EGLISE CATHOLIQUE, FETE DIEU, FETE DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST, FETE LITURGIQUE, JESUS CHRIST, SAINT SACREMENT

Fête du Saint-Sacrement

La Fête-Dieu, fête du Saint-Sacrement

 

La Fête du Saint-Sacrement (2e dimanche après 110871907.pngès la Pentecôte) a été instituée au Moyen-Age pour commémorer la présence de Jésus-Christ dans le sacrement de l’eucharistie.

 

Histoire

Le pape Urbain IV en 1264 rendit la fête du Saint-Sacrement obligatoire pour l’Église universelle, mais cette fête a eu de la peine à s’imposer chez les évêques et les théologiens. Puis elle est devenue une fête très populaire, très célèbre en Espagne. Elle a été supprimée dans les pays protestants, mais cependant gardée par l’Église anglicane. Cette fête était appelée fête du Corpus Christi ou Fête du Saint-Sacrement. Le nom de Fête-Dieu n’existe qu’en français.

La procession de la Fête-Dieu

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Le pape Jean XXII en 1318 a ordonné de porter l’eucharistie, le jour de la Fête du Saint-Sacrement (Fête-Dieu), en cortège solennel dans les rues et sur les chemins pour les sanctifier et les bénir. C’est à ce moment qu’apparaît l’ostensoir. Elle se répand dans tout l’occident aux XIV° et XV° siècles. Le concile de Trente (1515-1563) approuve cette procession de la Fête-Dieu qui constitue une profession publique de foi en la présence réelle du Christ dans l’eucharistie. Le défilé du Saint-Sacrement est encore très populaire en Italie et en Espagne. Mais en France, la procession de la Fête-Dieu se fait rarement, sauf dans de nombreux villages du Pays Basque.

 

Description de la procession de la Fête-Dieu

Pendant la procession de la Fête-Dieu, le prêtre portait l’eucharistie au milieu des rues et des places richement pavoisées de draperies et de guirlandes. On abritait le Saint sacrement sous un dais somptueux porté par quatre notables. On faisait aussi une station à un reposoir, sorte d’autel couvert de fleurs. L’officiant encensait l’eucharistie et bénissait le peuple. On marchait sur un tapis de pétales de rose que des enfants jettent sur le chemin du Saint-Sacrement. Cela constituait un vrai spectacle.

L’ostensoir

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Un prêtre portait l’eucharistie dans l’ostensoir sous un dais souvent tenu par quatre personnes. Parfois l’ostensoir était sur un char tiré par deux chevaux. Au reposoir, l’officiant encensait l’eucharistie et bénissait le peuple avec l’ostensoir. L’ostensoir est un objet liturgique destiné à contenir l’hostie consacrée, à l’exposer à l’adoration des fidèles et à les bénir.

 

Le reposoir de la Fête-Dieu

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Le reposoir de la procession de la Fête-Dieu est un temps fort de l’adoration du Saint-Sacrement. Le cortège de la Fête Dieu fait une station à un reposoir, sorte d’autel décoré ou couvert de fleurs. Au reposoir, l’officiant encense l’eucharistie et bénit le peuple avec l’ostensoir. Le reposoir peut être situé en plein air ou dans une salle. Sur le trajet il y en a parfois plusieurs. Après une station à un reposoir, on se rendait à un autre reposoir.

 

Quel est le sens de la Fête du Corps et du Sang du Christ ?

Depuis la réforme liturgique du concile Vatican II, la Fête Dieu est appelée « Fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ ». La Fête du Corps et du Sang du Christ commémore l’institution du sacrement de l’eucharistie. Elle est un appel à approfondir le sens de l’eucharistie et sa place dans notre vie. Cette fête est la célébration du Dieu d’amour qui se révèle en donnant son corps et son sang, en se donnant à nous comme nourriture de vie éternelle. Le sens de la fête du corps et du sang du Christ est un peu différent de celui de la Fête Dieu qui était plus centrée sur l’adoration de la présence réelle du Christ.

Messe de la Fête du Corps et du Sang du Christ

La messe de la Fête du Corps et du Sang du Christ (fête de Corpus Christi) est dite en ornement blanc. La procession a presque complètement disparu. Au cours de la messe, on est habituellement invité à communier au corps et au sang comme le Jeudi saint. On fait souvent la première communion le jour de la Fête du Corps et du Sang du Christ.

 

Date de la Fête du Corps et du Sang du Christ

La date de la Fête du Corps et du Sang du Christ (fête de Corpus Christi), comme la date de la Fête du Saint-Sacrement ou la date de la Fête-Dieu, est en principe le jeudi qui suit la fête de la Sainte-Trinité c’est-à-dire soixante jours après Pâques. Mais en France, depuis le concordat de 1801 et dans plusieurs pays, la Fête du Corps et du Sang du Christ est repoussée au dimanche qui suit la Sainte-Trinité en vertu d’un indult papal pour permettre la participation de tous les fidèles. En effet ce jeudi n’est pas un jour férié en France alors qu’il l’est dans certains pays comme la Belgique, la Suisse, certaines parties de l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne, le Portugal, l’Espagne.

Source : Cybercuré
Dossier complet à retrouver sur le site Cybercuré

 

Fête du Saint-Sacrement

SOMMAIRE

La Fête-Dieu, Fête du Saint-Sacrement

La procession de la Fête-Dieu

Fête du Corps et du Sang du Christ

La Fête-Dieu, Fête du Saint-Sacrement

 

  1. Origine de la Fête du Saint-Sacrement

L’origine de la Fête du Saint-Sacrement remonte au XIII° siècle. Jusque là, il n’y avait ni office ni exposition du Saint-Sacrement. On conservait seulement la Sainte réserve pour les mourants et les malades. Actuellement, c’est la situation dans l’Église orthodoxe. La fête du Corpus Cristi (Fête-Dieu) est apparue au XIII° siècle à la suite d’une vision qu’a eu vers 1210 une religieuse, sainte Julienne de Cornillon du diocèse de Liège. Le premier formulaire d’une messe en l’honneur du Saint-Sacrement a été composé en 1246 dans le diocèse de Liège. Puis on a utilisé un nouveau formulaire, l’œuvre de saint Thomas d’Aquin pour la Fête du Saint-Sacrement.

  1. Histoire de la Fête du Saint-Sacrement

Le pape Urbain IV en 1264 rendit la fête du Saint-Sacrement obligatoire pour l’Église universelle, mais cette fête a eu de la peine à s’imposer chez les évêques et les théologiens. Puis elle est devenue une fête très populaire, très célèbre en Espagne. Elle a été supprimée dans les pays protestants, mais cependant gardée par l’Église anglicane. Cette fête était appelée fête du Corpus Christi ou Fête du Saint-Sacrement. Le nom de Fête-Dieu n’existe qu’en français.

  1. Prière pour la Fête du Saint-Sacrement

Mon Seigneur et mon Dieu,
je me prosterne humblement
et vous adore.
Je me sens impuissant à considérer
votre immense bonté,
votre amour infini dans la sainte Hostie.
Puis je me reconnais incapable
d’égaler ma gratitude
à cet incompréhensible bienfait,
plus je vous supplie avec instance
de mettre vous-même dans mon cœur,
les sentiments qui me manquent.
Faites que votre amour me détache
du monde et de moi-même,
et me suggère les paroles
qui peuvent mieux vous exprimer
mon désir de vous aimer et d’être,
à la vie, à la mort,
tout à votre divin Cœur.

Il y a beaucoup de prières pour la Fête du Saint-Sacrement.

La procession de la Fête-Dieu

  1. Historique de la procession de la Fête-Dieu

Le pape Jean XXII en 1318 a ordonné de porter l’eucharistie, le jour de la Fête du Saint-Sacrement (Fête-Dieu), en cortège solennel dans les rues et sur les chemins pour les sanctifier et les bénir. C’est à ce moment qu’apparaît l’ostensoir. Elle se répand dans tout l’occident aux XIV° et XV° siècles. Le concile de Trente (1515-1563) approuve cette procession de la Fête-Dieu qui constitue une profession publique de foi en la présence réelle du Christ dans l’eucharistie. Le défilé du Saint-Sacrement est encore très populaire en Italie et en Espagne. Mais en France, la procession de la Fête-Dieu se fait rarement, sauf dans de nombreux villages du Pays Basque.

  1. Description de la procession de la Fête-Dieu

Pendant la procession de la Fête-Dieu, le prêtre portait l’eucharistie au milieu des rues et des places richement pavoisées de draperies et de guirlandes. On abritait le Saint sacrement sous un dais somptueux porté par quatre notables. On faisait aussi une station à un reposoir, sorte d’autel couvert de fleurs. L’officiant encensait l’eucharistie et bénissait le peuple. On marchait sur un tapis de pétales de rose que des enfants jettent sur le chemin du Saint-Sacrement. Cela constituait un vrai spectacle.

  1. L’ostensoir

Un prêtre portait l’eucharistie dans l’ostensoir sous un dais souvent tenu par quatre personnes. Parfois l’ostensoir était sur un char tiré par deux chevaux. Au reposoir, l’officiant encensait l’eucharistie et bénissait le peuple avec l’ostensoir. L’ostensoir est un objet liturgique destiné à contenir l’hostie consacrée, à l’exposer à l’adoration des fidèles et à les bénir.

  1. Le reposoir de la Fête-Dieu

Le reposoir de la procession de la Fête-Dieu est un temps fort de l’adoration du Saint-Sacrement. Le cortège de la Fête Dieu fait une station à un reposoir, sorte d’autel décoré ou couvert de fleurs. Au reposoir, l’officiant encense l’eucharistie et bénit le peuple avec l’ostensoir. Le reposoir peut être situé en plein air ou dans une salle. Sur le trajet il y en a parfois plusieurs. Après une station à un reposoir, on se rendait à un autre reposoir.

  1. Renouveau de la procession du Saint-Sacrement

L’archevêché de Paris veut remettre à l’honneur la procession du Saint sacrement et organise des cortèges pour la fête du corps et du sang du Christ. En 2007, 5.000 personnes s’étaient retrouvées à Notre-Dame pour une veillée de prière puis une procession du Saint sacrement à Montmartre. En 2008, l’archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, a présidé samedi une veillée à Saint-Augustin (VIII° siècle), a suivi une marche dans la nuit jusqu’à la basilique du Sacré-Coeur à Montmartre (XVIII° siècle) qui est restée ouverte toute la nuit. Le lendemain, dimanche, une vingtaine de paroisses parisiennes ont marqué cette fête de l’Eucharistie. En 2008, il y a une procession du Saint sacrement de l’Église Notre-Dame de Clignancourt au Sacré-Cœur de Montmartre. Les enfants précèdent le Saint Sacrement avec pétales de fleurs et bannières comme à la traditionnelle procession de la Fête Dieu. Ce renouveau a lieu aussi dans d’autres villes, par exemple à Toulon.

Documents

Histoire de la Fête-Dieu

Coutumes et traditions : cortège de la Fête à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône)

On voit le dais et le char dans les images de la Fête-Dieu.

La cortège de la Fête-Dieu est faite aussi par la Fraternité Saint-Pie X avec un char sur lequel est fixé l’ostensoir. Le char est tiré par deux chevaux. La majesté du cortège est faite pour susciter l’adoration du Saint-Sacrement.

Le reposoir est parfois situé à l’extérieur dans un endroit bien visible, comme en haut d’un escalier ou dans une salle plus recueillie.

 

Fête du Corps et du Sang du Christ

  1. Sens de la Fête du Corps et du Sang du Christ

Depuis la réforme liturgique du concile Vatican II, la Fête Dieu est appelée « Fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ ». La Fête du Corps et du Sang du Christ commémore l’institution du sacrement de l’eucharistie. Elle est un appel à approfondir le sens de l’eucharistie et sa place dans notre vie. Cette fête est la célébration du Dieu d’amour qui se révèle en donnant son corps et son sang, en se donnant à nous comme nourriture de vie éternelle. Le sens de la fête du corps et du sang du Christ est un peu différent de celui de la Fête Dieu qui était plus centrée sur l’adoration de la présence réelle du Christ.

  1. Messe de la Fête du Corps et du Sang du Christ

La messe de la Fête du Corps et du Sang du Christ (fête de Corpus Christi) est dite en ornement blanc. La procession a presque complètement disparu. Au cours de la messe, on est habituellement invité à communier au corps et au sang comme le Jeudi saint. On fait souvent la première communion le jour de la Fête du Corps et du Sang du Christ.

  1. Date de la Fête du Corps et du Sang du Christ

La date de la Fête du Corps et du Sang du Christ (fête de Corpus Christi), comme la date de la Fête du Saint-Sacrement ou la date de la Fête-Dieu, est en principe le jeudi qui suit la fête de la Sainte-Trinité c’est-à-dire soixante jours après Pâques. Mais en France, depuis le concordat de 1801 et dans plusieurs pays, la Fête du Corps et du Sang du Christ est repoussée au dimanche qui suit la Sainte-Trinité en vertu d’un indult papal pour permettre la participation de tous les fidèles. En effet ce jeudi n’est pas un jour férié en France alors qu’il l’est dans certains pays comme la Belgique, la Suisse, certaines parties de l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne, le Portugal, l’Espagne.

Pour la date de la Fête du Corps et du Sang du Christ, voir le calendrier liturgique

  1. Textes, lectures de la messe de la Fête du Corps et du Sang du Christ

Les textes et les lectures de la messe de la Fête du Corps et du Sang du Christ (fête de Corpus Christi) sont différents pour les années A, B et C.

Fête du Corps et du Sang du Christ, année A (2008, 2011)

Année B (2009,2012)

Année C (2010,2013)

  1. Homélies de la messe de la Fête du Corps et du Sang du Christ

Les homélies de la messe de la Fête du Corps et du Sang du Christ ( fête de Corpus Christi ) sont différentes, comme les lectures, pour les années A, B et C.

  1. Prière universelle de la messe de la Fête du Corps et du Sang du Christ

Voici un exemple de prière universelle de la messe de la Fête du Corps et du Sang du Christ centrée sur le pain de la parole et le pain de l’amour, nourriture qui fait vivre.

Tout le monde a besoin de pain pour vivre. Le pain matériel, pour nourrir le corps. Le pain de la Parole, pour nourrir l’âme. Et le pain de l’amour, pour nourrir le cœur. Laissons monter vers le Seigneur notre prière et demandons-lui de combler toutes nos faims.

Dieu très-haut, écoute-nous.

Ô Seigneur, viens au secours des affamés ; accorde-leur le pain sans lequel la vie n’est plus possible.

Ô Dieu de la vie, viens au secours des assoiffés de sens : conduis-les vers les puits d’eau vive.

Ô Père de toute bonté, viens en aide à tous ceux et celles qui, partout dans le monde, luttent contre la faim : donne-leur le courage nécessaire à leurs efforts.

Ô Roi du ciel et de la terre, viens en aide à ceux et celles qui cherchent à transmettre du courage aux désespérés de toutes sortes : accorde-leur d’être de véritables témoins de sens.

Dieu de tendresse et d’amour, toi qui ne cesses de nourrir ton peuple avec générosité afin qu’il parvienne là où tu veux le conduire, entends notre prière : accorde à tous tes enfants la nourriture qui fait vivre. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Autre Prière universelle de la messe de la Fête du Corps et du Sang du Christ

Refrain : Seigneur nourris le monde du pain de ton amour

 

Procession de la Fête Dieu
à Aix (Bouches-du-Rhône)

(D’après « Le Magasin pittoresque », paru en 1836)

 

Cette procession avait été instituée, vers l’an 1462, par le roi René. Il avait emprunté, pour en faire un spectacle magnifique, tout ce que la verve poétique de ce temps savait mêler de sacré et de profane, d’histoire ancienne et d’histoire moderne. Le lundi de la Pentecôte, avait lieu la nomination des principaux chefs de la fête : le roi de la Basoche, le prince d’Amour, l’abbé de la Jeunesse, et quelques autres grands dignitaires.

 

René d’Anjou

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Le jour de la Trinité, étaient élus les officiers subalternes, et tous ceux qui voulaient prendre part à la cérémonie se faisaient inscrire. Ils parcouraient la ville en chantant et dansant, s’arrêtant devant les maisons de belle apparence, d’où on leur jetait quelques pièces de monnaie.

La veille de la grande procession avait lieu le passado ; vers midi, les bâtonniers, après avoir préalablement entendu la messe à la cathédrale , parcouraient la ville au pas de course, musique en tête, s’arrêtant à chaque coin de rue pour donner aux passants le spectacle de leur adresse. Puis ils se rendaient sur le Cours où avait lieu le lou gué, c’est-à-dire la distribution des costumes pour le lendemain. Le prévôt, accompagné des échevins, proclamait le nom des dieux de l’Olympe, qui venaient successivement se ranger près de lui.

Le lendemain, jour de la Fête-Dieu , la procession se mettait en marche au son des cloches à grande volée. D’abord se présentaient quatre bâtonniers chargés de rubans aux couleurs, soit de l’abbé de la Jeunesse, soit du roi de la Basoche, suivant qu’ils appartenaient à l’un ou l’autre de ces deux chefs ; puis se présentaient les ateliers du comte de Provence, portant chacun une torche.

Ils précédaient la Renommée, montée sur un cheval, que conduisaient quatre sampodophores (porteurs de torches) ; le costume de la déesse aux cent voix était une robe jaune sur laquelle étaient peintes les armes des principaux seigneurs provençaux ; deux ailes peintes également en jaune sortaient de la robe par deux fentes pratiquées aux épaules ; sa coiffure était un bonnet également jaune et couvert de plumes.

Deux groupes suivaient la Renommée : le premier se composait des chevaliers du Croissant, ordre militaire institué par le roi René. Cet ordre, célèbre dans les fastes de l’histoire de Provence, avait une armure ainsi qu’on la portait en ces temps ; un croissant que les chevaliers avaient sur la poitrine et à leurs casques, indiquait que leur valeur devait aller toujours en croissant, et les distinguait des autres guerriers. Une musique militaire les séparait du duc et de la duchesse d’Urbin, montés sur des ânes. Les figures grotesques de ces malheureux princes rappelaient un des trophées de René, qui vainquit Urbin en 1460. La duchesse d’Urbin était la fille d’Alexandre Sforce, que le duc avait épousée en 1459, après la mort de Gentile de Braccaleone, sa première femme.

Les vociférations et les railleries du peuple accueillaient toujours l’image de ce général, qui, pour avoir été vaincu une fois, n’en était pas moins un des plus remarquables de son époque. Momus suivait ces deux groupes ; son vêtement était chamarré de mille couleurs et couvert de grelots ; d’une main il balançait la marotte sur la tête de la foule, et de l’autre il tenait son masque.

Mercure l’accompagnait. Ce dieu, en cette circonstance, ne représentait pas le protecteur du commerce et de l’industrie, mais seulement celui des voleurs. A cet effet , il s’appuyait sur la Nuit qui le couvrait de son manteau noir parsemé d’étoiles et de pavots.

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Principale entrée de la ville d’Aix,
par A. Meunier, en 1792

 

Un charivari, réunion de bruits aigus et discords cherchant à imiter les pleurs et les grincements de dents de l’enfer, annonçait le noir Pluton. Cinq groupes différents composaient son cortège : le premier était celui des Razcassetos ; c’étaient les lépreux de l’Écriture : ils étaient tous munis de peignes, de brosses, de ciseaux et d’éponges, s’occupant sans cesse à brosser, peigner et laver un d’entre eux, qui cherchait vainement à se soustraire à leurs bons offices.

Lou jouec dou cat paraissait après les Razcassetos. Moïse portait les tables de la loi ; son front était orné des deux rayons lumineux que lui donne la tradition. Aaron était près de lui, et cherchait à expliquer la loi divine aux Israélites ; mais ceux-ci se moquaient des paroles du grand-prêtre, et dansaient autour du veau d’or. Un d’entre eux tenait un jeune chat qu’il lançait en l’air et ressaisissait dans sa chute avec beaucoup d’adresse, c’est ce qui faisait donner à ce groupe le nom de jeu de chat, lou jouec dou cat. Enfin Pluton, Proserpine, l’accompagnaient, tous deux vêtus de robes noires parsemées de flammes ; d’une main, ils avaient leurs sceptres d’ébène, et de l’autre les clefs du sombre empire ; les démons les entouraient formant devant et derrière des danses diaboliques.

Le quatrième groupe représentait le pichoum jouec déis diables (petit jeu des diables). Un enfant vêtu de blanc figurait une âme, qu’un ange conduisait par la main , lui montrant la croix. Des diables cherchaient toujours à frapper de leurs masses ou de leurs fouets la malheureuse âme ; mais les coups retombaient sur l’ange dont le dos était vraisemblablement rembourré. Le grand jeu des diables suivait le petit, et terminait le cortège du Dieu des enfers ; Hérode, revêtu des insignes de la royauté, était en butte à la fureur des démons, qui le harcelaient à coups de fourches et de piques, faisant sonner insolemment leurs grelots autour de sa tête.

La diablesse se faisait remarquer au milieu d’eux ; c’était une femme habillée dans le goût le plus moderne, personnification de la coquetterie. Les dieux de la mer suivaient ceux de l’enfer ; leurs costumes étaient bleu clair, ainsi qu’est l’eau azurée ; ils entouraient Neptune, dont la main était armée du redoutable trident ; les vents tonnaient autour de lui une danse animée.

Une musique champêtre annonçait les dieux de la terre ; les nymphes, vêtues de robes vertes comme les feuilles des bois, mêlaient leurs danses avec les satyres ; ceux-ci avaient les jambes couvertes de peaux bigarrées ; le haut de leur corps était couvert d’un gilet dont la couleur imitait celle de la chair ; une longue queue et des cornes complétaient le costume. Pan, habillé de même, les suivait en jouant de la flûte.

Ce char, couvert de pampres et de feuilles vertes, annonçait Bacchus : c’était en effet lui qui était assis sur ce tonneau ; d’une main il tenait une bouteille, et de l’autre une coupe. Il se versait à boire, et dès qu’il avait trempé ses lèvres dans la tasse, elle lui était arrachée par les faunes qui composaient sa suite, et qui la vidaient. Aussi cette partie de la procession était-elle une des plus gaies. Mars et Minerve suivaient Bacchus ; le premier portait le costume des chevaliers au temps de Louis XI, et la seconde celui des dames de la cour. Elle tenait en outre la lance et la tête de Méduse.

 

Eglise Saint-Jean, à Aix

Eglise-Aix

Venaient ensuite les chèvaouz frux  (chevaux fringants). Cette partie de la procession était certainement la plus curieuse. Des chevaliers de la cour de René exécutaient debout sur leurs chevaux des exercices, comme on en voit chez Franconi ; mais il paraît que ces seigneurs n’avaient pas la même adresse que les écuyers de dernier car, dans une de ces processions, plusieurs d’entre eux tombèrent et furent tués. Il fut décidé alors qu’on les remplacerait par des hommes qui auraient des chevaux de carton attachés à leurs ceintures, et qui répéteraient d’une manière moins dangereuse les exercices de leurs devanciers.

Diane et Apollon suivaient ces redoutables cavaliers ; Diane portait son arc et ses flèches ; Apollon, sa lyre harmonieuse et le coq matinal. Les Heures leur succédaient se tenant par la main. Le groupe suivant représentait la visite de la reine de Saba au grand roi ; elle le saluait avec des rameaux verts et en balançant son corps de droite à gauche. Salomon, pour lui faire honneur, exécutait devant elle une danse vive et animée, abaissant sa redoutable épée à la pointe de laquelle était attaché le castlet (petit château) surmonté de cinq girouettes ; ce castlet figurait le temple que ce monarque éleva. Les femmes de la reine la suivaient tenant chacune une coupe, présent du saint roi.

Les pichnoux dansaires et les grands dansaires, deux groupes de danseurs, précédaient le char des dieux. Celui-ci magnifiquement orné, couvert des tapis les plus riches, conduit par six superbes chevaux blancs richement caparaçonnés, supportait plusieurs trônes : sur le plus élevé était Jupiter, les foudres en main ; Junon était à ses pieds, elle caressait le paon son oiseau privilégié ; Vénus et l’Amour étaient assis près d’elle ; les Jeux et les Ris entouraient le char.

Derrière étaient les trois parques, Clotho, Lachésis et Atropos, roulant, filant et coupant les jours des mortels. Hérode les suivait ; il présidait au massacre des Innocents. Ses gardes, armés de fusils, tiraient en l’air, et une douzaine d’enfants se jetaient à terre en poussant de grands cris. Les Mages, les Apôtres, les Evangélistes figuraient aussi dans cette procession ; elle était terminée par le prince d’Amour, l’abbé de la Jeunesse et le roi de la Basoche. René avait personnifié, dans ces trois chefs de la procession, la noblesse, le clergé et le peuple ; tous trois marchaient sur la même ligne ; tous trois avaient un cheval de la même couleur et de la même taille ; tous trois avaient une même suite. En cette circonstance, mais en celle-là seule, se retrouvait l’égalité.

Telle était la procession d’Aix en 1490, et déjà quelques personnages, tels que Adam, Eve, Caïn, Abel, les Patriarches, etc., étaient supprimés. La procession du Saint-Sacrement, ainsi qu’elle était observée il y a encore quelques années à Paris, suivait ce cortège. En 1645, et principalement en 1680, les archevêques de la ville voulurent supprimer les scènes profanes de cette cérémonie ; le peuple mécontent menaça de brûler l’archevêché, et les prélats renoncèrent à leur censure. La fête continua donc sans obstacle jusqu’en 1789. A ce moment, la Révolution, qui renversait toutes les cérémonies du culte catholique, abolit aussi la procession d’Aix : elle fut reprise à l’époque du concordat ; mais alors elle était bien déchue de son ancienne bizarrerie.

 

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