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Film Parasite de Bong Joon-ho

Parasite 
de Bong Joon-ho
Corée du Sud, 2 h 12
En salles le 5 juin

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SYNOPSIS 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Le film est présenté en compétition au Festival de Cannes 2019.

Toute la famille de Ki-taek est au chômage, et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne..

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Cannes 2019 : « Parasite », dans les sous-sols de Séoul

Critique 

Sous les apparences d’une comédie sociale corrosive, le nouveau film du Coréen Bong Joon-ho, Parasite, présenté mardi 21 mai en compétition au Festival de Cannes, porte un regard d’un extrême pessimisme sur l’état de son pays et épate par l’ampleur de sa mise en scène.

 

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Parasite oppose deux mondes, celui des Kim, famille pauvre qui s’entasse dans un entresol malodorant, et celui de la famille Park, caricature de la nouvelle élite coréenne.

Chacun dans un style très différent dresse le même constat, celui de deux Corées irréconciliables, dont la partition géographique, se double au Sud d’une partition entre classes sociales. Deux mondes, les riches et les pauvres, et une frontière au moins aussi infranchissable que le 38e parallèle.

Deux mondes opposés

Celle de Parasite est incarnée métaphoriquement par ce qui se joue entre le sous-sol et la surface d’une vaste maison d’architecte, d’inspiration américaine, construite dans les beaux quartiers de Séoul. C’est là que réside la famille Park, caricature de la nouvelle élite coréenne qui a fait fortune dans les nouvelles technologies, imite le style de vie occidental et parsème ses phrases de locutions anglo-saxonnes.

Sa pelouse bien taillée, son immense baie vitrée laissant entrer la caresse du soleil, sa réserve pleine de victuailles font fantasmer les Kim, famille pauvre qui s’entasse dans un entresol malodorant et vivote de petits boulots sans espoir de voir son sort s’améliorer.

Une comédie sociale qui bascule soudainement dans l’horreur

Quand leur fils Ki-woo est embauché par les Park au moyen d’un faux diplôme pour donner des cours d’anglais à leur fille, cette joyeuse bande de petits arnaqueurs va concevoir un plan pour investir littéralement les lieux et profiter un peu de l’aisance de leur propriétaire.

La sœur, le père et la mère se font tour à tour engager pour pourvoir aux différentes tâches nécessaires au standing des Park (professeur de dessin, chauffeur, gouvernante), sans que ces derniers ne soupçonnent qu’ils ont affaire à la même famille, si ce n’est cette étrange odeur qui flotte désormais dans la maison.

Mais un événement inattendu va bouleverser cette arnaque patiemment échafaudée. Le piège va se refermer sur les Kim, les ramenant à leur point de départ : les entrailles de Séoul auxquelles leur condition semble irrémédiablement les condamner.

Un insondable pessimisme

Dans une embardée scénaristique dont le cinéma coréen a le secret, ce qui avait commencé comme une comédie sociale légère et gentiment corrosive, opposant la chaleur et l’exubérance de la famille Kim à l’univers glacé et factice dans lequel évoluent les Park, bascule subitement dans l’horreur au moment où des pluies torrentielles font déborder tous les égouts de la ville.

Bong Joon-ho, grand maître du cinéma de genre (Memories of MurderThe HostMother), possède, grâce à une mise en scène élégante et savamment maîtrisée, cet art d’instiller peu à peu l’angoisse et le malaise dans un récit aux développements inattendus pour délivrer un message d’un insondable pessimisme : la seule façon d’échapper à sa condition, dans un pays livré aux puissances de l’argent, est de faire fortune à son tour.

Source : La Croix du 22 mai 2019.

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