AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), HOMME POLITIQUE FRANÇAIS, JEAN ESPARIAT (1747-1827), PAROISSE DU SAINT-ESPRIT (Aix-en-Provence : Bouches-du-Rhône), SAINT-ESPRIT (paroisse ; Aix-en-Provence), SAINT-ESPRIT (paroisse du ; Aix-en-Provence)

Jean Espariat (1747-1827)

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Jean Espariat (1747-1827)

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Espariat calmant les oppositions entre soldats de Royal-Vexin et Royal-Marine.

Jean Espariat (Aix-en-Provence, 17 septembe 1747 – 14 janvier 1827)) est un avocat français qui fut le premier maire de la ville d’Aix-en-Provence, commissaire du Roi pour la création du département des Bouches-du-Rhône, président du Tribunal civil du district d’Aix, député à l’Assemblée Législative, procureur général sous l’Empire et chevalier de la Légion d’honneur. Il reste célèbre pour son intervention courageuse ayant évité un massacre entre le régiment de Royal-Vexin et celui de Royal-Marine le 26 mai 1790.

 

Biographie

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Avocat au parlement d’Aix

Issu d’une ancienne famille provençale enrichie dans le commerce (soie, orfèvrerie, …) Jean Espariat est avocat au Parlement jusqu’aux  débuts de la Révolution française.

 Administrateur d’Aix lors de la Révolution

Jean Espariat est proclamé premier maire d’Aix le 10 février 1790 au soir avec 663 voix sur 858 votants, contre le président de la chambre des Comptes, Aides et Finances de Provence, M. d’Albert de Bornes, installé à sa charge le 21 février. En revanche, l’élection des onze officiers municipaux est plus laborieuse et nécessite quatre jours. Jean Espariat est rapidement confronté aux débordements révolutionnaires.

Le 26 mai 1790, le maire Espariat, considéré comme un homme d’ordre modéré, se rend célèbre en s’interposant courageusement, décoré de son écharpe, entre un régiment patriote, le Royal-Vexin et un régiment royaliste, le Royal-Marine, alors que ceux-ci allaient s’entre-massacrer sur le cours Saint-Louis à Aix. Se jetant entre les deux régiments, il s’écrie : « Non, citoyens, je ne serai point témoin d’un aussi horrible spectacle, non, je n’aurai pas la douleur de voir mes frères s’exterminer entre eux. Faites feu, et la première victime sera celui qui voulait rétablir la concorde ». Des gravures restituent cet acte héroïque. De cette manière, Espariat prouve à ses administrés qu’il ne laisse pas l’anarchie s’installer et sauvegarde la paix civile à Aix durant quelques mois encore.

Espariat administre Aix dans un contexte agité et doit endurer les attaques répétées des Antipolitiques (menés par l’abbé Rive, révolutionnaire forcené) qui forment la faction la plus avancée de la Gauche. Il est élu juge du Tribunal civil d’Aix à l’automne 1790 et se démet de ses fonctions de maire alors que des massacres se préparent à Aix. À l’époque de ces massacres qui emportèrent notamment son collègue l’avocat Pascalis, Espariat avait, depuis le 11 novembre 1790, remis ses pouvoirs au vice-maire Toussaint-Bernard Émeric-Davidqui eut certaines difficultés à justifier ces débordements tant le corps municipal d’Aix sembla passif en cette occasion.

Jean Espariat fut également, au printemps 1790, l’un des trois commissaires du Roi délégués à la formation du département des Bouches-du-Rhône avec l’abbé de Quinson, prévôt de l’église d’Arles, et d’Antoine Balthazar Joachim d’André, député à la Constituante.

 Député à la Législative

Les électeurs envoient Jean Espariat, alors président du Tribunal civil du district d’Aix, à l’Assemblée législative pour le département des Bouches-du-Rhône en septembre 1791. Député de la Plaine, Espariat prend notamment la parole pour condamner les crimes d’Avignon et demander le renvoi des responsables devant la Haute Cour de justice. Mais c’est à la commission des finances qu’il se rend le plus utile.

 Procureur général sous l’Empire

À l’expiration de son mandat législatif, le 20 septembre 1792, Jean Espariat revient à Aix et reprend ses anciennes fonctions judiciaires. Il est emprisonné sous la Terreur Sous le Directoire, Espariat est administrateur du département des Bouches-du-Rhône. Sous le Consulat, Bonaparte nomme Jean Espariat procureur général près la Cour de justice criminelle des Bouches-du-Rhône et l’Empire en fera l’un des premiers chevaliers de l’Ordre de la Légion d’honneur. Il est également membre de la société académique d’Aix. Il décède le 14 janvier 1827 dans sa ville natale.

Rue Espariat à Aix-en-Provence

Une rue historique de sa ville natale porte le nom d’Espariat en son souvenir. Cette rue est la réunion de deux rues qui, avant 1811, se nommaient « rue des Salins » pour la partie haute et « rue du Saint-Esprit » pour la partie basse. C’était à cette époque une des portes d’entrée dans la ville d’Aix-en-Provence. Au bas de la rue, en effet, se dressait la porte des Augustins qui permettait de pénétrer dans l’ancienne ville comtale d’Aix.

En séance du 24 juillet 1879, parmi d’autres « dénominations nouvelles de quelques rues ….
… Le Conseil (municipal) émet le vœu suivant :…
5°)  que la rue Grande Saint Esprit s’appelle rue Espariat ».
(Archives Communales, registre D1 26, page 163 verso).

De plus, il avait habité non loin de là au n° 4 de la rue du Trésor (actuelle rue Paul-Doumer)

Sa vie

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Né à Aix (paroisse St-Sauveur) le 17 septembre 1747, dans une ancienne famille provençale enrichie dans le commerce. (les ESPARIAT avaient des racines à Roumoules dans les Alpes de Hte Provence), il devint avocat.

En 1790, il se présenta aux élections municipales : Il devint alors le premier maire élu de la ville

Si l’élection de leur maire n’avait pas passionné les aixois, l’accueil qu’ils lui réservèrent fut enthousiaste : 

Relation de la fête du 21 février 1790, en l’honneur du maire et du corps municipal au complet : 
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… »on alla chercher le maire chez lui pour l’amener en cérémonie…. annoncé par les tambours de deux compagnies de la milice citoyenne devant la porte principale de l’hôtel de ville que le patriotisme des citoyens avait décoré de guirlandes….présentation des armes par la troupe, haie d’honneur de la milice citoyenne, applaudissements, cris de joie, sonneries de trompettes…. 
Le maire remercia, fit un discours promettant de se dévouer à sa tâche et prononça le « serment de maintenir de tout son pouvoir la Constitution, d’être fidèle à la Nation, à la Loy et au Roy et de bien remplir ses fonctions »…. puis tout le corps municipal se rendit en cortège à la messe, et  retour en cortège dans les rues de la ville avec apparition au balcon de l’hôtel de ville aux cris de  ‘Vive la Nation’,  etc….(AC Cérémonial d’Aix, registre AA55, pages 322 à 328).

Un mandat bref (de février à novembre 1790) mais fertile en péripéties

Voici ce que durent affronter en quelques mois le maire et ses conseillers :

– la gestion quotidienne des affaires de la ville avec des difficultés d’approvisionnement en blé, et le maintien de l’ordre public car cette pénurie était cause d’émeutes,
– des tracasseries administratives dues au démantèlement de tout l’ancien système et son remplacement par de nouvelles structures, de nouvelles lois à appliquer et des rapports à transmettre à l’Assemblée à Paris,
– des tensions politiques entre les Royalistes encore présents, le Club des Amis de la Constitution (en faveur d’une révolution raisonnée, dans la légalité) et celui des Antipolitiques (réclamant une révolution violente) fondé par l’Abbé Rive, qui échauffait les esprits.
– des événements qui reflétaient le trouble de l’époque : quelques émeutes dans Aix dues au prix élevé du blé, des émeutes aux Milles ou les femmes s’étaient révoltées contre le « piquet » (péage du grain), troubles occasionnés par les régiments en garnison à Aix et leurs démêlés avec les « Marseillais », assassinat de Monsieur d’Albertas et  
   exécution à Aix de son meurtrier Anicet Martel., etc…
– sans oublier la création du Département des Bouches-du-Rhône, et la dissolution du Parlement de Provence.

Outre sa compétence au quotidien, son courage dans des circonstances exceptionnelles est resté dans les mémoires :

Un acte héroïque : les événements des 25 et 26 mai 1790

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La ville était en effervescence depuis le 23 mai : des insultes avaient été échangées entre le régiment de Royal-Vexin en garnison à Marseille et celui de Royal-la-Marine, stationné à Aix. 
Ce dernier était accusé de « faits de barbarie » sur certains de ses soldats (l’un était à l’infirmerie avec une oreille coupée et trois autres étaient emprisonnés en attendant leur jugement). 
Espariat avait d’ailleurs décidé de faire partir ce régiment qui menaçait l’ordre public.

Mais le 25 mai, il fut informé de l’approche d’une troupe de soldats armés venant de Marseille, composée de grenadiers du Régiment Royal Vexin et de soldats de la Garde Nationale de Marseille, venant demander réparation de l’affront subi. Il fit en sorte de les empêcher d’entrer en ville et les fit loger dans une auberge pour la nuit. Les troupes de Royal-la-Marine, et celles du Lyonnais aussi présent à Aix, furent consignées. 

Dès l’aube du lendemain 26 mai, Jean Espariat et tout le conseil municipal, aidés par les soldats du Rgt Lyonnais et de la Garde Nationale, s’employèrent à apaiser les arrivants, dont le nombre avait décuplé pendant la nuit, et à satisfaire au mieux à toutes leurs exigences, notamment obtenir « la rétractation des Injures, et une déclaration d’attachement à la Constitution et aux principes de l’Assemblée Nationale », puis une entrevue solennelle à la maison commune, etc…Après un défilé en cortège dans les rues de la ville, les « marseillais » avaient enfin pris le chemin du retour lorsqu’ils décidèrent de vouloir récupérer les soldats emprisonnés.

A partir de ce moment la situation semblait échapper à tout contrôle. Divisés en petits groupes fortement armés, les marseillais convergeaient vers la caserne de la Charité, suivis par la population, dont de nombreuses femmes. Ils furent heureusement devancés par Jean Espariat qui les persuada de le laisser agir en intermédiaire pour présenter leur requête. Le Régiment de Royal-la-Marine au grand complet était massé en ordre de bataille, attendant l’affrontement. Jean Espariat obtint de pouvoir s’avancer avec trois officiers municipaux et réclamer les soldats emprisonnés, au nom de la municipalité. Les soldats lui furent enfin remis par le Major, contre une décharge, et chacun rentra chez soi. Il est certain que par son courage, Monsieur Espariat avait évité un bain de sang.

Au soir du 26 mai, les membres du conseil municipal assemblés après cette journée mouvementée décidèrent de « relater les événements graves qu’ils avaient vécus, ainsi que la conduite héroïque de leur maire, Monsieur Espariat, afin d’en informer l’Assemblée Nationale ». Ils en dressèrent donc un « verbal » de six feuillets (Archives Communales, LL 73, fin du registre).

L’imagerie populaire illustra aussitôt l’événement. Même si on veut y voir « le thème amplement  exploité : les cadres modérés se flattent de contrôler les « fureurs » et de tenir la balance égale entre les deux parties », (HISTOIRE D’AIX-EN-PROVENCE, planche 53), symbolisé de façon simpliste, les faits sont indiscutables : le courage et le sens du devoir de M. ESPARIAT furent exemplaires.

La règle de non-cumul des mandats le contraignit à démissionner

Le 13 novembre 1790  Jean ESPARIAT, venant d’être nommé juge au Tribunal du district d’Aix, il signa sa lettre de démission du poste de maire. BOUCHE fut élu le 15, « maire en remplacement », mais aussitôt remplacé par EMERIC-DAVID, « président en absence de Monsieur le Maire », et le 16 novembre EMERIC-DAVID devint « président par démission de Monsieur le Maire » (BOUCHE)
 (Archives Communales – LL 74, Délibérations du Conseil Municipal,  pages 40, 44 et 45).

EspaDemission
                                                     
En 1791, il fut élu Président du tribunal civil du district d’Aix, puis député des Bouches-du-Rhône pour représenter notre département à l’Assemblée Législative à Paris en 1791 et 1792. Ensuite il revint à Aix où il reprit ses fonctions de magistrat. 
Le 25 prairial an XII (1804), Napoléon 1er le nomma Chevalier de la Légion d’Honneur.

En 1811, il devint Procureur général de la justice criminelle du département, et membre du Conseil de discipline et d’enseignement de l’école de Droit.

 Il décéda à Aix le 14 janvier 1827, en son domicile, 4 rue du Trésor (actuelle rue Paul-Doumer).

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<Sources : AD dépôt d’Aix (usuels) , AC Registres AA55, BB114, LL73, LL74
Bibliothèque Méjanes (usuels), Bibliothèque du Musée Arbaud 
    Internet : Wikipédia, Bibliothèque Nationale (site Gallica)
Ouvrages : Encyclopédie des Bouches-du-Rhône, Histoire d’Aix (Edisud)
Réalisation : Michèle Renoux AG13  2008

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