnait de manière pleine et totale. L’affirmation frappe encore davantage quand on se rend compte que rien de semblable n’a jamais été dit, avant ou après, à propos d’une autre femme, pas même de Marie ou d’Elisabeth. Toutes les deux apparaissent dans un environnement familial. Elles ne se détachent pas de leur activité quotidienne, bien que restant concentrées sur leur propre intériorité et capables de s’ouvrir à la surprise de Dieu. Anne, en revanche, a fait du Temple sa maison. Elle reste là-bas nuit et jour, en louant, en jeûnant et en priant sans cesse. Nous pouvons comprendre que pour Anne cette lounage incessante est devenue le sens de sa vie, la raison d’être de son existence. Bien qu’étant une femme fragile, en tant qu’âgée et veuve, celle-ci fait l’expérience dans sa propre chair de la joie authentique et inépuisable que seul le Seigneur peut donner.

Nous ne savons pas pourquoi l’évangéliste l’appelle prophétesse. La compréhension que nous avons des prophètes est plutôt liée à l’écoute intérieure, à l’annonce du salut et à la dénonciation des méfaits; en somme, au fait de parler explicitement au nom de Dieu. Cela, Anne ne le fait pas. Le lecteur est étonné devant le silence d’Anne, il ne réussit pas à comprendre qu’une prophétesse ne prophétise pas. Et Houldah lui vient immédiatement à l’esprit, la prophétesse qui, outre confirmer l’authenticité du rouleau retrouvé dans le temple au cours du règne de Josias, annonça la chute du royaume du Sud (cf. 2 R 22). Alors, comment se fait-il que nous n’entendons pas la voix d’Anne? Pourquoi se tait-elle devant le sauveur du monde? Et bien, les réponses à ces questions doivent être recherchées dans la manière de raconter de Luc. Il présente la prophétie d’une manière différente de celle des auteurs des livres prophétiques. Pour Luc, la prophétie se déroule non sur la place publique ou à la cour des monarques, mais dans la présence et dans le rapport intime avec Dieu, devenant ainsi une totalité de vie, comme dans la cas de notre prophétesse. Anne répond parfaitement à ce “nouveau type” de prophétie.

C’est précisément en cela que consiste la dimension prophétique de nombreux chrétiens, des premiers temps et de tous les temps. Autrement dit, la prophétie est une décision libre d’être et de demeurer dans un rapport personnel et intime avec Dieu; un rapport d’amour duquel apparaît le témoignage éloquent de foi et de louange. Peut-être l’auteur a-t-il compris qu’au témoignage de Siméon manquait celui d’Anne; à la parole prophétique de Siméon qui annonce le destin dramatique de son fils et le sien comme mère (cf. Luc 2, 34-35), manquait le témoignage de foi d’Anne, mûri dans l’incommensurable intériorité d’une vie. Anne est la première d’une longue liste de prophètes et de prophétesses qui joueront un rôle fondamental dans l’annonce de Jésus Christ, bien que restant jusqu’à aujourd’hui ignorés et inconnus de nombreux chrétiens.

Comme Elisabeth et Marie, Anne est une femme qui communique une vérité qui ne se confond ps avec les autres: la reconnaissance de Jésus comme don de salut a besoin d’un cœur capable d’attendre dans le silence et dans l’intériorité, nuit et jour. Le rôle de Anne n’a pas la nouveauté de celui d’Elisabeth ou la grandeur de celui de Marie, mais en elle sont anticipés les traits les plus importants des disciples, homme et femmes, de Jésus. En tant que prophétesse, Anne continue la longue tradition des femmes prophétesses de l’Ancien Testament dont la présence, bien que très discrète, est attestée dans divers écrits bibliques et doit être interprétée à l’intérieur du contexte général de la prophétie d’Israël. Pensons à Myriam, la sœur de Moïse et d’Aaron (cf. Exode 15, 20), une figure très admirée dans la littérature rabbinique; à Deborah, prophétesse et juge, qui annonça à Barak la victoire d’Israël par la volonté de Dieu (cf. Juges 4, 4.9); à Houldah, dont nous avons parlé précédemment (cf. 2 R 22, 14); ou même à la femme d’Isaïe, appelée la prophétesse (cf. Isaïe 8, 3). Mais notre protagoniste, en faisant du Temple sa demeure, dépasse le seuil de l’Ancien Testament, anticipant le rôle des femmes prophétesses des premiers temps de l’Eglise (cf. Actes des apôtres 2, 17; 21, 9; 1 Corinthiens 11, 5). Sa bénédiction consiste à louer Dieu et à parler de l’enfant «à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem» ( Luc 2, 38). En effet, Joseph et Marie, dans leur désir d’obéir à la Loi à propos de la circoncision de l’enfant et de la purification de la mère, reçoivent la bénédiction de Dieu par l’intermédiaire de Siméon et d’Anne. Toutefois, ce qui est souligné est leur attitude d’attente et de louange. Marie et Joseph restent dans l’ombre. Il semble que Luc veuille avertir ses lecteurs qu’un temps nouveau va commencer, un temps où la louange et l’annonce prennent le dessus.

Le récit biblique est imprégné, d’une part, de la beauté du rituel hébraïque et, de l’autre, de la foi et de Marie et Joseph à travers les paroles de Siméon et la présence de la prophétesse Anne. Les paroles du vieux Siméon constituent le centre du récit, bien qu’elles apparaissent dans un contexte marqué par des éléments théologiques riches de signification: obéissance à la Loi, célébration d’une naissance, adoration dans le Temple et reconnaissance que la promesse de Dieu s’est réalisée. La célébration dans le Temple ne représente pas une intrusion dans leur vie, mais la réalisation de leur foi. Marie et Joseph vivaient dans un contexte d’alliance et voulaient introduire leur fils dans le même contexte. Siméon et Anne, sensibles à la présence de Dieu dans les événements du passé d’Israël, répondent à l’obéissance de Joseph et Marie par des paroles de bénédiction. Leur bénédiction a donné à la célébration de la présentation de l’enfant une signification qu’elle n’aurait jamais eue autrement. Nous imaginons que Marie et Joseph se sont toujours rappelés de cette bénédiction, signe d’un Dieu qui est parmi nous, mais cela reste un mystère indicible. Jésus est un Dieu qui est venu dans l’histoire pour nous donner la joie, mais il reste dans l’attente de notre intimité et de notre espérance.

Luísa Maria Almendra

L’auteure

Luísa Maria Almendra, titulaire d’un doctorat en théologie biblique, dans le domaine des Ecrits sapientiels, enseigne à la faculté de théologie de l’Université catholique portugaise. Elle tient des cours et des séminaires sur l’Ancien et le Nouveau Testament et enseigne les langues bibliques. Elle est membre de la Society for the Study of Biblical and Semitic Rhetoric, de l’Association Catholique Française pour l’étude de la Bible et della Society of Biblical Literature. Elle est responsable du cours de théologie de la faculté et des relations internationales de cette même faculté.

 http://www.osservatoreromano.va/fr/news/la-prophetesse-anne

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PURIFICATION DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE.

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La Purification de la Vierge Marie eut lieu quarante jours après la Nativité du Seigneur. Cette fêté a été nommée ordinairement de trois manières, la Purification, Hypopante ou rencontre, et la Chandeleur. On la nomme Purification parce que, quarante jours après la naissance du Seigneur, la Vierge vint au Temple se purifier, selon la coutume introduite par la loi, quoique cette loi ne l’obligeât point. En effet au Lévitique (XII), la loi ordonnait que là femme qui, ayant usé du mariage, enfanterait un fils, serait impure pendant sept jours, impure au point de s’abstenir de toute espèce de commerce avec les hommes, et de l’entrée du temple:

Mais après les sept jours; elle redevenait pure ; en sorte qu’elle pouvait se trouver avec les hommes mais elle avait encore trente trois jours a passer avant de pouvoir entrer’ dans le temple à raison de son impureté. Enfin après quarante jours, elle entrait dans le temple et offrait son enfant avec des présents. Que si elle avait enfanté une femme, les jours étaient doublés pour ses rapports avec les hommes et pour l’entrée du temple. Pourquoi donc le Seigneur a-t-il ordonné que, au 40e jour, l’enfant fût offert dans le temple ? on peut en donner trois raisons. La première afin que l’on comprenne par là que (271) comme l’enfant est introduit au 40e jour dans le temple matériel, de même 40 jours après sa conception, pour le plus souvent, son âme est infuse dans le corps comme dans son temple. Ceci est rapporté dans l’Histoire scholastique *, quoique les physiciens (médecins) disent que le corps est perfectionné en 46 jours. La seconde, que comme l’âme infuse au 40e jour dans le corps, est souillée par le corps lui-même, de même au 40e jour, en entrant dans le temple, l’âme est désormais lavée de cette tache par les offrandes. La troisième, pour donner à comprendre que; ceux-là mériteront d’entrer dans le temple céleste qui auront voulu observer les dix commandements avec la, foi aux quatre Evangiles. Pour celle qui enfantait une femme, ces jours sont doubles, quant à l’entrée dans le temple, comme ils sont doublés pour la formation de son corps : car ainsi que le corps d’un homme est organisé et rendu parfait en 40 jours. et que pour le plus souvent, l’âme est infuse au 40e jour, ainsi le corps d’une femme est achevé en 80 jours et au 80e jour, pour le plus souvent, l’âme anime son corps. Pourquoi donc le corps d’une femme met-il plus de temps à se parfaire et l’âme à l’animer que le corps d’un homme ? Sans parler des raisons prises de la nature, on peut en assigner trois autres. La première, c’est que J.-C.; devant prendre chair dans le sexe viril, afin d’honorer, ce sexe et lui octroyer une plus grande grâce, il voulut que l’enfant fût formé plus tôt et que la femme fut purifié plus vite.

* Ch. XVIII. C’est l’œuvre de Pierre Comestor, auteur du XIIe siècle, qui eut une vogue immense a peu près égale à celle de la Légende dorée.

272

La seconde, que la femme ayant plus péché que l’homme, ses infirmités fussent doubles des infirmités de l’homme extérieurement en ce mondé, de même alors, elles ont dû être doublées intérieurement dans le sein. La troisième, pour donner à comprendre par là que la femme a été d’une certaine manière plus à charge à Dieu que l’homme, puisqu’elle a failli davantage. En effet Dieu est en quelque sorte fatigué par nos actions mauvaises, ce qui lui fait dire dans Isaïe (XLIII) : «Vous  m’avez rendu comme votre esclave par vos péchés. » Et ailleurs il dit encore par Jérémie (VI) : « J’ai travaillé avec grand effort. » La bienheureuse Vierge n’était donc pas tenue à cette loi de la purification, puisqu’elle n’a pas conçu en usant du mariage, mais par un souffle mystique. Aussi Moïse a ajouté : « en usant du mariage, » ce qui n’était pas nécessaire par rapport aux autres femmes qui conçoivent toutes , de cette manière, mais Moïse a ajouté ces mots, dit saint Bernard, parce qu’il venait de faire injure à la mère du Seigneur. Cependant elle voulut se soumettre à la loi pour quatre raisons. La première, pour donner l’exemple de l’humilité. Ce qui fait dire à saint Bernard : «O Vierge vraiment bienheureuse, vous n’aviez aucun motif ni aucun besoin de vous purifier ; mais est-ce que votre Fils avait besoin de la circoncision? Soyez au milieu des femmes comme l’une d’elles, car vôtre fils aussi se rend semblable aux autres enfants. » Or, cette humilité ne vint pas seulement de la mère, mais encore du Fils, qui voulut ici, comme elle, se soumettre à la loi. En effet, dans sa naissance, il se posa en homme (273) pauvre, dans sa circoncision en homme pauvre et pécheur, mais aujourd’hui il se traite en homme pauvre, et pécheur et esclave; en pauvre, puisqu’il choisit l’offrande des pauvres; en pécheur, puisqu’il veut être purifié avec sa mère; en esclave, puisqu’il a voulu être racheté, et même peu après il voulut être baptisé, non pour effacer en sondes fautes, mais pour offrir au monde l’exemple de la plus grande humilité, et pour donner des preuves que ces remèdes ont été bons au temps où on les employait.. Car cinq remèdes furent institués, dans une certaine succession de temps, contre le péché originel. Trois d’entre eux, selon Hugues de Saint-Victor, ont été institués sous la’ loi ancienne les oblations, les dîmes et les immolations des sacrifices, qui signifiaient merveilleusement l’œuvre de notre rédemption. Car le mode de rachat était exprimé par l’oblation; le prix lui-même de l’oblation, par le sacrifice, où il y avait effusion de sang; celui-là même, qui était racheté, par la dîme, parce que l’homme est figuré par la dixième dragme : Le premier remède fut l’offrande : ainsi l’on voit Caïn offrir à Dieu des présents de ses fruits,  et Abel, de ses troupeaux. Le second fut la dîme, comme dans Abraham qui offre la dîme au prêtre. Melchisédech : car selon saint Augustin, on dîmait sur tout ce dont on prenait soin. Le troisième fut l’immolation des sacrifices : car, d’après saint Grégoire, les sacrifices étaient établis contre le péché originel. Mais parce qu’il était de rigueur, eût au moins l’un ou l’autre des parents eût la foi et qu’il pouvait se faire quelquefois que tous les deux fussent infidèles, alors vint le quatrième remède, (274) savoir : la circoncision qui avait sa valeur, soit que les parents fussent fidèles, soit qu’ils ne le fussent point. Mais ce remède ne pouvant convenir seulement qu’aux mâles, et ne pouvant pas ouvrir les portes du paradis, alors à la circoncision succéda comme cinquième remède le baptême qui est commun à tous et qui ouvre la porte du ciel. J.-C. donc paraît avoir reçu, en quelque manière, le premier remède quand il fut offert dans le temple par ses parents; le second, quand il jeûna 40 jours et 40 nuits, parce que n’ayant point de biens avec quoi il pût payer la dîme, il offrit du moins à Dieu la dîme de ses jours. J.-C., s’est appliqué le troisième remède, quand sa mère offrit pour lui une paire de tourterelles, ou deux petits de colombes pour en faire un sacrifice, ou bien encore, quand il s’offrit lui-même en sacrifice sur la croix. Le quatrième, quand il se laissa circoncire, et le cinquième en recevant le baptême de saint Jean. — La seconde raison était d’accomplir la loi. Le Seigneur en effet n’était pas venu pour détruire la loi mais pour l’accomplir : car si en cela il se fût exempté de la loi, les Juifs auraient pu apporter cette excuse : « Nous ne recevons pas votre doctrine puisque vous n’êtes pas semblable à nos pères et que vous n’observez pas les traditions de la loi. » Mais aujourd’hui J.-C. et la Vierge se soumettent à une triple loi : 1° à la loi de la purification comme des modèles de vertu, afin que nous disions, après, avoir fait le bien, en tout, que nous sommes dès serviteurs inutiles ; 2° à la loi de la rédemption, pour donner un exemple d’humilité ; 3° à la loi de l’offrande, pour servir de modèle de pauvreté. —  La (275) troisième raison est pour mettre fin à la loi de la purification ; car comme au premier rayon de la lumière, les ténèbres disparaissent et que, au lever du soleil, l’ombre s’enfuit; de même, après la véritable purification, a cessé la purification figurative. Or, ici a en lieu la véritable purification dans J.-C. qui est réellement appelé la purification par excellence, puisqu’il nous purifie par la foi, selon qu’il est dit (Act., XV) : « Dieu purifie nos coeurs par la foi. » De là encore il sait que désormais les pères ne sont pas tenus à l’accomplissement de cette loi, ni les mères à la purification ou à l’entrée du temple, ni les enfants à ce rachat. —  La quatrième raison, c’est pour nous apprendre à nous purifier. Selon le droit, il y a cinq manières de se purger dès l’enfance, quoiqu’il n’y en ait que trois de prescrites; et nous devons les employer savoir, par le jurement, qui marque le renoncement au péché; par l’eau qui indique l’ablution baptismale; par le feu, qui désigne l’infusion de la’ grâce spirituelle; parles témoins, qui montrent la multitude des bonnes oeuvres; parla guerre, qui signifie la tentation. Or, la sainte Vierge, en venant au temple a offert son fils et l’a racheté avec cinq sicles. Il faut aussi remarquer que certains premiers-nés étaient rachetés comme les premiers-nés des onze tribus moyennant cinq sicles; quelques autres ne pouvaient être rachetés, par exemple, les premiers-nés des lévites, qui jamais n’étaient rachetables;- mais, parvenus à l’âge des adultes; ils servaient constamment le Seigneur dans le temple; de même encore les premiers-nés des animaux purs ils pouvaient être rachetés; mais ils étaient offerts au (276) Seigneur. Quelques autres devaient être échangés, comme le premier-né de l’âne qui était remplacé par une brebis; d’autres étaient tués, par exemple, le premier-né du chien. Or, puisque J.-C. était de la tribu de Juda, l’une des douze, il est clair qu’il a dû être racheté. « Et ils offrirent pour lui au Seigneur une paire de tourterelles ou deux petits de colombes. » C’était l’offrande des pauvres, tandis que l’agneau était celle des riches. L’Ecriture ne dit pas des petits de tourterelles, mais des petits de colombes, parce qu’on trouve toujours des petits de colombes, mais qu’on ne trouve pas toujours des petits de tourterelles, bien que l’on trouve toujours des tourterelles ; on ne dit pas non plus une paire de colombes, comme on dit une paire de tourterelles, parce que la colombe est un oiseau voluptueux, et pour cela Dieu n’a pas voulu qu’il lui en fût offert en sacrifice, mais la tourterelle est un oiseau pudique. — Cependant la Sainte Vierge Marie n’avait-elle pas, peu auparavant, reçu des mages une grosse somme d’or ? il est évident donc qu’elle a bien pu acheter un agneau. A cela on répond, qu’il n’est pas douteux, comme le dit saint Bernard, que les mages aient offert une grosse somme d’or, parce qu’il n’est pas vraisemblable, que des rois de cette importance aient offert à un tel Enfant de maigres présents; toutefois, d’après une opinion, elle ne garda pas cet or pour soi, mais elle le distribua de suite aux pauvres, ou bien peut-être, elle le garda pour pourvoir aux frais de son voyage de sept ans en Egypte ; ou encore, les mages n’offrirent pas une grande quantité d’or, car leur offrande avait une signification (277) mystique. — On distingue trois offrandes touchant le Seigneur : La première quand ses parents l’offrirent; la seconde quand on offrit pour lui des oiseaux; il fit lui-même la troisième pour les hommes sur la croix. La première montre son humilité, puisque le maître de la loi se soumet à la foi; la seconde, sa pauvreté, puisqu’il a choisi l’offrande des pauvres ; la troisième, sa charité, puisqu’il s’est livré pour les pécheurs. Voici les propriétés de la tourterelle : son vol est élevé ; ses chants sont dés gémissements; elle annonce le printemps; elle vit chastement; elle reste isolée; la nuit elle réchauffe ses petits elle s’éloigne des cadavres. Voici les propriétés de la colombe :

Elle ramasse le grain ; elle vole en troupe ; elle évite les cadavres ; elle n’a pas de fiel ; elle gémit elle caresse son compagnon de ses baisers ; la pierre lui fournit un nid; elle fuit son ennemi qu’elle a vu sur le fleuve ; elle ne blesse pas avec son bec; elle nourrit ses deux petits avec soin.

Secondement; cette fête a reçu le nom d’Hypapante, ce qui est la même chose que Présentation, parce que J.-C. a été présenté au temple: Hypapante veut encore dire rencontre *, parce que Siméon et Anne se rencontrèrent avec le Seigneur, qu’on offrait dans le temple. Alors donc Siméon le prit dans ses bras. Notons ici trois sortes d’ombres, trois anéantissements de notre Sauveur: 1° l’anéantissement de la vérité : car celui qui est. la vérité, par laquelle l’homme est conduit, qui est aussi la voie, laquelle conduit l’homme à Dieu qui est la vie, a permit que d’autres le conduisent aujourd’hui :

* De hypa, qui veut dire aller, et anti, contre.

278     

Alors, dit-il, qu’ils introduisaient Jésus enfant. » 2° L’anéantissement de la bonté, puisque lui qui est le seul bon, le seul saint, a voulu être purifié avec sa mère, comme un homme immonde. 3° C’est l’anéantissement de sa majesté, puisque celui qui porte tout par la parole de sa force; s’est laissé prendre et porter entre lés bras d’un vieillard, qui cependant portait celui qui le portait lui-même;, d’après cette parole de la liturgie : « Le vieillard portait l’enfant, mais l’enfant dirigeait le vieillard. » Alors Siméon le bénit en disant : « Vous laisserez maintenant, Seigneur, aller votre serviteur en paix, etc. » Et Siméon lui donne trois noms, savoir : le salut, la lumière et la gloire du peuple d’Israël. On peut entendre ces trois noms de quatre manières : 1° comme notre justification; et il est appelé sauveur, en remettant la faute, parce que Jésus veut dire sauveur, par cela qu’il sauvera le peuple de ses péchés; lumière, en donnant sa grâce.; gloire, il la donne à son peuple; 2° comme notre régénération, car 1° l’enfant est exorcisé et baptisé, et il est ainsi purifié du péché; 2° on lui donne un cierge allumé ; 3° il est présenté à l’autel; 4° la procession qui se fait en ce jour, car 1° les cierges sont bénits et exorcisés ; 2° ils sont allumés et distribués entre lés mains des fidèles; 3° on entre à l’église, en chantant, des cantiques ; 4° à cause du triple nom de la fête : on 1’appelle.Purifrcation, et c’est parce que la faute est purifiée, que Siméon appelle Jésus le salut. On l’appelle chandeleur, pour l’illumination de la grâce ; de là le nom de lumière. On l’appelle Hypapante, (279) pour la collation de la gloire: de là le nom de gloire du peuple d’Israël. « Alors en effet nous viendrons au-devant de J.-C. dans les airs » (saint Paul). On petit dire encore que par ce cantique de Siméon, J.-C. est loué comme paix, comme salut, comme lumière, comme gloire. Comme paix, car il est médiateur; comme salut, car il est rédempteur; comme lumière, car il est docteur; comme gloire, car il est récompense.

Troisièmement cette fête a reçu le nom de Chandeleur, parce qu’on porte à la main des chandelles allumées. Pourquoi l’Eglise a-t-elle établi qu’on porterait à la main des chandelles allumées ? On en peut assigner quatre raisons : 1° pour détruire une coutume mauvaise. En effet, autrefois, aux calendes de février, en l’honneur de Februa, mère de Mars; dieu de la guerre, les Romains illuminaient la ville de cinq en cinq ans avec des cierges et des flambeaux pendant toute la nuit, afin que Mars leur accordât la victoire sur leurs ennemis, en raison des honneurs qu’ils rendaient à sa mère ; et cet espace de temps était un lustre. Au mois de février encore les Romains offraient des sacrifices à Febvrius c’est-à-dire à Pluton et aux autres dieux infernaux, pour les âmes de leurs ancêtres : afin donc qu’ils eussent pitié d’eux, ils leur offraient des victimes solennelles, et toute la nuit. ils veillaient en chantant leurs louanges et tenaient des cierges et des torches allumées. Le pape Innocent dit encore que les femmes romaines célébraient en ce jour la fête des lumières, dont l’origine est tirée des fables des poètes. Ceux-ci rapportent que Proserpine était si belle que Pluton, dieu des enfers, en devint épris, (280) qu’il l’enleva et en fit une déesse. Ses parents la cherchèrent longtemps dans les forêts, et les bois avec des torches et des flambeaux, et c’est ce souvenir que rappelaient les femmes de Rome. Or, parce qu’il est difficile d’abandonner une coutume, les chrétiens nouvellement convertis a la foi ne savaient pas s’y résoudre alors le pape Sergius lui donna un but meilleur, en ordonnant aux chrétiens de célébrer, chaque année, à pareil jour, par tout, l’univers, une fête en l’honneur de la sainte Mère du Seigneur, avec cierges allumes et chandelles bénites. De cette manière la solennité restait, mais la fin était toute autre. 2° Pour montrer la pureté de la Vierge. En entendant que la Vierge s’était purifiée, quelques personnes pourraient penser qu’elle avait besoin de purification : afin donc de montrer que toute sa personne fut très pure et toute brillante, l’Eglise nous a ordonné de porter des flambeaux allumés, comme si. par le fait elle disait : « O bienheureuse Vierge, vous n’avez pas besoin de purification, mais vous êtes toute brillante, toute resplendissante. » De vrai, elle n’avait pas besoin de purification, elle qui avait conçu, sans user du mariage, elle qui avait été purifiée d’une manière très parfaite, et qui avait été sanctifiée dans le sein de sa mère. Or, elle avait tellement été glorifiée et purifiée dans le sein de sa mère et dans la venue du Saint-Esprit que, nom seulement il ne resta en elle aucune inclination au péché; mais l’effet de sa sainteté se communiquait et s’épanchait dans les autres, en sorte qu’elle éteignait tous les mouvements de charnelle concupiscence en tous. Ce qui fait dire aux Juifs que quoique Marie ait (281) été d’une extrême beauté, elle ne put cependant jamais être convoitée par personne; et la raison en est que la vertu de sa chasteté pénétrait tous ceux qui la regardaient et écartait d’eux toute concupiscence. Ce qui l’a fait comparer au cidre dont l’odeur fait mourir les serpents ; sa sainteté projetait comme des rayons sur les autres, de manière à étouffer tous les mouvements qui se glissaient en la chair. On la compare encore à la myrrhe; car de même que la myrrhe fait périr les vers, de même aussi sa sainteté détruisait toute concupiscence charnelle ; et elle jouit de cette prérogative dans un degré plus éminent que ceux qui ont été sanctifiés dès le sein de leur mère, ou qui sont restés vierges; dont la sainteté et la chasteté ne se transmettaient pas aux autres, ni n’éteignait en eux les mouvements de la chair, tandis que la force de la chasteté de la Vierge pénétrait jusqu’au fond même du coeur des impudiques et qu’elle les rendait tout aussitôt chastes à son égard. 3° A cause de la procession qui eut lieu à pareil jour : car Marie, Joseph, Siméon et Anne firent aujourd’hui une procession digne d’honneur, et présentèrent l’enfant Jésus au temple. De même encore, nous faisons la procession et portons à la main un cierge allumé, figure de Jésus-Christ, et nous le tenons jusque dans les églises. Il y a trois choses dans le cierge, savoir, la cire, la mèche et le feu, qui sont la figure des trois substances qui existèrent en J.-C. : la cire est la figure de sa chair qui est née de la Vierge Marie sans la corruption de la chair, comme les abeilles composent la cire sans mélange ; la mèche cachée dans le cierge est la figure (282) de son âme très candide cachée dans sa chair; et le feu ou la lumière est la figure de la divinité, parce que notre Dieu est un feu qui consume. Ce qui a fait dire à un poète : « Cette chandelle, je la porte en l’honneur de la pieuse Marie. Par la cire voyez une chair véritable née d’une Vierge ; par la lumière, la divinité et l’excellence de la majesté ; la mèche, c’est somme infiniment riche se cachant dans la chair. » 4° Pour notre instruction. Tout nous instruit : que si nous voulons être purs et nets, nous devons avoir en nous trois dispositions, savoir : une foi véritable, une conduite sainte, et une intention droite. La chandelle allumée à la main, c’est la foi avec les bonnes œuvres; et de même que la chandelle sans lumière est réputée morte, et que la lumière par elle-même ne brille pas sans chandelle, mais paraît être morte, de même les œuvres sans la foi et la foi sans les bonnes œuvres sont appelées mortes. Quant à la mèche enfermée dans la cire, c’est l’intention droite; ce qui fait dire à saint Grégoire : « L’action se fait devant le publie, mais l’intention reste cachée dans le secret. »

Une noble dame avait une très’ grande dévotion envers la sainte Vierge. Ayant fait construire une chapelle auprès de sa maison, elle y entretenait un chapelain, et voulait entendre chaque jour une messe de la Bienheureuse Vierge. Alors que la fête de la Purification de la Sainte Vierge était proche, le prêtre fit un voyage au loin pour une affaire particulière, et la dame ne put avoir une messe ce jour-là; ou bien, comme on le lit autre part, elle avait donné tout ce qu’elle avait jusqu’à ses vêtements pour l’amour de la (283) Vierge; or, comme elle avait donné sa robe et qu’elle ne pouvait aller à l’église il lui fallait rester sans messe en ce jour. Sous l’impression d’une vive douleur elle entra dans son oratoire ou sa chambre et se prosterna devant un autel de la Sainte Vierge. Tout à coup elle fut transportée hors d’elle-même, et il lui semblait être dans une église magnifique et toute resplendissante ; alors elle vit, entrer une foule extraordinaire de vierges, que, précédait une Vierge d’une admirable beauté, dont la tête était couronnée d’un diadème. Après que toutes se furent assises, voici venir une autre foule de jeunes gens qui prirent place chacun selon son rang. Alors quelqu’un qui portait une grande quantité de cierges, en donna d’abord un à la vierge qui avait le pas sur les autres; il en distribua ensuite aux autres vierges ut aux jeunes gens, enfin il vint auprès de la dame et lui offrit un cierge qu’elle accepta volontiers. Elle tourna alors les yeux vers le chœur et vit deux céroféraires, un sous-diacre, un diacre et un prêtre revêtus de leurs ornements sacrés s’avancer vers l’autel comme pour célébrer une messe solennelle. Il lui semblait que les acolytes étaient saint Vincent et saint Laurent; que le diacre. et le sous-diacre étaient deux anges; quant au prêtre, c’était J.-C. Après la confession, deux jeunes gens d’une rare beauté allèrent au milieu du chœur, commencèrent à haute voix et fort dévotement l’office de la, messe, que poursuivirent ceux qui étaient dans le tuteur. Quand on fut à l’offrande, la reine dés Vierges et toutes les vierges avec ceux qui étaient dans le chœur, vinrent offrir, comme de coutume, leurs cierges (284) au prêtre en fléchissant les genoux. Or, comme le prêtre attendait que la dame vînt lui offrir son cierge, et que celle-ci ne le voulait pas faire, la.reine des vierges lui envoya dire par un exprès qu’elle manquait de savoir-vivre, en faisant attendre le prêtre si longtemps. Elle répondit que le prêtre continuât sa messe parce qu’elle -ne lui offrirait pas son cierge. Alors la reine lui envoya encore un autre exprès à qui la dame répondit qu’elle ne donnerait à personne. le cierge qu’elle avait reçu, mais qu’elle le garderait par dévotion. Toutefois la reine des vierges donna cet ordre à l’exprès.: « Allez la prier de nouveau d’offrir son cierge, sinon vous le lui enlèverez par force, de ses mains. » Le messager étant venu et la dame refusant d’accéder à sa prière, il dit qu’il avait ordre de le lui arracher de force. Alors il saisit le cierge avec une grande violence et s’efforça de l’enlever. La dame le tenait plus fortement. encore et se défendait comme un homme. Le débat traînait en longueur, le cierge était tiré avec force deçà, de-là, quand tout à coup le cierge se cassa, une moitié restant entre les mains du messager, l’autre moitié danses mains de la dame. Au moment où le cierge se brisa avec bruit, elle revint tout aussitôt à elle et se trouva devant l’autel, où elle s’était placée, avec le cierge brisé à la main. Elle en fut dans l’admiration et rendit d’immenses actions de grâces à la Sainte Vierge qui n’avait pas permis qu’elle restât sans messe en ce jour, mais qui l’avait fait assister à un tel office. Elle eut grand soin de son cierge et le garda comme les plus précieuses reliques. On dit que tous ceux qui en étaient touchés étaient aussitôt guéris des (285) infirmités qui ses tourmentaient. — Une autre dame enceinte vit en songe qu’elle portait un étendard teint de couleur sanguine. En s’éveillant elle perdit de suite les sens : le démon se jouait tellement d’elle qu’il lui semblait qu’elle portait entre ses mamelles la foi chrétienne à laquelle elle avait été jusque-là fort attachée, et qu’elle la perdait à chaque instant. Rien ne la pouvant guérir, elle passa dans une église de la Sainte Vierge la nuit de la Purification et fut guérie parfaitement.

 

La légende dorée de Jacques de Vorogine, nouvellement traduite en français, avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources par l’Abbé J.-B.-M. Roze, … – Paris, Edouard Rouveyre Editeur, 1942.

foule

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