CENTENAIRE DU NAUFRAGE DU PAQUEBOT AFRIQUE, HISTOIRE MARITIME, NAUFRAGE EN MER, PAQUEBOT AFRIQUE

Centenaire du naufrage du paquebot Afrique

Le naufrage du paquebot Afrique, il y a cent ans

Paquebot Afrique, le centenaire d’un naufrage oublié

Paquebot Afrique, le centenaire d’un naufrage oublié

 

Des cérémonies sont organisées aux Sables-d’Olonne samedi 11 et dimanche 12 janvier pour rendre hommage aux 568 victimes, dont 178 tirailleurs sénégalais, d’une tragédie maritime survenue en 1920 au large des côtes vendéennes.

C’est un grand-père dont elle a toujours entendu parler, mais qu’elle n’a jamais connu. Chaque 1er novembre, enfant, Anne-Marie Cattelain Le Dû allait se recueillir sur sa tombe à Paimpol (Côtes-d’Armor). Ce week-end, la septuagénaire parisienne ira participer à une série de cérémonies aux Sables-d’Olonne (Vendée) où il sera beaucoup question de cet aïeul breton disparu en mer il y a 100 ans. « Cela reste une histoire de famille très douloureuse, confie-t-elle. Moi qui en aie pourtant fait mon métier, je n’ai jamais réussi à écrire à ce sujet. J’y mets trop d’affect. »

Cette ancienne journaliste au Pèlerin est la petite-fille d’Antoine Le Dû, qui commandait le paquebot « Afrique » en 1920. Parti le 9 janvier de Bordeaux en direction de Dakar avec 602 passagers et membres d’équipage à bord, le bateau de 119 mètres de long a sombré trois jours plus tard au large des Sables-d’Olonne, à la suite d’avaries qui l’ont rendu ingouvernable avec l’arrivée d’une tempête. Jusqu’au bout, l’officier est resté son poste. « Plus que de la fierté, je ressens du respect et de l’admiration pour lui », reprend sa descendante.

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Un drame occulté par le Titanic

Seules 34 personnes ont survécu à la tragédie. « Cela fait 568 victimes, c’est le drame le plus meurtrier de l’histoire maritime française concernant un navire civil », rappelle Roland Mornet, ex-capitaine d’un navire océanographique à la retraite, qui a publié un ouvrage sur ce naufrage en 2006 (1). « Malheureusement, il a été oublié », ajoute-t-il.

À peine 14 mois après l’armistice, en pleine campagne pour les élections présidentielles de 1920, ces morts pesaient peu face au souvenir de la boucherie de la Première guerre mondiale. Les 1 500 décès de la catastrophe du Titanic, survenue huit ans plus tôt, ont aussi contribué à pousser l’« Afrique » et ses passagers dans l’oubli. Le paquebot transportait vers les colonies des fonctionnaires, des commerçants, des femmes et des enfants, ainsi qu’une vingtaine de missionnaires membres de la Congrégation du Saint-Esprit, dont Mgr Hyacinthe-Joseph Jalabert, préfet apostolique du Sénégal. Il abritait aussi dans ces flancs 192 tirailleurs sénégalais de retour de la Grande Guerre ; 178 ont péri.

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Depuis 2016, l’association bordelaise Mémoires et Partages milite pour que ces soldats rentrant sur leur sol natal soient considérés comme morts pour la France et qu’un hommage officiel leur soit rendu. « Mourir dans une tranchée ou en revenant d’une tranchée, c’est pareil, plaide Karfo Sara Diallo, le fondateur et directeur de cette structure associative. Malheureusement, notre demande est au point mort. »

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Une cérémonie interreligieuse à Bordeaux

Pour marquer ces 100 ans, Mémoires et Partages a organisé jeudi 9 janvier une cérémonie interreligieuse dans la cité girondine, quai des Chartrons, là où le paquebot a appareillé la dernière fois. Jusqu’au 16 janvier, elle propose aussi une exposition consacrée à ces combattants africains morts en mer au musée Mer Marine de Bordeaux. Tous leurs noms y figurent, avec 17 panneaux explicatifs pour resituer ce pan d’histoire dans le contexte de l’époque.

Aux Sables-d’Olonne, samedi 11 janvier, le programme commencera par une conférence donnée par Roland Mornet, qui était déjà à l’origine de l’installation d’une stèle commémorative en 2006 dans la ville portuaire. Après une messe, les descendants des victimes se retrouveront dimanche sur le site de ce monument. Anne-Marie Cattelain Le Dû y attend 75 membres de sa famille. « Je vais rencontrer des petits-cousins que je ne connais même pas », relève-t-elle.

À une quarantaine de kilomètres de là, l’épave de l’« Afrique » gît toujours par 47 mètres de fond. Le lieu est prisé par les plongeurs. L’un d’entre eux a offert une photo du navire rongé par l’océan et par les années à la petite-fille du commandant Le Dû. « Quand je la regarde, cela me fait toujours très mal », glisse-t-elle. Contrairement à bien d’autres, le corps de l’officier a été rendu par la mer et a pu être identifié. Le 1er novembre, ses descendants se retrouveront à nouveau devant sa tombe.

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* « La tragédie du paquebot Afrique », aux éditions La Geste. L’ouvrage vient d’être republié en format de poche (360 pages, 13,90 €)

https://www.la-croix.com/France/Paquebot-Afrique-centenaire-dun-naufrage-oublie-2020-01-11-1201071069

Le naufrage du paquebot Afrique

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