Prière pour le temps du Carême de saint Anselme de Canterbury

Prière pour le Carême

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Seigneur mon Dieu, donne à mon cœur de te désirer ; en te désirant, de te chercher ; en te cherchant, de te trouver ; en te trouvant, de t’aimer ; et en t’aimant, de racheter mes fautes ; et une fois rachetées, de ne plus les commettre.

Seigneur mon Dieu, donne à mon cœur la pénitence, à mon esprit le repentir, à mes yeux la source des larmes, et à mes mains la largesse de l’aumône.

Toi qui es mon Roi, éteins en moi les désirs de la chair, et allume le feu de ton amour. Toi qui es mon Rédempteur, chasse de moi l’esprit d’orgueil, et que ta bienveillance m’accorde l’esprit de ton humilité. Toi qui es mon Sauveur, écarte de moi la fureur de la colère, et que ta bonté me concède le bouclier de la patience.

Toi qui es mon Créateur, déracine de mon âme la rancœur, pour y répandre la douceur d’esprit. Donne-moi, Père très bon, une foi solide, une espérance assurée et une charité sans faille.

Toi qui me conduis, écarte de moi la vanité de l’âme, l’inconstance de l’esprit, l’égarement du cœur, les flatteries de la bouche, la fierté du regard.

Ô Dieu de miséricorde, je te le demande par ton Fils bien-aimé, donne-moi de vivre la miséricorde, l’application à la piété, la compassion avec les affligés, et le partage avec les pauvres.

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 Saint Anselme de Cantorbéry (1033-1109)

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Biographie

Saint Anselme de Cantorbéry, connu comme le ‘Docteur magnifique’, est un moine bénédictin né à Aoste (Italie) en 1033 ou 1034 et mort à Cantorbéry le 21 avril 1109. Appelé également Anselme d’Aoste à cause de sa naissance valdôtaine, il est plus connu sous le nom d’Anselme du Bec, en raison de son appartenance en tant que moine bénédictin à l’abbaye du Bec en Normandie. Canonisé en 1494, saint Anselme est proclamé docteur de l’Église en 1720 par Clément XI.

À l’origine de ce que Kant nommera argument ontologique, saint Anselme est un des écrivains majeurs de l’Occident médiéval. Il est regardé par d’aucuns, essentiellement à travers son Monologion et son Proslogion, comme le fondateur de la théologie scolastique. Suivant son principe directeur de la Fides quaerens intellectum, il inaugure au sein de l’Église une recherche de conciliation entre foi en Dieu et raison humaine qu’exacerbera à la génération suivante Abélard et qui se résoudra dans le thomisme.

En tant que théologien, ll élabore le dogme de la circumincession, adopté en 1442 à la suite du concile de Florence, à partir duquel il jette les bases de la théorie de la satisfaction que précisera Thomas d’Aquin et que Calvin interprétera dans un sens propitiatoire pour fonder sa théologie de la grâce.

En tant qu’archevêque de Cantorbéry, il impose la réforme grégorienne, transfère les investitures à Rome et donne à l’Église d’Angleterre la direction que suivra Thomas Beckett.

Né à Aoste en 1033 dans les futurs États de Savoie (Aoste appartient dès 1024 au domaine constitué par la maison de Savoie) du Royaume d’Arles, en Empire, Anselme est le fils d’Ermenberge et de Gandulf, noble lombard. Ce père, parent du comte Humbert de Maurienne, aurait des attaches familiales avec la comtesse Mathilde de Toscane. Ses oncles maternels sont Lambert et Foucheraud, qui ont pu être chanoines du chapitre cathédral d’Aoste. Son neveu Anselme de San Saba est abbé de l’abbaye de Bury St Edmunds en 1121 puis évêque élu de Londres (1136-1138).

Clerc formé par les bénédictins de l’église d’Aoste, en rupture avec son père et ses maîtres dès l’âge de quinze ans, il décide à la mort de sa mère, vers 1056, de rejoindre l’enseignement d’un écolâtre suffisamment renommé. Il quitte Aoste en compagnie d’un condisciple pour la Bourgogne puis la France. De là, il gagne en 1059 Avranches, dont dépend la prestigieuse abbaye du Mont-Saint-Michel et où un autre lombard, Lanfranc, fut écolâtre. La mort de son père lui fait envisager un retour en Savoie et une vie de patricien.

En 1060, après une hésitation sur sa vocation, il suit le conseil qu’il a sollicité de Maurille, archevêque de Rouen. Il renonce à se faire ermite et choisit de devenir moine de la toute nouvelle abbaye du Bec, préférée à son aînée, l’abbaye de Cluny. L’abbaye du Bec possède en effet toutes les traductions des auteurs de l’Antiquité élaborées par Boèce. Tout en prenant en charge l’enseignement de la grammaire dispensé à ses condisciples, il achève son trivium en étudiant la dialectique et la rhétorique sous la direction du savant prieur Lanfranc, et au côté d’Yves de Chartres.

Lanfranc nommé abbé de Saint-Étienne de Caen en 1063, Anselme devient à son tour prieur du Bec. Des élèves accourent de toute la Chrétienté, dont Anselme de Laon. En 1076, il synthétise son cycle d’enseignement par un traité de dialectique appliqué à la théologie, le Monologion de Divinitatis, démonstration d’élégance dans le maniement de la technique du raisonnement, à la fois délié et pertinent. Il le complète l’année suivante d’un « Supplément », le Proslogion seu Alloquium de Dei existentia, dans lequel il utilise les arguments non plus de l’exégèse, c’est-à-dire l’autorité des textes et de la Révélation, mais ceux de la logique pour traiter la question de l’existence de Dieu. En effet, l’influence scientifique d’Aristote sur Anselme ne fait aucun doute : il emprunte en particulier au philosophe grec le concept de nécessité qui devient une notion fondamentale de sa théologie rationnelle.

À la mort d’Herluin, le 26 août 1078, Anselme est élu pour le remplacer au poste d’abbé du Bec. Foulque, abbé de Saint-Pierre-sur-Dives, à qui il a demandé s’il doit obtempérer, l’engage à accepter la charge. La crosse lui est remise par Guillaume le Conquérant et il reçoit la bénédiction de Gilbert Fitz Osbern, évêque d’Évreux, le 22 février 1079.

L’année suivante, Anselme fonde un prieuré à Conflans-Sainte-Honorine, face à la France dont le territoire occupé jusqu’à Auteuil à la suite de la conquête du Mans, en 1060, connaît plusieurs révoltes. En 1082, il y préside à la translation des reliques d’Honorine de Graville. Il souscrit en 1080 et 1082 la confirmation de fondation de l’abbaye de Troarn par Guillaume le Conquérant.

C’est au cours de ces années 1080 qu’il rédige plusieurs de ses dialogues. Entre 1090 et 1092, durant la guerre de succession de Normandie qui suit la mort de Guillaume le Conquérant, il s’attache à combattre par écrit les théories nominalistes de Roscelin de Compiègne sur la Trinité.

En 1092, Hugues le Loup, vicomte d’Avranches possessioné de l’honneur de Cestre depuis la fin de la conquête, désireux de reconstruire l’abbaye de Saint Werburgh rasée deux ans plus tôt, invite l’abbé du Bec à le rejoindre dans sa capitale outre manche. Le comte s’est vu ravir par son cousin et compagnon d’armes Robert de Rhuddlan (en) le territoire du Gwynedd perdu par l’usurpateur Gruffydd ap Cynan. Reste posée la question de la réorganisation de l’Église galloise (en), et à travers elle, celle du contrôle de la population. Dans cet objectif, le modèle de la paroisse, organisée territorialement autour d’un curé, contrôlée hiérarchiquement par un évêque diocésain, organisation nouvelle dans les pays d’habitat dispersé que la réforme grégorienne propose de systématiser et que défend Anselme, s’offre comme un outil plus efficace que le système rémanent des abbés itinérants propres à l’Église celtique.

Après quatre mois de mission à Chester, Anselme est retenu de ce côté-ci de la Manche par le roi Guillaume le Roux, qui prépare une campagne contre le Gwent, le Brycheiniog et le Deheubarth.

Au tout début mars 1093, Guillaume le Roux tombe malade au manoir d’Alveston. Le 6, il reçoit Anselme au château de Gloucestre où le retiennent les soins prodigués par les moines de l’abbaye voisine (en). Il lui offre le siège de Cantorbéry, fief ecclésiastique vacant depuis la mort de Lanfranc. Le roi, dans le besoin de finances pour maintenir la paix future, attend une réforme dans le gouvernement, en particulier celui des abbayes, améliorant le revenu de l’état.

Anselme a lui aussi en tête une réforme mais tout autre, la réforme grégorienne, qui vise au contraire à libérer l’Église de l’État et de la « simonie ». Il rejette d’emblée la coutume carolingienne d’être investi par le souverain temporel et prétend ne recevoir son pallium qu’à Rome du pape Urbain II. Contesté par l’empereur, Urbain II n’est pas non plus reconnu par le roi d’Angleterre, qui se garde pour autant de reconnaître l’antipape Clément III.

Anselme est consacré archevêque de Cantorbéry le 3 décembre en des termes polémiques qui remettent en cause l’accord de Winchester, « primat de toute la Bretagne » selon ses partisans et Eadmer, « métropolite de Cantorbéry » selon ses détracteurs et Hugues le Chantre.

Le schisme confortant sa position, le roi convoque un concile à Rockingham pour le 25 février 1095. Guillaume de Saint-Calais y porte contre Anselme l’accusation d’avoir violé son voeu de fidélité au roi et de vouloir s’emparer d’une prérogative royale, celle de reconnaître un pape. Les barons siégeant à l’assemblée rejettent la proposition de déposer l’archevêque, moins par faveur pour celui-ci que par opposition au pouvoir central. De ce point de vue, Anselme a été associé à la défense des libertés parlementaires.

Des négociations secrètes sont conduites par le légat Guillaume d’Albano avec les représentants du roi, l’aumônier William Warelwast (en) et le Grand Chancelier Gérard. Elles aboutissent, durant la conspiration d’Aumale, à la remise du pallium à Anselme et son agrément par le roi le 10 juin 1095 au palais de Windsor, et non à Latran. En échange, le roi reconnaît Urbain II mais c’est au prix d’un accord concordataire soumettant les investitures à son veto.

Une fois en place, Anselme ne répond pas à l’appel du concile de Clermont et refuse d’envoyer des hommes du royaume d’Angleterre en Terre sainte, non qu’il désapprouve la croisade mais il la préconise, par exemple à son beau-frère et ses neveux, comme une recherche spirituelle. Le 8 juin 1096, il élève Gérard, qui n’est même pas clerc, à l’évêché de Hereford.

La même année, il nomme Ernulf (en) prieur du chapitre cathédral de Cantorbéry et le charge de faire de la cathédrale le bâtiment le plus remarquable du royaume. Les travaux durent dix ans. Une seconde crypte est construite, remarquable par la technique employée, Notre-Dame des Soupirailles. La taille de la nef est doublée.

Deux ans de conflit durant, l’archevêque et le roi campent sur leurs positions, le premier refusant de renoncer à la primauté du vicaire de Rome, le second de convoquer un deuxième concile qui concilierait allégeance à l’un et à l’autre. Manquant de l’appui financier de l’archevêché au cours d’une troisième campagne dans les Marches galloises, Guillaume se décide en 1097 à saisir les revenus ecclésiastiques, ne laissant d’autre choix à Anselme que de s’exiler. L’archevêque se réfugie à Lyon auprès de son collègue en primatie, Hugues de Die. Les bénéfices du diocèse sont confisqués.

 

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