ANCIEN TESTAMENT, ISAÏE (personnage biblique), PROPHETES, SAMUEL (personnage biblique)

Samuel et Isaïe : les prophètes de l’Ancien Testament en l’Eglise du Saint-Esprit

Les prophètes Samuel et Isaïe

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Le prophète Isaïe

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Biographie

Figure biblique, Ésaïe aurait vécu à Jérusalem au viiie siècle av. J.-C., approximativement entre 766 et 701. Son époque est marquée par la montée en puissance de l’Assyrie face au royaume de Juda qui voit toutefois une période de prospérité. Isaïe dénonce le relâchement des mœurs de ses concitoyens, ce qui attire la colère de Dieu.

Le roi Manassé, fils d’Ézéchias, fit persécuter plusieurs contemporains d’Ésaïe. Selon l’Ascension d’Isaïe (écrit apocryphe), torturé sur ordre de Manassé, Ésaïe fut scié en deux, mais son âme fut ravie au ciel juste avant cette torture, de manière qu’il ne souffre pas.

C’est donc dans la seconde moité du VIIIe siècle avant notre ère qu’Isaïe exerça son ministère prophétique, dans le royaume de Juda. Il vécut dans l’entourage royal et ses oracles ont une portée politique très caractérisée. Parmi ceux-ci, les prophéties sur l’Emmanuel ont une très grande importance, en raison de leur sens messianique et leur influence sur la révélation chrétienne. En plus des oracles d’Isaïe, conservés en majorité dans les chapitres 1 à 39, le livre contient des oracles d’un prophète contemporain de l’Exil (chap. 40-55) et même d’autre oracles de l’époque après l’Exil (chap. 56-66). Ces ajouts au recueil contenant les oracles du grand prophète montrent l’importance qu’on attribuait au Livre d’Isaïe, qui conservait ses paroles.

Le livre d’Isaïe, « Des catastrophes présentes à la gloire à venir »

Le livre d’Isaïe est très particulier : en réalité, sous l’apparence d’un livre unique de 66 chapitres, il s’agit d’une véritable « bibliothèque » réunissant trois livres distincts.

 

Le premier Isaïe
(appelé « primo-Isaïe »)
Le deuxième Isaïe
(appelé « deutéro-Isaïe »)
Le troisième Isaïe
(appelé « trito-Isaïe »)
Chapitres 1-39 Chapitres 40-55 Chapitres 56-66
Contexte historique : la montée en puissance de l’Assyrie jusqu’à la tentative de prise de Jérusalem par Sennachérib Contexte historique : la montée en puissance de Cyrus, le roi de Perse, annonçant la fin de l’Exil à Babylone Contexte historique: la situation à Jérusalem peu de temps après le retour d’Exil.
Rédigé vers : 740-701 avant J.-C. Rédigé vers: 550-539 avant J.-C. Rédigé vers: 538-450 avant J.-C.

  

Sens du livre d’Isaïe
Les trois parties du livre d’Isaïe.

Le premier Isaïe (Is 1-39)

La première partie du livre d’Isaïe se déroule alors que l’Assyrie devient de plus en plus puissante.

Isaïe exerce sa mission de prophète en tant que conseiller royal. Sous plusieurs rois, mais avec un succès inégal, Isaïe va s’impliquer activement dans les affaires politiques du Royaume de Juda.
Isaïe critique vivement la politique des alliances avec les grandes puissances de l’époque. Ce qui sous-tend ces critiques, c’est l’idée de la confiance. Pour lui, la seule puissance digne de confiance, c’est le Seigneur. Toute alliance étrangère apparaît comme un manque de confiance en Dieu.

Le thème de la sainteté de Dieu va revenir régulièrement, avec une très haute idée de la grandeur divine. Le Dieu d’Isaïe est un Dieu qui agit et exerce son autorité sur toute la création. Il accomplit une œuvre avec un plan précis.

A la sainteté de Dieu s’oppose le péché de son peuple. Comme ces prédécesseurs Amos ou Osée, Isaïe dénonce vigoureusement ce péché. Le principal reproche concerne le manque de foi qui se traduit par la recherche d’alliances étrangères. Mais Isaïe dénonce aussi les maux qui frappent continuellement Israël : hypocrisie religieuse, orgueil des puissants, oppression des plus faibles.

Avec Isaïe apparaît aussi un thème nouveau dans la littérature prophétique : Sion, la montagne sur laquelle est bâtie Jérusalem. Cette montagne a été choisie par le Seigneur pour y faire sa demeure. Elle devient un second Sinaï.

En plus du thème de Sion, Isaïe va introduire dans la théologie d’Israël un autre concept le « messiannisme ». Isaïe dresse ainsi le portrait d’un personnage qui va récapituler tout ce que l’on attendra ultérieurement du messie davidique.
Son autorité repose sur une multitude de charismes. C’est avant tout un médiateur dont la mission est de faire triompher le droit de Dieu en prenant soin des plus faibles.

Le deuxième Isaïe (Is 40-55)

Le contexte historique du deuxième Isaïe est radicalement différent de celui du premier. On se situe ici vers la fin de l’Exil à Babylone, entre 550 et 539.
Une analyse fine du texte révèle qu’il y a deux grandes sections dans cet ouvrage, correspondant probablement à deux périodes de rédaction :

Les chapitres 40-48

Ils appartiennent à la première phase du ministère du prophète. On y trouve quatre préoccupations:

• Les exilés sont tentés de céder au découragement, et le prophète va réconforter les déportés, en rappelant que leur Dieu est le Dieu créateur. Il rappelle aussi qu’Israël a été élu par le Seigneur et que cela lui confère un statut unique au sein de la création.

• Certains exilés accusent le Seigneur d’ingratitude envers son peuple. Le prophète réagit vigoureusement à ces accusations et les retourne contre eux, en rappelant le péché du peuple.

•  Nombreux sont les exilés séduits par les dieux babyloniens. Le prophète va donc fortement insister sur ce péril en dénonçant l’impuissance des idoles et l’inutilité du culte qui leur est rendu.

•  Enfin, beaucoup de Juifs sont choqués par le choix de Cyrus par le Seigneur, un roi païen, pour libérer son peuple. Cette partie du livre veut leur montrer que Cyrus est bien le serviteur et le messie du Seigneur.

Les chapitres 49-55

A partir du chapitre 49, le ton change et on entre dans une seconde phase du ministère du prophète. Les thèmes polémiques du début du livre ne sont pas repris. Le deuxième Isaïe semble maintenant s’adresser à des fidèles du Seigneur, à des convaincus.

La dominante est la promesse de restauration, de retour au pays, de salut imminent. Il s’agit d’encourager une minorité souvent persécutée par les autres exilés qui n’entrent pas dans cette façon de voir.

L’auteur développe aussi le thème de l’universalité du salut. Les nations ne sont plus présentées comme les ennemis de Dieu, mais comme des peuples en attente de conversion. Le rôle d’Israël va être d’amener ces peuples à reconnaître le seul vrai Dieu, le Seigneur.

 

L’exil avait profondément fait douter Israël sur la capacité de son Dieu à conduire l’histoire et à sauver son peuple. Le prophète répond à ces interrogations :

  • L’unicité de Dieu est clairement et systématiquement affirmée.
  • A l’inverse, la preuve de l’inexistence des autres dieux est leur incapacité à prévoir ce qui va arriver et à faire advenir quoi que ce soit. La preuve que le Seigneur est ce qu’il prétend être, c’est qu’il annonce à l’avance ce qu’il va réaliser et qu’il le réalise effectivement.
  • Puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu, il faut repenser la place d’Israël parmi les nations. Israël reste le peuple de Dieu mais sa mission prend un contour nouveau. Le salut d’Israël – qui prend concrètement la forme de la libération d’exil et du retour sur sa terre – ne saurait être un simple retour à la situation antérieure. Israël devient le peuple chargé d’annoncer aux hommes ce Dieu unique qui est aussi leur Dieu. C’est une mission d’évangélisation, une bonne nouvelle qui commence par l’annonce de la libération d’Israël et qui culmine avec la venue des peuples à Jérusalem pour reconnaître l’unique Dieu créateur et sauveur de tous les hommes.

Cette annonce du salut d’Israël et des nations trouvera son aboutissement en Jésus-Christ. Le deuxième Isaïe est le prophète qui anticipe le plus les changements de perspectives apportés par le Nouveau Testament.

Le troisième Isaïe (Is 56– 66)

Ces chapitres ne semblent pas avoir été rédigés par un auteur unique. Toutefois, il ne s’agit pas d’une simple compilation, car les différentes prophéties sont organisées de manière assez précise.

Le livre cherche d’abord à expliquer pourquoi le salut tarde à venir, malgré le retour d’exil. On trouve ici un écho de la déception créée par ce retour d’exil dont les réalisations paraissent bien modestes comparées aux annonces des prophètes antérieurs. Le prophète réaffirme que la faute n’en incombe pas à Dieu, mais aux hommes.

Le prophète estime nécessaire d’entreprendre une réforme en profondeur de la communauté revenue d’exil. L’injustice sociale l’amène à s’adresser aux pauvres à qui la nouvelle du salut est destinée en priorité.
Alors que la reconstruction du Temple et la reprise du culte sacrificiel occupent les esprits, il met l’accent sur le culte spirituel. Celui-ci doit faire droit à la justice.

 

L’art et le livre d’Isaïe
Les peintures et sculptures représentant le livre d’Isaïe.

Peintures et sculptures du 8ème au 21ème siècle

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Le prophète Isaïe – de Kyr Manuel Evgenikos (1384 – 1396), Fresque de l’Eglise du Saint Sauveur (Géorgie)

 

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L’arbre de Jessé – Enluminure du Psautier d’Ingeburge de Danemark – début XIIIème siècle, Musée Condé (Chantilly)

 

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Le prophète Isaïe (1496 – 1498), Le Pérugin

 

  Plan du livre d’Isaïe:

 

I – Premier Isaïe

1 – Oracles contre Juda et Jérusalem (1-5)

  • En-tête (1,1)
    • L’oracle contre Juda (1,2-31)
    • Jérusalem au centre du monde (2,1-5)
    • Le jour du Seigneur (2,6-22)
    • Le désordre à Jérusalem (3,1-15)
    • Les frivoles de Jérusalem (3,16-4,1)
    • Les rescapés de Sion (4,2-6)
    • Le chant de la vigne (5,1-7)
    • La malédiction (5,8-25)
    • La venue des Assyriens (5,26-30)

2 – Le cycle de l’Emmanuel (6-12)

  • La vocation du prophète (6,1-13)
    • Le livret de l’Emmanuel (7,1-9,6)
    • Le jugement du royaume du Nord et de sa capitale Samarie (9,7-20)
    • Les mauvais juges (10,1-4)
    • Les oracles contre l’Assyrie (10,5-34)
    • Les perspectives d’avenir (11,1 – 12,6)

3 – Oracles sur les nations païennes (13-23)

  • Babel (13,1-14,23)
    • Assur (14,24-27)
    • La Philistie (14,28-32)
    • Moab (15,1-16,14)
    • Damas et Ephraïm (17,1-6)
    • Contre les pratiques idolâtriques (17,7-14)
    • Koush (18,1-7)
    • L’Egypte (19,1-20,6)
    • Babel (21,1-10)
    • Douma (21,11-12)
    • Les tribus arabes (21,13-17)
    • La « vallée de la vision » (22)
    • Tyr (23,1-18)

4 – Grande apocalypse d’Isaïe (24-27)

  • Le Seigneur ravage la terre (24,1-23)
    • Le chant d’action de grâce (25,1-5)
    • Le festin de la fin des temps et la chute de Moab (25,6-12)
    • La louange et l’action de grâce (26,1-19)
    • Le châtiment des habitants de la terre (26,20-21)
    • Le châtiment de Léviathan (27,1)
    • Le chant de la vigne (27,2-5)
    • Le rétablissement du peuple (27,6-13)

5 – Oracles variés (28-33)

  • La fin de Samarie (28,1-6)
    • Contre les prêtres et les prophètes (28,7-13)
    • Contre les alliances (28,14-22)
    • L’exemple du laboureur (28,23-29)
    • Le siège et le salut d’Ariél (29,1-8)
    • Le peuple aveugle (29,9-12)
    • La religion hypocrite (29,13-14)
    • Les politiciens (29,15-16)
    • Les perspectives de salut (29,17-24)
    • L’Egypte qui ne peut sauver (30,1-7)
    • Le châtiment des coupables (30,8-17)
    • Le pardon de Dieu (30,18-26)
    • Le jugement des nations (30,27-33)
    • L’illusion d’une alliance avec l’Egypte (31,1-3)
    • Le Seigneur entre en guerre contre l’Assyrie (31,4-9)
    • Le roi juste (32,1-5)
    • Le fou et le noble (32,6-8)
    • Les insouciantes (32,9-14)
    • Le futur règne de justice et de paix (32,15-20)
    • La prière dans la détresse (33,1-6)
    • Le secours du Seigneur (33,7-16)
    • La future gloire de Sion (33,17-24)

6 – Petite apocalypse d’Isaïe (34-35)

  • Le châtiment de Moab et des nations (34,1-17)
    • La délivrance d’Israël (35,1-10)

7 – Autour du siège de Jérusalem en – 701 (36-39)

  • La campagne de Sennachérib (36,1 – 37,38)
    • La maladie et la guérison du roi Ezéchias (38,1-22)
    • L’ambassade babylonienne (39,1-8)

 

II – Deuxième Isaïe

1 – La toute-puissance du Dieu créateur

  • L’annonce de la consolation d’Israël (40,1-2)
    • Les chemins du Seigneur (40,3-5)
    • La parole de Dieu (40,6-8)
    • La bonne nouvelle annoncée à Sion (40,9-11)
    • Yahvé, le seul grand Dieu (40,12-17)
    • L’inconsistance des idoles (40,18-20)
    • Yahvé, l’unique grand Dieu (40,21-26)
    • L’appel à la confiance (40,27-31)

2 – Présentation de Cyrus

  • La vocation de Cyrus (41,1-5)
    • L’inutilité des idoles (41,6-7)
    • Rassurer Israël (41,8-16)
    • Le retour au pays (41,17-20)
    • Yahvé maître des événements (41,21-24)
    • Yahvé prédit la victoire de Cyrus (41,25-29)
    • Premier cantique du serviteur (42,1-7)

3 – L’annonce de la chute de Babylone et du retour d’exil

  • L’histoire contrôlée par Dieu (42,8-9)
    • Le chant de victoire (42,10-12)
    • L’action de Dieu (42,13-17)
    • La critique contre Israël sourd et aveugle (42,18-25)
    • Le retour d’Israël sous la protection de Dieu (43,1-7)
    • Yahvé toujours maître des événements (43,8-13)
    • L’annonce de la chute de Babel (43,14-15)
    • Le retour d’exil comme un nouvel Exode (43,16-21)
    • La critique contre l’ingratitude d’Israël (43,22-28)
    • La venue de l’Esprit de Dieu (44,1-5)
    • Yahvé est le seul Dieu (44,6-8) et les idoles ne sont rien (44,9-20)
    • L’appel à la conversion et au repentir (44,21-22) débouchant sur un chant de joie des rachetés (44,23)
    • Cyrus, instrument de salut suscité par Yahvé (44,24-45,13)
    • Les ennemis soumis (45,14-17)
    • Seul Yahvé annonce à l’avance ce qui va se passer (45,18-19)
    • La future conversion des peuples (45,20-25)
    • La chute de Babylone et de ses dieux (46,1-47,15)
    • L’accomplissement de ce qui avait été annoncé par le Seigneur (48,1-11)
    • Cyrus mandaté par le Seigneur (48,12-15)
    • L’évocation des événements passés (48,16-19)
    • L’invitation à sortir de Babylone (48,20-22)
    • Le deuxième cantique du serviteur (49,1-6+7-9)

4 – Le retour d’exil

  • Le retour des exilés (49,10-13)
    • La reconstruction de Sion (49,14-21)
    • Les nations au service d’Israël (49,22-23)
    • Le butin du tyran (49,24-26)
    • Yahvé a rejeté mais la répudiation n’est pas définitive (50,1-3)
    • Le troisième cantique du serviteur (50,4-11)
    • La certitude de la délivrance (51,1-8)
    • Le bras de Yahvé va se réveiller (51,9-11)
    • Inutile dès lors d’avoir peur des hommes (51,12-16)
    • Après Sion, la colère de Dieu passe sur d’autres peuples (51,17-23)
    • Le peuple de Dieu va être libéré très bientôt (52,1-12)
    • Le quatrième cantique du serviteur (52,13-53,12)
    • La Jérusalem future (54,1-17)
    • Le salut offert (55,1-13)

 

III – Troisième Isaïe

1 – Les questions essentielles (56-58)

  • Les promesses à ceux qui pourraient se sentir exclus (56,1-8)
    • La question des mauvais pasteurs (56,9-12)
    • La raréfaction des justes (57,1-2)
    • L’idolâtrie (57,3-13)
    • La consolation des affligés (57,14-21)
    • La question du jeûne (58,1-14)

2 – Le retard du jugement à cause du péché des hommes (59)

3 – Le cœur du livre (60-62)

  • La gloire de la future Jérusalem (60,1-22)
    • Le Messie et l’annonce de la bonne nouvelle (61,1-11)
    • La nouvelle Sion (62,1-12)

4 – Le jugement de Dieu (63,1-6)

5 – La lamentation (63,7-64,11)

6 – La venue du salut (65-66)

  • Le rejet de l’idolâtrie (65,1-7)
    • La destinée des bons et des méchants (65,8-16)
    • Les cieux nouveaux et la terre nouvelle (65,17-25)
    • Le culte spirituel (66,1-4)
    • La venue du salut (66,5-9)
    • La joie du peuple élu (66,10-17)
    • Le rassemblement de toutes les nations (66,18-24)

 

 

Samuel

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Samuel est un personnage biblique dont l’histoire fait l’objet du Premier et du Deuxième livre de Samuel dans la Bible hébraïque ou Ancien Testament. Il est qualifié de prophète dans la Bible bien que son rôle soit plus proche de celui d’un juge, c’est-à-dire un chef guerrier au sens biblique. C’est lui qui désigne les deux premiers rois d’Israël, Saül, puis David.

Présentation

Selon la littérature rabbinique et néo-testamentaire, il est considéré comme le dernier des Juges d’Israël (voir Actes des Apôtres 13.20) et comme le premier des prophètes prophétisant aux Israélites (Actes des Apôtres 3.24). Une partie du monde chrétien, dont l’Église orthodoxe et l’Église catholique, le fête le 20 août.

Étymologie

Ce prénom signifie « nom (šem) de Dieu (‘El, Elohim) » ou « son nom (šm.ō) est Dieu (‘El) ». L’explication donnée en 1 Sam 1:20, כִּי מֵיְהוָה שְׁאִלְתִּיו (kī me-yhwah šə’iltiyō) : « car je l’ai demandé au Seigneur (‘YHWH’) », dérivée du verbe ša’al : « demander », s’applique plutôt à Saül ou à Salathiel, prince de la fin du royaume de Juda. Quant à l’hypothèse šamaʕ ‘El : « Dieu (Elohim) a entendu » (avec un ʿAyin), elle se rapporte à Ismaël.

Selon la Bible

Samuel est né à Rama.

Enfant, il est consacré au Seigneur par sa mère Anne, qui le reçoit comme un cadeau de Dieu, alors qu’elle est stérile. Celle-ci l’emmène vivre chez le grand-prêtre Eli alors qu’il est enfant. Après avoir grandi à Silo, il vit à Rama (1 Samuel 7:17) où il officie en tant que juge et c’est là que se trouve sa tombe (1 Samuel 25:1). Samuel est appelé à jouer un rôle exceptionnel pendant une période de crise et de transition.

Plus tard, alors que Samuel est un vieux prophète déjà renommé en Israël, il désigne le premier roi des Hébreux, Saül, que Dieu lui a montré. Les Hébreux veulent absolument un roi et malgré ses réticences, Samuel finit par leur en accorder un sur l’ordre de Dieu : « Écoute la voix de ce peuple ; car ce n’est pas toi, mais c’est moi qu’il rejette, afin que je ne règne plus sur eux. »

Lorsque Saül déplaît à Dieu, celui-ci demande à Samuel de consacrer comme roi une autre personne : c’est David, qui n’est alors qu’un berger. Après sa victoire contre Goliath, le jeune berger doit, avec l’aide de Samuel, s’imposer face à Saül pour gagner la couronne et l’onction.

Saül, à la veille de la bataille au mont Gelboé contre les Philistins qui va lui coûter la vie et celles de ses fils (dont Jonathan), demande à la sorcière d’Endor d’invoquer l’âme défunte de Samuel pour le conseiller, selon 1 Samuel 28:13. Ce dernier lui prédit sa mort.

 Livres des Juges et de Samuel

Selon la tradition juive, Samuel aurait été l’auteur du livre des Juges et d’une partie de celui qui porte son nom. Ce livre de Samuel aurait été achevé par le prophète Gad.

Les deux livres de Samuel n’en forment en réalité qu’un seul. Ils racontent le passage progressif d’un état d’anarchie des tribus d’Israël à l’organisation d’un État fort regroupé autour de son roi. Au début, Israël se trouve dans la même situation que celle décrite dans le livre des Juges.

Le prophète Samuel rêve cependant de faire des Hébreux un peuple de purs. Pour cela, il a d’abord organisé une réforme religieuse et une certaine unité autour du sanctuaire de Silo. Mais face à la menace des Philistins – et malgré ses réticences car pour lui seul Dieu est le Roi d’Israël – il va désigner un chef de guerre en la personne de Saül. Cependant ce choix se révélera malheureux : si l’œuvre de Saül est importante pour l’unification d’Israël, il entre vite en conflit avec Samuel. Il mourra lors d’une bataille contre les Philistins.

Vient alors le temps du roi David. Après avoir été proche du roi Saül, il en deviendra l’un des ennemis. David prend le pouvoir dans sa propre tribu de Juda puis dans l’ensemble des tribus d’Israël. Il crée l’unité autour d’une nouvelle capitale : Jérusalem qui devient aussi le centre du culte.

David a de grandes capacités. Il a aussi de graves défauts. Mais il sait reconnaitre ses péchés et demander pardon à Dieu. David symbolise ainsi l’homme élu par Dieu. C’est pour cela que dans la Bible, celui qui viendra redonner sa gloire à Israël est appelé « un nouveau David ». Il restera comme celui qui a rédigé une partie des psaumes.

  

Sens des livres de Samuel
L’instauration de la monarchie.

Les livres de Samuel relatent dans le détail une phase critique de l’histoire d’Israël : le passage de la période des Juges à celle des Rois. Il s’agit d’un véritable bouleversement qui s’explique pour une part à cause du passage du nomadisme à la sédentarisation. Installé en montagne, Israël a du mal à s’imposer en plaine, notamment face à la menace des Philistins. Ces derniers constituent une force unie contre laquelle aucune tribu ne peut lutter seule. Israël va faire un pas décisif vers la royauté qui constitue alors la forme de pouvoir centralisé capable d’assurer l’unité des tribus.

 

 Les personnages principaux des livres de Samuel
Samuel, Saül, Jonathan, David, Absalom.

 Samuel : en hébreu, « son nom est El », fils d’Elqana et de sa femme Anne qui était stérile. Consacré à Dieu dès l’enfance, il grandit au temple de Silo. Prophète, on peut également le considérer comme le dernier des juges d’Israël. Lorsque le peuple d’Israël demande un roi, Samuel confère l’onction royale à Saül. Quand ce dernier fut rejeté par Dieu, il choisit David parmi les fils de Jessé.

 Saül : de la tribu de Benjamin, premier roi du royaume unifié d’Israël, vers 1030-1010 av. J.-C. Rejeté par Dieu, le titre de roi passe à David. Il devient très opposé à l’amitié de son fils Jonathan pour David et tentera plusieurs fois de faire mourir celui-ci, en particulier pendant sa nuit de noce avec Mikal, sa propre fille. Il meurt, avec trois de ses fils, au cours de la bataille de Gelboé.

 Jonathan : fils de Saül, ami de David, il a involontairement violé le jeûne qui avait été imposé avant un combat. Il est condamné à mourir, mais le peuple le rachète. Apprenant la mort de Jonathan, tué par les Philistins, David pleure celui dont « l’amitié était plus merveilleuse que l’amour des femmes » (cf. 2 S 2,26). David recueille chez lui Méribaal, le fils de Jonathan, et transfère les ossements de son ami dans le tombeau familial.

 David : de la tribu de Juda, petit-fils de Ruth la Moabite et de Booz, fils de Jessé, ancêtre de Jésus, roi d’Israël de 1010 à 970 av. J.-C.. Il entre au service de Saül comme musicien à la cour. Il tue d’un seul coup de fronde le géant philistin Goliath. Ami de Jonathan, le fils de Saül, et époux de Mikal, la fille de Saül, il devient malgré tout l’objet de la jalousie du roi. Une fois Saül mort, David est reconnu roi à la fois par les tribus du Sud et les tribus du Nord. Il choisit alors Jérusalem comme capitale politique et religieuse où il fait venir l’Arche d’Alliance. David est présenté comme un homme courageux et d’une grande piété. Cependant sa passion adultérine pour Bethsabée lui vaut les reproches du prophète Nathan. A la fin de sa vie, il devra faire face aux révoltes de son fils Absalom. Avant sa mort, il fait sacrer roi son fils Salomon, né de Bethsabée.

 Absalom : troisième fils de David, pour venger le viol de sa sœur Tamar, il fait tuer son demi-frère Amnon. Après avoir conspiré contre son père David, il doit fuir Jérusalem. En fuite, sa chevelure importante se prend dans les branches d’un arbre. Alors qu’il est suspendu par ses cheveux à cet arbre, Joab, son cousin, général de David, le tue, malgré les ordres de ce dernier.

 

 Histoire de la rédaction des livres de Samuel

Ce sont des rédacteurs deutéronomistes qui ont composé les livres de Samuel en reprenant certains ensembles narratifs préexistants comme le « récit de l’arche » (1 S 4,1b-7,1 ; 2 S 6) témoignant de la théologie pro-Sion du VIIe siècle av. J.-C., récit écrit par des scribes de la cour judéenne ; le « récit de l’ascension de David » (1 S 16-2 S 5) écrit à la cour de Jérusalem après la disparition du Royaume du Nord à la fin du VIIIe siècle av. J.-C. et le « récit de la succession de David » (2 S 2,12-4,12 ; 9-20 [+ 1 R 1-2]) composé à la cour de Jérusalem dans le courant du VIIe siècle av. J.-C..

Différentes traditions sur David (2 S 21-24) ont été ajoutées par un éditeur post- deutéronomiste. Les listes des guerriers de David (2 S 21,15-22 ; 23,8-39) proviennent des archives royales de Jérusalem. Le « psaume de David » et sa prière finale (2 S 22 ; 23,1-7) sont postexiliques.
Les traditions pré-dtr sur Saül (1 S 9,1-10,16* ; 11* ; 13-14*) devaient être conservées en Benjamin, peut-être à Miçpa.
L’école deutéronomiste a rassemblé ces différents ensembles narratifs pour constituer un récit cohérent : les livres de Samuel. Elle a également composé des chapitres de transition comme 1 S 3 ; 7 ; 8 ; 10,17-27 ; 12 ; 15 ; 16,1-13 ; 2 S 7.

Aux États-Unis, l’école de Franck Moore Cross situe l’essentiel de la rédaction deutéronomiste à l’époque de Josias (641-609). En Allemagne, l’école de Göttingen (Timo Veijola, Walter Dietrich) repère trois rédacteurs deutéronomistes appelés DtrH (H pour historien) ; DtrN (N pour nomiste) et DtrP (P pour prophétique) qui remontent à l’époque néo-babylonienne. Récemment, Thomas Römer a proposé une hypothèse avec trois rédactions deutéronomistes successives : une rédaction à l’époque assyrienne, une autre rédaction à l’époque néo-babylonienne ; une dernière enfin à l’époque perse. Le débat est complexe et il n’y a pas encore de consensus.

 

Plan des livres de Samuel:

 Le premier livre de Samuel

1 – Récits sur la jeunesse de Samuel (1-7)

2 – Instauration et rejet de Saül (8-15)

3 – La montée en puissance de David (16-31)

 

Le deuxième livre de Samuel

1 – L’intronisation de David (1-4)

2 – La gloire de David (5-10)

3 – Les difficultés de la fin du règne de David (11-20)

4 – Appendices (21-24)

 

 

 

 

 

 

 

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