CROIRE AU DIEU QUI VIENT, DE LA CROYANCE A LA FOI CRITIQUE, EGLISE, ESPRIT ET MONDE, JOSEPH MOINGT (1915-....), LIVRES, LIVRES - RECENSION, THEOLOGIEN

Croire au Dieu qui vient de Joseph Moingt

 

Croire au Dieu qui vient

Joseph Moingt
Croire au Dieu qui vient 
I. De la croyance à la foi critique. 
Essai, NRF-Gallimard, 2014, 612 pages, 29 €.

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Publié dans la prestigieuse NRF-Gallimard, éditeur inhabituel pour la théologie, cet essai assume sa visée apologétique au regard des exigences de la raison contemporaine sans pour autant taire la voix propre de Joseph Moingt, riche de plus de soixante ans de recherche, d’écriture et d’enseignement. Comme l’évoquent le titre, et l’ampleur, de ce nouveau volume, l’auteur repart sur des chemins déjà parcourus, tant par ses méthodes que dans ses thèmes, mais avec une nouvelle problématique qui explore la manière dont le salut est la motivation de la croyance en Dieu, salut offert à tous les hommes depuis les origines. Une première partie « De la croyance à la révélation du salut » est donc consacrée à l’attente d’un salut aux origines de l’histoire humaine, dans lesquelles J. Moingt entre, pour la première fois dans son œuvre, en débat avec historiens et anthropologues de l’antiquité et de la philosophie grecques. Un second chapitre, tirant parti de travaux d’exégèse biblique récents, se concentre ensuite sur la révélation du salut en Jésus, que poursuit la seconde partie du livre, « De la révélation du Christ à la foi des chrétiens aujourd’hui ». Le lecteur y retrouve la démarche qui fut celle de Dieu qui vient à l’homme appliquant aux énoncés de la foi une lecture doctrinale et critique dans l’espoir d’élaborer un nouveau langage « dont les chrétiens ont besoin aujourd’hui pour préserver leur foi dans la culture de notre temps et pour la lui présenter de manière intelligible ». La tonalité de l’essai retentit particulièrement dans cette quête assumée en première personne où le « souci de véracité de ma foi » se confronte à « un égal souci de véracité de ma pensée », sans que ne soit jamais perdu de vue de servir l’intelligence des croyants en Église. Exposant patiemment sa démarche et ses choix, justifiant longuement sa méthode et ses détours, et exprimant amèrement sa déception face au statut des fidèles dans l’Église, l’étude se donne la tâche délicate de réunir en un livre une apologétique et un exposé critique de la foi dans le dialogue entre théologiens, toujours précis et technique. Le lecteur sera sans doute porté, après cette traversée exigeante, à discuter avec Joseph Moingt un grand nombre de thèses qui nourriraient débats théologiques, exégétiques et philosophiques ; mais il pourra aussi entendre l’appel de l’auteur à inventer un langage nouveau pour dire la foi d’une manière aujourd’hui intelligible.

 

Présentation de l’éditeur

La foi chrétienne a pour singularité, origine et histoire de croire en un Dieu qui a parlé aux hommes depuis toujours et qui est venu habiter parmi eux voici deux mille ans, incarné en Jésus de Nazareth, mort sur une croix et rappelé par Dieu à la vie pour conduire l’humanité à sa destinée éternelle. Mais cette révélation, reçue de la faiblesse et de la folie de la croix, dit saint Paul, est difficile à croire, et elle tombe de si haut et vient de si loin qu’elle paraît en voie de s’effacer de la culture occidentale qu’elle a si longtemps inspirée et régentée. Ce livre revisite la tradition qui a répandu cette foi et éprouve si elle est encore capable de donner à croire que Dieu vient aux hommes du futur de notre destin. Le nom de Dieu apparaît en toutes langues avec les premières traces de la rationalité humaine ; le dieu des Hébreux surgit lui-même du panthéon du Proche-Orient ancien avant d’être promu Dieu unique par les prophètes d’Israël ; Jésus, se disant envoyé par lui, qu’il appelle Père, le fait reconnaître Père commun de tous les hommes qui veut les réconcilier avec lui et entre eux pour en faire ses fils. Recueillant son enseignement, la tradition chrétienne proclame que Jésus est le Fils éternel de Dieu, né homme de la Vierge Marie pour régénérer l’humanité dans l’Esprit de Dieu et la conduire par l’Église à la vie éternelle. Mais la science moderne des textes bibliques et évangéliques a creusé un fossé entre ce qu’on peut connaître avec certitude de l’histoire de Jésus et l’interprétation qui en est faite par le dogme de l’Église, dogme que l’évolution des esprits rend peu crédible à nos contemporains. Aussi, les théologiens, qui entendent respecter la vérité historique des textes et les rendre intelligibles à notre temps, se sentent obligés de repenser cette tradition en son entier sous l’éclairage d’une foi critique. Telle est l’ambition de ce livre : entreprendre une démarche de véracité et de liberté dans la recherche du sens de la foi. Il s’attachera dans ce but à déchiffrer le mystère qui tend à s’exprimer sous le mythe de la préexistence du Christ, idée qui est à la base de l’articulation dans le dogme des concepts de trinité, incarnation et rédemption : il s’agit en fait de la révélation de l’humanité de Dieu, comprise comme l’amour par lequel il entre en communication avec les hommes pour les libérer de leur finitude, du repli égoïste et mortifère de chacun sur soi qui les empêche de parvenir à l’unité entre eux et avec l’univers. Un second livre, en préparation, envisagera de dire, dans un langage dépouillé de technicité, en quoi consistent la vie et la mission de l’Église, vie de communion fraternelle dans l’Esprit du Christ, mission de «salut» ou d’humanisation du monde.

Biographie de l’auteur

Joseph Moingt, né en 1915, est un jésuite français, théologien spécialisé en christologie. Dès 1956, il enseigne à la faculté jésuite de Fourvière à Lyon, à partir de 1968 à l’Institut catholique de Paris. Parallèlement, il dirige jusqu’en 1997 la revue Recherches de science religieuse. Il enseigne au Centre Sèvres depuis 1974. Il a beaucoup publié en revue ainsi que chez d’autres éditeurs comme le Cerf, Desclée de Brouwer, Bayard et Flammarion.

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Présentation de l’éditeur

Ce second tome de Croire au Dieu qui vient se propose de vérifier ce qu’il est advenu de la nouveauté évangélique en comparant l’existence des communautés dans les temps apostoliques à ce qu’elle est de nos jours sous le rapport de l’essentiel de la vie chrétienne : entrée dans l’Eglise par la profession de foi baptismale, célébration de la mort de Jésus par le partage du pain eucharistique, vie fraternelle selon les enseignements de l’Evangile, unité de l’Eglise sous la conduite des successeurs des apôtres. Tout cela est maintenu, mais compris et vécu très différemment. Ces changements sont significatifs du tournant vers l’Ancien Testament amorcé par l’Eglise au IIIe siècle pour échapper aux dérives hérétiques. Alors qu’elle vivait du souvenir de Jésus dans l’attente de son retour, la foi est devenue religion, ceinte de rites purificateurs et d’interdits, le sacré a envahi la communion à l’Esprit, la tradition a refoulé le libre essor de la parole, la démarcation du sacerdoce et du laïcat a renforcé la clôture de l’Eglise sur le monde. La nouveauté évangélique n’en continuait pas moins à inspirer le goût de la liberté, mais plus la société se sécularisait et plus le monde se vidait de l’esprit du christianisme, au point que des mots tels Dieu, salut ou péché ont perdu tout sens pour un grand nombre de gens. Ainsi le second parcours de l’ouvrage s’attache-t-il à repenser les visées essentielles de la foi chrétienne, en Dieu, au Christ, au salut, à l’Evangile, celles sur lesquelles tout chrétien est interrogé sous l’horizon de l’incroyance généralisée de notre temps, non pour « convertir » son interlocuteur, ni pour justifier (excuser !) les chrétiens d’être croyants, mais sur la base de la rationalité commune aux hommes d’aujourd’hui, à leurs critères de véracité et de vérité, dans le but de témoigner du sens de l’homme et de l’humain qu’inspire la foi chrétienne, de répondre à leurs interrogations sur l’avenir de l’humanité, et de leur proposer une action commune pour sauver l’homme de la déshumanisation qui le menace.

Quatrième de couverture

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Le second tome de Croire au Dieu qui vient se propose de vérifier ce qu’il est advenu de la nouveauté évangélique en comparant l’existence des communautés dans les temps apostoliques à ce qu’elle est de nos jours sous le rapport de l’essentiel de la vie chrétienne : entrée dans l’Église par la profession de foi baptismale, célébration de la mort de Jésus par le partage du pain eucharistique, vie fraternelle selon les enseignements de l’Évangile, unité de l’Église sous la conduite des successeurs des apôtres. Tout cela est maintenu, mais compris et vécu très différemment. Ces changements sont significatifs du tournant vers l’Ancien Testament amorcé par l’Église au IIIᵉ siècle pour échapper aux dérives hérétiques. Alors qu’elle vivait du souvenir de Jésus dans l’attente de son retour, la foi est devenue religion, ceinte de rites purificateurs et d’interdits, le sacré a envahi la communion à l’Esprit, la tradition a refoulé le libre essor de la parole, la démarcation du sacerdoce et du laïcat a renforcé la clôture de l’Église sur le monde. La nouveauté évangélique n’en continuait pas moins à inspirer le goût de la liberté, mais plus la société se sécularisait et plus le monde se vidait de l’esprit du christianisme, au point que des mots tels Dieu, salut ou péché ont perdu tout sens pour un grand nombre de gens. Ainsi le second parcours s’attache-t-il à repenser les visées essentielles de la foi chrétienne, en Dieu, au Christ, au salut, à l’Évangile, celles sur lesquelles tout chrétien est interrogé sous l’horizon de l’incroyance généralisée de notre temps, non pour «convertir» son interlocuteur, ni pour justifier (excuser !) les chrétiens d’être croyants, mais sur la base de la rationalité commune aux hommes d’aujourd’hui, à leurs critères de véracité et de vérité, dans le but de témoigner du sens de l’homme et de l’humain qu’inspire la foi chrétienne, de répondre à leurs interrogations sur l’avenir de l’humanité, et de leur proposer une action commune pour sauver l’homme de la déshumanisation qui le menace. Ce livre est tourné vers le futur que Jésus a ouvert au Dieu de l’homme et à son projet créateur, dégagé des liens et des ombres du passé, et l’Église est invitée à se présenter au monde dans la nouveauté, tissée de folie et de sagesse, préparée par l’Évangile depuis toujours.

 

Au vu de la quatrième de couverture le livre fera sans doute débat comme lces livres publiés en 2014 et 2016 (voir ci-dessous).

Théologien jésuite de réputation mondiale, Joseph Moingt est, à 102 ans, une voix libre et très écoutée du monde catholique. Face au constat d’une Eglise en difficulté, qui doit affronter les scandales à répétition et le recul des vocations, Joseph Moingt se demande comment maintenir vivants son héritage et son message. La solution, selon lui, passe par l’émancipation de la foi et par le maintien du lien entre christianisme et raison. Il développe ses arguments autour de trois grandes questions fondamentales qui structurent son livre : la religion, la révélation et le salut. Un thème très actuel surgit au cœur  de ces réflexions, celui du rapport aux autres. Comment, en tant que croyant, peut-on être habité par la foi en l’Autre, habillé d’une majuscule sacrée, et rejeter les autres, devenus ennemis parce que différents d’origine, de culture ou de religion ? Pour Joseph Moingt, on ne peut dissocier l’identité de l’Autre et celle des autres. Elles sont une seule et même question qui rebondit de majuscule en minuscule, et inversement, puisque l’Esprit de Dieu se découvre dans l’esprit de l’homme, et réciproquement. Dans cet ouvrage exceptionnellement écrit à la première personne, qu’il présente comme son « livre-testament », l’auteur n’hésite pas à interroger sa propre foi. Si Joseph Moingt, dont le nom est inscrit dans la liste des « dossiers sensibles » du Vatican, prend à nouveau le risque de bousculer son Eglise, c’est avant tout pour l’aider et la rendre audible du plus grand nombre. En quoi il se rapproche de son frère jésuite et lecteur attentif, le pape François.

 

Croire au Dieu qui vient

Tome I. De la croyance à la foi critique. 2014

Tome 2. Esprit, Eglise et monde : De la foi critique à la foi qui agit. 2016

Recension de la Revue Etudes (numéro de Janvier 2015)

https://www.revue-etudes.com/article/croire-au-dieu-qui-vient-16634

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