MARS, POEME, POEMES, POETE FRANÇAIS, SULLY PRUDHOMME (1839-1907)

Mars de Sully Prudhomme

Mars

fr-printemps

En mars, quand s’achève l’hiver,
Que la campagne renaissante
Ressemble à la convalescente
Dont le premier sourire est cher ;

 

Quand l’azur, tout frileux encore,
Est de neige éparse mêlé,
Et que midi, frais et voilé,
Revêt une blancheur d’aurore ;

 

Quand l’air doux dissout la torpeur
Des eaux qui se changeaient en marbres ;
Quand la feuille aux pointes des arbres
Suspend une verte vapeur ;

 

Et quand la femme est deux fois belle,
Belle de la candeur du jour,
Et du réveil de notre amour
Où sa pudeur se renouvelle,

 

Oh ! Ne devrais-je pas saisir
Dans leur vol ces rares journées
Qui sont les matins des années
Et la jeunesse du désir ?

 

Mais je les goûte avec tristesse ;
Tel un hibou, quand l’aube luit,
Roulant ses grands yeux pleins de nuit,
Craint la lumière qui les blesse,

 

Tel, sortant du deuil hivernal,
J’ouvre de grands yeux encore ivres
Du songe obscur et vain des livres,
Et la nature me fait mal.

 

René-François Sully Prudhomme, Les solitudes

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Sully-Prudhomme (1839-1907)

Biographie : 

René Armand François Prudhomme, dit Sully Prudhomme, est un poète français.
Fils d’un commerçant, René Armand Prudhomme, qui souhaite devenir ingénieur, fait ses études au lycée Bonaparte, mais une crise d’ophtalmie le contraint à les interrompre. Après avoir travaillé au Creusot dans les usines Schneider, il se tourne vers le droit et travaille chez un notaire. 

L’accueil favorable réservé à ses premiers poèmes au sein de la Conférence La Bruyère, société étudiante dont il est membre, encourage ses débuts littéraires.
Son premier recueil, « Stances et Poèmes » (1865) est loué par Sainte-Beuve et lance sa carrière. Il renferme son poème le plus célèbre, Le Vase brisé, élégante métaphore du cœur brisé par un chagrin d’amour.

Sully Prudhomme se détourne progressivement du genre sentimental de ce premier recueil – qu’on retrouve encore dans « Les Épreuves » (1866) et « Les Solitudes » (1869) – pour adopter un style plus personnel alliant une recherche formelle qui le rattache au Parnasse avec un intérêt pour les sujets scientifiques et philosophiques. Son ambition philosophique s’exprime dans des poèmes comme « La Justice » (1878) et « Le Bonheur » (1888). 

Il est élu membre de l’Académie française en 1881. Après « Le Bonheur », Sully Prudhomme délaisse la poésie pour s’intéresser exclusivement à l’esthétique et à la philosophie.

Premier écrivain à recevoir le prix Nobel de littérature, le 10 décembre 1901, il consacre l’essentiel de la somme reçue à cette occasion à fonder un prix de poésie décerné par la Société des gens de lettres. Il crée par ailleurs en 1902 la Société des poètes français avec José-Maria de Heredia et Léon Dierx. Il est l’un des premiers partisans de Dreyfus.

Sa santé avait été durablement ébranlée par la guerre de 1870. Sur la fin de sa vie, elle le contraignait à vivre quasiment reclus à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), souffrant d’attaques de paralysie et travaillant à « La Vraie Religion selon Pascal » (1905). 

Source : Wikipédia

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