COUPE DU MONDE DE FOOTBALL, FOOTBALL, FOOTBALL FEMININ, Non classé, SPORTS, UNE HISTOIRE DU FOOTBALL FEMININ

Une histoire du football féminin

 

Genèse et histoire du football féminin

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Chronologie sommaire des débuts du football féminin 

(des origines à 1970).

 

Les balbutiements et l’âge d’or

7 mai 1881 : première rencontre internationale entre l’Angleterre et l’Écosse, à Edimbourg. La même année, de nombreux matchs féminins s’attirent les critiques de la presse.

23 mars 1895 : Sous la houlette de Nettie Honeyball, un match de prestige opposant Londres du Nord et Londres de Sud est organisé à Crouch EndLondres. Les Nordistes s’imposent 7-0 (ou 7-1 selon les sources).

30 septembre 1917 : Premier match de football féminin disputé en France. Ce match met aux prises deux équipes du Fémina Sport club omnisports féminin fondé à Paris en 1912).

25 décembre 1917 : Premier match de la formation anglaise Dick, Kerr’s Ladies Football Club (club fondé en 1915). 10 000 spectateurs assistent à ce match au profit des soldats.

18 janvier 1918 : Fondation de la Fédération des sociétés féminines sportives de France (FSFSF).

1918 à 1922 : Le Fémina Sport dispute une série de matchs dans toute la France pour faire la promotion du football féminin. De nombreux clubs sont fondés à la suite de ces rencontres.

13 avril 1918 : Première édition du Championnat de France organisé par la FSFSF; c’est une première mondiale. Le fameux Fémina Sport enlève ce premier titre en s’imposant en finale face à l’En Avant (club omnisports féminin fondé à Paris en 1912).

29 avril 1920 : Premier match international entre une formation anglaise de Preston, les Dick-Kerr’s Ladies, et une sélection des meilleures joueuses françaises. La partie déplace plus de 25 000 spectateurs à Manchester. La France gagne 0-2 et boucle cette première tournée anglaise avec deux victoires, un nul et une défaite.

octobre 1920 : 12 000 spectateurs assistent au stade Pershing de Paris au match retour du précédent. Un match nul 1-1 sanctionne cette partie. Les Anglaises disputent dans la foulée trois matchs en province (RoubaixLe HavreRouen) face à des sélections locales.

1921 : 150 équipes féminines sont recensées en Angleterre.

1921 : Tournée triomphale en Angleterre des Dick-Kerr’s Ladies avec un record d’affluence de 53 000 spectateurs à Godison-Park (Everton, Liverpool).

1920/1921 : En France, 18 équipes parisiennes participent au Championnat. De plus, les championnes de Paris affrontent en play-offs pour la première fois des formations de province pour l’attribution du titre de championnes de France.

17 avril 1921 : En finale du premier championnat de France ouvert aux clubs de province, l’En Avant (Paris) s’impose 3-0 face aux Sportives de Reims (club fondé le 28 janvier 1921).

mai 1921 : Nouvelle tournée anglaise pour l’équipe de France. Les Bleues s’imposent lors de leur premier match (1-5), puis encaissent trois courtes défaites.

octobre 1921 : L’équipe d’Angleterre se déplace en France (ParisLe Havre), mais en deux rencontres face à l’équipe de France aucun but n’est inscrit.

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L’interdiction du football féminin

5 décembre 1921 : la Football Association interdit le football féminin. Cet interdit anglais sera levé en juillet 1971.

10 décembre 1921 : en réaction à l’interdit de la FA, fondation de la Ladies Football Association, forte de 60 clubs.

avril 1922 : tournée sans défaite pour l’équipe de France en Angleterre. Victorieuses à Plymouth (1-2), les Bleues concèdent des nuls sans but à Exeter et Falmouth.

1925 : le foot féminin est en crise en France « Le jeu ne vaut rien », Gabriel Hanot. Les grandes foules de l’immédiat après-guerre ont fondu. Henri Desgrange (L’Auto) est plus radical encore : « Que les jeunes filles fassent du sport entre elles, dans un terrain rigoureusement clos, inaccessible au public : oui d’accord. Mais qu’elles se donnent en spectacle, à certains jours de fêtes, où sera convié le public, qu’elles osent même courir après un ballon dans une prairie qui n’est pas entourée de murs épais, voilà qui est intolérable ! ».

1926 : décès d’une joueuse, Miss C.V. Richards, en plein match. Cet incident est surexploité par les opposants du football féminin. Pour eux, les femmes ne doivent pas être footballeuses.

1927 : autre angle d’attaque des opposants au football féminin : le professionnalisme ! Les meilleures joueuses sont en effet sujettes à transferts et touchent des primes financières…

1932 : le football féminin meurt à petit feu en France. La 15e et dernière édition du championnat de France organisée sous l’égide de la FSFSF sacre en 1932 l’incontournable Fémina Sport.

3 avril 1932 : dernier match de l’équipe de France de la FSFSF. C’est un match nul sans but face à la Belgique à Bruxelles.

mars 1933 : première trace de football féminin en Italie (Milan), le « Gruppo Femminile Calcistico de Milan ».

avril 1933 : le football est officiellement radié des sports soutenus par la FSFSF.

3 novembre 1933 : la Fédération d’Italie empêche la continuation de matchs de foot féminin en Italie.

26 novembre 1933 : la Ligue de Paris organise un championnat de Paris féminin comprenant dix clubs. Le premier match de ce championnat se tient le 26 novembre 1933. Fémina sport enlève le titre en 1934 ; Dunlop Sports, finaliste malheureux en 1934, est champion 1935 en écartant en finale le Fémina. Actif à Paris, mais en nette perte de vitesse, l’activité en province du football féminin est quasi nulle depuis la radiation de 1933.

28 avril 1934 : la Fédération Française de Football Association possède une équipe nationale qui affronte ce 28 avril 1934 l’équipe féminine de Belgique à Saint-Ouen.

1937 : dernière édition du championnat de Paris organisé depuis 1933 par la Ligue de Paris. Victime d’attaques permanentes de la part des autorités sportives et politiques qui font campagne contre la pratique du football féminin, le foyer parisien s’éteint en 1937.

27 mars 1941 : le Gouvernement de Vichy « interdit vigoureusement » la pratique du football féminin. La liste des sports interdits aux femmes est publiée le 27 mars 1941.

Une renaissance difficile

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1947 : La tentative de relance du football féminin en Alsace échoue.

1947 : 17 clubs de football féminin sont actifs en Angleterre.

19471951 : Plusieurs matchs de charité France-Angleterre. Les premières rencontres ont lieu les 2325 et 26 juin 1947.

1951 : 26 clubs de football féminin sont actifs en Angleterre.

1955 : Fondation d’une éphémère fédération féminine en Italie (AICF).

1955 : Fondation d’une fédération féminine aux Pays-Bas.

1955 : La Fédération d’Allemagne de football refuse de partager « ses » terrains avec les filles… Interdiction de fait du football féminin en Allemagne.

1956 : Malgré l’interdit, les Allemandes continuent à jouer et 18 000 spectateurs se déplacent à Essen (RFA) pour assister au premier match RFA-Pays-Bas (2-1), évidemment non officiel.

1965 : Cinquantième anniversaire des Dick-Kerr’s Ladies. 858 matchs ont été disputés par cette formation au cours de ce demi-siècle.

1966 : 32 équipes tchèques prennent part au tournoi national tchèque organisé par le magazine « Mlady Svet ».

1966 : Relance du football féminin en Italie. Ce renouveau fait suite à la décision de la Milanaise Valeria Rocchi de mettre sur pied une équipe féminine de football afin de récolter des fonds pour des œuvres humanitaires en Inde.

1967 : 46 équipes tchèques prennent part à la deuxième édition du tournoi national organisé par le magazine « Mlady Svet ». Dès cette année 1967, le Slavia Prague dispute des matchs en Italie.

1968 : 64 équipes tchèques prennent part à la troisième édition du tournoi national organisé par le magazine « Mlady Svet ». Le football féminin s’implante en Tchécoslovaquie avec la création d’une fédération de football féminin, indépendante de la fédération tchèque, forte de 91 clubs à ses débuts.

23 février 1968 : L’Italie bat la Tchécoslovaquie, 2-1.

1968 : Fondation du championnat national italien FICF.

14 et 15 juin 1969 : Tournoi international entre le FCF Reims, une sélection alsacienne, une équipe anglaise (Herne Bay LFC) et le Slavia Pramen Kablice, champion de Bohême-du-Sud. Les Tchèques s’imposent en finale face au FCF Reims.

1969 : Première édition de la Coupe d’Europe avec quatre pays : Angleterre, Danemark, France et Italie. L’Italie est sacrée championne.

Novembre 1969 : Un article du journal sportif français Miroir Sprint appelle à la création d’une Fédération française de football féminin. Les anglaises suivent cette voie en fondant la Women’s Football Association qui regroupe 44 clubs.

Décembre 1969 : La Football Association anglaise reconnaît le football féminin. 54 clubs sont recensés en Angleterre.

1969 : Le Slavia Prague est l’équipe de l’année. Sur 59 matchs joués, aucune défaite et 401 buts marqués pour seulement 11 encaissés !

30 octobre 1970 : Réhabilitation officielle du football féminin en Allemagne de l’Ouest.

1971 : La Fédération anglaise de football lève son interdiction de voir des femmes jouer sur les terrains de ses membres.

1970 : Première édition de la Coupe du monde féminine de football (non reconnue par la FIFA). Le Danemark bat l’Italie en finale, 2-0 le 15 juillet.

1981 : Création hors aval de la FIFA du Mundialito féminin.

2008 : Après une semaine de célébrations de la vie de Lily Parr, la Fédération anglaise de football présente ses excuses pour avoir banni les femmes du football de 1921 à 1971

 

Percée en France

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10 novembre 1967 : Martine Giron (21 ans) est la première femme certifiée arbitre officiel. C’est la Ligue de Paris qui montre ici la voie.

1967 : Relance du football féminin en Alsace.

1967 : Création d’une équipe féminine de football au sein de la VGA Saint-Maur.

1er mai 1968 : Relance du football féminin à Caluire,  banlieue de Lyon, avec l’organisation d’un match de football féminin. Une équipe prend corps dans la foulée de ce match de démonstration.

Juin 1968 : Le CSC Vieux Nice forme une équipe féminine de football qui se contente de s’entraîner pendant deux étés.

30 août 1968 : Renouveau du football féminin français avec un match disputé en lever de rideau d’un match amical professionnel Stade de Reims-US Valenciennes. Cette partie historique faisait suite à un article de Pierre Geoffroy, jeune journaliste du quotidien L’Union de Reims..

1968 : Les filles du FCF Reims, puis du Stade de Reims engagent le combat en France pour la reconnaissance du football féminin. Enchaînant entre 1968 et 1973 les tournées aux États-UnisMexiqueCanadaIndonésie et Haïti, notamment, les Rémoises constituent la meilleure formation de l’Hexagone. 60 000 spectateurs sont enregistrés à Bandung (Indonésie) à l’occasion d’un match des filles de Reims.

Octobre 1968 : Création d’une équipe féminine de football au sein du RC Joinville.

1968 : Début de la pratique du football féminin dans le Centre-Ouest, notamment à Soyaux.

23 mars 196929 septembre 1969 : Première saison du championnat de Champagne-Ardenne de football féminin. Treize clubs y participent. C’est alors la seule compétition de football en France. Le FCF Reims remporte le titre en battant Marnaval en finale au Stade Auguste-Delaune.

19691970 : La Ligue d’Alsace organise le premier championnat d’Alsace de football féminin. Neuf clubs y prennent part et le FCF Schwindratzheim remporte le titre en écartant Notre-Dame de Strasbourg en finale.

1er octobre 1969 : Création d’une équipe féminine de football au sein de la Fidésienne SA, club de Sainte-Foy-lès-Lyon.

16 novembre 1969 : Match de démonstration au Stade Jean Bouin entre le FCF Reims et une sélection du Nord.

1970 : En début d’année 1970, on recense 21 clubs ou sections féminines de football en Champagne-Ardenne.

Janvier 1970 : Le FCF Reims est intégré au Stade de Reims.

7 mars 1970 : Réunion au siège de la FFF entre les autorités du football français et les représentants d’une cinquantaine de clubs de football féminin en vue de préparer la reconnaissance du football féminin faite quelques jours plus tard.

29 mars 1970 : La FFF reconnaît le football féminin tombé en désuétude en France depuis les années 1930. Une cinquantaine de clubs féminins sont recensés dont 21 pour la Ligue du Nord-Est et 12 dans le Bas-Rhin.

1970 : À la fin de la saison 1969-1970, on recense 21 clubs féminins de football en Centre-Ouest.

Bibliographie

Laurence Prudhomme-Poncet, Histoire du football féminin au xxe siècle, Paris, L’Harmatan, 2003.

 

1991 : Les femmes s’invitent à la Coupe du Monde

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Le 16 novembre 1991 débute la première Coupe du Monde féminine, en République Populaire de Chine. Ce tournoi de faible ampleur ne souffre pas la comparaison avec la Coupe du monde masculine, inaugurée en 1930 par Jules Rimet.

Mais grâce à lui, le football féminin sort d’un long purgatoire qui remonte à la fin de la Première Guerre mondiale. Auparavant, les femmes avaient pu s’adonner au football avec presque autant de ferveur que les hommes, du moins dans sa patrie de naissance, en Grande-Bretagne, où le sport était devenu pour beaucoup de femmes un outil d’émancipation.

Le football comme outil d’émancipation

Dès la naissance officielle du football, avec la fondation de la Football Association en Angleterre, en 1863, les femmes se montrent attirées par ce nouveau sport d’équipe. Le premier tournoi féminin se déroule le 9 mai 1881 à Edimbourg à l’initiative d’une militante féministe écossaise, Helen Matthews. Il oppose les équipes d’Écosse et d’Angleterre. Le Glasgow Herald en donne un compte-rendu plein de condescendance : « D’un point de vue de footballeur, le match était un fiasco, même si certaines [joueuses] avaient l’air de comprendre le jeu ».

Quelques jours plus tard, une nouvelle rencontre a lieu à Glasgow même mais elle est interrompue après l’invasion du terrain par des hommes en furie. Les joueuses doivent se réfugier dans un omnibus sur lequel les assaillants jettent les poteaux de buts ! Ayant tenté de rejouer le match le 20 juin 1881 à Manchester, les joueuses se voient une nouvelle fois agressées et Helen Matthews jette l’éponge.

Cette violence dépasse le cadre du football et du sport. Elle participe des revendications montantes en faveur du droit de vote féminin. Chez les « suffragettes » comme chez leurs opposants, on fait feu de tout bois pour rabaisser l’adversaire. En décembre 1884, le British Medical Journal s’inquiète de la pratique du football par les femmes et y voit un risque « pour les organes reproducteurs et la poitrine en raison des secousses brutales, des torsions et des coups inhérents au jeu » .

Les footballeuses ne manquent pas quant à elles de relier leur engagement sportif à leur engagement politique. Nettie Honeyball (de son vrai nom Mary Hutson), qui a créé en 1894 le premier club de football féminin de l’histoire, le British Ladies’ Football Club, déclare : « J’ai fondé l’association avec la ferme résolution de prouver au monde que les femmes ne sont pas les créatures « ornementales » et « inutiles » que les hommes imaginent. […] J’attends avec impatience le temps où les femmes seront présentes au Parlement pour faire entendre leur voix dans les affaires qui les concernent ». Son souhait ne trouvera un début de réalisation qu’en 1919 avec l’élection aux Communes de Nancy Astor.

Mais le football féminin n’aura pas attendu aussi longtemps pour conquérir les cœurs. Le 23 mars 1895, un match réunit ainsi dix mille spectateurs. Pendant la Première Guerre mondiale, contre toute attente, le football féminin est aussi encouragé pour soutenir le moral des « munitionnettes », ces ouvrières qui travaillent dans des conditions très dures dans les usines d’armement. À la fin de la guerre, en Angleterre, 750 000 d’entre elles ont une licence de foot !

L’équipe la plus populaire est celle des Dick, Kerr’s Ladies, à Preston, au nord de Manchester. Ses matches attirent en moyenne 13 000 spectateurs. Le record d’affluence est atteint le 26 décembre 1920 à Liverpool, face aux St. Helen’s Ladies, avec 53 000 dans le stade de Goodison Park.

Les Françaises s’y mettent à leur tour. La nageuse Alice Milliat fonde une fédération  féminine sportive de France en 1919 et l’étend à l’international en 1921. Elle aussi a le souci de promouvoir par le sport la condition des femmes. Dans le magazine L’Auto, elle dénonce « le vieil esprit de domination [des hommes], du désir de tenir toujours les femmes en tutelle, de la crainte de les voir devenir autre chose que des objets utiles ou agréables à l’homme ». En 1920, elle envoie en Angleterre une équipe féminine de football pour affronter les Dick Kerr’s Ladies devant 25 000 spectateurs.

Las, le vent tourne. Dès 1921, la fédération anglaise de football interdit aux clubs de prêter leur terrain aux équipes féminines. « Le football n’est pas adapté aux femmes et ne devrait jamais être encouragé », assurent ses responsables . D’un pays à l’autre, le football féminin reflue et sa pratique est même interdite. Il faudra attendre un demi-siècle avant qu’il effectue une timide renaissance.

 

Des débuts « clandestins »

En 1970, un tournoi international non-officiel, la Coppa del Mondo, est organisé en Italie par une Fédération internationale indépendante de football féminin. Il réunit alors huit nations et rencontre un certain succès. En finale à Turin, les Danoises s’imposent 2-0 contre les Italiennes devant 40 000 spectateurs.

L’engouement du public pour cette « fausse » Coupe du Monde se renouvelle l’année suivante au Mexique, où le Danemark remporte à nouveau le tournoi (3-0 face aux Mexicaines), dans le stade Azteca de Mexico, devant 110 000 spectateurs cette fois. Un record encore jamais égalé dans le football féminin !

Devant ce succès indéniable, la Fédération internationale de football association (FIFA) fait tout pour empêcher l’organisation d’une troisième édition, ne souhaitant pas voir évoluer le football féminin hors de son champ d’action. Pour autant, la fédération ne se hâte pas de mettre en place sous son égide une compétition féminine à grande échelle.

C’est seulement quinze ans plus tard, à l’occasion du Mondial masculin de 1986 au Mexique, que la FIFA décide que le football féminin doit aussi avoir le sien. La date et le lieu sont arrêtés. Ce sera cinq ans plus tard en Chine.

 

1991 : un Mondial de femmes… fait par des hommes

Pour cette première édition officielle, du 16 au 30 novembre 1991, les instances de la FIFA s’en tinrent à une organisation au rabais. Elles dédaignèrent d’appeler l’événement « Coupe du Monde féminine de la FIFA », à l’image de celle de des hommes, et préférèrent l’intituler « Championnat du Monde FIFA de football féminin pour la Coupe M&Ms ». C’est l’une des premières apparition du « naming » en compétition officielle, pratique qui consiste à mettre en avant le nom d’une marque. Ici, la FIFA voulait satisfaire le groupe Mars, propriétaire des confiseries M&M’s et seul mécène du tournoi.

Au début des années 1990, le football féminin était encore peu développé et très inégal à l’échelle mondiale, et largement secondaire dans l’esprit de la FIFA. Aussi, pour cette première Coupe du Monde, seules douze sélections furent conviées, quand le Mondial masculin, un an plus tôt, en accueillit vingt-quatre.

Considérant que les femmes ont des aptitudes bien inférieures à celles des hommes, la FIFA tenta sans succès de leur imposer un ballon taille 4 (comme ceux des enfants) alors qu’elles jouent habituellement avec une taille 5. Soucieux de leur santé, les dirigeants voulurent également réduire le temps de jeu de 90 à 80 minutes par match ! Une mesure destinée à peut-être compenser la cadence infernale des matches qui leur était imposée dans ce tournoi. Les gagnantes étasuniennes avaient ainsi dû enchaîner six matches en treize jours ! Impensable chez les hommes, qui bénéficiaient logiquement d’un temps de repos de trois à cinq jours en moyenne entre chaque match, dans une compétition étalée sur un mois.

Mais cette première compétition aura au moins eu le mérite d’être… une première. 28 ans plus tard, la Coupe du Monde féminine de la FIFA accueille 24 sélections du 7 juin au 7 juillet 2019 en France. Des matches de 90 minutes, comme la parité l’exige, retransmis dans 200 pays. Ils se jouent dans le stade du Parc des Princes, à Paris (50 000 places) et dans plusieurs stades de province. Le prestigieux Stade de France (Saint-Denis, 80 000 places) reste inaccessible au football féminin. Malgré d’évidents progrès, celui-ci n’atteint pas encore la popularité du football masculin.

Stan Vignon et André Larané

 

Publié ou mis à jour le : 2019-06-07 16:09:50

 

Coupe du monde 2019 : le foot, une histoire de filles

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Pour cette première Coupe du monde dans notre pays, la France nourrit de sérieux espoirs pour notre équipe nationale. Le public et les médias sont au rendez-vous.

Retour sur le passé tourmenté du football féminin français avec les témoins et protagonistes de cette histoire complexe et semée d’obstacles.

 

1915

Les ouvrières des usines d’armement, les « munitionettes », forment des équipes et jouent au football sur leur temps libre. En France des clubs féminins se montent en région parisienne.

1921

Premier match international entre les Dick Kerr Ladies et une sélection de joueuses françaises de Paris et sa banlieue. La féministe Alice Milliat milite pour la promotion du sport et du foot féminin mal gré les résistances machistes de l’époque.

À partir de 1925

La fédération ne favorise pas les équipes et les clubs féminins.

1941

Faute de moyens et de structures, les équipes de filles vont se raréfier et le coup de grâce est donné en 1941 avec l’interdiction pure et simple du foot féminin par le gouvernement de Vichy.

1965-1968

Après plusieurs décennies de marasme, le foot féminin renaît sous forme d’attraction de kermesse dans l’est et le nord de la France. Ce sera le cas à Reims en août 1968. Les joueuses de Reims forment l’ossature de l’équipe de France.

1971

La Fédération française de football (FFF) reconnaît le football féminin.

1988

Aimé Jacquet ouvre les portes du centre de Clairefontaine à l’équipe de France féminine.

Début des années 2000

Des joueuses françaises commencent à se faire un nom, comme Marinette Pichon qui fera une partie de sa carrière dans la ligue professionnelle aux États-Unis.

2011

L’équipe de France finit quatrième au Mondial en Allemagne. Beau succès médiatique.

2014

Corinne Diacre devient la première entraîneuse d’une équipe masculine avec Clermont.

Juin 2019

Début de la Coupe du monde en France

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