CRETATION, DIEU, GERMAIN NOUVEAU, POEME, POEMES, PRIERE, PRIERES, SA BEAUTE EST MERE DE LA FLEUR, DE L'AUBE ET DE L'ETE

« Dieu, c’est la beauté »

« Sa beauté est mère de la fleur, de l’aube et de l’été » – Germain Nouveau

 

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« Dieu, c’est la beauté, Dieu, beauté même, a parlé 
Dans le buisson de flamme à son peuple assemblé, 
Aux lèvres de Moïse, aux lèvres des prophètes, 
Et ses discours profonds sont clairs comme des fêtes. 
Son livre est un chœur vaste où David a chanté, 
Et c’est un fleuve, il coule avec l’immensité 
De ses vagues, noyant dans leur écume ardente 
Ton navire, ô Milton, et ta galère, ô Dante ! 
Et Jésus a parlé, rouge et bleu sous le ciel, 
Et des mots qu’il a dits la terre a fait son miel. 
Les lys ont confondu sa robe avec l’aurore
Sa voix, sur la montagne, elle résonne encore. 
Paroles de Jésus, source sous les palmiers 
Où s’abattent les cœurs ainsi que des ramiers, 
Où les âmes vont boire ainsi que des chamelles ! 
Nourrice, tu suspends le monde à tes mamelles ! 
Car Il est aussi beau qu’Il est vrai ; sa beauté 
Est mère de la fleur, de l’aube et de l’été. 
Le Beau n’est qu’un mot creux, l’idéal qu’un mot vide, 
Mais la beauté, c’est Dieu dont notre âme est avide ; 
La beauté, mais, poète, elle est au cœur de Dieu 
Le lotus de lumière et la rose de feu ; 
De plus haut que les Tyrs et les Sions sublimes, 
Elle descend sur l’ange, elle est vouée aux cimes, 
Soleil des paradis, étoile des matins, 
Et nos regards sont faits de ses rayons éteints. 
— Beauté, face de Dieu, gouffre des purs délices 
Formidable aux élus, devant vous les milices 
Célestes dont les seins sont cuirassés d’ardeur, 
Guerriers gantés de grâce et chaussés de candeur, 
Dont les ailes de feu battent le dos par douze, 
Capitaines d’amour dont l’aurore est jalouse 
Et dont l’épée au poing n’est qu’un rayon vermeil, 
Tremblent comme la brume au lever du soleil ! 
— Alléluia vers vous, beauté du Père, et gloire ! 
Gloire à vous sur la terre et sur les luths d’ivoire
Des riants chérubins, votre escabeau vivant ! 

Gloire à vous sur la lyre et les harpes au vent 
Des séraphins chantant dans les apothéoses ! 
Doigts des anges, courez sur les violons roses ! 
Formez-vous, doux nuage, autour des encensoirs ! 
Brûlez, soleils levants ! fumez, parfums des soirs ! 
Montez vers la colombe, ô blanches innocences, 
Montez ! Et vous, Vertus, Principautés, Puissances, 
Menez, parmi les lys, le cortège des dieux, 
 Sur les pas de Jésus miséricordieux ! »

Germain Nouveau

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