JACQUES MARITAIN (1882-1973), PHILOSOPHE FRANÇAIS, PHILOSOPHIE

Jacques Maritain (1882-1973)

Jacques Maritain (1882-1973)

220px-Jacques_Maritain

Jacques Maritain est un philosophe français. C’est une des figures importantes du renouveau du thomisme au XXe siècle, mouvement qui a été désigné sous le nom de néo-thomisme.

Philosophe chrétien, Jacques Maritain est un des grands penseurs du siècle dernier…. Le Paysan de la Garonne, Paris, DDB, 1966.

A leur retour en France, Jacques Maritain est appelé par le Général De Gaulle… Journal de Raïssa, publié par Jacques Maritain, Paris, Desclée de Brouwer, 1963

 Jacques Maritain (18 novembre 1882- 28 avril 1973) est un philosophe français. C’est une des figures importantes du renouveau du thomisme u XXè siècle,  mouvement qui a été désigné sous le nom de néo-thomisme. Il s’est converti au catholicisme, et la religion a profondément imprégné sa philosophie. Il fut aussi ambassadeur de France au Vatican.

 

Sa vie

Né à Paris, il était le fils de l’avocat Paul Maritain et de Geneviève Favre, la fille de Jules Favre, et fut élevé dans un milieu républicain et anticlérical. Élève au lycée Henri-IV, il étudia ensuite la chimie, la biologie et la physique à la Sorbonne. Il y rencontra Raïssa Oumançoff (orthographié aussi Oumansoff), immigrée juive d’origine russe, ukrainienne, qu’il devait épouser en 1904. Elle fut toujours associée à sa recherche passionnée de vérité.

Jacques-et-RaIssa-Maritain_theme_image

Le scientisme alors en vogue à la Sorbonne le déçut assez rapidement ; il ne le considérait pas comme étant capable de répondre à des questions existentielles d’ordre vital. Sur le conseil de Charles Péguy, il suivit avec son épouse les cours d’Henri Bergson au Collège de France. Parallèlement à sa déconstruction du scientisme, Bergson leur communiqua le «sens de l’absolu». Par la suite, grâce surtout à l’influence de Léon Bloy (qui devient leur parrain de baptême), ils se convertirent tous deux à la foi catholique en 1906.

Ils déménagèrent à Heidelberg en 1907. Maritain y étudia la biologie sous la conduite d’Hans Driesch. La théorie néo-vitaliste de Driesch l’attira car elle s’apparentait aux conceptions de Bergson. Raïssa tomba malade, et durant sa convalescence, leur conseiller spirituel, le frère dominicain Humbert Clérissac, leur fit découvrir l’œuvre de Saint Thomas d’Aquin. L’enthousiasme de Raïssa conduisit Jacques à s’y intéresser à son tour. Il trouva chez Saint Thomas la confirmation de nombre d’idées qu’il avait déjà entrevues. Du « Docteur Angélique » il passa bientôt au philosophe dont ce dernier avait christianisé la pensée, Aristote. Il se tourna ensuite vers les ouvrages de la néo-scolastique. En 1912, Maritain commença à enseigner au collège Stanislas, puis à l’Institut Catholique de Paris. En 1916-1917, il fit cours au Petit Séminaire de Versailles. En 1917, un groupe d’évêques français chargea Maritain d’écrire une série de manuels conçus pour être utilisés dans les universités catholiques et les séminaires. Il vint à bout d’un seul de ces projets : ce furent les Éléments de Philosophie, publiés en 1920. C’est depuis un des ouvrages de référence dans nombre de séminaires catholiques. En 1933, il devint professeur à l’Institut pontifical d’études médiévales de l’Université de Toronto. Il enseigna aussi à l’Université Columbia, à l’Université de Chicago ainsi qu’à Princeton.

Sa conversion et l’influence du RP Clérissac l’amenèrent à avoir des contacts avec des milieux proches de l’Action française. En 1920, il participe, avec Henri Massis, à la fondation de la Revue universelle. En 1926, quand interviennent des mises en garde du Vatican à l’égard de l’Action Française, il s’attache, après un essai de médiation, à les justifier, surtout en publiant « Primauté du spirituel ». Son influence philosophique et religieuse sur certains jeunes intellectuels proches ou ayant été proches de l’Action française comme ses encouragements aux initiatives d’Emmanuel Mounier ainsi qu’à la création de la revue Esprit vont contribuer, au début des années 1930, à faciliter l’apparition du personnalisme des non-conformiste des années 30. Lui-même va être amené à approfondir parallèlement la réflexion politique et sociale qui s’exprime dans « Humanisme Intégral » en 1936, en le rapprochant des milieux de la démocratie-chrétienne.

Bloqué en Amérique du Nord par la déclaration de guerre, il prend position contre le régime de Vichy. De 1945 à 1948, il fut ambassadeur de France auprès du Vatican. Il participa à la fondation, en 1950, du Congrès pour la liberté de la culture, après quoi il retourna à Princeton, où il devint professeur émérite en 1956. À partir de 1961, Jacques Maritain vécut chez les Petits Frères de Jésus à Toulouse. Depuis la création de l’ordre en 1933, il y exerçait une certaine influence, et est devenu Petit Frère en 1970. Dans son dernier livre : De l’Église du Christ. La personne de l’Église et son personnel (1970), Maritain a ramassé sa pensée ecclésiologique. Récusant l’effort d’une apologétique intégrale de l’histoire patente de l’Église, il plaide au contraire pour un «Adieu au moyen âge» qui puisse garantir en retour la vérité fréquemment latente de l’Église Sainte à l’ensemble des époques. Cette ecclésiologie fait par conséquent valoir, à côté du modèle moniste du Corps mystique, le modèle différencié de l’Épouse du Christ en vertu duquel s’ouvre l’espace d’un dynamisme eschatologique de l’Église. Occupé d’intégrer et non d’excuser les péchés du «personnel» de l’Église, Maritain propose l’idée d’un transfert du Christ à l’Église de cet office de pénitence dont le Juste s’était chargé aux jours de la Pâques : l’Église Sainte reçoit de la sainteté du Seigneur le devoir solidaire de réparer les fautes de ses membres. Dans cette unité de l’agir ecclésial, Maritain a cru reconnaître la qualité pleine de «Personne» attribuable à l’Épouse.

Il est enterré avec son épouse à Kolbsheim.

 

Sa pensée

160

La pensée de Jacques Maritain s’est construite selon Aristote et Saint Thomas d’Aquin.   Comme Thomas d’Aquin, Maritain est l’artisan et le défenseur d’une philosophie chrétienne fondée sur l’expérience et la raison, indépendante de la foi, mais en accord parfait avec la Révélation. En général, Maritain est un métaphysicien qui défend une conception de la philosophie comme science – contre ceux qui prétendraient la déchoir de son rôle éminent – et revendique pour elle le statut de reine des sciences, chargée de corriger les erreurs des autres sciences, secondaires et traitant de la matière. A partir de ces principes, Maritain cherchera au cours de toute son œuvre à rendre actuelle la pensée du thomisme, ainsi qu’à la situer sans la trahir dans le contexte du XXe siècle. Ainsi, Maritain dialoguera dans ses ouvrages avec des penseurs modernes comme Descartes ou Kant, et son ouverture lui sera reprochée par Étienne Gilson, dont l’optique thomiste se veut plus conservatrice.

Son œuvre (une cinquantaine d’ouvrages) aborde presque l’ensemble des aspects de la philosophie : nature, métaphysique, logique, épistémologie, morale, politique, histoire et art.

180px-benozzo_gozzoli_004a.jpg

Métaphysique

Il est le promoteur d’un réalisme critique et d’une philosophie de l’être et de l’exister supérieure, selon lui, aux philosophies de l’un, du vrai, du bien, de la liberté, de la durée, de l’existence (coupée de l’essence). Le principe fondateur de cette doctrine de l’être est le principe d’identité qui justifie en droit une «raison d’être» intelligible (causalité, finalité). Du principe d’identité découle l’ensemble des catégories de l’être (essence/existence ; acte/puissance ; substance ; quantité ; qualité ; relation, etc), d’où on déduit l’être même subsistant (Dieu) qu’Heidegger a confondu à tort avec un existant suprême.

Épistémologie

En 1910, Maritain acheva sa première contribution importante à la philosophie contemporaine, un article de 28 pages intitulé « Raison et Science contemporaine », qui parut dans le numéro de juin de la Revue de Philosophie. Il y dénonçait la divinisation de la science, et la confiscation par celle-ci du rôle de la raison et de la philosophie, et le surcroît d’importance qu’acquérait la science sur les lettres. De fait, son épistémologie est défensive. Contre la phénoménologie et les existentialismes, , elle distingue différents niveaux d’abstraction (voir Sept leçons sur l’être). Les degrés du savoir analyse les formes de la connaissance scientifique à la lumière de sa théorie thomiste de l’abstraction.

Éthique

Maritain est un fervent défenseur d’une éthique fondée sur la loi naturelle. Il conçoit les normes éthiques comme enracinées dans la nature humaine. Pour lui, la connaissance de la loi naturelle est première, et ne se forme pas par le débat philosophique ou par la démonstration, mais plutôt au travers de la co-naturalité. La connaissance co-naturelle est un type de connaissance obtenu par la confrontation avec la réalité. Ainsi, nous connaissons la loi naturelle en y étant directement confrontés dans le cadre de l’expérience humaine. Maritain défend aussi l’idée selon laquelle les droits naturels se fondent sur la loi naturelle. Sa morale pleinière participe de la théologie par subalternation de la raison aux données de la foi chrétienne, faute de quoi, elle serait inachevée par manque d’information sur les fins dernières.

De son œuvre, dans laquelle il s’est constamment employé à dénoncer la récupération de certaines valeurs spirituelles par des doctrines, politiques ou autres, la postérité chrétienne a retenu la distinction qu’il opère entre l’action «comme chrétien», qui consiste à l’obéissance aux rites ainsi qu’aux dogmes de l’Église, et l’action «en chrétien», qui consiste en la mise en œuvre, individuellement, des idées chrétiennes dans des domaines «temporels», des organisations laïques où l’Église n’a pas à s’immiscer.

Combat contre l’antisémitisme

Fidèle au dreyfusisme de sa jeunesse, Jacques Maritain a longtemps combattu l’antisémitisme. Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, Maritain protesta contre la politique du régime de Vichy ; il enseignait à l’époque à l’Institut pontifical d’études médiévales du Canada. Il fit partie des catholiques qui intervinrent pour que fût modifiée l’oraison Oremus et pro perfidis Judæis.

FIC928HAB0 (1)

En général, la montée du communisme et du fascisme oriente sa réflexion dans le sens de la défense des droits de la personne humaine et vers un renouveau de la démocratie. Humanisme intégral en est le fruit.

 

Œuvres

La Philosophie bergsonienne, 1914 (1948)

Eléments de philosophie, 2 Bd. e, Paris 1920/23

Art et scolastique, 1920

Théonas ou les entretiens d’un sage et de deux philosophes sur diverses matières inégalement actuelles, Paris, Nouvelle librairie nationale, 1921

Antimoderne, Paris, Édition de la Revue des Jeunes, 1922

Réflexions sur l’intelligence et sur sa vie propre, Paris, Nouvelle librairie nationale, 1924.

Trois réformateurs : Luther, Descartes, Rousseau, avec six portraits, Paris [Plon], 1925

Réponse à Jean Cocteau, 1926

Une opinion sur Charles Maurras et le devoir des catholiques, Paris [Plon], 1926

Primauté du spirituel, 1927

Pourquoi Rome a parlé (coll. ), Paris, Spes, 1927

Quelques pages sur Léon Bloy, Paris 1927

Clairvoyance de Rome (coll. ), Paris, Spes, 1929

Le docteur angélique, Paris, Paul Hartmann, 1929

Religion et culture, Paris, Desclée de Brouwer, 1930 (1946)

Le thomisme et la civilisation, 1932

Distinguer pour unir ou Les degrés du savoir, Paris 1932

Le songe de Descartes, Suivi de quelques essais, Paris 1932

De la philosophie chrétienne, Paris, Desclée de Brouwer, 1933

Du régime temporel et de la liberté, Paris, DDB, 1933

Sept leçons sur l’être et les premiers principes de la raison spéculative, Paris 1934

Frontières de la poésie et autres essais, Paris 1935

La philosophie de la nature, Essai critique sur ses frontières et son objet, Paris 1935 (1948)

Lettre sur l’indépendance, Paris, Desclée de Brouwer, 1935.

Science et sagesse, Paris 1935

Humanisme intégral. Problèmes temporels et spirituels d’une nouvelle chrétienté; espagnol 1935), Paris (Fernand Aubier), 1936 (1947)

Les Juifs parmi les nations, Paris, Cerf, 1938

Questions de conscience : essais et allocutions, Paris, Desclée de Brouwer, 1938

La personne humaine et la société, Paris 1939

Le crépuscule de la civilisation, Paris, Éd. Les Nouvelles Lettres, 1939

Quatre essais sur l’esprit dans sa condition charnelle, Paris 1939 (1956)

De la justice politique, Notes sur le présente guerre, Paris 1940

Scholasticism and politics, New York 1940

A travers le désastre, New York 1941 (1946)

Conféssion de foi, New York 1941

Ransoming the time (Redeeming the time), New York 1941

La pensée de St. Paul, New York 1941 (Paris 1947)

Les Droits de l’Homme et la Loi naturelle, New York 1942 (Paris 1947)

Saint Thomas and the problem of evil, Milwaukee 1942;

Essays in Thomism, New York 1942;

Christianisme et démocratie, New York 1943 (Paris 1945)

Education at the crossroad, New Haven 1943

Principes d’une politique humaniste, New York 1944 (Paris 1945) ;

De Bergson à Thomas d’Aquin, Essais de Métaphysique et de Morale, New York 1944 (Paris 1947)

A travers la victoire, Paris 1945;

Messages 1941-1944, New York 1945;

Pour la justice, Articles et discours 1940-1945, New York 1945;

Le sort de l’homme, Neuchâtel 1945;

Court traité de l’existence et de l’existent, Paris 1947;

La personne et le bien commun, Paris 1947;

Raison et raisons, Essais détachés, Paris 1948

La signification de l’athéisme contemporain, Paris 1949

Man and state, Chicago 1951

Neuf leçons sur les notions premières de la philosophie morale, Paris 1951

Approches de Dieu, Paris 1953.

L’Homme et l’Etat (engl.  : Man and State, 1951) Paris, PUF, 1953

Creative intuition in Art and Pœtry (engl. ), 1953

On the philosophy of history, ed. J. W. Evans, New York 1957

Truth and human fellowship, Princeton 1957

Reflections on America, New York 1958

Pour une philosophie de l’éducation, Paris 1959

Le philosophe dans la Cité, Paris 1960

The responsibility of the artist, New York 1960;

La philosophie morale, Vol. I : Examen historique et critique des grands dispositifs, Paris 1960

Man’s approach to God, Latrobe/Pennsylvania 1960

On the use of philosophy, Princeton 1961

A preface to metaphysics, New York 1962

Dieu et la permission du mal, 1963

Carnet de notes, Paris, DDB, 1965

L’intuition créatrice dans l’art et dans la poésie, Paris, Desclée de Brouwer, 1966 (engl. 1953)

Le paysan de la Garonne. Un vieux laïc s’interroge à propos du temps présent, Paris, DDB, 1966

Challenges and renewals, ed. J. W. Evans/L. R. Ward, Notre Dame/Ind. 1966

The education of man, The educational philosophy of J. M. , ed. D. /I. Gallagher, Notre Dame/Ind. 1967

De la grâce et de l’humanité de Jésus, 1967

De l’Église du Christ. La personne de l’église et son personnel, Paris 1970

Approches sans entraves, posthum 1973.

Œuvres complètes de Jacques et Raissa Maritain, 16 Bde., 1982-1999.

Deux ouvrages ont été réédités en 2007 par les Editions Ad Solem :

Jacques et Raïssa Maritain, Liturgie et contemplation

Le Feu nouveau (réédition du Paysan de la Garonne accompagné d’un dossier critique de Michel Fourcade)

La plupart de ses manuscrits sont conservés au Cercle d’études Jacques et Raïssa Maritain à Kolbsheim (Bas-Rhin, France), association fondée par le philosophe lui-même. Le Maritain Center de l’Université Notre-Dame, fondé en 1957, conserve une partie importante des archives américaines du philosophe. L’objectif de ces centres est d’encourager l’étude et la recherche au sujet de la pensée de Maritain, mais également de développer ses réflexions.

Bibliographie

Jacques Maritain, philosophe dans la cité, Jean-Louis Allard, Ottawa, Éditions de l’Université, 1985

Jacques et Raïssa Maritain, Les Mendiants du ciel, Jean-Luc Barré, Paris, Stock, 1996

Entre Maurras et Maritain, Une génération intellectuelle catholique (1920-1930) , Philippe Chenaux, Paris, Cerf, 1999

Jacques Maritain : The Philosopher in Society, James V. Schall, Rowman and Littlefield, 1998

Jacques Maritain et ses Contemporains, Bernard Hubert, Yves Floucat, André Collini

Maritain en notre temps, Henry Bars, 1959

Maritain 2006 Entrée en catholicisme, Journées d’études des 15-16 novembre 2006 compte rendu dans Revue des Sciences Religieuses 81 N° 3 et 4, Juillet et octobre 2007.

Maritain à contre-temps : Pour une démocratie vivante, Paul Valadier, Paris, DDB, 2007

Jacques Maritain ou la Fidélité à l’Éternel, Yves Floucat, Paris, Fac-éditions, 1996

Pour une restauration du politique. Maritain l’intransigeant, de la Contre-Révolution à la démocratie, Yves Floucat, Paris, Téqui, 1999

Maritain ou le catholicisme intégral et l’humanisme démocratique, Yves Floucat, Paris, Téqui, 2003

Le Chevalier de l’absolu. Jacques Maritain entre mystique et politique, Guillaume de Thieulloy, Paris, Gallimard, 2005 – l’ouvrage a été particulièrement critiqué – voir les Cahiers Jacques Maritain, Kolbsheim, recension de René Mougel.

Jacques Maritain et l’Amérique du Sud. Le modèle malgré lui, Olivier Compagnon, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2003.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s