Non classé

Dix huit romans à découvrir ou redécouvrir

DES ROMANS A DECOUVRIR OU A REDECCOUVRIR 

default11_b

« Le Discours », de Fabrice Caro (2018)

fabrice-caro-1

Le discours

Fabrice Caro

Paris, Gallimard, 2018. 224 pages.

On l’a peut-être déjà oublié, en ces temps confinés, mais un dîner de famille peut virer au calvaire. Entre le bruit insupportable de la fourchette de son beau-frère Ludo, les conversations sur le chauffage hors-sol et les questions de sa mère, sans oublier le gratin dauphinois dont les tranches de pommes de terre évoquent « l’inéluctable délitement de la passion amoureuse », Adrien a connu meilleure période dans sa vie.

D’autant plus que Ludo formule une petite demande pour son mariage à venir avec Sophie : « Tu sais, ça ferait très plaisir à ta sœur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie. » Et comme si tout cela ne suffisait pas, Adrien tente de gérer une bien mystérieuse « pause » décidée par son amie Sonia, voilà trente-huit jours. Fabrice Caro raconte avec absurdité et tendresse les tourments d’un loser sympathique. Et démontre au passage que la mélancolie et la déprime provoquent parfois les meilleurs fous rires.

 

^^^^^^^^^^^^^^

 « Le Père Porcher », de Terry Pratchett (1996)

71KsRTW+-6L

Le Père Porcher

Terry Pratchett

Paris, Pocket, 2006. 384 pages.

Imaginez une planète plate comme une pizza, portée par quatre éléphants géants, eux-mêmes établis sur le dos d’une gigantesque tortue voyageant dans l’espace. Ajoutez une bonne dose de magie et un humour absurde digne des Monty Python : vous obtenez l’univers délirant de la série Les Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett.

L’un des coups de génie de l’écrivain britannique, c’est d’avoir créé une galerie de personnages récurrents : un trio de sorcières hautes en couleur, un tyran tout compte fait plutôt tolérant, un bibliothécaire transformé en orang-outan suite à un accident magique, ou encore… la Mort. Il (« la Mort est un mâle, un mal nécessaire ») apparaît sous la forme d’un squelette de 2,10 m vêtu d’une robe noire. Autre signe distinctif : IL PARLE EN CAPITALES. Malgré son travail, il est toujours prêt à rendre service : dans Le Père Porcher, la Mort décide de remplacer au pied levé l’équivalent pratchettien du père Noël. Evidemment, ça ne se passe pas comme prévu. Et, évidemment, c’est hilarant.

^^^^^^^^^^^^^^^^^^

 « La Vie mode d’emploi », de Georges Perec (1978)

s-l400

La vie mode d’emploi

Georges Perec

Paris, L’Atalante, 2002. Rééd. 2016, 384

 

Parfaite lecture pour le confinement que ce prodigieux roman qui se déroule entièrement entre les murs d’un immeuble parisien. Ses habitants « se barricadent dans leurs parties privatives – puisque c’est comme cela que ça s’appelle – et ils aimeraient bien que rien n’en sorte », écrit Perec dès le premier chapitre. Mais tout sort, évidemment, grâce à l’écrivain qui retire la façade et, pièce après pièce, raconte les mille et une vies qui s’y jouent : le bijoutier assassiné trois fois, la dame qui s’invente des nièces, le violoniste jaloux, l’homme qui raye les mots… J’ai beau l’avoir parcouru en tous sens, ce livre m’époustoufle encore à chaque fois.

 

^^^^^^^^^^^^^^^^^^

« Saga », de Tonino Benacquista (1997)

9782070408450-200x303-1

Saga

 Tonino Benacquista

Paris, Gallimard, 1997. 448 pages.

 

Quatre scénaristes désœuvrés sont recrutés par une chaîne de télévision pour écrire un feuilleton, destiné à remplir les quotas de production française et diffusé à 4 heures du matin. Le tout avec un seul décor, des acteurs sous-payés et même pas de bouts de ficelle. Mais ils ont carte blanche pour imaginer cette série que personne n’est censé regarder.

Evidemment, les scénaristes décident d’écrire ce qui leur passe par la tête. Ils font parler Dieu, parlent de foi, de philosophie et d’amour. Leur aventure, toujours drôle, reste légère même dans les moments les plus tragiques. On se demande sans cesse jusqu’où les héros iront dans la transgression, et ils ne déçoivent jamais. Saga se dévore en un week-end, ce qui est moins idéal pour le confinement que Le Rouge et le Noir. Mais vous aurez (sans doute) envie de le relire

^^^^^^^^^^^^^^^^^^

« Dune », de Frank Herbert (1965)

0665774

Dune

Frank Herbert

Robert Laffont, 1970. 832 pages.

 Les plus belles planètes à visiter sont toujours celles qui n’existent pas. C’est le cas d’Arrakis, présentée au début du livre comme un endroit hostile, grouillant de monstrueux vers des sables et habitée par un peuple peu avenant, les Fremens. Arrakis va pourtant devenir le centre de l’univers. Comment est-ce possible ? Pour le comprendre, il faut suivre le destin du jeune Paul, fils du duc Atréides, que l’empereur place à la tête de la planète pour récolter une mystérieuse épice. Complots, explorations, prophéties…

Frank Herbert allie art du récit individuel et fresque épique. Mélangeant roman d’aventure et intrigues géopolitiques complexes, Dune est un « space opera » sans temps mort. L’autre force de la série de romans qui forment Le Cycle de Dune, c’est d’avoir développé un univers cohérent et riche. Et si l’on veut se faire sa propre idée sur cette saga culte de la SF, il faut la lire rapidement : Dune devrait revenir sur grand écran fin 2020 sous la direction de Denis Villeneuve.

 

 ^^^^^^^^^^^^^^

 « Pour un oui ou pour un non », de Nathalie Sarraute (1982)

unnamed (2)

Pour un oui pour un non

Nathalie Sarraute

Paris, Gallimard, 1982. 96 pages.

Deux hommes – H1 et H2 – se retrouvent dans un lieu clos, et l’amitié solide, ancienne, qui les lie, se fissure et se brise sous leurs yeux. Ce n’est rien, d’abord, juste une micro-faille, une façon que l’un a eu de dire à l’autre, qui se vantait d’un succès professionnel : « C’est biiiien… ça… ». Dans l’intonation, dans le temps suspendu entre le « C’est bien » et le « ça », s’engouffrent tous les malentendus qui, jusque-là, avaient été tus : le mépris contenu de H1 pour le mode de vie de H2, l’ennui qu’inspire à H2 la réussite affichée de H1.

Par temps de confinement, ce très court texte offre, au choix, des raisons de désespérer de l’impossible « vivre ensemble » ou un précieux viatique pour comprendre et, au mieux, prévenir les disputes amicales, amoureuses, familiales, qui éclatent « pour un oui ou pour un non ».

  

^^^^^^^^^^^^^^^^

  « Le Cœur cousu », de Carole Martinez (2007)

81A65yuvuPL

Le Cœur cousu

Carole Martinez

Paris, Gallimard, 2007. 448 pages.

Entre roman initiatique et fable merveilleuse, ce premier livre de Carole Martinez est servi par une plume fine. Soledad y conte la vie baladée de Frasquita, sa mère, née dans un village du sud de l’Espagne d’une lignée de femmes qui se transmettent, de génération en génération, une mystérieuse boîte de couture. Par une magie délicate, proche de celle des romans de Gabriel Garcia Marquez, elle recoud les êtres et les âmes.

C’est aussi une histoire d’errance et de révolte. Celle de la fuite de Frasquita, que son mari a perdue en la pariant lors un combat de coqs. Traînant avec elle ses enfants, elle se retrouve alors sur les routes sèches d’Andalousie, embarquée dans un soulèvement de paysans anarchistes. Une épopée pleine d’imagination.

^^^^^^^^^^^^^^^^

  « Orlando », de Virginia Woolf (1928)

9782253029830-200x303-1

Ôrlando

Virginia Woolf

Paris, Gallimard, 2018. 416 pages.

fLa biographie fictive, s’étalant sur quatre siècles, d’un jeune noble britannique qui devient femme. Ainsi peut-on présenter Orlando, le facétieux roman de la Britannique Virginia Woolf. C’est un des seuls livres de son autrice que l’on savoure avec un grand sourire, tant l’écriture et la narration sont délicieusement farfelues. Les textes les plus connus de Woolf (Mrs DallowayLes Vagues) ne sont pas des parangons de drôlerie. Mais Orlando, que Woolf décrit dans son Journal comme « une récréation d’écrivain », est une fresque farcesque sur l’éternelle jeunesse, sur l’infini désir et sur l’immortalité de l’art.

Le roman, dédié à sa grande amie la poétesse Vita Sackville-West et publié en 1928, est un bonheur de lecture ainsi qu’une porte d’entrée idéale dans l’univers d’une écrivaine hors norme. –

 

^^^^^^^^^^

« Watership Down », de Richard Adams (1972)

watership-down-1978-criterion-collection-1332088975_ML

Watership

Richard Adams

Paris, Flammarion, 1976, 544 pages.

 

Watership Down est une véritable épopée avec son lot d’aventures haletantes, de drames poignants, sa galerie de personnages attachants, des plus courageux aux plus lâches. L’histoire d’un exode aussi, d’une communauté fuyant le lieu de toutes ses attaches pour plonger dans l’inconnu et se sauver d’une mort certaine. Un long récit qui fait écho à de nombreux événements passés ou actuels, même si les protagonistes ne sont pas des humains, mais… des lapins. Cette allégorie n’a rien d’enfantin, même si elle est accessible à tout âge.

Ce livre paru en 1972 s’est vendu à plus de 50 millions d’exemplaires. Il est devenu un classique de la littérature britannique, d’un genre unique puisqu’à sa lecture il est impossible de ne pas se sentir un petit peu lapin.

 

******************

  « Solal », d’Albert Cohen (1930)

Solal_1_F39280.TIFF

Solal

Albert Cohen

Paris, Gallimard, 1930. Réédition 1981. 480 pages.

 Moins tragique que Belle du SeigneurSolal raconte les débuts du héros éponyme d’Albert Cohen, un fils de rabbin qui s’enfuit de son île grecque dans des circonstances rocambolesques pour chercher fortune loin de la petite communauté juive dans laquelle il a grandi. Solal est un roman d’amour – comme Belle du Seigneur –, mais c’est d’abord un récit d’aventure drôle et bien mené, dans lequel vous découvrirez des personnages que vous n’oublierez pas de sitôt, « les Valeureux », ces quatre hommes mi-vagabonds, mi-chaperons, qui suivent Solal à la trace en faisant à peu près n’importe quoi. Divertissant, tout en étant merveilleusement bien écrit. A lire si vous voulez profiter de cette période pour découvrir des classiques, sans avoir le courage de vous lancer dans des lectures trop ambitieuses.

 

 ^^^^^^^^^^

 « Rosa candida », d’Audur Ava Olafsdottir (2007)

0448888_6

Rosa Candida

Audur Ava Ollafsdottir

Zulma, 2007. 288 pages.

Il est jeune, il est Islandais, il s’appelle Arnljótur et se passionne pour la botanique, marotte qu’il partage avec sa mère. Lorsque cette dernière meurt, et alors qu’il est jeune papa d’une petite Flora-Sol  fruit d’une nuit d’amour avec Anna , il s’envole pour rejoindre une roseraie mythique mais abandonnée, propriété d’un monastère reculé, à laquelle il entend bien redonner de sa superbe. Il y fait la connaissance d’un moine cinéphile amateur de boisson.

Mais le calme de leur petit ciné-club est rompu lorsque son ex-amante vient lui confier la garde de leur progéniture afin qu’elle puisse achever la rédaction de son mémoire. Les deux jeunes parents découvrent la vie à trois et prennent les choses comme elles viennent tout au long de ce roman qu’on effeuille avec plaisir.

 

« La Première Enquête de Montalbano », d’Andrea Camilleri (2004)

517fUuxFH8L._SX210_

La Première enquête de Montalbano

Andrea Camilleri

Paris, Fleuve Noir, 2006. 352 pages.

Le polar italien a quelques aspects bien à lui : ses héros sont souvent des misanthropes torturés et de fins gourmets. Surtout, chaque auteur enracine son œuvre dans sa région d’origine. Andrea Camilleri en est le représentant le plus célèbre, avec les livres mettant en scène le commissaire sicilien Salvo Montalbano.

Ouvrir l’un des vingt-huit « Montalbano » traduits en français, c’est la garantie d’être plongé dans une intrigue drolatique où l’on croise des personnages secondaires à mourir de rire, comme Catarella, gardien de la paix maladroit et dyslexique. Montalbano, lui, passe son temps à se disputer avec sa fiancée génoise (décidément beaucoup trop terre à terre pour lui), à manger des spécialités de son île et à résoudre des enquêtes tortueuses mêlant corruption politique et mainmise mafieuse.

 

^^^^^^^^^^^^^^^^^^

  « Le Guide du voyageur galactique », de Douglas Adams (1979)

ede5329db3_50157222_h2g2-tome-1-folio-sf2016-copyrsylvie-perrin

^Le guide du voyageur galactique

Douglas Adams

Paris, Denoël, 1982. 288 pages.

Vous savez ce qui est pénible avec les Terriens ? Leur manie de toujours se plaindre. La moitié de l’humanité est confinée chez elle, certes, mais cela aurait pu être pire : vous auriez pu vous réveiller et apprendre que la planète bleue allait être détruite dans l’heure pour faire place à une voie galactique express.

C’est ce qui est arrivé un beau matin à Arthur Dent, banal Anglais encore imprégné de sa cuite de la veille, sauvé in extremis de l’extinction de la race humaine par Ford Prefect, compagnon de bar qui s’est révélé être, heureuse coïncidence, un extraterrestre « space-trotter » sous couverture. La suite ne sera que péripéties ubuesques, mélange de parodie de science-fiction, d’humour british et de métaphysique délirante, avec un vaisseau propulsé par un générateur d’improbabilité infinie, des poissons polyglottes à s’enfourner dans les oreilles et une race alien architecte spécialisée dans les fjords. En outre, Le Guide du voyageur galactique contient la réponse à « La Grande Question sur la vie, l’univers et le reste », ce qui, en période de doute, en fait une lecture indispensable.

 

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

 « De bons présages », de Terry Pratchett et Neil Gaiman (1990)

5146KOTuCGL._SX195_

De bons présages

Terry Pratchett et Neil Gaiman

Au Diable Vauvert, 2002. 448 pages.

Réussir l’apocalypse, c’est beaucoup plus difficile que ça en a l’air. Surtout quand le démon et l’ange chargés par leurs camps respectifs de l’organiser se rendent compte que la Terre, finalement, c’est plutôt un endroit où il fait bon vivre. Et qu’ils concluent un pacte étonnant pour saboter le grand plan de l’Armageddon.

Mais ce qui fait de De bons présages un livre particulièrement réconfortant, ce n’est pas uniquement son scénario baroque ; c’est avant tout la multitude de détails hilarants qui le parsèment, depuis les prophéties de la sorcière Anathème Bidule jusqu’aux constatations désabusées de l’ange et du démon sur la vie quotidienne dans les années 1980. Vous aussi, vous l’avez toujours su : une cassette abandonnée dans une voiture se transforme toujours en best-of de Queen.

 

 ^^^^^^^^^^^^^^^^^

  « La Haine de la famille », de Catherine Cusset (2001)

81JUPKbZNGL

La haine de la famille

Catherine Cusset

Paris, Gallimard, 2001. 352 pages.

Cette famille aurait-elle résisté au confinement ? La narratrice, Marie, tente d’y trouver sa place, entre ses frères, sa sœur et le couple incongru que forment ses parents. Lui, énarque, croyant, maniaque, obsédé par le rangement des serviettes et des torchons. Elle, « juge tourmentée », lunatique, distraite, qui « n’embrasse pas facilement » et « peut être méchante », s’habille en tenues haute couture, se prend de lubies monochromes (ne porter que du rouge), et préfère laisser à son mari les tâches domestiques. Sa « haine de la famille », elle n’en fait pas mystère, elle qui déteste les anniversaires, la fête des mères « pétainiste », Noël… Mais les apparences sont bien sûr trompeuses. Le père obsessionnel est la présence rassurante qui soigne et veille. La mère, entre deux coups de griffe, apprend à Marie l’amour des livres et se montre intransigeante sur le travail scolaire.

On plonge dans le passé de cette femme égocentrique et foutraque, son année à Harvard, son mari qu’elle croit puceau alors qu’elle est enceinte de lui, leur union sacrée face aux reproches de Marie. Le portrait de la grand-mère maternelle livrera d’autres clefs de ces relations familiales : cette avocate, qui, en 1943, prend le temps de se maquiller alors que des policiers français viennent l’arrêter, gagnera son procès contre l’Etat qui lui interdit de travailler parce que juive. La liberté gagnée et farouchement défendue, c’est peut-être ça « notre esprit de famille », résume Marie dans ce roman plein d’humour, tendre et grinçant à la fois.

 

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

 « Chaos calme », de Sandro Veronesi (2005)

0320500_5

Chaos calme

Sandro Veronesi

Paris, Grasset, 2008. Réédition 2010. 544 pages.

Pietro est jeune, beau et riche. Pietro a une femme, Lara, jeune et belle. Pietro a une fille de 10 ans, Claudia, délicieuse, comme la plupart des enfants à cet âge. Un jour, Lara s’effondre dans le jardin. Rupture d’anévrisme. En attendant d’avoir mal, ce golden-boy, qui se retrouve soudain tout bête, renonce à conclure la fusion qui devait le rendre encore plus riche et se plante tous les jours sous les fenêtres de l’école de sa fille. Il attend que la journée passe, lui fait coucou lorsqu’elle lui adresse un regard au moment de la récréation.

Cette voiture dans la rue devient sa maison, son bureau, sa salle de réunion, le lieu où s’ancre son deuil. Il y croisera des personnages familiers, des inconnus, y apprivoisera son chagrin et son désarroi. Aux larmes et au pathos, Sandro Veronesi oppose des personnages complexes et attachants, des dialogues parfaitement maîtrisés et des monologues intérieurs mémorables. Ecrit à la première personne, Chaos calme est également le regard, magnifique, d’un homme sur les femmes qui l’entourent.

 

^^^^^^^^^^^^^^^^^^

 « Comment voyager avec un saumon », d’Umberto Eco (1992)

0294652_3 (1)

Comment voyager avec un saumon

Umberto Ecco

Paris, Grasset, 1997. Réédition Livre de Poche, 2000. 283 pages.

A l’heure où les gestes barrières sont érigés en nouvelle philosophie, il convient de toute urgence de reprendre son exemplaire de Comment voyager avec un saumon, à la chronique intitulée Comment éviter les maladies contagieuses. Là, en trois petites pages, Umberto Eco pose quelques précautions qui peuvent vraiment nous sauver la vie en cette période de pandémie. L’auteur piémontais nous y rappelle en effet qu’il est primordial en ces temps d’usage du masque, des gants, et du lavage des mains intempestif, de surtout bien « veiller à ne pas se faire enlever par des bergers sardes ou des terroristes, les ravisseurs utilisant en général le même capuchon pour plusieurs otages ».

Et comme si ce précieux conseil ne suffisait pas, il insiste sur un autre point (lui aussi trop souvent négligé des autorités sanitaires) : « Nager dans une mer polluée par une marée noire accroît le risque de contagion car le pétrole en suspension contient les particules de salive de tous ceux qui ont bu la tasse avant vous et ont recraché ».

Si, spontanément, on aurait envie d’embrasser l’auteur pour la pertinence des conseils, très vite on revient à la raison, pour passer au reste du recueil. Un travelling arrière vers un passé où les avions rayaient encore l’azur, et où le voyageur franchissait les frontières avec une désinvolture qu’on est en droit de juger provocante – mais qui fait du bien. L’Italien nous transporte tour à tour de sa chambre dans un hôtel international où il peine à maintenir un saumon dans son frigo, au choix d’une bonne valise à roulettes avec laquelle il pourra courir pour attraper son train ou son avion. Et on le suit bien volontiers, juste histoire de se rappeler avec lui le monde d’avant. –

 

 « Les enfants de la Terre, t. 1 : Le Clan de l’ours des cavernes »,

de Jean M. Auel (1980)

71-rMcrWUQL

Les enfants de la terre. Tome 1 : Le clan de l’ours des cavernes

Jean M. Auel

Paris, Presses de la Cité, 1991. Réédition Pocket 2002. 544 pages.

Oubliez tout. Le coronavirus, le confinement, la mondialisation, nos sociétés modernes, vos appartements, l’électricité, les routes, les villages… tout. Retour 30 000 ans avant notre ère, à la fin de la dernière période glaciaire, quelque part en Europe. Au milieu des vallées et des forêts primaires, dans des paysages sauvages, intouchés, peuplés d’animaux gigantesques, d’une flore luxuriante et d’à peine plus d’un million d’êtres humains à l’échelle de la planète. Parmi ces humains, une femme, Ayla, héroïne du livre, promise à une extraordinaire destinée ; une Homo Sapiens recueillie enfant, blessée et orpheline, par une communauté de Néandertals et qui devra partir à la recherche des siens, de l’Oural à l’Atlantique.

A travers son apprentissage, ses rencontres, ses histoires d’amour et d’amitié, et de façon plutôt vraisemblable selon la communauté scientifique, le récit nous plonge dans le quotidien de la vie préhistorique : la réalité du nomadisme, l’adaptation à l’environnement naturel, les techniques de chasse, de couture, de médecine par les herbes, le début de la domestication des animaux et les premières croyances mystiques sur l’origine de la vie…

 

https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/04/12/dix-huit-livres-qui-font-du-bien-a-re-lire-pendant-le-confinement-la-selection-du-monde_6036354_3246.html

 

citations-lecture-4-638

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s