BELGIQUE, HISTOIRE, HISTOIRE DE LA BELGIQUE, JEAN D'OUTREMEUSE (1338-1400)

Jean d’Outremeuse (1338-1399)

Biographie de Jean d’Outremeuse

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Statues de Jean le Bel (à droite) à côté de Jean d’Outremeuse sur la façade du palais provincial à Liège.

Qui était « Jean d’Outremeuse » ?

Longtemps le nom de Jean d’Outremeuse, chroniqueur, est passé pour un mythe ou un personnage légendaire

C’est seulement vers le milieu du 19e siècle que la publication des œuvres de Jean d’Outremeuse est venue dissiper les nombreuses erreurs sur sa vie et ses travaux.

Descendant d’une famille illustre, Jean d’Outremeuse, de son vrai nom Jean des Prez, est né à Liège le 2 février 1338. Son surnom lui est probablement venu de ce que son père habitait le quartier d’Outremeuse.

Ce nom a été porté également par d’autres personnages que notre chroniqueur ; ainsi on trouve à Dinant un Jean d’Outremeuse qui remplit les fonctions de mayeur en 1273. Mais celui qui nous intéresse ici était clerc, c’est-à-dire tonsuré et astreint à porter un costume spécial, mais n’était nullement chanoine comme longtemps on l’a cru.

Admirateur passionné du passé de son pays, il semble que son goût pour l’histoire n’ait été contrebalancé que par son penchant pour les vers. La poésie qui avait eu le dessus pendant sa jeunesse fut avec le temps supplantée par l’histoire. Son œuvre est donc double : la première partie « La Geste de Liège » n’est qu’un long poème racontant l’histoire mouvementée des évêques de Tongres et de Liège. La deuxième partie, de beaucoup plus importante : « Le Myreur des Histors » (Le miroir de l’Histoire) n’est qu’une immense compilation, en prose, des annales du monde entier, mais principalement de la Principauté de Liège.

Le Myreur des Histors devait comprendre quatre livres racontant l’histoire du monde entier, depuis Noé jusqu’à l’époque de la mort de son auteur en 1399 suite à une crise d’apoplexie. Malheureusement le quatrième livre comprenant la période 1341 à 1399 est resté jusqu’ici introuvable.

Le titre de cette immense chronique ne parait pas avoir été choisi par Jean d’Outremeuse (quand il parle de son œuvre, il la désigne simplement par ces mots : « Mes chronicques »), mais par son copiste et continuateur, Jean de Stavelot.

Ce n’est qu’à l’âge de cinquante-sept ans (1395) que probablement il commença la rédaction de son « Myreur ». Il dit lui-même qu’il a entrepris ce travail pour satisfaire le goût des personnes qui prennent plaisir aux choses du passé. Les chroniques anciennes étaient en latin, or, cette langue à cette époque n’était plus comprises que par les clercs.

Jean d’Outremeuse en « romanchiant » (Traduire en roman au XIVe siècle, le français s’appelait alors roman, langue romane) les anciennes chroniques fait donc œuvre de vulgarisateur. Voici ses propres termes : « Affin que toutes manières de singnour et autres gens qui de latien n’ont nulle cognissanche les pussent entendre ». Il se propose donc de faire connaître à ses compatriotes l’histoire du monde entier. Il s’entoure de toutes les sources qu’il a pu se procurer et tout spécialement de chroniques, il n’a rien négligé pour acquérir une connaissance exacte des faits. Il devait être merveilleusement outillé pour son époque. La nomenclature des sources auxquelles il a puisé ne comprend pas moins de 73 chroniques, gestes, etc…. sans compter les chartes, diplômes et autres documents officiels. Il a également recours à la tradition et aux informations orales.

Mais quelle valeur faut-il accorder à la chronique de Jean d’Outremeuse ? Malgré ses efforts pour faire un ouvrage exact, parfait, l’on doit constater que le résultat qu’il a obtenu est loin de celui qu’il avait espéré obtenir. Le « Myreur » fourmille d’erreurs de toutes sortes, aussi au point de vue historique ne doit-on le consulter qu’avec la plus grande circonspection. Au point de vue religieux, Jean d’Outremeuse est fils soumis de l’Eglise ; sa morale est de l’ordre le plus élevé et le plus pur. Au point de vue littéraire, malgré l’allure généralement monotone de son récit, notre chroniqueur se distingue par ses brillantes qualités d’écrivain ; dans ses descriptions surtout, il fait preuve d’un réel talent ; il ne manque pas non plus d’une certaine finesse d’observation. Son style est pictural, expressif marqué d’un certain cachet de naïveté qui donne à la lecture de cet écrivain 

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