Film Leur souffle

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Film Leur souffle

Cécile Besnault et Ivan Marchika

 

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Quelques critiques

 

 Un film brut comme le diamant. Presque muet, austère, contemplatif. Les images scindées par les lignes de force d’une lumière chaude et caressante, sont majestueuses comme des tableaux : clair-obscur de La Tour, palette de Van Gogh, réalisme de Millet, profils de préraphaélites… Étourdissant. Ce film est un cadeau : l’offrande d’une communauté de religieuses bénédictines, livrant à nos regards l’intimité de leur vie en clôture. La simplicité de leur vie toute tournée vers Dieu, leur patience, la douceur de leurs gestes, la beauté de leurs visages, l’innocence de leurs jeux, tout ce qu’elles livrent sans fard ni réserve est édifiant. Tant de sincérité nous oblige. Quand la piété se donne à voir si fragile et si pure, le témoin que nous sommes voudrait se couvrir les yeux et se retirer sur la pointe des pieds. La vie des sœurs, et l’avant-goût du Ciel qu’elle nous donne à voir, exerce un pouvoir magnétique. Deux heures de méditation dans le cours d’une existence, est-ce trop ? Non, c’est trop peu. A.M.

Source : L’Invbisible

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« Leur souffle » : beauté, silence et Bénédictines au pays de Cézanne

Fruit d’une collaboration entre deux réalisateurs, fraîchement sortis de l’école de cinéma Louis-Lumière, « Leur souffle » est un documentaire qui explore l’univers hors du temps, et pourtant bien ancré, de la vie de l’abbaye bénédictine de Jouques.

 Leur souffle est une expérience inédite, une invitation quasi provocatrice à la paix et au silence. À l’initiative de ce documentaire, la réalisatrice Cécile Besnault a embarqué son confrère Ivan Marchika avec elle. Elle a la foi, lui non. Mais Cécile a absolument quelque chose à dire, à montrer et à voir. Elle veut en faire un film. Ils sont donc partis explorer le mystère d’un lieu aussi insolite qu’un monastère de religieuses cloîtrées, dans la vallée de la Durance, là où tout n’est que beauté, travail et prière…

Le documentaire est long, le temps d’entrer dans le rythme des religieuses et de vivre une mini-retraite avec elles. On y pénètre à pas feutrés pour, peu à peu, s’habituer au changement de tempo et d’impératifs. Le silence et la lenteur, l’espace et le cloître, la pesanteur et la grâce, tout cela s’élargit et prend possession de l’écran dans la plus grande simplicité. Pour les choix de réalisation, les longueurs de plans sont partie prenante du message essentiel. La temporalité ainsi suspendue permet de faire une pause, de regarder, d’attendre et de nourrir, peut-être, un vide tapis au fond de soi.

Dans ce film, mis à part le focus sur les vœux perpétuels de sœur Bénédicte au début, il n’y a pas de personnage principal. C’est difficile. Les religieuses sont un même corps, à la fois sujet et prétexte à autre chose. Elles semblent n’être là que pour inviter le spectateur à être lui-même le personnage principal, à s’y risquer, tant bien que mal. « Dieu est le Dieu du présent, tel il te trouve, tel il te prend et t’accueille, non pour ce que tu as été mais ce que tu es maintenant », semble alors nous souffler Maître Eckart.

 Derrière l’aridité, le souffle

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Il y a la vie du monastère et ses activités, des offices aux moments de prière solitaire, en passant par le travail de la terre et des peintures d’icônes, comme si chaque petit détail avait sa place et sa résonance dans la valeur de leur journée. Mais il y a surtout cet espace offert du silence et de la paix. À travers les visages et les temps rythmés par la lecture des heures, des psaumes ou encore d’une interview du pape François au moment du repas, la parole prend un tout autre sens. Ce n’est pas la voix des hommes qui est importante.

 

La photographie est très belle, captant paysages et mouvements du soleil, avec lesquels les religieuses sont quasiment appelées à vivre en harmonie. La vie cloîtrée peut paraître bien rude entre les moments d’oraison et l’application toute dévouée à chaque geste et à chaque instant, sans fuite. « Je ne puis comprendre la terre sans le ciel, l’amour sans la prière et le temps sans l’éternité », pensée de Lamartine, résume bien cet appel à la vie monastique.

Le souffle, que la réalisatrice compare au début au son des coquillages de la mer, se perçoit tout comme lui si l’on consent à y croire et donc à le percevoir. Il est présent durant tout le film à travers des versets bibliques, en guise de chapitres, qui permettent de comprendre aussi la réalité de l’âme humaine et comment le temps agit dans sa relation au Créateur, au moment où elle Le cherche, des purs élans à la détresse.

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Si le titre évoque le souffle des religieuses de Jouques, c’est sans doute celui de Cécile dont il s’agit surtout, qui se retient durant la durée du film pour ne pas montrer ce que son cœur subit. Des battements différents qui, au fil des images et des minutes, dévoilent le mystère d’une vocation et d’un appel radical en train de naître. Ce n’est jamais compliqué quand Dieu frappe à la porte d’un cœur, ce sont tous ses battements à venir qui en font un miracle, une fidélité choisie et une relation vivante. Elle est entrée dans les ordres depuis, religieuse à son tour, au Carmel de Lourdes.

C’est apaisé qu’on en ressort, intrigué surtout et un peu décontenancé d’avoir pris part à une mise en scène de la présence divine à travers le visage et les mains de simples religieuses.

 

Source : Aleteia

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 La joie d’une brise légère

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Au commencement tout est ténèbres. Se fait juste entendre le son d’un souffle ténu, celui de la voix de la réalisatrice qui nous livre, comme en une confidence, une parabole sur ce qu’elle a essayé de faire. Mais ce souffle s’éteint. Et nous passons à des voix claires, à une diction distincte, encore qu’empreinte d’émotion, tandis que la lumière a envahi l’écran. Les mots sont désormais ceux d’une profession monastique. Presque sans préavis, nous voici entrés dans l’abbaye de Jouques par la grande porte, celle de la consécration définitive. Et nous nous découvrons conviés, pendant deux heures, à en partager le rythme et les silences, les mélodies et la couleur.

Un film de plus sur une congrégation religieuse ? Pas tout à fait. Car, outre les cadrages magnifiques et les lumières somptueuses du pays de la Durance, il y a une véritable empathie des réalisateurs [1]avec la communauté. Rien n’est explicité, détaillé, mis à plat ; tout est scruté, respecté, contemplé, dans la netteté de plans fixes à faible profondeur de champ. De la jeune novice à la mère abbesse, nous croisons des physionomies bien diverses et d’âges très variés. La paix intérieure n’exclut pas les tensions, certains regards ou certaines intonations témoignent d’une maturité parfois rudement conquise, la concentration nécessaire aux travaux de chaque jour répond à la discipline si simple des prières et des heures.

À la différence de documentaires à visée didactique ou de films insistant à l’extrême sur l’énigme de ces vies cachées [2]Leur souffle présente sobrement ce vers quoi tendent tous les consacrés. L’essentiel ne cesse d’être dit, mais à travers le chant des psaumes. Or, ces psaumes se chantent en latin. Si les sous-titres en explicitent les paroles, il est ici évident qu’il y a plus à écouter que ce que nous percevons ; la parole se donne à entendre moyennant un rythme, un accord, un élan commun. C’est toujours le Christ qui est livré, cherché, proclamé, désiré. Pour lui, les mots de l’Église prennent corps dans l’intonation singulière de cette communauté. Et nous avons à les traverser, ou plutôt à nous laisser traverser par eux, en constatant la puissance du souffle qui, sans prétendre à rien d’autre qu’à exprimer cette Parole, donne à ces femmes d’être debout.

Depuis les épisodes familiaux jusqu’aux moments d’attente, une harmonie singulière émerge, au-delà des efforts et des rires. Une lumière qui résiste aux ténèbres, une plénitude qui se communique avec pudeur. Une intimité qu’on n’a jamais fini d’atteindre, celle de l’Époux qui vient. « Le Souffle et l’Épouse disent : “Viens”. Celui qui a soif, qu’il vienne » (Ap 22,17).

  [1L’un est athée, l’autre, après le tournage du film, est entrée au Carmel.

[2Un film comme Le grand silence, par exemple, laisse peu de place à la Parole[[Un film comme Le grand silence, par exemple, laisse peu de place à la Parole.

 

Source : Site du Diocèse de Paris

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