EGLISE CATHOLIQUE, EUCHARISTIE, LITURGIE, MESSE

La liturgie de l’Eucharistie

La liturgie de l’eucharistie et l’envoi.

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Après la liturgie de la Parole et la Prière univierselle vient le moment le plus important de la messe : la liturgie eucharistique

 

16 – QUÊTE

La quête se fait à ce moment-ci de la messe parce que c’est le gage concret de l’amour fraternel et la participation des chrétiens à la vie matérielle et aux besoins de l’Église. Autrefois, assez souvent, l’offrande était faite de dons en nature pour un partage des biens comme la collecte faite par St Paul pour l’Église de Jérusalem. L’argent recueilli est signe matériel de l’offrande que nous faisons de nous-mêmes, de nos forces et de nos énergies.

17 – PRESENTATION DES DONS, OFFERTOIRE

A la messe, le prêtre présente le pain et le vin. C’est parce que le Christ lui-même a utilisé ces aliments dont l’usage était rituel pour le repas de la Pâque juive. La messe préfigure le banquet des noces éternelles auquel le Christ nous invite tous.

Le pain demande beaucoup de travail, la plantation du blé, la récolte, la mouture du grain et la cuisson de la pâte. Le pain est donc un excellent symbole du travail patient et méticuleux de l’homme. De plus, des milliers de grains devenant un même pain forme l’image d’une Église constituée d’une multitude de différences.

Le vin symbolise la vie et l’immortalité.

En présentant le pain et le vin, le prêtre dit une prière de bénédiction qui a pour but de reconnaître que tout nous vient du Dieu de l’univers. Elle s’inspire directement de la bénédiction juive que le père de famille prononçait au début du repas sur le pain. Elle a été récitée par Jésus au dernier repas avec ses apôtres.

Avant de présenter le vin, le prêtre y ajoute une goutte d’eau. Cette eau symbolise notre humanité qui s’unit à la divinité du Christ dans sa Passion.

Après la présentation du pain et du vin, le prêtre s’incline profondément devant l’autel et dit à voix basse : « Humbles et pauvres, nous te supplions, Seigneur : accueille-nous. Que notre sacrifice, en ce jour, trouve grâce devant Toi ». Cette courte prière nous montre avec quel esprit et avec quelle disposition de cœur il nous faut porter notre offrande à Dieu : simplicité et pauvreté.

Parfois, le prêtre encense le pain et le vin ainsi que les membres de l’assemblée eucharistique. Ce rite témoigne de l’honneur rendu à une personne ou à un objet. Il est aussi signe de la présence de Dieu et de notre prière qui monte vers Lui comme la fumée monte vers le ciel dans la prière du soir (Ps. I41, 2).

Ensuite le prêtre se lave les mains en disant : « Lave-moi de mes fautes, Seigneur, et purifie-moi de mon péché ». Ce rite a pris place dans la liturgie en fidélité au geste d’humilité et de purification que Jésus a pratiqué lors de la Cène (lavement des pieds).

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18 – PRIERE EUCHARISTIQUE (PE) : LA PREFACE

Au début de la prière eucharistique, un dialogue inspiré des usages juifs s’instaure entre le président et l’assemblée : « Prions ensemble au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Église ». En effet, la messe nous fait entrer dans l’action de grâce du Christ et de son Église « pour la gloire de Dieu et le salut du monde » (Vatican II : Lumen gentium, 11). Pour cela, « sursum corda ! », « élevons nos cœurs ! », « haut les cœurs ! », formule déjà attestée dans les catéchèses de Jérusalem.

Ensuite, la préface vient exprimer les motifs de notre eucharistie (mot grec qui signifie « rendre grâce » ou plus simplement « dire un merci émerveillé »). Le mot « préface » (du latin praefari) a été emprunté à la langue sacerdotale des anciens romains et signifie « prière à haute voix » pour accompagner un sacrifice et pour le consacrer en exposant son sens et son intention (cf. Louis Bouyer). La caractéristique propre de la liturgie romaine est d’avoir des préfaces adaptées aux temps liturgiques ou à la prière eucharistique choisie. Elles expriment un aspect particulier de l’histoire du salut et se terminent par le « sanctus ».

19 – PE : LE SANCTUS

C’est un chant d’acclamation : l’univers est rempli de la gloire de Dieu qui, en sa plénitude, est présent à toute chose. En Dieu, il n’y a que beauté, amour et perfection, Il est Dieu trois fois saint.

Le sanctus est formé de deux parties :

l’acclamation d’Isaïe « Saint ! Saint ! Saint le Seigneur… » le jour où le mystère de Dieu se dévoilait devant lui et où lui était annoncée sa mission de prophète (Is 6, 3).

l’acclamation de la foule : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna, au plus haut des cieux » (Benedictus,… » le jour où Jésus est entré dans Jérusalem (Rameaux).

La suite de la prière est appelée « canon » (d’un mot grec qui signifie « règle ») car c’est une partie fixe.

20 – LA PRIERE EUCHARISTIQUE

Toute la prière eucharistique est entièrement adressée au Père. Elle est dite et accomplie au nom du Christ pour son Église assemblée qui est ainsi unie à son sacrifice rédempteur dans l’Esprit Saint. Elle fait mémoire des gestes et des paroles de Jésus pendant son dernier repas, la Cène.

Avant le concile Vatican II, il n’y avait qu’une seule prière eucharistique, le canon romain. Depuis, l’Église donne le choix entre quatre prières eucharistiques principales auxquelles ont été ajoutées ultérieurement six autres prières : deux pour la réconciliation, trois pour les enfants et une pour les grandes assemblées (cette dernière pouvant être développée en quatre formes différentes).

Chacune des prières suit le schéma général :

a- louange du Père et invocation sur les dons (épiclèse),

b- le récit de l’institution eucharistique (consécration),

c- la prière de l’anamnèse et l’invocation de l’Esprit Saint sur la communauté (seconde épiclèse),

d- les prières d’intercession.

21 – a : EPICLESE DE CONSECRATION

Par l’épiclèse (du grec : « invocation sur} ») qui est l’invocation de l’Esprit Saint sur les offrandes, nous demandons à Dieu le Père d’envoyer l’esprit pour sanctifier ce pain et ce vin afin qu’ils deviennent le Corps et le Sang de Jésus-Christ. Après l’anamnèse, nous invoquerons également l’Esprit-saint sur les fidèles. En effet, de même que le Père a envoyé son Esprit sur la Vierge Marie pour qu’elle donne naissance au Christ, de même, le Père envoie de nouveau son Esprit sur la communauté pour qu’elle devienne le corps du Christ ressuscité.

22 – b : RECIT DE L’INSTITUTION EUCHARISTIQUE

Ce deuxième élément de la prière eucharistique est capital. On passe de l’invocation au récit : « la nuit qu’il fut livré… ». Toute prière eucharistique fait référence à l’événement de la dernière Cène que nous vivons dans la grâce de la croix et de la résurrection.

Ainsi, au nom du Christ et de son Corps, l’Église, le prêtre reprend les paroles de l’évangile et fait ce que Jésus a commandé de faire : « Faites ceci en mémoire de moi ». Le prêtre agit et parle dans la personne du Christ « in persona Christi ». Mystérieusement et sacramentellement, le pain devient le Corps du Christ et le vin son Sang, non pas seulement symboliquement mais, réellement sous les apparences du pain et du vin.

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Après la consécration, le prêtre interpelle l’assemblée en disant : « Il est grand le mystère de la foi » (1Tim 3, 9). Nous professons alors le cœur de notre foi : « Nous proclamons ta mort, Jésus ressuscité, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ! ». C’est l’anamnèse.

23 – c : ANAMNÈSE

Anamnèse signifie « mémoire », mais c’est plus que se souvenir. C’est plus que répéter les paroles et les gestes de quelqu’un. Faire mémoire de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ, c’est affirmer qu’ici et maintenant, Jésus-Christ continue de s’offrir pour la vie et le bonheur des hommes.

Le prêtre demande à Dieu d’envoyer à nouveau son Esprit sur l’assemblée pour qu’elle devienne Église, c’est-à-dire Corps du Christ.

Cela fait penser à la parole de Paul Claudel adressée à André Gide « l’Église, voyez-vous, c’est une espèce d’immense incorporation eucharistique ».

24 – d : INTERCESSION

Dans les prières d’intercession qui suivent l’anamnèse, l’Église supplie le Père pour que l’œuvre  du Christ se réalise en elle et dans le monde. C’est pourquoi, nous prions l’Église en mentionnant le pape, l’évêque du lieu et tous les autres, les prêtres, les diacres et tous les fidèles.

Nous prions aussi pour les fidèles défunts qui nous ont précédés dans la foi et enfin, pour cette communauté célébrante afin qu’elle soit rassemblée avec l’Église du ciel. Ce faisant, l’Église exprime la prière du Christ le Jeudi Saint qui loue son Père et intercède pour toute l’humanité.

25 – PE : DOXOLOGIE

«  Doxologie » vient du grec « doxa » =louange et « logos » = parole. C’est une prière de louange envers Dieu UN et TRINE : « Il n’y a qu’un seul Dieu et Père de qui tout vient, et un seul Seigneur Jésus-Christ par qui tout existe » (1Co 8, 6). Il est donc juste que toute louange remonte vers le Père par le Christ.

Cette doxologie finale « Par Lui, avec Lui et en Lui » veut d’abord dire que notre chemin vers le Père est Jésus, seul médiateur entre Dieu et les hommes. C’est effectivement grâce à Jésus que nous sommes sauvés et emportés dans la vie de Dieu son Père.

En ajoutant « dans l’unité de l’Esprit Saint », nous affirmons la puissance unifiante de l’Esprit.

Pendant cette conclusion de la prière eucharistique, le prêtre élève la patène contenant le Corps du Christ et le calice contenant son Sang pour montrer que le Seigneur est bien la victime offerte au Père par le sacrifice de la messe.

L’assemblée répond « Amen » qui est de fait, l’amen le plus solennel de toute la messe car il ratifie toute l’action sacerdotale du Christ renouvelée devant nous par les mains du prêtre.

26 – NOTRE PÈRE

C’est la seule prière que Jésus nous ait laissée ! La proclamation commune du Notre Père est le moment où se noue, dans la force de l’Esprit et dans le souvenir apostolique, une double identité :

a – Dieu nous partage son nom. Le nom familier de « père », en réalité « papa » a été donné par Jésus à celui qui est au-dessus de tout nom, le Transcendant, le Très-Haut. Et nous osons dire ce nom de Père grâce à l’Esprit qui nous permet d’entrer dans cette étonnante intimité par la médiation de Jésus.

b – Notre Dieu nous offre sa paternité. Il nous adopte et nous fait entrer dans son propre mystère. Quand nous, chrétiens, disons ensemble le Notre Père, nous sommes revêtus d’un respect et d’une dignité qui ne nous appartiennent pas mais qui viennent de Dieu même : « Reconnais, ô chrétien, ta dignité » (St Léon).

On se souvient de cette page de Péguy où l’humanité est présentée comme une immense flotte sur la mer. Au-devant de cette flotte, se trouve le bateau de Jésus qui présente ses deux mains comme une étrave fendant les flots et disant « Notre Père ». Et le Père ne voit que ces deux mains qui contiennent toute l’humanité.

27 – EMBOLISME ET RITE DE LA PAIX

L’embolisme, prière qui suit immédiatement le Notre Père, développe et amplifie la dernière demande de cette prière en suppliant le Seigneur de nous délivrer de toute sorte de mal et de nous donner dès maintenant le bonheur qui sera pleinement le nôtre lorsque Jésus reviendra dans la gloire. C’est là notre « bienheureuse espérance », l’avènement de Jésus-Christ, notre Seigneur comme le rappelle St Paul à Tite (Ti 2, 13).

« A Toi, le règne, la puissance et la gloire… » reprend un thème qui revient souvent dans les Écritures, celui de la gloire et de la louange au Christ ressuscité (Ap 5,13).

Par le rite de la paix, les fidèles demandent la paix et l’unité pour l’Église et toute l’humanité, et ils expriment leur amour mutuel avant de participer au même pain. Ici, on se rapporte tout naturellement aux paroles de Jésus : « Si tu présentes ton offrande à l’autel et que là, tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère » (Mt 5, 23-24). Et ceci, juste avant de communier.

Nous ne partageons pas la paix que nous pensons pouvoir faire nous-mêmes, mais celle qui vient du Christ et qu’Il nous partage. Cette paix, nous la recevons du Christ comme un don infiniment précieux qui nous transforme et nous rend capables de nous accueillir les uns les autres malgré ou avec nos antagonismes et nos différents.

28 – AGNEAU DE DIEU

Cette expression est un nom très ancien donné au Seigneur Jésus. Le nom laisse entendre que Jésus s’est laissé faire comme un agneau qui se laisse conduire à l’abattoir « sans ouvrir la bouche » (Is 53, 7) et qui prend sur lui les péchés du monde.

Pendant le chant de l’«  Agneau de Dieu », après avoir partagé l’hostie en deux, le prêtre laisse tomber dans le calice un petit morceau d’hostie en souvenir de l’époque où on joignait au sacrifice du jour un reste de la messe précédente pour montrer la continuité du sacrifice du Christ.

Puis, le prêtre récite à voix basse une prière qui le prépare à recevoir la communion : « Seigneur Jésus-Christ, que cette communion à ton corps et à ton sang n’entraîne pour moi ni jugement ni condamnation, mais, qu’elle soutienne mon esprit et mon corps et me donne la guérison ».

29 – COMMUNION

Elle a un sens bien connu et très explicite, c’est l’union à Jésus : « si vous ne mangez ma chair et ne buvez mon sang… » (Jn 6).

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En recevant le Christ, nous sommes incorporés à Lui. Cette nourriture nous convertit : nous croyons l’assimiler, mais, en réalité, c’est elle qui nous assimile. Nous sommes changés en ce que nous mangeons ou plutôt en celui que nous mangeons. Ainsi, nous sommes entraînés à être une offrande-avec-lui au Père, sommet de notre offrande à Dieu. De plus, en communiant au Christ, nous recevons aussi l’Église qui est son corps mystique. Par ce sacrement, le Christ construit son Église.

Dans le haut Moyen-Âge, une célèbre formule disait : « Christus pascit corpus suum ex corpore suo per corpore suum ». Ce qui signifie : « le Christ nourrit son Corps de son Corps et par son Corps » qui peut encore être traduit par « le Christ nourrit l’Église (son corps), à partir de son corps historique (né de Marie et désormais ressuscité) par l’eucharistie (son corps de mystère ou corps mystique) ». Jésus fait grandir son corps ecclésial par son corps sacramentel, ce qui est le message central de la dernière encyclique de Jean-Paul II : « L’Église vit de l’eucharistie ».

Comment communier ?

Le concile Vatican II a réintroduit le geste en usage à l’époque de Cyrille de Jérusalem (315-386) : « La main droite étendue doit être soutenue par la main gauche qui sert en quelque sorte de trône pour le Roi que recevra la main droite ».

L’autre façon, en usage avant le concile, est de recevoir l’hostie directement sur la langue.

30 – PRIERE APRES LA COMMUNION

Cette prière nous permet d’exprimer notre action de grâce pour le don reçu et nos demandes pour l’avenir.

31 – BENEDICTION

De «  bene dicere » = dire (du) bien : le prêtre demande que Dieu nous fasse du bien.

Liturgiquement, ce geste est le symétrique exact de l’accueil du célébrant au début de la messe. Après avoir accueilli son peuple, le Dieu de Jésus-Christ l’envoie en le bénissant. Après le geste d’accueil, c’est un geste d’ouverture.

Cette bénédiction toute simple, fondamentalement trinitaire (« au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ») est développée pour certaines grandes fêtes où le peuple est invité à répondre par un triple « Amen ».

32 – ENVOI : « ALLEZ DANS LA PAIX DU CHRIST »

« Allez  » : Cet impératif vient de la finale de l’évangile de Matthieu « Allez, de toutes les nations, faites des disciples ! »(Mt 28, 19). Ainsi, il y a un lien indissociable entre l’eucharistie et la mission d’évangélisation qui est rituellement signifiée ici et cet envoi par le Christ est aussi un envoi en Lui, et avec Lui. Il nous envoie répandre le bonheur et la paix vécus au cours de la messe. Sa parole nous accompagne, sa vie est en nous, nous pouvons vivre en chrétiens.

« commencer  » : la messe est terminée, mais tout commence à l’extérieur des murs de l’Église. Notre vie d’enfant de Dieu, nous allons la vivre à l’école, à la maison, au travail, dans notre quartier, etc…. Nous sommes maintenant des messagers de la Bonne Nouvelle de Jésus.

«  envoyés » : en mission par le Christ pour faire bouger le monde, aller vers les autres, donner de la joie, travailler à la paix et au pardon, réaliser le partage, comprendre pleinement les autres, se battre contre le mal, l’injustice, le mensonge, c’est en un mot être chrétien.

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L’EUCHARISTIE EST TOUTE LA MESSE

Saint Augustin – Sermon de Pâques sur les sacrements

Je n’ai pas oublié ma promesse. J’ai promis à ceux d’entre vous qui venaient d’être baptisés un sermon pour leur expliquer le sacrement de la table du Seigneur, que vous pouvez voir maintenant, et auquel vous avez participé la nuit dernière. Vous devez savoir ce que vous avez reçu, ce que vous êtes sur le point de recevoir, ce que vous devriez recevoir chaque jour.

Ce pain que vous pouvez voir sur l’autel, sanctifié par la parole de Dieu, est le Corps du Christ. Cette coupe, ou plutôt ce que la coupe contient, sanctifié par la parole de Dieu, est le Sang du Christ. C’est au moyen de ces choses que le Christ Seigneur souhaitait nous remettre son Corps et son Sang, qu’Il a perdus pour notre salut et le pardon de nos péchés.

Si vous les recevez convenablement, vous êtes vous-mêmes ce que vous recevez. Voyez, l’Apôtre dit : « nous qui sommes plusieurs, formons un seul pain, un seul corps. »(1 Corinthiens 10:17) C’est ainsi qu’il explique le sacrement de la table du Seigneur ; un pain, un corps, c’est ce que nous sommes ensemble, quoique nombreux.

Dans cette miche de pain, il vous est donné clairement à comprendre combien vous devriez aimer l’unité. Je veux dire, ce pain est-il formé d’un seul grain ? Est-ce qu’il n’y a pas de nombreux grains de froment ? Mais avant qu’ils ne forment le pain, ils étaient tous séparés ; ils ont été réunis au moyen de l’eau, après avoir été moulus. Tant que le blé n’a pas été moulu et humecté d’eau, il ne peut absolument pas prendre cette forme qu’on appelle pain.

De même, vous aussi vous avez été moulus par l’humiliation du jeune et le sacrement de l’exorcisme. Alors est venu le baptême, et vous avez été, si l’on peut parler ainsi, humectés d’eau en vue d’être façonnés en pain. Mais ce n’est pas encore du pain sans un feu pour le cuire. Alors que représente le feu ? C’est le saint chrême, l’onction. L’huile, qui nourrit le feu, est le sacrement de l’Esprit-Saint.

Remarquez donc quand on lit les Actes des Apôtres : la lecture de ce livre commence maintenant. Aujourd’hui commence le livre intitulé Actes des Apôtres. Quiconque souhaite progresser a les moyens de le faire.

Quand vous vous assemblez à l’église, laissez de côté les histoires idiotes et concentrez-vous sur les Ecritures. Nous sommes vos livres, alors soyez attentifs et voyez comment l’Esprit-Saint va venir à la Pentecôte. Et voici comment il viendra : il se montrera sous forme de langues de feu.

Vous voyez, il insuffle en nous la charité, qui devrait nous enflammer pour Dieu, faire que nous pensions peu au monde, brûler notre paille et purger et raffiner nos cœurs comme de l’or. Donc l’Esprit-Saint vient, le feu après l’eau, et vous êtes cuits en un pain qui est le Corps du Christ, et c’est ainsi que l’unité est signifiée.

Maintenant vous avez les sacrements dans l’ordre où ils arrivent. D’abord, après la prière, vous êtes incités à élever vos cœurs ; ce n’est que juste pour les membres du Christ. Après tout, si vous êtes devenus les membres du Christ, où est votre tête ? Les membres ont une tête. Si la tête ne se met pas en chemin, les membres ne vont pas suivre.

Où est allée notre tête ? Qu’avez-vous restitué dans le Credo ? « Le troisième jour il est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite du Père. » Donc notre tête est dans les cieux. C’est pourquoi, après les mots « élevez votre cœur » vous répondez « nous le tournons vers le Seigneur ».

Et vous ne devriez pas l’attribuer à vos propres capacités, à vos propres mérites, à vos propres efforts, cette élévation de votre cœur vers le Seigneur, parce que c’est un don de Dieu si vous êtes en mesure de le faire.

C’est pourquoi l’évêque ou le prêtre qui célèbre, continue de parler ainsi, quand l’assemblée a répondu « nous le tournons vers le Seigneur ». Il dit « rendons grâce au Seigneur notre Dieu » parce que nous avons élevé nos cœurs. Rendons-Lui grâce, parce que tant qu’Il ne nous a pas rendu capables d’élever nos cœurs, nous garderions nos cœurs en bas, vers les choses de la terre. Et vous signifiez votre accord en répondant « cela est juste et bon » de rendre grâce à Celui qui nous fait lever notre cœur vers notre tête.

Puis, après la consécration du sacrifice de Dieu, parce qu’Il nous veut devenir nous-mêmes Son sacrifice, ce qui est indiqué par l’endroit où ce sacrifice a pris place la première fois, il y a le signe de ce que nous sommes, c’est pourquoi, après la consécration, nous disons la prière du Seigneur, que nous avons reçue et que nous perpétuons.

Après cela vient le vœu [de paix], « la Paix soit avec vous », et les chrétiens échangent un saint baiser. C’est un signe de paix ; ce qui est exprimé par les lèvres devrait atteindre notre conscience ; c’est-à-dire que quand nos lèvres approchent nos frères et nos sœurs, notre cœur ne devrait pas être séparé du leur.

Ce sont de grands sacrements et signes, vraiment de sérieux et importants sacrements. Voulez-vous savoir comment leur sérieux est imprimé en nous ? L’apôtre dit « quiconque mange le Corps du Christ ou boit le Sang du Christ indignement est coupable envers le Corps et le Sang du Seigneur. » 1 Corinthiens 11:27)

Qu’est-ce que recevoir indignement ? Recevoir avec mépris, recevoir avec dérision. Ne vous laissez pas aller à penser que ce que vous voyez n’est d’aucune valeur. Ce que vous pouvez voir passera, mais la réalité invisible signifiée par là ne passera pas, mais elle demeurera pour toujours.

Regardez, cela est reçu, mangé, consumé. Le Corps du Christ est-il consumé ? L’Eglise du Christ est-elle consumée ? Les membres du Christ sont-ils consumés ? Que périsse cette pensée ! Ici ils sont purifiés, ils seront couronnés des lauriers de la victoire.

Ainsi ce qui est signifié demeurera éternellement, tandis que la chose qui signifie semble passer.

Donc, recevez les sacrement de telle sorte que vous pensiez à vous-mêmes, que vous gardiez l’unité dans vos cœurs, que vous éleviez vos cœurs. Ne placez pas votre espérance sur la terre mais dans le ciel. Gardez en Dieu une foi ferme, qu’elle soit agréable à Ses yeux.

Parce que ce que vous ne voyez pas maintenant, mais que vous croyez, vous le verrez, là où vous vous réjouirez sans fin.

Saint Augustin (354-430) est né à Thagaste (dans l’Algérie actuelle). Après avoir mené une jeunesse désordonnée, il est devenu un fervent chrétien, sous l’influence de sa mère, Sainte Monique, et de son professeur, Saint Ambroise de Milan. Deux de ses livres, « Confessions » et « La cité de Dieu » sont considérés comme faisant partie des plus grands travaux d’apologétique.

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PREMIÈRE LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX CORINTHIENS

chapitre 12,

12 Prenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ.

13 C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit.

14 Le corps humain se compose non pas d’un seul, mais de plusieurs membres.

15 Le pied aurait beau dire : « Je ne suis pas la main, donc je ne fais pas partie du corps », il fait cependant partie du corps.

16 L’oreille aurait beau dire : « Je ne suis pas l’œil, donc je ne fais pas partie du corps », elle fait cependant partie du corps.

17 Si, dans le corps, il n’y avait que les yeux, comment pourrait-on entendre ? S’il n’y avait que les oreilles, comment pourrait-on sentir les odeurs ?

18 Mais, dans le corps, Dieu a disposé les différents membres comme il l’a voulu.

19 S’il n’y avait en tout qu’un seul membre, comment cela ferait-il un corps ?

20 En fait, il y a plusieurs membres, et un seul corps.

21 L’œil ne peut pas dire à la main : « Je n’ai pas besoin de toi » ; la tête ne peut pas dire aux pieds : « Je n’ai pas besoin de vous ».

22 Bien plus, les parties du corps qui paraissent les plus délicates sont indispensables.

23 Et celles qui passent pour moins honorables, ce sont elles que nous traitons avec plus d’honneur ; celles qui sont moins décentes, nous les traitons plus décemment ; 24 pour celles qui sont décentes, ce n’est pas nécessaire. Mais en organisant le corps, Dieu a accordé plus d’honneur à ce qui en est dépourvu.

25 Il a voulu ainsi qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres.

26 Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie.

27 Or, vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps.

28 Parmi ceux que Dieu a placés ainsi dans l’Église, il y a premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui ont charge d’enseigner ; ensuite, il y a les miracles, puis les dons de guérison, d’assistance, de gouvernement, le don de parler diverses langues mystérieuses.

29 Tout le monde évidemment n’est pas apôtre, tout le monde n’est pas prophète, ni chargé d’enseigner ; tout le monde n’a pas à faire des miracles, 30 à guérir, à dire des paroles mystérieuses, ou à les interpréter.

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Enseignements sur l’Eucharistie

Saint Augustin d’Hippone (354-430)

En parlant de Dieu, à propos de l’Eucharistie:

« Tout puissant qu’il soit, il n’a rien pu faire de plus grand,
tout sage qu’il soit, il n’a rien pu trouver de plus admirable,
tout riche qu’il soit, il n’a pas pu faire un plus précieux présent. »

Personne ne mange cette chair à moins qu’il ne l’ait d’abord adoré… non seulement nous ne péchons pas si nous adorons, mais nous pécherions si nous n’adorions pas. (cf. Enarr ; in Ps 98, 9 CCL XXXOX 1385). Benoît XVI cite ce passage et le commente: »De fait, dans l’Eucharistie nous ne recevons pas simplement quelque chose. Celle-ci est la rencontre et l’unification de personnes ; cependant, la personne qui vient à notre rencontre et qui désire s’unir à nous est le Fils de Dieu. Une telle unification ne peut se réaliser que selon la modalité de l’adoration. Recevoir l’Eucharistie signifie adorer Celui que nous recevons » (Benoît XVI, Voeux 2005)

« Ce pain que vous voyez sur l’autel, une fois sanctifié par la parole de Dieu, est le corps du Christ. Cette coupe, ou plutôt le breuvage qu’elle contient, une fois sanctifiée par la parole de Dieu, est le sang du Christ. Notre Seigneur Jésus Christ a voulu nous confier là son corps et son sang, qu’il a répandu pour nous en rémission des péchés. Si vous les avez bien reçus, vous êtes vous-mêmes celui que vous avez reçu » (Sermo 227, 1; PL 38, 1099). Par conséquent, « nous sommes devenus, non seulement des chrétiens, mais le Christ lui-même » (PL 35, 1568). « Le Christ n’est pas dans la tête sans être dans le corps, le Christ est tout entier dans la tête et dans le corps » (PL 35, 1622).

 

« O sacrement de la piété, signe de l’unité, lien de la charité. »

« Recevez ce que vous êtes et devenez ce que vous recevez »

Il met sur les lèvres du Christ ces paroles: « Je suis l’aliment des grands ; grandis et tu me mangeras. Tu ne me transformeras pas en toi, comme la nourriture de ta chair, mais c’est en moi que tu te transformeras » (Confessions VII, x, 16).

Ce pain sacré nous apprend donc combien nous devrions chérir l’unité. En effet, est-il formé d’un seul grain? N’est-il pas au contraire composé de plusieurs grains de froment? Ces grains, avant d’être transformés pour devenir du pain, étaient séparés les uns des autres; l’eau a servi à les unir après qu’ils ont été broyés. Car si le froment n’est moulu, et si la farine ne s’imbibe d’eau, jamais on ne peut en faire du pain. C’est ainsi que durant ces jours passés, vous étiez en quelque sorte écrasés sous le poids des humiliations du jeûne et des pratiques mystérieuses de l’exorcisme. L’eau du baptême est venue comme vous pénétrer ensuite, afin de faire de vous une espèce de pâte spirituelle. Mais il n’y a pas de pain sans la chaleur du feu. De quoi le feu est-il ici le symbole? Du saint chrême: car l’huile qui entretient le feu parmi nous est la figure de l’Esprit Saint. Ainsi donc le Saint-Esprit viendra comme le feu après l’eau, et vous deviendrez un pain sacré, le Corps de Jésus-Christ.

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