ACTION CATHOLIQUE (mouvement d'), EGLISE CATHOLIQUE, LIVRE, LIVRES, LIVRES - RECENSION, MICHEL LAUNAY, PIE XI (Pape ; 1857-1939), PIE XI, LE PAPE DE L'ACTION CATHOLIQUE

Pie XI, le Pape de l’Action catholique

Pie XI, le Pape de l’action catholique 

Marcel Launay

Paris, Le Cerf, 2018. 267 pages.

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Présentation de l’éditeur

On lui doit la consécration de Jeanne d’Arc comme sainte patronne de la France, la canonisation de Bernadette Soubirous, de Thérèse de Lisieux ou encore du curé d’Ars, la condamnation de Charles Maurras, la réprobation du communisme, du fascisme et du nazisme. Cet homme, c’était Pie XI (1857-1939) ; et il régna près de vingt ans avec autorité et courage en combattant toutes les formes du mal. C’est en s’appuyant sur les archives vaticanes mises à la disposition du public en 2003 que Marcel Launay reconstitue la vie et l’oeuvre de ce pape. Dans un contexte de colère et de haine, il n’a cessé de rappeler les fondamentaux de l’humanisme chrétien. Jalon essentiel de cette mission : un retour au Christ et à son message premier : la vie avant tout, face au fascisme qui exalte, par définition, la mort. Ce livre, c’est enfin un constat sans appel : Pie XI a été l’artisan du retour du Saint-Siège sur la scène internationale. Après quarante années de maladresse, d’hésitation et d’atermoiement, le Vatican retrouve son rôle de guide et protecteur de l’Europe éternelle. Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Nantes, Marcel Launay est spécialiste d’histoire du catholicisme. Il est notamment l’auteur d’un ouvrage majeur sur Benoît XV, un pape pour la paix (2015).

Biographie de l’auteur

Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Nantes, Marcel Launay est spécialiste d’histoire du catholicisme. Il est notamment l’auteur d’un ouvrage majeur sur Benoît XV, un pape pour la paix (2015).

 

BIOGRAPHIE :

 

Pie XI, l’artisan du retour du Saint-Siège sur la scène internationale

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Pie XI (1857-1939) régna près de vingt ans avec autorité et courage en combattant toutes les formes du mal.

Depuis sa mort, en 1939, seulement une petite-douzaine de biographies du pape Pie XI (1857-1939) sont parues en français, la dernière en date étant, en 2004, chez Perrin, celle d’Yves Chiron, spécialiste des papes (Pie IX, Pie X, Paul VI). Environ deux fois moins longue, cette récente biographie est le fruit du travail de l’historien Marcel Launay, professeur honoraire d’histoire contemporaine à l’université de Nantes, qui, lui, parmi une abondante bibliographie axée sur l’histoire religieuse contemporaine, a déjà commis voici peu une biographie de Benoît XV fort appréciée (Cerf, 2014).

Passionné par les livres et l’alpinisme
A la différence de Chiron, Launay passe assez vite sur les années précédent avant l’élection du Milanais Achille Ratti sur le trône de Pierre, qui représentent néanmoins 80 % de son existence. Érudit passionné par les livres, il deviendra préfet de la Bibliothèque Ambrosienne de Milan (1888) puis vice-préfet (1911) et préfet (1914) de la Bibliothèque vaticane. Mais sa carrière ecclésiastique prendra ensuite un cours beaucoup plus pastoral quand il deviendra visiteur apostolique en Pologne (1918) puis nonce dans ce pays (1919) avant d’être en juin 1921 créé cardinal par Benoît XV et nommé archevêque de Milan. Mais il ne restera que quelques mois à ce poste puisque, dès février 1922, il sera élu pape au quatorzième tour de scrutin, candidat de compromis entre un conservateur (Merry del Val) et un libéral (Gasparri) qu’il conservera ensuite comme secrétaire d’État jusqu’en 1930. Cette biographie traite surtout du personnage public, pas suffisamment sans doute de l’homme privé, duquel pointent parcimonieusement quelques traits, comme sa passion pour l’alpinisme !

Les différents chapitres traitent, chacun, des grands thèmes qui ont marqué ce pontificat situé entre les deux grandes guerres du vingtième siècle et, comme le dit Launay, « la hantise de la Première Guerre mondiale et l’obsession de la Seconde caractérisent l’ensemble du pontificat ». Il détaille alors les relations avec l’État italien, qui devient fasciste et signe les accords du Latran en 1929 créant un État du Vatican, petit mais indépendant.

L’aspiration à « étendre le Règne du Christ dans le monde »

De même, le pape réussit à passer des accords avec l’Allemagne de Weimar en 1925 (continués par le concordat de 1933) ou avec la France de la Troisième République. Mais, quand vient la montée des périls un peu partout en Europe au cours de la décennie suivante, Pie XI, dont l’aspiration profonde était depuis le début de son pontificat d’étendre le Règne du Christ dans le monde (il a d’ailleurs institué la fête du Christ Roi de l’univers dès 1925), réagit en s’opposant fortement tant au nazisme qu’au communisme, les deux encycliques promulguées à cinq jours de distance en mars 1937 en sont la preuve (Mit brennender Sorge et Divini Redemptoris). Et en mai 1938, quand Hitler visite la ville éternelle, il quitte ostensiblement Rome pour Castelgondolfo. Il meurt au début de l’année même (10 février) qui verra le commencement de la terrible Deuxième guerre mondiale,  » à la veille de ce qu’on a qualifié de ‘crépuscule de la civilisation’ ».

A côté de ce rôle du pape dans le cours politique du monde, dans une époque si lourde de menaces, Launay développe quelques autres aspects importants du pontificat, très centralisé sur la figure et le ministère du pape : un véritable « élan missionnaire » avec de nouveaux engagements partout dans le monde, en particulier en Asie – un « mirage unioniste » qui voulait faire revenir dans le giron de l’Église romaine tous les chrétiens dissidents, s’opposant donc à l’œcuménisme naissant contre lequel Pie XI écrivit d’ailleurs en 1928 une encyclique, Mortalium animos – un intérêt marqué pour la recherche scientifique avec la réforme des universités romaines et la création de l’Académie pontificale des sciences où furent admis, c’était une première, des non catholiques et même des non chrétiens – enfin, et ce n’est pas le moins important, le sous-titre du présent ouvrage en témoigne, le soutien sans faille du pape à l’Action catholique qu’il qualifia de « prunelle de ses yeux », « mais cet apostolat est d’abord spirituel, un moyen de sanctification personnelle et collective en vue de la rechristianisation des mœurs et de l’instauration d’une nouvelle chrétienté par l’adhésion de tous ceux qui se reconnaissent dans les enseignements de l’Eglise » et, un peu plus loin, notre auteur précise : « Dans cette perspective, sans faire de la politique au sens stricte (sic) du terme, selon le message aux Portugais de 1923, l’Action catholique devra ‘préparer ses militants à faire de la bonne politique, c’est-à-dire une politique qui en toutes choses devra obéir aux principes du christianisme, les seuls qui puissent apporter aux peuples la prospérité et la paix’. »

Malgré ses nombreuses fautes de français et de ponctuation pénibles pour le lecteur, cet ouvrage bien mené peut permettre à ce dernier une (re)découverte de ce pape qui a vécu à une époque de grands périls pour la société et le monde de son temps !

 

https://livre-religion.blogs.la-croix.com/biographie-pie-xi/2018/06/15/
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Biographie: Pie XI¨(1857-1939)

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Achille Ratti naît à Desio en 1857 ; il est ordonné prêtre en 1889. L’année 1921 est capitale pour lui puisqu’il devient archevêque de Milan et cardinal. Quelques mois plus tard, en 1922, il succéde à Benoît XV sous le nom de Pie XI. C’est un érudit mais aussi un sportif accompli qui pratique l’alpinisme. Son pontificat est marqué par plusieurs encycliques « sociales » sur l’éducation, le mariage, la question sociale, la crise économique, le rôle du cinéma…

Le fait politiquement le plus marquant de son pontificat est la signature des accords du Latran avec Mussolini le 11 février 1929. Il établit aussi de nombreux concordats (aussi appelés modus vivendi) avec le Portugal, la Tchécoslovaquie et le IIIè Reich en 1933. 

Mais malgré ce dernier concordat, Pie XI condamne très fermement toutes formes de totalitarismes : en 1926 il condamne l’Action française, en 1931 le fascisme (« Non abbiamo bisogno »), en 1937 le nazisme (« Mite brennender Sorge ») et en 1938 le communisme. Il dira : « spirituellement, nous sommes tous des sémites ». Pourtant il apporte son soutien à Franco lors de la guerre civile d’Espagne et ses relations avec le gouvernement mussolinien étaient loin d’être mauvaises. 

Il soutient activement le clergé missionnaire en ordonnant des prêtes chinois, japonais, indiens, vietnamiens. Il encourage fortement l’Action catholique et aide notamment l’École biblique de Jérusalem, il crée la Commission de la Vulgate, l’Académie pontificale des sciences et la station de radio-Vatican. « Une Église formée seulement de riches n’est plus l’Église de Notre-Seigneur. C’est surtout pour les pauvres qu’il a fondé son Église. »

Il décède le 10 février 1939.

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Action catholique

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L’Action catholique est le nom d’ensemble des mouvements créés par l’Église catholique au xxe siècle dans le cadre du catholicisme social à destination de catégories précises de la société. Créée en 1924, la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) constitue l’un de ses exemples célèbres.

 

Histoire et objectif

L’objectif de l’Action catholique est double :

constituer de nouveaux outils pour christianiser ou entretenir la foi de ces milieux ;

apporter dans ces derniers la doctrine humaniste et sociale de l’Église.

En Italie, l’Action catholique italienne (1922) est organisée par Pie XI au sein de quatre branches (hommes, femmes, jeunes hommes, jeunes filles) qui donnera naissance à l’Action catholique générale.

En France, l’Association catholique de la jeunesse française (ACJF) est créée en 1886 par Albert de Mun et présidée par Henri Savatier. Puis l’ACJF se scinde en formations spécialisées : la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC, 1927), la Jeunesse agricole catholique (JAC, 1929), la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC, 1929), la Jeunesse maritime catholique (JMC, 1932), la Jeunesse indépendante chrétienne (JIC, 1935), la Jeunesse indépendante chrétienne féminine (JICF, 1935). Chacune de ces formations prenant son autonomie, l’ACJF se dissout en 1956.

Le mouvement est porté principalement par des laïcs, bien que soutenus par des théologiens et philosophes tels que Yves CongarMarie-Dominique ChenuEmmanuel Mounier et Jacques Maritain (L’humanisme intégral, 1936). Il s’oriente rapidement à gauche de l’échiquier politique, Mounier, fondateur du personnalisme, allant jusqu’à proclamer que « le capitalisme doit être supprimé et remplacé par une organisation socialiste de la production et de la consommation » (Qu’est-ce que le personnalisme ?, 1946).

En 1938Pie XI créait un office central pour l’Action catholique. À partir de 1950, une quarantaine de mouvements s’organisent au sein de la conférence des Organisations internationales catholiques (OIC).

Jean XXIII crée une commission préparatoire pour l’apostolat des laïcs en 1960.

Les différents mouvements d’Action catholique

La Fédération nationale catholique (FNC), créée par le général Édouard de Castelnau en 1924 devient le mouvement d’Action catholique générale pour les hommes (ACGH), avec l’encouragement de Pie XI. L’Action catholique générale est construite sur le maillage paroissial et pas par « milieu social ». Le général de Castelnau préside la FNC jusqu’à sa mort en 1944. Elle devient alors la FNAC (Fédération nationale d’Action catholique) présidée par Jean Le Cour Grandmaison. Le mouvement se transforme ensuite en ACGH (Action catholique générale des hommes) ;

Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), créée par un jeune prêtre belge, l’abbé Cardijn en Belgique (1924) puis en France (1927) ;

Jeunesse agricole catholique (JAC), créée en 1929, qui deviendra le Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC) en 1963 ;

Jeunesse étudiante chrétienne (JEC), créée en 1929 ;

Jeunesse maritime chrétienne (JMC), créée en 1930 ;

Jeunesse indépendante chrétienne (JIC), créée en 1935 ;

Jeunesse indépendante chrétienne féminine (JICF), créée en 1935 ;

Cœurs vaillants-Âmes vaillantes (1936), qui devient en 1956 l’Action catholique des enfants (ACE) ;

Les Focolari, lancés par l’Italienne Chiara Lubich (1944) ;

Action catholique des milieux indépendants (ACI), fondée en France en 1941 par Marie-Louise Monnet, sœur de Jean Monnet ;

Action catholique ouvrière (ACO), créée en France en 1950 ;

Jeunesse ouvrière chrétienne internationale (JOC Internationale), créée en 1957 ;

Vivre ensemble l’Évangile Aujourd’hui (VEA), mouvement d’Action catholique générale (1975), mouvement mixte issu de l’ACGH ;

Chrétiens dans le monde rural (CMR), qui porte ce nom depuis 1966 (mouvement créé en 1939 sous le nom de Ligue agricole catholique) ;

Mouvement chrétien des retraités (MCR) ;

Mouvement chrétien des cadres et dirigeants (MCC).

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