Film Forgiven

Film Forgiven

Roland Joffé

Drame, Afrique du Sud – Janvier 2019

Avec Forest Whitaker, Eric Bana, Jeff Gem

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En 1994, à la fin de l’Apartheid , Nelson Mandela nomme L’archevêque Desmond Tutu président de la commission Vérité et réconciliation : aveux contre rédemption. Il se heurte le plus souvent au silence d’anciens tortionnaires. Jusqu’au jour où il est mis à l’épreuve par Piet Blomfield , un assassin condamné à perpétuité. Desmond Tutu se bat alors pour retenir un pays qui menace de se déchirer une nouvelle fois …

 

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Forgiven, le nouveau film poignant du réalisateur de Mission

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Habitué des sujets empreints de vérité, comme Mission (palme d’or à Cannes en 1986) et La Déchirure sur le génocide cambodgien, le réalisateur Roland Joffé, déjà oscarisé a encore visé juste au sujet de l’Afrique du sud.

En 1994, l’Afrique du sud vient à bout de l’Apartheid, laissant un peuple divisé, exsangue, les Noirs d’un côté, les Blancs de l’autre. La guerre civile risque de s’enflammer. Caméra steadicam au poing, l’image est vive, urgente, pour capter le mouvement suscité par la commission « Vérité et Réconciliation » lancée par Nelson Mandela. L’archevêque Desmond Tutu en a la charge. Lourde et ô combien salutaire pour la population. Il ne peut alors que s’appuyer sur sa foi quand il se confronte au meurtrier raciste Piet Blomfeld, qu’il rencontre en prison pour espérer obtenir sa repentance, en échange de sa libération. un affrontement qui a de quoi le faire douter pourtant…

Le pardon au-delà de l’irréparable

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Tourné dans la prison même où Nelson Mandela fût enfermé durant plusieurs années, le film plonge au cœur de la violence, mais aussi de celui de la liberté. Car Roland Joffé n’a choisi que des acteurs anciennement détenus qui, pour certains, étaient sortis six mois plus tôt pour illustrer la population carcérale. Eric Bana (MunichStar Trek) incarne impeccablement l’assassin sans états d’âme. Face à lui, Forest Whitaker (Le dernier roi d’ÉcosseLe Majordome) revêt avec beaucoup d’aisance l’humilité, l’humour et la force intérieure de Tutu.

C’est à l’intuition de Nelson Mandela que l’on doit une telle démarche de réparation pour la souffrance du peuple africain. Mais aussi au peuple lui-même, qui encouragea la commission tout comme nombre d’entre eux ont pardonné aux Blancs pour leurs atrocités. Un exemple qu’ont tenté de suivre des pays sud-américains depuis, sans succès. La conviction sans faille de Desmond Tutu prit le relais de ce mouvement vers le pardon, pour la porter vers la réussite, en tendresse et en vérité. Pour expliquer le mécanisme du pardon, le réalisateur s’est attaché à suivre des chemins individuels. Celui de Bloomfeld, d’une mère qui recherche toujours le corps de sa fille disparue, mais aussi celui de Tutu lui-même, en un sens, qui tente de ne pas tomber dans le piège du renoncement. À force de confrontation à la souffrance, bien vite, le choix se pose entre la violence et l’amour.

Le sacrifice est-il un amour comme les autres?

Le tour de force de Roland Joffé est de ne jamais tomber dans un manichéisme primaire, illusoire et stérile. C’est en nous saisissant par la brutalité de la haine qu’il vient nous chercher dans nos zones d’ombres et nous guider vers le pardon, accordé à Bloomfeld. Un geste d’altérité et tout est effacé, renouvelé, sauvé. La prison est bientôt ce symbole d’un pays soumis à la division et à la corruption, où le plus faible peut renverser le rapport de force en choisissant de faire taire sa violence. Pourtant la fin ne manque pas de complexité, quand le sacrifice se mêle à la vengeance, pendant que le pardon d’une mère nous terrasse par son débordement d’humanité et son courage. Et l’on se demande si le sacrifice est un amour comme les autres, s’il en est un, quand tout un chacun ne peut lui donner le même sens que le Christ.

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Ce film est poignant, il marque, comme de nombreux films du réalisateur anglais, dont certaines scènes ne s’oublient plus une fois qu’on les a vues, comme pour nous obliger à laisser éclairées nos consciences.

https://fr.aleteia.org/2019/01/08/forgiven-le-nouveau-film-poignant-du-realisateur-de-mission/

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Tout ce que  le film dit de la haine ségrégationniste et du Pardon suggéré par le titre est contenu dans un face-à-face qui ne constitue qu’une part infime d’un scénario desservi par sa durée.

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L’argument : En 1994, à la fin de l’Apartheid , Nelson Mandela nomme L’archevêque Desmond Tutu président de la commission Vérité et réconciliation : aveux contre rédemption. Il se heurte le plus souvent au silence d’anciens tortionnaires. Jusqu’au jour où il est mis à l’épreuve par Piet Blomfield , un assassin condamné à perpétuité. Desmond Tutu se bat alors pour retenir un pays qui menace de se déchirer une nouvelle fois …

Notre avis : Rassurez-vous si vous n’avez pas lu le synopsis et ne savez pas où vous mettez les pieds, Roland Joffé a pensé à vous et a placé, en ouverture de son nouveau film, un carton qui nous rappelle le contexte historique dans lequel celui-ci s’inscrit. Peut-être il y a-t-il encore, 25 ans plus tard, des spectateurs qui ne savent rien de la période délicate qu’ont été les premières années de la présidence Mandela dans un pays qui sortait à peine de plusieurs décennies de « développement séparé ». Pour ceux-là, Joffé aurait sans doute gagné à utiliser son scénario pour développer cette contextualisation et introduire le personnage de Desmond Tutu. Au lieu de ça, la diégèse ne nous fournit en fin de compte que très peu d’informations supplémentaires sur cet archevêque propulsé à un poste-clef de la politique post-apartheid. A travers un flashback émouvant, qui ouvre le long-métrage puis reviendra à plusieurs reprises, c’est sur l’autre personnage présent sur l’affiche, le tueur Piet Blomfield (« Blommie » pour les intimes), que le film veut nous en faire savoir davantage. Mais, on pourrait tout à fait résumer l’ensemble à la rédemption de Blomfield mise en parallèle avec la remise en question de Tutu.

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Ces deux arcs narratifs, d’ordre purement moraux, convergent inévitablement lors des scènes de dialogues entre les deux personnages, incarnés par Forest Whitaker et Eric Bana. Or, ces échanges, au cours desquels la tension atteint son paroxysme et où les deux acteurs font preuve de tout leur talent, ne représentent pas plus de deux petites dizaines de minutes. Soit très peu sur l’ensemble, qui compense son intensité bien moindre dès lors que les deux protagonistes sont séparés, par, au mieux, quelques passages purement introspectifs, ou, d’un côté, une enquête policière assez superficielle ou, de l’autre, un peu de violence carcérale qui frôle la caricature. De quoi nous faire regretter que Joffé n’ait pas opté pour une structure construite entièrement sur le dialogue entre Blommie et Tutu, dans l’esprit de Garde à vue de Claude Miller. Ainsi, en nous faisant suivre ce qui entoure les deux conversations sans réussir à bâtir d’autres enjeux que de savoir lequel des deux hommes sera le premier à craquer lors leur prochaine rencontre, Joffé ne parvient à répondre à la délicate question du caractère pardonnable ou non de certains crimes. Le twist final en arrive même à confondre le Pardon, au sens le plus biblique du terme, et la peine de mort.

On est donc bien loin des deux œuvres majeures du réalisateur, que furent Mission (1986) et La Cité de la joie (1992) qui parvenaient à nous offrir, malgré leurs défauts respectifs, un dépaysement dans de beaux paysages exotiques couplé à une étude approfondie de leurs personnages aussi charismatiques que tourmentés. Dans Forgiven, le cinéaste franco-britannique, désormais âgé de 73 ans, ne consacre que peu de scènes (hormis le flashback du début) aux beaux paysages que lui offre la région, et au potentiel de ses interprètes, qui se partagent de courtes saynètes pauvres en empathie, pour rendre tangibles les doutes qui traversent leurs personnages.
On n’en retiendra donc au final uniquement les deux scènes de confrontation par le dialogue, interprétées avec une réelle intensité émotionnelle et où sont condensées les difficultés de revenir sur plusieurs siècles de haine xénophobe, mais filmées dans un banal champ-contrechamp. La fadeur dont fait preuve le réalisateur malgré son sujet potentiellement explosif peut donc nous permettre d’affirmer qu’il a échoué son come back dans le genre de la fresque historique, qui avait pourtant autrefois fait sa gloire.

https://www.avoir-alire.com/forgiven-la-critique-du-film

 

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Desmond Tutut

Nationalité : Afrique du Sud
Né(e) à : Klerksdorp , le 07/10/1931
Biographie :

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Desmond Mpilo Tutu est un archevêque anglican sud-africain qui a reçu le prix Nobel de la Paix en 1984.
Deuxième des trois enfants de Zacheriah Zililo et Aletta Tutu, Desmond Mpilo Tutu est né à Klerksdorp dans la province du Transvaal. Son père est instituteur et sa mère, femme de ménage et cuisinière dans une école pour aveugles.
Desmond Tutu fait ses études dans la ville de Johannesburg. Il veut dans un premier temps devenir médecin, mais de telles études coûtant trop cher pour sa famille, il se destine à devenir instituteur, tout comme son père. De 1951 à 1954, il étudie et commence à enseigner en 1954 au Johannesburg Bantu High School. Mais il démissionne en 1957, pour protester contre la mauvaise qualité de l’enseignement donné aux noirs.
Il décide alors de s’orienter vers la théologie. Il est ordonné prêtre de l’Église anglicane en 1961 et devient l’aumônier de l’université de Fort Hare. Fort Hare est à l’époque une des seules universités pour les noirs d’Afrique du Sud et d’Afrique australe ; les principaux dirigeants actuels du pays y ont étudié. Desmond Tutu obtient en 1966 une maîtrise en théologie au King’s College de Londres, et retourne ensuite en Afrique du Sud, où il travaille comme professeur de théologie.
De 1972 à 1975, il revient en Angleterre, où il est le vice-directeur du Theological Education Fund of the World Council of Churches (TEF), à Bromley dans le Kent. Nommé doyen du diocèse de Johannesburg en 1975, il est le premier noir à occuper ce poste. Il devient évêque du Lesotho (1976-78), puis premier secrétaire général noir du Conseil œcuménique d’Afrique du Sud (1978-85).
Après l’assassinat, en 1977, de Steve Biko, fondateur du Black Consciousness Movement (Mouvement de conscience noire) et l’un des organisateurs des manifestations de Soweto (réprimées par la police, elles dégénèrent en émeutes), Tutu fit le prêche lors de ses funérailles. Durant toutes ces années, il n’a cessé de faire passer son message de paix et de non-violence au cours de sermons et de prédications qui rassemblent des foules immenses et qui furent des temps fort de la lutte pacifique menée contre les gouvernements afrikaners. il est nommé Archevêque du Cap, pour l’église anglicane d’Afrique du Sud, devenant le premier Noir à occuper cette fonction.

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APARTHEID.

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Régime de ségrégation systématique des populations de couleur, en Afrique du Sud. La complexité du peuplement de l’Afrique du Sud explique l’établissement de l’apartheid en système de gouvernement à partir de 1913. Malgré une forte pression intérieure et extérieure, il se maintient jusqu’en 1991.

  1. Le peuplement de l’Afrique du Sud

1.1. Des Bochimans aux Boers

Les premiers habitants attestés du territoire actuel de l’Afrique du Sud sont les chasseurs-cueilleurs khoisans (Bochimans et Hottentots). Au xvie siècle apparaissent les Bantous, qui se fixent plus au sud.

Dès 1652, le Hollandais Jan Van Riebeeck établit le premier comptoir européen en Afrique australe, à Table Bay (aujourd’hui un quartier du Cap), destiné servir d’escale aux navires de la Compagnie hollandaise des Indes. Peu après, la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV (1685) provoque une émigration importante de huguenots français vers l’Afrique australe. Leur arrivée coïncide avec le début de l’esclavage des Noirs ; les Européens gagnent ensuite l’intérieur du pays.

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Les pionniers hollandais (les Boers, « paysans » en néerlandais) s’implantent ainsi dans l’Est, où ils affrontent les Bantous.

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1.2. Le Grand Trek

Au cours du xixe siècle, les Boers se heurtent aux Britanniques, à qui le congrès de Vienne (1814) a attribué Le Cap. Les Boers leur reprochent une politique jugée trop favorable aux Noirs, notamment à la suite de l’abolition de l’esclavage par la Grande-Bretagne en 1833.

Afin de préserver leur mode de vie, les Boers amorcent à partir de 1834 un mouvement migratoire vers l’intérieur du pays, le Grand Trek.. Ils chargent cet exode d’une forte signification biblique, affirmant être les nouveaux Hébreux, le peuple élu en route pour la Terre promise. Ce sentiment d’élection divine marquera durablement la population huguenote franco-hollandaise et déterminera pour une bonne part l’évolution historique ultérieure de cette partie du monde.

À la suite du Grand Trek, les Boers fondent le Transvall (1852) et l’Etat libre d’Orange 1854).

1.3. De la guerre des Boers à l’Union sud-africaine (1899-1910)

La fin du xixe siècle est marquée par la découverte dans les Républiques boers de gisements d’or et de diamants qui attirent des immigrants britanniques (uitlanders) vers l’intérieur du pays. De nombreux conflits éclatent au sujet de la propriété du sol. La guerre des Boers qui s’ensuit éclate en 1899 et, suite à la victoire britannique, s’achève avec la confirmation officielle en 1902 de la souveraineté britannique sur l’Union sud-africaine.

L’ensemble du territoire devient en 1910 un dominion de l’Empire colonial britannique, l’Union sud-africaine, où se juxtaposent le système libéral anglais dans les anciennes colonies britanniques et les fortes traditions religieuses des premiers immigrants calvinistes, hollandais et français, qui se nomment eux-mêmes les Afrikaners, dans les deux républiques afrikaners vaincues en 1902.

1.4. La montée du nationalisme afrikaner (1910-1931)

Sous l’impulsion du National Party– et alors que se développent l’exploitation minière et l’industrie manufacturière grâce aux capitaux britanniques –, le fort sentiment antibritannique des Afrikaners se maintient durant l’entre-deux-guerres. Ceux-ci cherchent à compenser leur faiblesse économique en adoptant une stratégie d’accession aux divers échelons du pouvoir politique. Leurs efforts sont couronnés de succès lorsqu’un gouvernement boer nationaliste, présidé par James Hertzog (1924-1939), parvient à faire reconnaître par le Royaume-Uni l’autonomie du pays (1926), le statut de Westminster (11 décembre 1931) supprimant toutes les réserves qui restreignaient encore son pouvoir législatif, mais conservant le statut de dominion.

  1. L’apartheid, système de gouvernement

2.1. Les premières mesures de ségrégation raciale (1913-1948)

Le gouvernement met en place une politique de ségrégation raciale inspirée des premières lois ségrégatives édictées dès 1913 et nourrie, d’un côté, par le désir de revanche et de reconnaissance sociales éprouvé par les Afrikaners, et, de l’autre, par les traditions religieuses des premiers Boers.

À partir de 1921, les mesures ségrégationnistes se multiplient et sont étendues à l’ancien Sud-Ouest africain allemand (actuelle Namibie), sur lequel l’Union sud-africaine a reçu en 1920 un mandat de la Société des Nations Unies (SND).

En 1927, la loi Hertzog prohibe tout rapport sexuel hors mariage entre Blancs et Noirs. Dans les années 1930, la récession attise les conflits entre Noirs et fermiers blancs, qui aspirent à trouver du travail dans les villes. Afin de faire de l’Afrique du Sud une nation de Blancs, le gouvernement Hertzog (1924-1939) cherche à concentrer les Noirs dans des réserves. Ni les Noirs ni les métis n’ont le droit de vote.

2.2. La relance de la politique ségrégationniste (1948-1956)

En 1948, le National Party, grand vainqueur des élections législatives, instaure la politique du « développement séparé des races ». Cette doctrine entérine un état de fait en le dotant d’une légitimité juridique. L’année suivante, le gouvernement nationaliste du pasteur Malan étend en 1949 l’apartheid à la population d’origine indienne (qui s’est installée, à la fin du xixe siècle, dans la région de Durban et de Port-Élisabeth).

Au cours des années 1950, le gouvernement fait adopter une nouvelle série de mesures discriminatoires. Ainsi, en 1952, le Native Act n°67 impose à tous les Noirs âgés de 16 ans et plus de porter sur eux en permanence un pass book (laissez-passer) contenant leurs pièces d’identité et un certificat d’origine tribale. En 1953, le Bantu Labour Act interdit aux Africains de faire grève et de se syndiquer. C’est ensuite, en 1956, l’Industrial Conciliation Act qui interdit les syndicats ouvriers mixtes.

2.3. Les bantoustans, instruments de la ségrégation

Répondant au souci de pousser encore plus loin la ségrégation raciale, le Promotion of Bantu Self-Government Act permet en 1954 de créer dix « nations noires » artificielles, dites bantoustans.. Sous le mandat de Verwoerd (1958-1966), le Parlement adopte une loi favorisant l’autodétermination bantoue et projetant l’indépendance des dix bantoustans africains. Elle est réalisée en 1976 pour le Transkei, , suivi du Bophutatswana (1977), du Venda (1980) et du Ciskei (1981).

Ces « États », qui ne seront jamais reconnus par la communauté internationale, sont alors surpeuplés (74 % de la population noire), fragmentés et dotés de ressources limitées. Neuf millions de Noirs, appartenant aux groupes ethniques associés aux bantoustans, ont perdu de facto la citoyenneté sud-africaine. En 1964, le Bantu Law Amendment Act prive les Africains de leurs droits en dehors des bantoustans et, en 1968, l’interdiction des mariages mixtes s’étend jusqu’à l’invalidation de ceux qui sont contractés à l’étranger.

2.4. La montée des tensions interraciales (1960-1979)

En 1960, une révolte des Noirs contre le système des passeports intérieurs est réprimée dans le sang et débouche sur le massacre de Sharpeville. Renforçant alors sa politique répressive, le gouvernement interdit, le 8 juin 1960, les mouvements d’opposition à l’apartheid nés dans les années 1950 sous l’influence du Congrès national africain   (African National Congress, né en 1912) dont le président Albert Luthuli reçoit le prix Nobel de la paix, ou d’autres mouvements comme le Pan African Congress (PAC).

« Soweto vit, l’apart-haine tue »

Face à l’inflexibilité du pouvoir blanc, la lutte s’intensifie : une branche armée clandestine de l’ANC est créée en décembre 1961. Nelson Mandela, l’un de ses dirigeants les plus influents, est arrêté en 1962 et condamné à la prison à perpétuité en 1964.

Entre-temps, l’Union sud-africaine s’est retirée du Commenweath, qui avait condamné l’apartheid, et la République d’Afrique du Sud a été proclamée le 31 mai 1961. À partir de 1975, le mouvement SWAPO développe son action pour obtenir l’indépendance de la Namibie. Enfin, en 1976, de violentes émeutes éclatent à Soweto et dans d’autres townships, qui provoquent la mort de 400 personnes.

  1. Vers la fin de l’apartheid (1991)

3.1. Des signes d’apaisement (1979-1985)

Sous l’effet d’une très active opposition intérieure et des pressions de la communauté internationale, les gouvernements qui se succèdent sous la présidence de Peter Willem Botha (1978-1989) légalisent les syndicats noirs en 1979, autorisent les partis politiques multiraciaux en 1985, suppriment les quotas appliqués par les industries afin de limiter le nombre de travailleurs noirs, ainsi que la loi interdisant les mariages mixtes.

3.2. Les insuffisances de la détente (1985-1989)

Ces mesures, cependant, ne parviennent pas à contenir les mouvements de protestation des Noirs contre le régime. Pour mettre fin aux violences envers les policiers et les Noirs qui coopèrent avec les Blancs, ainsi qu’entre membres de groupes politiques ou ethnolinguistiques rivaux – essentiellement zoulous –, le gouvernement impose l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire entre septembre 1984 et juin 1986. Le président Botha reconnaît néanmoins que le concept d’apartheid est dépassé.

L’année 1985 est marquée par de graves émeutes dans les townships (notamment à Crossroads, en mars 1985). Peu après (janvier 1986), Botha est amené à annoncer la fin de l’apartheid pour apaiser les esprits. La même année disparaissent les laissez-passer réglementant les mouvements d’immigration vers les villes.

Frederik De Klerk

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En 1987, le gouvernement propose un remaniement du Group Areas Act, loi qui était à l’origine de la ségrégation raciale dans les zones urbaines. Mais la nouvelle Constitution refuse toujours le droit de vote à la majorité noire lors des élections nationales, et n’accorde que des droits limités aux métis et aux Indiens.

3.3. La fin de l’apartheid (1991)

En 1989, Botha démissionne de la présidence et cède la place à Frederik Willem De Klerk à  qui fait libérer Mandela (février 1990), légalise l’ANC et fait abolir l’apartheid par le Parlement (juin 1991). Dans l’intervalle, le 21 mars 1990, a été proclamée l’indépendance de la Namibie, dirigée par la SWAPO. Malgré les affrontements violents entre l’ANC et les Zoulous de l’Inkatha, animés par Mangosuthu Buthelezi, et la résistance des milieux blancs extrémistes, une nouvelle Constitution est adoptée en décembre 1993. Pour assurer la transition, on y propose la formation d’un gouvernement d’union nationale regroupant les représentants des principaux partis.

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3.4. Mandela président (1994)

Les premières élections multiraciales et démocratiques d’avril 1994, auxquelles l’Inkatha, après avoir longtemps hésité, accepte finalement de participer, assurent la victoire de l’ANC, avec 60 % des suffrages, sur 27 partis en lice. Le NAtional Party de Frederik De Klerk est la deuxième force du pays (20 %), ralliant non seulement la majorité des Blancs, mais aussi celle des lndiens et des métis. Buthelezi garde le contrôle du Natal, fief des Zoulous.

Le 9 mai, les 400 députés du nouveau Parlement portent Mandela à la présidence de la République, Thabo Mbeki et F. De Klerk devenant vice-présidents. L’apartheid est alors définitivement enterré. Mais la stabilité du pays reste menacée par l’épidémie de sida, de très grands écarts de fortune et de fortes tensions sociales et inter-ethniques.

 

Afrique du Sud. Histoire

CHRONOLOGIE

1976 Les athlètes africains ne participent pas aux jeux Olympiques de Montréal pour protester contre la politique d’apartheid en Afrique du Sud.

1985-1986 Émeutes antiapartheid en Afrique du Sud. L’état d’urgence est décrété, et plusieurs pays prennent des sanctions économiques.

1990 En Afrique du Sud, libération de N. Mandela, leader du mouvement antiapartheid ANC (African National Congress), emprisonné pendant 28 ans.

1991 En Afrique du Sud, abolition des dernières lois régissant l’apartheid (juin).

1994 Les premières élections multiraciales en Afrique du Sud mettent fin au régime d’apartheid ; N. Mandela, devient président de l’Afrique du Sud. Massacres et guerre civile au Rwanda.

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Nelson Mandela (1918-2013).

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Biographie de Nelson Mandela


Nelson Rolihlahla Mandela est né dans l’ancien Bantoustan, en Afrique du Sud. Son père était l’un des chefs de l’ethnie Xhosa. Après avoir obtenu un diplôme en droit en 1942 à l’Université du Witwatersrand de Johannesburg, il entre à l’
ANC (l’African National Congress) qui est alors un parti politique modéré de la bourgeoisie noire.

Avec Oliver Tambo, Nelson Mandela fonde le premier cabinet d’avocats noirs en Afrique du Sud, puis, en mars 1944, crée la Ligue de la jeunesse de l’ANC (Youth League). Au moment où l’apartheid est « officialisé » par le premier ministre sud africain Daniel Malan en 1948, Nelson Mandela et Olivier Tambo parviennent à accéder à la tête de l’ANC avec la Ligue de la jeunesse.

Après plusieurs années de lutte contre l’Apartheid, d’arrestations et de procès, Nelson Mandela est condamné en 1964 avec sept de ses compagnons à la prison à vie pour sabotage, trahison et complot. Durant toute sa captivité, il refuse d’être libéré contre le renoncement public à la lutte anti-apartheid. En 1986 ont lieu des rencontres avec les autorités qui le placent en résidence surveillée à partir de 1988.

Nelson Mandela est finalement libéré le 11 février 1990 après avoir passé 27 ans et demi en prison. Le gouvernement sud africain légalise le Parti communiste et l’ANC dont Mandela devient le président en 1991.

En 1993, avec le président De Klerk, il reçoit le prix Nobel de la paix. Les premières élections pluralistes et multiraciales ont lieu en 1994. L’ANC remporte une très large victoire. La même année, Nelson Mandela est investi Président de l’Afrique du Sud, poste qu’il occupe jusqu’en 1999 pour laisser la place à Thabo Mbeki.

Nelson Mandela crée en 1999 la Fondation Nelson Mandela et se consacre à la lutte contre le sida après la mort de son fils en 2005.

 

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Apartheid

 Définition de l’apartheid

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Etymologie : de l’afrikaner, séparation, mis à part.

L’apartheid est le nom donné à la politique de ségrégation raciale conduite en Afrique du Sudpar la minorité blanche à l’encontre de la majorité noire.

Mis en place en 1948 par le Parti national, l’apartheid est fondé sur le développement séparé des populations et fut pratiqué jusqu’en 1991. Il est la traduction dans les institutions d’une politique de ségrégation raciale empirique existant en Afrique du Sud depuis la création de la colonie du Cap en 1652. Cette politique est la conséquence de l’angoisse historique des Afrikaners, blancs d’origine non anglophones, essentiellement néerlandais, d’être submergés par la multitude de la population noire environnante.

La ségrégation portait sur les aspects économiques, géographiques (création des bantoustans) et sur le statut social en fonction des origines ethniques   et raciales.

La population était répartie en quatre groupes raciaux distincts :

les Blancs, environ 20% dont 3/5 d’Afrikaners et 2/5 d’anglophones,

les Indiens (environ 3%), descendants des coolies recrutés à partir de 1860 pour les plantations de canne à sucre. 

les Coloured (ou métis), environ 9 % de la population

les Noirs ou Bantous, près de 70 % de la population, se répartissant entre différentes ethnies, les plus importantes étant les Xhosas et les Zoulous.


Par extension, l’apartheid désigne un régime où une partie de la population subit une discrimination et une exclusion fondée sur des critères de races, d’ethnies ou de religions. Les populations ne disposent pas des mêmes droits et certains lieux ou emplois sont réservés à une partie seulement d’entre elles.

 

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