L’importance d’être constant, une pièce d’Oscar Wilde

 

L’Importance d’être Constant

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L’Importance d’être Constant (The Importance of Being Earnest) est une comédie théâtrale de l’écrivain irlandais Oscar Wilde, créée le le 14 février 1895 au St. James theatre de Londres. L’action se déroule dans l’Angleterre victorienne. Le quiproquo à la base de l’intrigue est fondé sur le prénom du personnage principal : Constant (Earnest en anglais), frère imaginaire de Jack.

 

La pièce

Le titre original The Importance of Being Earnest est traduit en français de diverses façons :

L’Importance d’être Constant ;

L’Importance d’être Ernest ;

L’Avantage d’être constant ;

Il est important d’être Aimé, pour Jean Anouilh ;

De l’importance d’être Fidèle ;

L’Importance d’être sérieux.

Le titre de l’œuvre est à double sens : « earnest » signifie « sérieux », « fidèle », et peut également être entendu comme le prénom « Ernest », « earnest » et « Ernest » se prononçant de la même façon.

Le nom de famille de Jack, Worthing, est emprunté au nom de la ville dans laquelle séjournait Wilde lorsqu’il écrivit la pièce.

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Résumé

Le résumé présenté ici correspond à la version coupée de la pièce, réclamée avant sa première à Oscar Wilde par le directeur du Saint James Theatre. La version originale, publiée en France aux éditions Garnier-Flammarion, comporte quatre actes, impliquant notamment l’intervention de l’huissier M. Gribsby à l’acte II.

 Acte I

La pièce s’ouvre avec Algernon Moncrieff, un jeune homme paresseux, recevant son meilleur ami, John Worthing, aussi connu sous le nom d’Ernest. Ernest est revenu de la campagne pour demander en mariage la cousine d’Algernon, Gwendolen Fairfax. Cependant, Algernon s’opposera à cette demande tant qu’Ernest ne lui aura pas expliqué pourquoi son étui à cigarettes porte l’inscription « De la part de la petite Cecily, avec tout son amour pour son cher oncle Jack ». « Ernest » est forcé d’admettre qu’il mène une double vie. À la campagne, il endosse une attitude sérieuse pour le bien de sa jeune pupille, l’héritière Cecily Cardew, et se fait appeler John (ou, comme surnom, Jack) tandis qu’il prétend s’inquiéter pour un jeune bon à rien de frère s’appelant Ernest et vivant à Londres. Au contraire, en ville, il assume l’identité du libertin Ernest. Algernon avoue une similaire tromperie : il prétend avoir, à la campagne, un ami invalide du nom de « Bunbury » à qui il peut « rendre visite » quand il souhaite éviter un devoir social malvenu. Jack refuse de dire à Algernon l’emplacement de sa propriété à la campagne. Entrent ensuite Gwendolen et sa mère Lady Bracknell, qu’Algernon distrait dans une autre pièce pendant que Jack fait sa demande. Gwendolen a juste le temps d’accepter les avances de Jack que le couple est surpris par Lady Bracknell qui exige un entretien immédiat avec Ernest. Horrifiée d’apprendre qu’il a été adopté après avoir été découvert dans un sac de voyage à la gare Victoria, Lady Bracknell s’oppose fermement à leur union et interdit même à sa fille de le revoir. Prévoyant de se retrouver secrètement, Jack donne à Gwendolen l’adresse de sa propriété à la campagne. Mais il est également écouté par Algernon, qui souhaite rencontrer Cecily.

 Acte II

Cecily étudie avec sa gouvernante Miss Prism dans le jardin de la propriété de Jack. Arrive ensuite Algernon, qui prétend être Ernest Worthing, le frère de Jack, et réussit à charmer Cecily. Comme Jack, il prévoit lui aussi de se faire rebaptiser « Ernest » par le révérend « Chasuble », le prénom semblant plaire particulièrement à leurs deux fiancées respectives. Décidé à abandonner sa double vie, Jack entre et annonce la mort de son frère Ernest à Miss Prism et au révérend Chasuble. Mais ses propos sont vite mis en question par la présence d’Algernon. Gwendolen arrive à son tour, après s’être enfuie de la maison. Par un concours de circonstances, elle se retrouve seule avec Cecily qui devient rapidement sa rivale, car les deux femmes se présentent toutes deux comme la fiancée d’« Ernest ». Leur animosité prend fin lorsqu’arrivent Algernon et Jack, révélant malgré eux au grand jour la supercherie, non sans décevoir les deux femmes.

 Acte III

Lady Bracknell, à la recherche de sa fille, fait irruption dans la propriété de Jack. Elle apprend avec étonnement les fiançailles d’Algernon et Cecily. Cependant, Jack refuse de donner son consentement à sa pupille tant que Lady Bracknell n’aura pas fait de même pour lui et Gwendolen. L’impasse est résolue par le retour de Miss Prism, reconnue par Lady Bracknell comme étant une ancienne nourrice de la famille qui, 28 années plus tôt, avait emmené le fils de sa sœur en promenade mais n’était jamais revenue. Miss Prism est contrainte d’avouer avoir malencontreusement oublié le bébé dans un sac de voyage à la gare Victoria, l’ayant fâcheusement confondu avec le manuscrit du roman qu’elle était en train d’écrire. Sortant le sac en question, Jack prouve qu’il est bien le bébé perdu, fils de la sœur de Lady Bracknell et donc frère ainé d’Algernon. Il acquiert ainsi une origine suffisamment respectable pour pouvoir prétendre épouser Gwendolen. Lady Bracknell informe Jack qu’il porte le même nom que son père, Ernest, au plus grand plaisir de Gwendolen. La pièce se termine joyeusement par des baisers entre les deux couples, auxquels s’ajoute celui qu’échangent le révérend Chasuble et Miss Prism.

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OSCAR WILDE (1854-1900) : biographie

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Oscar Wilde, de son nom complet Oscar Fingal O’Flahertie Wills Wilde, est un écrivain irlandais.
Il est né dans une famille protestante. Son père est médecin, anthropologue et historien. Sa mère est poétesse. Il suit ses études dans une école publique. Il rentrera ensuite à Trinity College, université anglaise de Dublin, pour poursuivre des études en lettres classiques, puis à Oxford où il prépare un diplôme en lettres classiques assorti de cours d’histoire de l’art et de philosophie. Il commence à écrire des sonnets et remportera le concours de l’université.

En 1878, il obtient brillamment son diplôme et part s’installer à Londres. C’est là qu’il publie son premier recueil de poèmes et compose sa première tragédie.

Il passe l’année 1882 aux États-Unis pour donner une série de conférences sur l’art. À son retour, il part pour la France où il fréquente les grands écrivains et peintres de l’époque (Hugo, Daudet, Pissarro, Degas, Zola, Verlaine).
En 1883, il rentre à Dublin et épouse une amie d’enfance Constance Lloyd, avec qui il a deux enfants. Le couple s’installe à Dublin. Oscar Wilde devient critique pour « The Pall Mall Gazette » puis rédacteur en chef de « The Woman’s World ». C’est en 1886 qu’il rencontre Robert Ross et assume son homosexualité.

« Le Portrait de Dorian Gray » est publié en 1890 puis révisé en 1891. La même année, il repart pour Paris où il reste plusieurs mois, y rencontre André Gide et achève « Salomé ». A son retour, il fait la connaissance d’Alfred Bruce Douglas, celui-ci restera son amant jusqu’à sa mort.

En 1895, alors que sa pièce maîtresse « L’Importance d’être Constant » triomphe à Londres, le père d’Alfred porte plainte pour sodomie. La plainte est admise. Oscar Wilde est condamné à deux ans de travaux forcés. Il exécute sa peine respectivement dans les prisons de Pentonville, Wandsworth et Reading.

Il sort de prison en 1897. À sa sortie, ne pouvant payer les frais de justice, il fait banqueroute. Sa femme le quitte. Il s’exile alors en France, en Normandie, puis rejoint Alfred à Naples en 1898. Il partage les deux dernières années de sa vie entre cette ville et Paris. Lors de son exil à Paris de 1897 et 1900, il utilise le pseudonyme de Sébastien Melmoth. Il met un point final à son œuvre avec « La Ballade de la geôle de Reading » (1898), un long poème commémorant l’expérience éprouvante de la vie en prison.

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POURQUOI LIRE OSCAR WILDE AUJOURD’HUI ?
On peine à imaginer Oscar Wilde seul et ruiné, s’effondrer à tout juste 46 ans dans une chambre d’hôtel parisienne. Le désespoir, le déshonneur ne sont pas des mots que l’on rattache facilement à un auteur dont l’histoire a surtout retenu quelques brillants aphorismes. Ses bons mots, son unique roman et ses quelques pièces de théâtre ont occulté le reste de son œuvre  et masqué la profonde tragédie de sa déchéance. Une déchéance parfaitement révélatrice de l’hypocrisie de la société victorienne du XIXème siècle.

Oscar Wilde disait qu’il avait mis son génie dans sa vie plutôt que dans son œuvre  où il n’aurait mis que son talent. Sa vie, ou tout du moins sa première partie, a en effet tout d’une foudroyante success story avant de terminer en un drame pathétique. Il naît à Dublin, d’un mère poétesse et d’un père médecin. Sa mère aurait préféré une fille et l’éduque ainsi jusqu’à ses 7 ans. Fine lettrée, elle lui transmet son amour de la poésie quand son père, célèbre ophtalmologiste qui aime retrouver chez lui tout le gratin irlandais, le fait côtoyer dès l’enfance des politiciens, écrivains, penseurs ou scientifiques de premier plan.

A l’université, dans la prestigieuse Trinity College de Dublin puis au Magdalen College d’Oxford, Oscar Wilde se distingue systématiquement des autres élèves. Passionné par la littérature grecque comme par la philosophie, il obtient les meilleures notes dans à peu près dans toutes les matières -sauf en sport !- et soigne comme personne son look de dandy aux cheveux longs. A Oxford, il développe ses idées sur les différents courants esthétiques et plus particulièrement sur le mouvement décadent dont il se réclame peu à peu. Il découvre avec émerveillement, jusqu’à en apprendre par cœur  certains passages, les travaux sur l’art de Walter Pater, un critique pour qui la sensibilité à l’art et à la beauté doit être au dessus de toute autre considération. Il s’enthousiasme également pour ceux de John Ruskin, le critique d’art le plus important de l’ère victorienne même s’il ne partage pas avec lui l’idée que l’art puisse comporter une dimension morale.

Il publie son premier recueil de poésie dès sa sortie de l’université en 1881 et part aux Etats-Unis donner une série de conférences sur sa conception de l’art et notamment sur le courant de l’Esthétisme dont il est la figure de proue. Pour Wilde et les auteurs qui se réclament de ce mouvement tranchant avec le naturalisme d’Emile Zola, l’art est question de raffinement, de recherche de la beauté absolue, et de la beauté seule.

De retour en Europe, il se marie, le 29 mai 1884, avec Constance Lloyd avec qui il a deux enfants : Cyril et Vyvyan, nés respectivement en 1884 et 1885. C’est à cette période qu’il semble avoir débuté une relation homosexuelle avec Robert Ross, qui restera toute sa vie son meilleur ami puis, après sa ruine, son exécuteur testamentaire. Commence pour lui une longue période dans le journalisme, notamment comme éditeur pour le journal “The Lady’s World” qu’il rebaptise « Woman’s World » avant de quitter ses fonctions en 1889. Parallèlement, en cette intense période créative, il publie de nombreuses nouvelles, qui sont autant de chefs d’œuvre  (Le prince heureux, le géant égoïste et autres contes, Le Crime de Lord Arthur Saville et autres contes, Le portrait de Mr. W. H.),  comme de nombreux essais où son sens de la formule fait mouche (l’âme humaine, Le Déclin du mensonge). On retrouve dans chacun de ces textes les principales obsessions de Wilde : la littérature, le goût pour la conversation et les paradoxes, les faux-semblants de la société victorienne. Ces textes témoignent aussi de ses préoccupations sociales et humaines en critiquant vivement le capitalisme de cette fin de XIXème siècle. Loin de se limiter à un seul genre, un seul type de récit, il publie également une nouvelle destinée aux enfants : le fantôme de Canterville et autres contes dans lequel il revisite avec humour les histoires de maisons hantées et propose une satire mordante de la « bonne famille » britannique.

On peut reprocher à Wilde de n’avoir écrit qu’un seul roman. Et encore, un roman sensiblement moins intéressant que les lectures qu’il en faisait à ses proches et amis avant de le publier, si l’on en croit toutefois le témoignage d’André Gide qui eut l’honneur d’écouter une version du roman Le Portrait de Dorian Gray   contée par Wilde lui-même. Pour l’écrivain irlandais, on ne pouvait écrire de roman qu’à la condition de « créer un cadre complètement nouveau ou de révéler l’âme des hommes dans ses mécanismes les plus intimes ». Il ne lui tenait précisément pas à coeur de le faire avant qu’un éditeur américain de passage à Londres ne lui en lance le défi pour une publication dans le magazine « Lippincott’s Monthly Magazine ».

A témoigner du déchaînement d’articles hostiles qui entoura, en 1891, la publication du roman, on peut penser que Wilde réussit son pari, sinon dans la forme, tout du moins dans le fond. On l’accusa même d’avoir écrit un ouvrage « immoral », sorte de récit complaisant de sa vie de débauche et de scandales. A travers leurs attaques du roman, les critiques anglais -pour qui art et morale ne doivent faire qu’un- ciblent surtout Oscar Wilde lui-même. Comment apprécier un livre dont l’auteur, vice suprême, semble avoir quelque attirance pour les hommes ? Loin de se laisser abattre, ce dernier répond à toutes les critiques, en restant systématiquement sur le plan littéraire, et insère une préface devenue aussi célèbre que le roman lui-même : « Il n’existe pas de livre moral ou immoral. Un livre est bien écrit ou mal écrit, un point, c’est tout. » Oscar Wilde dut attendre quelques mois pour que de premières critiques défendent le roman et saluent cette fable philosophique où il est question tout autant d’un pacte faustien que d’une mise en scène à peine masquée de ses idées sur l’Art et l’Esthétisme.

Après la sortie de ce roman si polémique, Oscar Wilde se consacre à l’écriture de pièces de théâtre telles que Salomé (1891), écrite en langue française avant d’être traduite plus tard en anglais, ou l’irrésistible L’Importance d’être constant (1895), véritable sommet de son œuvre  théâtrale qui triomphe instantanément sur les planches. Le public comme les critiques saluent l’intelligence et l’humour de la pièce. Hélas, c’est en cette même période que ses ennuis personnels commencent à éclipser pour de bon son œuvre  et à entacher sérieusement sa réputation. Poussé par Lord Alfred Douglas, son impotent amant, Oscar Wilde attaque sans trop y croire lui-même le père de celui-ci, l’influent marquis de Queensberry, après que ce dernier l’ait accusé de « poser en sodomite » et de détourner son fils. Furieux de cette attaque judiciaire manqué -Wilde perdant son procès-, le Marquis attaque à son tour Oscar Wilde en 1895 et remporte, lui, le sien. L’écrivain en sort ruiné et condamné à deux ans de prison et travaux forcés. Sa femme, humiliée, se rend en Suisse où elle change de nom et celui de ses enfants qui, peu fiers, le garderont à vie. En prison, Wilde écrit, privilège exceptionnel, une lettre remplie de larmes et d’incompréhension à son amant Lord Douglas. Il explique en détail ce qui l’a amené à sa perte mais pardonne son amant. Cette lettre, qui accompagne aujourd’hui son poème « La ballade de la geôle de Reading » où il raconte les conditions de sa détention, est certainement l’un ses plus beaux textes. On n’y retrouve pas les bons mots -légers- de Wilde, mais on y découvre un homme brisé qui n’a pourtant rien perdu de sa plume et de son humanisme. Alors que sa lettre est une accusation en règle des agissements de son amant qui ont causé sa perte, Oscar Wilde explique tout du long pourquoi, malgré tout, il lui pardonne.

Une fois sorti de prison, en 1897, il cherche à passer un an chez les Jésuites mais ces derniers refusent de l’accueillir. Il se rend alors en France sous le pseudonyme de Sébastien Melmoth et meurt trois ans plus tard dans une chambre d’hôtel minable et dans une indifférence quasi générale, malgré le soutien indéfectible de Robert Ross ou d’André Gide. Jusqu’à ce jour, ses enfants et petits-enfants ont gardé leur nom d’emprunt.

Si on le considère comme un écrivain majeur aujourd’hui, il faut relire l’œuvre  d’Oscar Wilde débarassée des scandales qui entouraient chacune de ses publications. Que ce soit dans ses pièces de théâtre, ses nouvelles, essais, articles, poèmes ou en encore dans son unique roman, la plume d’Oscar Wilde n’a perdu ni de son humour ni de sa pertinence dans sa critique des conventions et des hypocrisies de toutes sortes.

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LE SAVIEZ-VOUS ?

  • Doué pour les langues, Oscar Wilde parlait couramment le français, l’allemand et avait de bonnes notions d’italien et de grec ancien.• Le premier grand amour d’Oscar Wilde, Florence Balcombe, se fiança en 1878 à l’écrivain Bram Sotker, l’auteur de Dracula. En apprenant leurs fiançailles, Oscar Wilde envoya une lettre à Florence en lui disant qu’il ne mettrait plus jamais les pieds en Irlande.

    • Jacob Epstein s’inspira de la fascination d’Oscar Wilde pour l’Egypte pour sculpter la tombe de l’écrivain au Père Lachaise. Sa création fut très controversée en raison de la représentation d’une paire de testicule. Elle fut retirée au début des années 1960 dans acte de vandalisme.

    • “Ou c’est ce papier peint qui disparaît, ou c’est moi”. Voilà les derniers mots que l’on attribue à Oscar Wilde, alors sur son lit de mort. Comme de nombreuses citations attribuées à Wilde, il y a de fortes chances pour qu’elle soit apocryphe.

    • Grand lecteur de Honoré de Balzac, il commenta ainsi la mort du personnage Lucien de Rubempré dans Illusions perdues : « Une des plus grandes tragédies de ma vie est la mort de Lucien de Rubempré. C’est un chagrin qui ne me quitte jamais vraiment. Cela me tourmente dans les moments de ma vie les plus agréables. Cela me revient en mémoire si je ris. »

    • C’est au cours d’un dîner avec un éditeur américain et Arthur Conan Doyle que Wilde se décidé à écrire son roman Le portrait de Dorian Gray. Les deux auteurs ont par la suite correspondu, notamment pour louer chacun le travail de l’autre.

CHRONOLOGIE

16 octobre 1854 : Naissance d’Oscar Wilde à Dublin

1871 : Il entre au Trinity College et débute des études brillantes.

1878 : Il sort diplômé de la faculté d’Oxford et reçoit un prix pour son poème Ravenne.

1881 : Publication d’un recueil de ses poèmes.

1882 : Il part aux Etat-Unis pour une série de lectures et de conférences.

29 mai 1884 : Il épouse Constance Lloyd.

1885 et 1886 : Naissance de ses deux enfants.

1887 : Il devient rédacteur en chef du journal dédié aux femmes « Women’s World ». Il en change le ton en s’intéressant à « ce qu’elles pensent et ressentent plutôt qu’à la façon dont elles s’habillent ». Il quitte ses fonctions en 1889.

1891 : Publication de son unique roman Le Portrait de Dorian Gray. Il se lie d’amitié avec Lord Alfred Douglas.

1893 : Sa pièce Une femme sans importance triomphe sur scène.

14 février 1895 : Première de sa pièce l’Important d’être constant.

18 février 1895 : Le père de Lord Alfred Douglas, Le Marquis de Queensberry redoute l’influence négative de Wilde sur son fils et lui écrit une lettre dans laquelle il l’accuse de “poser en sodomite”. Wilde décide, sur conseils de Lord Douglas, d’attaquer le père de ce dernier.

3 avril 1895 : Début du procès intenté par Wilde. Il le perd.

26 avril 1895 : Le Marquis de Queensberry attaque à son tour Wilde en justice et remporte son procès. Wilde est condamné à deux ans de travaux forcés.

19 Mai 1897 : Wilde sort de prison et part en France sous le nom de Sebastian Melmoth.

30 novembre 1900 : Oscar Wilde meurt dans un hôtel parisien.

 

INFLUENCES ET POSTÉRITÉ
S’il on cite volontiers l’influence de A rebours de Joris Karl Huysmans dans la conception du Portrait de Dorian Gray, illustrant l’intérêt d’Oscar Wilde pour le mouvement littéraire français du symbolisme et notamment du mouvement décadent, ses conceptions esthétiques et sa recherche du raffinement absolu remontent à ses travaux estudiantins autour de hellénisme et sa découverte des critiques d’art britanniques John Ruskin et Walter Pater.

Enterré sans grands honneurs au Père Lachaise, Oscar Wilde fut en quelque sorte “redécouvert” quelques années plus tard lors de l’adaptation en 1905 de la pièce Salomé par Richard Strauss. De cette pièce qu’Oscar Wilde n’avait pas le droit de mettre en scène en Angleterre parce que représentant des personnages bibliques, Richard Strauss en tire un opéra dont le succès traverse l’Europe jusqu’à atteindre les Etats-Unis. Parallèlement, dès 1908, Robert Ross, l’ami et exécuteur testamentaire de Wilde continua de publier ses textes et notamment sa lettre De Profundis, écrite en prison.

En France, Jean Cocteau mis en scène en 1909 sa pièce « Le Portrait surnaturel de Dorian Gray », tiré de l’unique roman de Wilde. De fait, ses pièces et son unique roman ne cessent, depuis le début du XXème siècle, d’être représentés au théâtre, adaptés au cinéma ou d’inspirer d’autres romans, tel Dorian, une imitation, version contemporaine du roman de Wilde publiée en 2002 par l’écrivain Will Self.
Le parfum de scandale entourant la vie et l’œuvre  d’Oscar Wilde est tel qu’il faut cependant attendre 1987 et les recherches de Richard Ellmann pour avoir une véritable biographie de l’écrivain. Celle-ci, intitulée sobrement Oscar Wilde, fut récompensée du prix Pulitzer en 1989.

 

ILS ONT DIT D’OSCAR WILDE
André Gide: « Oscar Wilde, ô admirable ; admirable celui-là ».

Octave Mirbeau, à propos de sa condamnation : « S’il [Wilde] avait été un médiocre et enthousiaste cockney, un opulent éleveur de chevaux de course, tricheur et loyaliste, ou un lord ivrogne, ou un prince fouetteur d’enfants, on se fût montré indulgent à ses vices. On ne lui a pas pardonné d’être l’homme de pensée et l’esprit supérieur – par conséquent dangereux – que véritablement il est. Et les motifs, censément philosophiques, au nom de quoi la société le punit, ne sont qu’hypocrisie et mensonge.»

André Gide : « Ceux qui l’ont entendu parler trouvent décevant de décevant de le lire. »

Gilbert Keith Chesterton : « Oscar Wilde disait que les couchers de soleil sont sans valeur, puisqu’on ne peut pas payer pour en profiter. Oscar Wilde a tort : les couchers de soleil ont un prix. Le prix à payer, c’est de renoncer à être Oscar Wilde. »

Marcel Proust dresse un portrait à peine masqué du poète irlandais dans «Sodome et Gomorrhe», le quatrième volet de À la recherche du temps perdu : « Sans honneur que précaire, sans liberté que provisoire jusqu’à la dé couverte du crime, sans situation qu’instable, comme pour le poète la veille fêté dans tous les salons, applaudi dans tous les théâtres de Londres, chassé le lendemain de tous les garnis sans pouvoir trouver un oreiller où reposer sa tête, tournant la meule comme Samson et disant comme lui : Les deux sexes mourront chacun de son côté. »

Léon Daudet : décrivant physiquement Oscar Wilde : « Lourd et flasque, hideux par le bas du visage et presque majestueux par le front, l’enchâssement de l’œil et les temporaux, et dont la voix pâle et grasse sortait d’une affreuse bouche molle. »

Stefen Fry: « Le courage de Wilde n’était pas d’avoir une «sexualité parallèle», mais une parfaite liberté d’esprit. Ne voir en lui qu’un martyr homosexuel avant la lettre, c’est, me semble-t-il, faire justement le jeu de ceux qui l’ont mis plus bas que terre voici un siècle. »

Philippe Sollers: « Chaque année, lorsque sont décernés les oscars du cinéma à Los Angeles, l’énorme industrie spectaculaire devrait observer une minute de silence en l’honneur d’Oscar Wilde. Le plus oscar des oscars, l’oscar suprême de la représentation globale, en effet, c’est lui. »

Edmond de Goncourt : « Dîner chez les Nittis avec le poète anglais Oscar Wilde. Cet individu au sexe douteux, au langage cabotin, aux récits blagueurs… »

Jorge Luis Borges : « Mentionner le nom de Wilde, c’est nommer un dandy qui aurait aussi été poète, c’est évoquer l’image d’un monsieur tout entier consacré au pauvre dessein d’étonner par ses cravates et ses métaphores. »

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