AIX-EN-PROVENCE (BOUCHES-DU-RHÔNE), EGLISE DU SAINT-ESPRIT (AIX-EN-PROVENCE), EGLISE DU SAINT-ESPRIT (AIX-EN-PROVENCE°, PAROISSE DU SAINT-ESPRIT (Aix-en-Provence : Bouches-du-Rhône), RETABLE DU PARLEMENT D'AIX, RETABLE DU PARLEMENT D'AIX DANS L'EGLISE DU SAINT-ESPRIT (AIX-EN-PROVENCE)

Retable du Parlement en l’église du Saint-Esprit (Aix-en-Provence)

Le retable du Parlement.

Anonyme. Vers 1520-1525.

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Le triptyque représentant des scènes de la vie de la Vierge (Assomption : volet gauche, Adoration des Bergers et Adoration des Mages ; volet droit, Ascension et Pentecôte ; aux revers des volets les figures de l’Annonciation) que l’on peut voir dans le transept gauche de cette église, se trouvait sur l’autel de la chapelle du Parlement de Provence (dans l’ancien Palais Comtal, démoli en 1786, à l’emplacement du palais de Justice actuel). D’où son nom de retable du Parlement.

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Aux Apôtres qui entourent le tombeau vide de la Vierge Marie et dont les têtes sont visblement des portraits, le peintre aurait prêté les traits des 12 membres du Parlement : le Président – à cette date GQervais de Beaumont (?), président de 1509 à 1529 – et 11 conseillers, plus, en 1522, un douzième conseiller – alors Jean Maynier, baron d’Oppède – dont le visage serait le cinquième à droite, visiblement rajouté sur la ligne des collines. Sous les traits de saint Pierre, le premier Président, près de lui à gauche du panneau, les quatre conseillers clercs, à droite, les sept laics. Certains parmi les plus âgés pourraient être les premiers officiers de cette creation récente  (1501 par Louis XII)

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Sur l’auteur de ces panneaux on discute encore. il est probable que deux ou même plusieurs peintres ont collaboré à l’ouvrage et qu’une circonstance imprévue (la peste de 1522) est responaible de l’inachèvement du volet droit. Nous renvoyons cette fois encore le curieux, pour le detail, aux textes, cites dans la bibliographie, de Jean Boyer (1971) et de Marie-Christine Léonelli (1988). Pour cette oeuvre marquée d’influences italiennes et nordiques l’attribution au peintre d’origines piémontaise, Manuele Lomellini (dit Manuel Genovese, “le Génois”) proposée par Jean Boyer en 1971 reste une hypothèse de travail intéressante. Comme plusieurs de ses compagnons depuis la fin du XVè siècle, Manuel Lomellin descendra s’intaller à Aix. Il y travaillera de 1509 à sa mort en 1537. L’hypothèse de Jean Boyer est d’autant plus intéressante que l’on connait les liens du Piémontais avec le sculpteur Jean Guimarand (v. 1480-1557), liens de famille (Manuel Lomellin épouse Isabelle Guimarand mais aussi liens de travail. L’encadrement du triptyque redécouvert sous le cadre de XVIIè siècle porte la marquee de Jean Guimarand qui sculpta les portes de la cathédrale d’Aix (1508). Les motifs en fries de leurs revers sont particulièrement comparables. Notons aussi que Fauris de Saint-Vincens (fin du XVIIIè) signale que Manuel Genovese aurait peint pour les Cordeliers une Assomption toute semblable.

Quels qu’en soient les auteurs – certains panneaux pourraient être l’oeuvre du Genevois Henri Guigues actif dans la region d’Avignon entre 1525 et 1532 (M.C. Leonelli) – l’oeuvre est de grande qualité. On admirer la vagueur plastique des forms et l’éclat des couleurs. Sur le panneau central, le realism des portraits et la vérité du paysage contraste de façon heureuse avec le foisonnement et la fantaisie des angelots musiciens qui encadrent l’image idéalisée, en mandorle, de Marie. Contraste aussi entre la richesse iconographique, la recherché dans la mise en scène, les attitudes, les constumes des panneaux du volet gauche (Adoration des Bergers et des Mages, en particulier et le dépouillement du décor et des personages de l’Ascension et de la Pentecôte, très probablement d’une main différente. On aimerait en tout cas connaître l’auteur des merveilleuses figues de l’Ange et de la Vierge de l’Annonciuation, peintes en grisaille au revers des volets. Leur elegance et leur style d’une impétueuse virtuosité dénotent une main formée à la manière italienne.

https://www.francebleu.fr/emissions/la-provence-insolite/provence/la-provence-insolite-le-retable-du-parlement-de-provence-aix

Extrait de Jean Boyer, L’Eglise du Saint Esprit. Aix-en-Provence. – Edisud, 1989.

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JEAN GUIRAMANT

 

La vie de Jean Guiramant, documentée à Toulon dès 1501, s’interrompt à Aix-en-Provence en 1557, à l’âge probable de 80 ans. Vraisemblablement formé dans l’atelier de son père, également fustier ou lignifabre (charpentier, menuisier), Jean Guiramand apparît en 1508 sur le chantier de la cathédrale d’Aix, pour laquelle il réalise, conjointement avec les frères Bolhit, menuisiers, les vantaux du portail occidental. Ce travail, qui constitue aujourd’hui la première oeuvre monumentale française de la Renaissance à Aix, est pour lui une consécration. Il se fixe désormais dans la capitale provençale et répond à de nombreuses commandes de retables en bois. Cette formidable réussite est couronnée en 1517 par la commande royale des portails en pierre de Calissane de la Chambre des comptes du Palais d’Aix, détruit, et de la grotte de la Sainte-Baume, activité lapidaire qui correspond à une nouvelle orientation de l’atelier. Expert en maçonnerie et en charpenterie, dessinateur de plans de fortifications, possèdant même peut être quelques rudiments de mise en peinture, Jean Guiramand est à l’image de ses contemporains un artisan polyvalent. La filiation incontestable de son oeuvre avec les réalisations provençales de Francesco Laurana pose naturellement le problème de la formation du jeune sculpteur et interroge plus largement la question, complexe, de la diffusion de la Renaissance, dont les sources apparaissent multiples dans le carrefour provençal. Les modes de propagation de la nouvelle esthétique, ainsi que les circuits ou les voies qu’elle emprunte, figurent au coeur de cette problématique.

 

Jean Guimarand et la renaissance en Provence : un atelier de sculpteur dans la première moitié du XVIe siècle / Christine Gallissot-Ortuno ; sous la direction de Yves Esquieu

Mémoire ou thèse (version d’origine)

date de publication 2001

http://provence-historique.mmsh.univ-aix.fr/n/2000/Pages/PH-2000-50-199_01.aspx

http://provence-historique.mmsh.univ-aix.fr/n/2000/Pages/PH-2000-50-199_01.aspx

Une œuvre de Jean Guiramand retrouvée au Musée Granet d’Aix-en-Provence : le portail de la chapelle Saint-Yves de Notre Dame de Consolation (1518-1542)

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Portrais de Parlementaires représentés dans le retable du Parlement

 

Gervais de Beaumont

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Portrait de Gervais de Beaumont
par le graveur Jacques Cundier.

 Gervais Beaumont, seigneur de Montdésir, né vers 1429 en Auvergne, est le fils de Gilles, écuyer de la ville de Vendôme Il est marié en premières noces avec Anne d’Orgenel puis avec Claire de Glandevès. Il est pourvu le 24 septembre 1508 et reçu le 30 janvier 1509, Premier président au parlement de Provence.

Il est mort en sa campagne de Fonscolombe, dans la paroisse du Puy-Sainte-Réparade, le 30 janvier 1529, âgé de cent ans et est enseveli à Aix-en-Provence, dans la chapelle des Âmes du purgatoire de la paroisse Sainte-Madeleine.

 

Jean Maynier baron d’Oppède

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Jean Maynier d’Oppède,
gravure réalisée en 1724 par Cundier.

Jean Maynier, baron d’Oppède, né le 10 septembre 1495 à Aix-en-Provence, mort le 29 juillet 1558 au même endroit, est un magistrat français, premier président du Parlement d’Aix, qui a dirigé l’expédition de 1545 au cours de laquelle furent massacrés près de 3 000 vaudois du Luberon.

Biographie

Il est le fils d’Accurse Maynier (un magistrat originaire d’Avignon, à qui le pape a inféodé la baronnie d’Oppède après qu’il fut ambassadeur de France à Venise, en 1501, président du Parlement de Provence en 1507). Son fils devient conseiller au Parlement d’Aix en 1522, puis premier président le 20 décembre 1543 et lieutenant général de Provence le 26 février 1544..

En 1535, François Ier prend un édit contre les Vaudois, à partir d’une fausse accusation disant que les Vaudois allaient marcher sur Marseille [voir Livre des Martyrs de Jean Crespin 8e Edition, Livre III « Merindol et Cabriere »]. En 1545, le roi envoie de nouvelles lettres patentes exécutoires de l’édit de Mérindol pour purger la Provence de l’hérésie. Maynier fait appel au capitaine Paulin, met à ses services ses 2 000 hommes. Le comte de Grignan étant absent, il prend la tête de la troupe et envahit le territoire des Vaudois. Ces derniers s’étant retirés de Mérindol en laissant femmes, enfants, vieillards et malades derrière eux, Maynier les fait passer par les armes, puis le village est pillé et brûlé.

Par la suite, renforcée par une troupe envoyée par le vice-légat d’Avignon, l’armée s’empare de Cabrières, où se sont retranchés des Vaudois, après deux jours de siège; une trentaine sont mis à mort. Avant de se retirer vers Cavaillon, il fait mettre à part les femmes et les enfants disposés à se convertir, il fait massacrer tous les habitants entassés dans le château (pour les hommes) et l’église (pour les femmes), au mépris de la capitulation. Les rares survivants rejoignent Genève et les cantons suisses protestants.

En récompense de ses actes, le pape Paul III adresse un bref flatteur à Maynier, fait chevalier de l’Éperon et comte palatin. Toutefois, une plainte de Françoise de Bouliers, dame de Cental, est renvoyée par le roi devant les juges aux parties. Puis, l’affaire traînant pendant quatre ans, elle est renvoyée par lettres patentes du 17 mars 1551 devant la grande chambre du Parlement de Paris. Absous, Maynier est réintégré dans ses fonctions, ainsi que ses coaccusés, à l’exception de l’avocat-général Guérin, convaincu de faux et décapité en place de Grève

Il est l’auteur d’une traduction en vers de six Triomphes de Pétrarque, parue à Paris en 1538.

Bibliographie

Ferdinand Hoefer (dir.), Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, Paris, Firmin Didot frères, 1862, tome 38, p. 712-714.

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